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Par Aela, le 07/05/2011
En attendant Robert Capa de
Susana Fortes
André n'y réfléchit pas à deux fois. Il s'élança dans la barge de débarquement avec deux appareils autour du cou. Un Leica et un Rolleiflex. Ensuite, il regarda vers la plage pour tenter de calculer la distance et la profondeur où ils voguaient. En face, six kilomètres de sable jonché de mines. Omaha Beach. Personne n'avait expliqué à ces gamins ce qu'ils veanient foutre là. Juste qu'ils devaient sauver l'Europe des griffes des nazis. Alors qu'ils approchaient du rivage, il fit un clin d'oeil à un tout jeune soldat américain de la compagnie E du 116ème régiment d'infanterie et voulut lui donner du courage: "On se voit là-bas, gamin."
Quelques minutes plus tard, l'univers volait en éclats. La majorité de ces gosses n'avaient pas vingt-deux ans. Ils furent abattus avant même de pouvoir poser un pied sur le sable.
André fut le seul photographe à débarquer avec la première vague. Il s'était enrôlé comme volontaire avec le 116ème.
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Par manoes, le 12/12/2010
En attendant Robert Capa de
Susana Fortes
Il existe des vents constants et des vents variables qui changent de direction et qui peuvent par leur force renverser un cheval et son cavalier, des vents qui tournent en un instant et qui parviennent à inverser la rotation des aiguilles d'une montre, des vents qui soufflent des années, des vents du passé qui vivent dans le présent.
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Par kathel, le 08/06/2011
En attendant Robert Capa de
Susana Fortes
Ils allaient, chargés de tout leur matériel. Ce n’étaient que de photographes, des individus dont l’occupation est de regarder. Des témoins. mais ils vivaient sans le savoir entre deux guerres mondiales. La plupart avaient l’habitude de franchir les frontières dans la clandestinité. Ils n’étaient plus allemands, ni polonais, ni hongrois, ni tchèques, ni autrichiens. Ils étaient des réfugiés. Ils n’appartenaient à personne. A aucune nation. Des nomades, des apatrides qui se réunissaient presque toutes les semaines quelque part pour lire à voix haute des extraits de romans, réciter des poèmes, jouer des pièces antinazies de Bertolt Brecht, ou prononcer des conférences. Un vague romantisme les unissait.
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Par manoes, le 12/12/2010
En attendant Robert Capa de
Susana Fortes
L'hébreu est une langue ancienne qui renferme en elle la solitude des ruines, comme une voix qui vous appelle depuis une colline ou la sirène d'un navire qui retentit au loin. La musique des psaumes l'émeut encore.
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Par manoes, le 12/12/2010
En attendant Robert Capa de
Susana Fortes
La peur comme conscience bouleversante d'une réalité qu'on découvre tout à coup alors qu'elle a toujours été là (...). La peur comme la fin de l'innocence, comme la rupture avec un état de grâce...
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Par Guylaine, le 10/01/2011
En attendant Robert Capa de
Susana Fortes
"...Nous naissons avec un chemin tracé : par ici, ou bien par là. De qui tu rêves, qui tu aimes. Soit l'un, soit l'autre. On choisit sans choisir. C'est comme ça. Chacun suit sa propre route. Et puis, comment aimer quelqu'un sans vraiment le connaître ? Comment parcourir la distance de tout ce que l'on ne sait pas de l'autre ?"
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Par Guylaine, le 10/01/2011
En attendant Robert Capa de
Susana Fortes
Ils débattaient sur la question de savoir si la photo devait être un document utile ou le produit d'une recherche artistique. Il m'a semblé que tous trois pensaient la même chose avec des mots différents, mais je n'y connais pas grand-chose.
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Par Aela, le 07/05/2011
En attendant Robert Capa de
Susana Fortes
Le cliché parut dans le magazine Vu dans son édition spéciale de septembre sur la guerre d'Espagne, puis l'année suivante dans Regards, dans Paris-Soir et dans un numéro spécial du magazine Life, avec une légende expliquant que l'appareil de Robert Capa avait saisi un soldat espagnol à l'instant où une balle le touchait à la tête et qu'il tombait sur le front de Cordoue. Par sa perfection viscérale, l'image fit sensation dans le monde entier. Des centaines de lecteurs envoyèrent des lettres bouleversées aux journaux. Jamais un foyer d'Européens ou d'Américains n'avait été confronté à de pareilles images.
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Par Aela, le 07/05/2011
En attendant Robert Capa de
Susana Fortes
L'armée républicaine venait de lancer une offensive près de Ségovie sous le commandement du général Walter; Gerta et Capa ne rêvaient que d'une chose: faire des images d'une grande victoire. Ils travaillèrent coude à coude, accompagnèrent les troupes en première ligne, en s'échangeant le Leica et l'Eyemo. Ils filmèrent les manoeuvres des chars, les blindés qui avançaient en tournant leur canon de droite à gauche, les officiers échangeant par téléphone ou penchés sur les cartes topographiques étalées sur les tables à tréteaux sous une tente.
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Par Guylaine, le 10/01/2011
En attendant Robert Capa de
Susana Fortes
... J'ai peur de ne plus savoir qui je suis.
C'était la vérité. Nous avons tous une peur secrète. Une terreur intime qui nous appartient et nous distingue des autres. Une peur personnelle, précise.