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Par canel, le 09/09/2012
Des ombres dans la rue : Une enquête de Simon Serrailler de
Susan Hill
(...) le café était plein et la clientèle qui le fréquentait n'était pas constituée des clochards habituels de l'agence pour l'emploi, c'étaient des types ordinaires comme lui, y compris deux qu'il connaissait de l'imprimerie, et même d'autres plus chics en costume. La récession avait frappé partout, plus rien n'était proposé aux individus diplômés, à part dans l'informatique, et même ces emplois, sur le terrain, se faisaient rares. Geoff but son thé en songeant au nombre de formations, de compétences et d'années d'études qui se retrouvaient probablement massées dans ce café à cette minute, et à tout ce gâchis. Comment dire à vos gosses de continuer à fréquenter l'école, de faire de leur mieux, de réussir, de renoncer à ci ou à ça, afin de se créer un super avenir, alors qu'ils auraient cet endroit à vous montrer du doigt, pour vous prouver que vous aviez tout faux ? (p. 258)
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La dame en noir de
Susan Hill
La grisaille du jour déclinant lui conférait une pâleur singulière, comme lustrée, qui évoquait moins la couleur de la chair que celle de l'os. ... Je me rendis compte que son visage reflétait un sentiment que je peux seulement essayer de décrire - et les mots me semblent incapables de traduire ce que je voyais - comme une avidité malveillante, désespérée; elle semblait avoir perdu quelque chose d'essentiel qu'elle voulait retrouver, dont elle avait besoin, qu'il lui fallait absolument avoir - à quoi elle tenait plus qu'à la vie, et que quelqu'un lui avait pris. ... L'association de ce lieu aussi étrange qu'isolé et de la brusque apparition de cette femme à l'expression effrayante m'emplissait d'une peur insensée.
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Par Nadael, le 11/11/2012
Des ombres dans la rue : Une enquête de Simon Serrailler de
Susan Hill
Il n'était jamais allé au-delà de l'accueil d'un poste de police, et encore, deux fois peut-être au total dans sa vie. (...). La majorité des gens ne savait rien de ces salles, de ces conversations, de ces procédures et des odeurs, des bruits, au-delà de l'accueil. C'était comme entrer dans un pays étranger, plein de gens dont il connaissait l'existence, comme des acteurs qu'il avait vus à la télévision, vêtus en uniforme ou non, des gens qui circulaient dans les couloirs, chargés de dossiers, et qui franchissaient des portes battantes à la volée. Il s'était senti sale, et coupable, dès l'instant où il avait compris qu'on allait le questionner, l' interroger, pas seulement lui adresser la parole, dès l'instant où il était entré dans la pièce nue avec cette table, ces chaises et ce sol en lino. Il avait vite compris combien il serait facile de tout admettre, de s'embrouiller, d'oublier des choses que l'on savait parfaitement, dans cet espace anonyme, impersonnel, horrible, entre quatre murs beiges.
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La dame en noir de
Susan Hill
Il me semble, monsieur Daily, que j'ai vu le fantôme qui hante le manoir et le cimetière - celui d'une femme vêtue de noir, marquée par la maladie. Je ne doute pas un seul instant qu'il s'agissait de ce que les gens appellent un fantôme, et non d'un être humain réel, de chair et de sang.
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Par Mafta, le 10/05/2012
La dame en noir de
Susan Hill
J'avais désormais une conscience aiguë du temps qui passe - la certitude qu'il ne faut surtout pas remettre les choses à plus tard, mais au contraire, savoir profiter dans l'instant de chaque petit bonheur, saisir chaque opportunité, chaque chance que nous offre le destin.
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Par Lilif, le 02/04/2012
La dame en noir de
Susan Hill
La veille de Noël, Arthur Kipps a 49 ans ; comme chaque année, sa famille se retrouve autour du feu, tentant de se faire peur en se racontant tout à tour des histoires de fantômes. Quand vient son tour, Arthur, très tendu, sort en trombe de la pièce.
Notre héros décide, afin de se libérer du poids du passé, d'exorciser ses peurs en les couchants sur papier.
Jeune notaire de 23 ans, il fut envoyé à Crythin Gifford pour régler la succession de Mrs Drablow. Celle-ci vivait dans un manoir bordé de marais, coupé du monde dès que la mer monte, établi sur une presqu’île, éloigné de tout, accessible seulement quelques heures par jour à marée basse.
Le lendemain de son voyage de Londres vers ce village du bord de mer, Arthur se rendit aux funérailles de la vieille dame. C'est lors de cette cérémonie qu’il vit pour la première fois la mystérieuse dame en noir.
Arthur séjournera dans ce village afin de trier les papiers de la défunte mais, aussi pour découvrir qui est cette dame au visage émacié qu’il aperçut par plusieurs fois aux abords du manoir, il essayera de comprendre quels sont ces phénomènes étranges qui se produisent à chaque fois qu’elle apparaît.
Livre court (217 pages) mais dense, Susan Hill nous embarque dans le récit grâce aux nombreuses descriptions, l'auteur joue sur les couleurs, elle décrit merveilleusement les changements de temps, d'état d'esprit de notre héros ; ces descriptions n'alourdissent pas le livre, elles permettent de rendre l'atmosphère qui règne autour de ce village. L’auteur restitue l'ambiance de l'époque, l'utilisation de la première personne nous embarque un peu plus encore, nous sommes Arthur Kipps, nous sentons ses peurs, sa détresse, son effroi ou sa tristesse.
La plume de l’auteur est poétique et limpide, le vocabulaire est recherché mais pas compliqué.
L’histoire est intrigante, sombre et mystérieuse. L’intrigue est bien menée, l’auteur cultive le mystère qui plane autour de cette dame en noir.
Même si dès le début on sait de quels sujets le livre va traiter, l’auteur arrive à nous tenir en haleine page après page. L’inquiétude monte au fil de la lecture avec des pics de tension ; elle réussit à nous surprendre jusqu’à la fin.
Il est à regretter que cette fin, justement, ne soit pas plus développée, le livre nous emporte et nous sommes brusquement stoppés, c’est un peu déstabilisant mais en même temps le lecteur reste sur l’effroi de l’évènement. Il manquerait peut-être une centaine de pages supplémentaires pour que nous soyons totalement rassasiés.
Ce roman n’est pas un chef-d’œuvre comme l’indique la quatrième de couverture, ne vous attendez pas à un thriller ce n’en est pas un. Nous sommes dans un récit fantastique, sur une ambiance victorienne ; rondement mené par l’auteur, la force de ce livre réside plus dans l'atmosphère qu'il dégage que dans l’histoire en elle-même.
Cette œuvre tient ses promesses sans aucune prétention : nous offrir un moment de divertissement agréable.
C’est un livre que je vous invite à découvrir !
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La dame en noir de
Susan Hill
Quoi qu'il en soit, monsieur Jerome, je ne vais pas me laisser intimider par un fantôme, ni même par plusieurs, dis-je. L’expérience n'a pas été agréable, j'en conviens, et je vous avoue que je serai heureux lorsque j'aurai trouvé quelqu'un pour m'accompagner dans cette maison, car dans tous les cas je compte bien m'acquitter de ma tâche. Mais franchement, je ne vois pas pourquoi la dame en noir nourrirait la moindre animosité à mon égard...
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Par canel, le 09/09/2012
Des ombres dans la rue : Une enquête de Simon Serrailler de
Susan Hill
[Médecin,] elle avait appris depuis longtemps que si un patient avait quelque chose à vous demander à propos d'autre chose qu'un symptôme physique de simple routine, le fait de demeurer silencieuse et d'attendre, de l'écouter, était le seul moyen de lui inspirer suffisamment confiance. (p. 140)
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Par Milka2b, le 29/09/2012
La dame en noir de
Susan Hill
De plus, je trouvais tout à fait remarquable que les apparitions de revenants et autres manifestations surnaturelles fussent toujours rapportées indirectement, par quelqu'un qui avait connu quelqu'un qui en avait entendu parler par quelqu'un qu'il connaissait !
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Par canel, le 09/09/2012
Des ombres dans la rue : Une enquête de Simon Serrailler de
Susan Hill
[Son mari] ignorait ce qu'il y avait de pire, la folie ou la dépression. Il était aussi profondément soulagé de l'existence de ce médicament, et de son efficacité. Il lui avait demandé pourquoi elle avait arrêté de les prendre, et la réponse était toujours la même : ils stabilisaient ses humeurs, mais ils émoussaient tout, tant le plaisir que la tristesse. Il n'y avait plus ni blanc ni noir, ni ombre ni lumière, lui avait-elle expliqué un jour, rien qu'un gris estompé, omniprésent. (p. 186)
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