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Par saphoo, le 24/05/2010
Perdu dans un supermarché
de
Svetislav Basara
Vous exposer mon ressenti avec ce recueil de nouvelles atypiques, voilà le mot est lâché, serait perdu d’avance !
Comme de coutume, je n’ai aucune prétention ni l’envie de vous refaire une quatrième de couverture plus détaillée ni encore moins un mauvais résumé, je n’en vois pas l’intérêt mais plutôt vous livrer quelques impressions très personnelles.
J’aime les lectures qui dérangent plus d’un, j’aime les textes qui nous sèment dans un labyrinthe complètement dingue, j’aime le jeu que l’auteur mène entre lui, le narrateur et nous le lecteur, ça donne du panache, du piquant et c’est complètement renversant.
Assurément, c’est une lecture démente, qui pourrait ressembler à d’autres auteurs plus connus mais que je connais pas !!! Personne n’est parfait en ce bas monde !
Si je devais résumer cette lecture par une image, elle serait : prenez un miroir et lisez votre livre à l’envers, sondez l’insondable, acceptez l’inacceptable, aimez le désordre des choses, et oubliez tous vos préjugés littéraires, diantre de la folie, un joli château de cartes qui explose dès la première page et toutes ces jolies cartes qui s’envolent dans l’air, virevoltent, retombent en pagaille, il vous reste plus qu’à en faire un joli tas, prendre votre mal en patience et recommencer tout du début à la fin oh sauf si la fin serait le début !
Vous n’avez rien compris, alors passez votre chemin ce livre n’est pas pour vous !
Vous aimez l’humour, l’absurde et bien courrez vite achetez ce livre écrit par un auteur aux mille pitreries littéraires et vous passerez un excellent moment ce qui fut mon cas : j’ai adoré ce bouquin !
Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/05/24/17987971.html
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Par PerdreUnePlume, le 19/05/2010
Perdu dans un supermarché
de
Svetislav Basara
Un recueil de nouvelles serbes loufoques et déroutantes, où le personnage central, un narrateur écrivain, va et vient sur le globe et passe de nouvelle en nouvelle.
Les situations sont toutes plus cocasses les unes que les autres, d'errements en Chine aux pensées d'une homme tombant de la Tour Eiffel, jusqu'à ce supermarché final et cet égarement angoissant.
À la lecture des premières nouvelles, j'ai pensé à Breton. Je ne saurai pas développer très avant le parallèle, n'étant pas une grande connaisseuse du surréalisme et du non-sens, mais cette façon de se jouer de la chronologie, l'insertion de détails à première vue sans rapport avec l'intrigue (souvent sous la forme de prétéritions d'ailleurs) et surtout l'utilisation de visuels (photographies, images..) dans le texte m'ont fait faire ce rapprochement (grossier nous sommes d'accord mais je n'ai pas vraiment la culture de ce genre).
Je vous donne donc un sentiment plus qu'une analyse avec ce point de vue.
Mon avis dans la suite...
Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2010/05/19/Perdu-dans-un-superma...
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Par sebastienL, le 10/12/2008
Perdu dans un supermarché
de
Svetislav Basara
On vénère Basara pour son sens du non-sens. Ses nouvelles, ce sont des contes philosophiques dont on ne peut capter l’essence qu’après s’être penché sur la chose « pour de vrai », et même, il faut tomber dedans, se casser les bras, les jambes. Perdre la tête. Alors, on comprend.
La moindre des choses, c’est de lui dresser un autel dans votre bibliothèque. Au nouveau roi de l’absurde.
la suite, sur le blog!
Lien : http://lireplus.mabulle.com/index.php/2008/07/25/150782-svetislav-basara-perd...
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Par sebastienL, le 10/12/2008
Le miroir fêlé
de
Svetislav Basara
Dynamitage ontologique
On aimerait dire que Basara vit dans son temps, qu’il est un écrivain de son époque. On voudrait pouvoir l’intégrer dans un genre, le catégoriser, histoire d’essayer de le cerner, de saisir un peu mieux le personnage. Mais cet écrivain serbe est aussi fou qu’iconoclaste : son impertinence littéraire, sa déstructuration perpétuelle de la narration, ses délires syntaxiques font de lui un être unique. Son œuvre est à son image : farfelue, métaphysique, philosophique, désaxée. Tout est dit.
Fêlures
Le miroir fêlé est un roman d’une centaine de pages mettant en scène Anan, un jeune homme plein de ressources qui décide de développer sa propre névrose. Il intègre donc l’idée d’être né en 1949, alors qu’il n’existait pas encore à cette époque – et c’est bien pour cela qu’il choisit une date anachronique : il n’est rien, il en est convaincu. C’est le Saint-Esprit lui-même qui est venu lui souffler en rêve que l’homme ne descendait pas du singe, mais du néant.
... la suite sur le blog :)
Lien : http://lireplus.mabulle.com/index.php/2008/11/20/165979-svetislav-basara-le-m...
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Par yo, le 01/08/2008
Perdu dans un supermarché
de
Svetislav Basara
Ce livre est un recueil de nouvelles écrites par un auteur serbe, Svetislav Basara. Ce recueil est néanmoins particulier, car les nouvelles se répondent : les personnages croisés dans une nouvelles réapparaissent quelques pages plus loin, dans une autre. L'auteur, qui intervient beaucoup dans le texte, fait suivre ces réflexions sur plusieurs nouvelles (ou devrais-je quasiment dire chapitre !).
Voilà pour la forme. Pour le fond, je suis malheureusement incapable de faire un résumé de cet ouvrage, ni même de faire part de mes impressions, si ce n'est celle d'etre passé à coté de ce livre. Plusieurs fois, les nouvelles ont un début "réel", comme celle qui donne son nom au recueil, avant de sombrer dans un univers sans queue ni tête, dans lequel je me suis littéralement perdu. Je n'ai pas réussi à saisir l'absurdité du recueil, et à faire mon miel de ce que nous propose l'auteur. Un raté en ce qui me concerne.
la suite ici : http://livres-et-cin.over-blog.com/article-21614766.html
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Par Bunee, le 11/07/2008
Perdu dans un supermarché
de
Svetislav Basara
Issu du projet Masse critique
Marie Anne m'avait prévenue: c'est un livre qui ne ressemble à rien d'autre. D'autres, ici ou ailleurs ont parlé d'OVNI, OLNI et autres phénomènes incongrus occupant sans vergogne la voute cranienne des lecteurs assoiffés.
Et après lecture il s'avère que c'est plutôt vrai. Plutôt, parceque mon esprit adore la nuance. Vrai, parceque basara nous offre ici un dépaysement littéraire absolu.
Laissez moi d'abord vous citer le quart de couv':
Qui prétend que s’interroger sur l’absurdité de notre condition est une activité morose ? Pour preuve du contraire, voici une vingtaine de très stimulantes histoires où l’on apprend comment on peut réussir un crime parfait, ce qui passe par la tête de quelqu’un qui est en train de tomber de la tour Eiffel, comment on retrouve sa mère enlevée par les marchands d’esclaves, ce qui arrive à un homme enfermé la nuit dans un supermarché où il s’est perdu, ce qui peut se passer lors d’une boum fatale, et bien d’autres aventures loufoques où l’intelligence est à la fête.
(NDLR Vous remarquerez que l'annonce est vraiment alléchante, du moins passablement intrigante. En plus je n'ai jamais été déçue par les éditions des allusifs, c'est donc avec goinfrerie que je me suis ruée sur cet innocent livre vert)
Voici la liste des nouvelles, au titre décalé:
Etrangers dans la nuits
un crime parfait
histoire d'une chute
le monde merveilleux d'agathe christie
souvenirs de la saison de football 1959-1960
la boum fatale
peine de verveine
cinq notes sur le séjour de Fin à Pekin
commentaire critico paranoïaque
Jazz
l'apprentissage
un mur
le cinéma où l'on projette de mauvais rêves
huit notes sur les vacances de fin
la saga de horn
recherche
explosion
réformateur
Chönid bardo
perdu dans un supermarché
Return of Jedi
le énième tour du cercle
Reprendre une à une les nouvelles ci-dessus énumérées pour vous détailler ce qu'elles "racontent" (on verra par la suite combien ce terme est inadapté) serait une offense à leur nature même, à leur absurdité essentielle. Donc je m'en dispenserai.
Prolégomènes: Laissez moi prévenir les lecteurs encore moins aguerris que moi - Perdu dans un supermarché désarçonne. Ce canasson retors est dépourvu des structures habituelles et rassurantes, jalonnées de certitudes chronologiques: début, milieu fin. Dépourvu, peut être pas. Disons qu'il existe un vernis chronologique qui explose littéralement sous le doute que l'auteur sème à tous vents. L'auteur joue avec son lecteur qui finit par se sentir comme un petit insecte tourneboulé. Parfois on pense aussi à de longs monologues intérieurs au sein desquels serait plongé le lecteur.
On est ici. Ou peut être pas. Ou peut-être que oui mais pas tout à fait.
Autre trait à la fois génial et dérangeant: les nouvelles sont truffées de portes par lesquelles l'auteur fait intrusion dans l'univers ou la tête du lecteur. C'est très bien fait, en exacte concordance avec, par exemple, les numéros de page, les polices de caractères .... Un peu comme si le personnage sortait du livre, s'asseyait à coté du lecteur, et se mettait à parler avec lui.
Quelque chose que j'ai beaucoup aimé, c'est le maniement de l'absurde, la volontaire confusion sujet/objet, homme/objet, les situations grotesques comme celle du gardien de foot qui court et du coup tout le monde se met à courir avec lui. Des fois, de lointains échos kafkaiens semblent bruire, puis on pense ensuite à certains auteurs contemporains russes pour leur humour similaire mais jamais identique à celui de Basara qui est, de loin, infiniment kitchissime - esthétique de l'éphèmère et du dérisoire.
Concernant l'articulation entre les nouvelles, on est ici dans quelque chose de plus "classique", comme par exemple dans la théorie quantitative de la démence de Self, où on retrouve des lieux / personnages / objets communs d'une nouvelle à l'autre. Avec en plus chez Basara une sorte d'effet de miroir (passer du point de vue de celui qui écrit à celui qui critique - moi à ce moment je n'ai pu me dispenser de penser à Lodge et à ses excellents exercices de Thérapie).
Ajoutez à celà une écriture où on se retrouve parfois complètement, comme un écho à soi-même...
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Je ne fais rien. J'invente. tout ce qui a un nom -- existe. Inventer, c'est réduire le néant. Les bougies bleues se consument. Tous les objets transpirent le néant, comme tout ce qui m'entoure, en dépit de la solidité apparente de tout cela. Pure apparence: sous le nom-- c'est le néant.
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Je joue dans le sable, je bâtis de sombres châteaux sans fenêtres, je les admire, ils finissent par m'ennuyer, je les démolis, puis les reconstruis. Je me conduis comme l'histoire
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La phase un peu hésitante dépassée, j'ai adoré. A tenter, donc. je pense que soit vous aimerez, soit vous ne finirez pas :)
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Par Laetitia, le 01/07/2008
Perdu dans un supermarché
de
Svetislav Basara
Cela s'annonçait presque perdu d'avance, un peu comme avec un film de David Lynch ! Personne n'est parfait et j'y suis désespérément hermétique. Alors j'ai tenté d'aborder ce recueil avec l'ouverture d'esprit la plus large possible. Ces nouvelles n'ont ni queue ni tête, qu'importe, imprégnons-nous de l'ambiance. Voilàààà, ça vient ! Non non, inutile de tenter d'y comprendre quoi que se soit, c'est conceptuel. Ah, d'accord. Chouette concept après tout ! Je ne pourrais pas dire que j'ai aimé mais je n'ai pas vraiment détesté non plus. Quoiqu'il en soit, je n'oublie pas de remercier Babelio pour cette découverte tout à fait surprenante ;-) C'est reposant l'absurde finalement...
http://laetitiaberanger.over-blog.com/article-20864165.html
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Par Bartleby, le 10/06/2008
Guide de Mongolie
de
Svetislav Basara
http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/search/label/Basara
Extrait :
Svetislav Basara est un écrivain serbe qui est à la littérature ce que Cioran est à la philosophie. Le Guide de Mongolie n’a rien d’un guide touristique ; c’est un violent pamphlet contre l’humanité, tout simplement. C’est la charge des cavaliers de l’Apocalypse sur le monde et rien ne résiste, tout explose : le style, la logique narrative, les idées.
Ce petit roman commence par l’enterrement d’un ami de l’auteur qui s’est suicidé. Basara assiste à son enterrement, puis va se soûler avec le pope qui s’est occupé de la cérémonie (« Il nous faut boire. C’est tout ce que nous pouvons faire pour notre salut. »). Le ton est immédiatement donné. Comme l’explique le pope, ce n’est pas de la mort qu’il faut avoir peur, mais de la vie :
« C’est là que grouillent les diables noirs, les sorcières, les magiciens, les esprits malins. »
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Par Dylou, le 02/12/2011
Perdu dans un supermarché
de
Svetislav Basara
Etant branchée littérature slave en ce moment, je me suis dit « chouette, traduit du serbe » puis lisant le quatrième de couverture mon pied s’est mis à frapper le sol, j’entendais déjà la fanfare avec trompette, tuba et grosse caisse, le tout ponctué çà et là de coups de pistolet tirés en l’air, bref j’étais dans l’univers de Kusturica.
Malheureusement rien de jubilatoire comme promis, certes, des histoires loufoques qui nous ventent l’absurdité du quotidien mais dans le style nihiliste de Samuel Beckett. Les textes sont truffés de phrases négatives, la mort et le désespoir sont omniprésents … Si j’avais lu ce livre à 20 ans, sans doute aurais-je adoré, mais à presque 40, je me suis un peu ennuyée. En conclusion Basara m’a filé un coup de vieux !
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Par kathel, le 10/11/2010
Perdu dans un supermarché
de
Svetislav Basara
Je m’attendais bien à quelque chose d’assez spécial, en débutant, dans la joie et la bonne humeur, la lecture de ce recueil… Et c’est effectivement assez loin du style de nouvelles que je peux lire habituellement qu’il m’a entraîné. Une dédicace originale et belle, une première nouvelle qui évoque les exercices de style de Queneau, d’autres ensuite qui me font penser à Vian, érudition, humour pince sans rire et surtout l’absurde à l’honneur dans chaque texte. Eh bien, cela m’a plu au début et un peu lassée à la longue. Je pense que c’est le genre de recueil qu’il vaut mieux picorer de ci, de là, qu’essayer de lire in extenso en quelques jours. Quoique les liens entre certaines nouvelles qui se lancent parfois un clin d’œil, ferait prêcher plutôt le contraire. Bref, si vous voulez connaître les pensées d’un homme qui tombe de la tour Eiffel, savoir ce Fin peut bien faire à Pékin, connaître la nouvelle mode qui sévit dans les « boums » ou plonger dans une troublante nouvelle sur un apprentissage délicat, celui de la liberté, lisez ce livre et revenez me dire ce que vous en pensez !
Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-svetislav-basara-perdu-dans-un-su...
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Par yv1, le 12/09/2010
Guide de Mongolie
de
Svetislav Basara
Que dire de ce roman si ce n'est qu'il est complètement inattendu, iconoclaste ? Je suis néanmoins partagé à la fois par une écriture originale, des thèmes abordés à foison et traités "philosophiquement" et par une certaine misogynie, misanthropie et un pessimisme ambiants trop présents.
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Par Wunschtraum, le 03/07/2008
Perdu dans un supermarché
de
Svetislav Basara
Lu grâce à Masse Critique. Sincèrement, je dois dire que je n'ai pas vraiment aimé ce livre. Je trouve les histoires un peu désordonnés et difficiles à suivre. Cela me fait penser à un récit schizophrène. Je remercie Masse Critique car ce fût quand même une "bonne" découverte.
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Par rose, le 02/07/2008
Perdu dans un supermarché
de
Svetislav Basara
Au pays de Kafka… ou de Ionesco ?
Que feriez-vous si vous vous retrouviez perdu dans un supermarché après la fermeture ? Vous vous organiseriez confortablement pour passer la nuit ? Vous seriez saisi d’une violente crise d’angoisse ? Le héros de Svetislav Basara, lui, commence par s’en prendre aux horloges. Et puis, il reçoit un coup de téléphone ; c’est Dieu au bout du fil… Il lui enjoint de se pencher sur son passé…
Toutes les nouvelles (une vingtaine) du recueil « Perdu dans un supermarché » du Serbe Basara, à l’image de ce Dieu, obligent le lecteur à s’interroger, à mettre ses certitudes de côté et à plonger résolument dans un monde absurde, où l’on peut être mort et continuer à écrire, où les personnages sont très conscients de n’être que des êtres de papier et aspirent, non pas à vivre encore un peu, mais à atteindre la page 151, où l’histoire pour se dire a besoin parfois d’avoir recours non plus à des mots mais à des croquis ou des photos, où le fait le plus simple est toujours sujet à caution : je crois qu’elle était venue s’installer dans cette ville après sa naissance. Elle n’est née que plus tard.
On se promène dans un univers hérité de Ionesco (le Bobby dégonflé de « La boum fatale » évoque les personnages sans profondeur de « La cantatrice chauve » ou de « Rhinocéros ») ou de Kafka (Gruber chassé de chez lui et victime passive de la police et de l’Inquisition rappelle, lui, le héros du « Procès »), et de façon plus lointaine de Diderot et des romanciers qui ont joué sur les niveaux de lecture des romans (le même Gruber se réjouit que ceux qui l’arrêtent ne puissent pas lire les notes de bas de page qui le mettraient en danger).
Parfois on se croirait au cinéma, comme dans l’ »histoire d’une chute », nouvelle dans laquelle, comme dans certains films burlesques, tout le monde se met à courir, poursuivant on ne sait plus trop qui ; une nouvelle, « Le cinéma où l’on projette de mauvais rêves », a même pour héros un personnage de film, obligé d’agir selon le scénario et regardant du coin de l’œil les réactions des spectateurs. D’autres nouvelles sont des réécritures absurdes de romans policiers ou de romans noirs (comme « Un crime parfait » ou « Le monde merveilleux d’Agatha Christie »).
C’est drôle souvent, mais toujours au service d’un questionnement sur le sens de l’existence, la conscience… L’homme y est parfois réduit à n’être qu’un mannequin en plastique, à la vision du monde très limitée, à l’existence aléatoire (Bob Horn peut ne jamais sortir de chez lui et courir tous les matins au parc), obligé d’apprendre ce que c’est que d’être, tout simplement, puis la différence entre être quelqu’un et être quelque chose…
On a l’impression que la même histoire se réécrit de nouvelle en nouvelle ; il faut dire que les mêmes protagonistes reviennent régulièrement, Svetislav, sa mère, son copain Sandoz, la belle Etiemble, le docteur Wong, Fin, Bob Horn ou Gruber… La même histoire, non, mais en tout cas les mêmes interrogations chronologiques (le temps est souvent trompeur), métaphysiques…
Un recueil à lire petit à petit (l’ensemble est passionnant mais ces reconstitutions étranges gagnent à être découvertes progressivement, pour ne pas se lasser et se laisser distancer dans cette grande course au sens). J’avoue un faible pour la « boum fatale » et la curieuse mode qui s’y propage et qui consiste pour ces hommes-mannequins à « se dégonfler »… « Pourquoi serais-je la seule à ne pas me dégonfler, à être ringarde, à passer inaperçue ? » se lamente Anna. Rien que pour cette courte nouvelle jubilatoire et méchante, je suis contente d’avoir découvert Svetislav Basara.
http://rosealu.canalblog.com/archives/2008/07/02/9781667.html
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Par Papillon, le 19/06/2008
Perdu dans un supermarché
de
Svetislav Basara
Ce recueil rassemble une vingtaine de nouvelles qui se répondent de l'une à l'autre et ont en commun d'être complètement absurdes. Basara joue avec les mots, les temps verbaux, les lieux, et incarne tous les rôles : auteur, narrateur, adoptant tour à tour tous les points de vue, personnage, et même critique. Il construit et déconstruit un monde dénué de sens qui nous renvoie à l'absurdité totale de la vie.
http://journal-d-une-lectrice.over-blog.net/article-20567060.html