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Par horline, le 22/07/2011
La vie lente des hommes de
Sylvie Aymard
Je vais pouvoir tenir Tristan entre quatre yeux, pourtant je suis bien émue et tremblante, torturée de questions face à mon père. Je ne connais pas la vraie question à poser. Les mots s’enfuient, il ne m’en reste que quelque- uns pour trouver mon chemin, boire un coup, manger et faire l’amour.
Il est assis dans le salon face à moi, il ne fait aucun effort. Je m’informe de sa tension, de son cholestérol, de sa prothèse de hanche. Je voudrais juste savoir pourquoi il ne m’aime pas. La solitude m’a rendue timide et lente à m’exprimer. J’attends qu’il parle avec une résignation d’invitée, je baisse les yeux sur mes mains croisées.
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Par horline, le 22/07/2011
La vie lente des hommes de
Sylvie Aymard
Femme au foyer, subordonnée à Tristan. Pour elle l’homme était fort, surtout lorsqu’il mangeait, elle le regardait et se sentait faible avec ses petits organes de mastication moins énergiques, moins résistants.
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Courir dans les bois sans désemparer de
Sylvie Aymard
Je ne suis pas là pour percer les secrets du monde qui m’entoure. Je m’en fous. En principe mon séjour ici doit être court et clore ma destinée. C’est pompeux, solennel mais j’ai le droit de me nuire gravement sans déranger personne.
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Courir dans les bois sans désemparer de
Sylvie Aymard
La première fois que j’ai fait l’amour avec lui, il est resté après sur moi. Son sexe tapi dans le mien. Il a cherché en tâtonnant des livres sous le lit. Il m’a lu des poèmes d’Eluard. J’ai dodeliné du chef pour ne pas hurler. J’étais déçue. Immobile comme un petit animal vertébré dans du formol. Il m’a parlé aussi du livre de Yourcenar l’œuvre au noir dont je ne comprenais même pas le titre.
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Par de, le 09/04/2012
Du silence sur les mains de
Sylvie Aymard
Elle ouvre aussitôt son bec corné sans dent pour protester ; puis s'arrête, dans le silence amorphe de sa carapace
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Par de, le 09/04/2012
Du silence sur les mains de
Sylvie Aymard
Les intentions silencieuses, je n'en veux plus. Je les sens venir, me coller dans le dos.
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Par de, le 09/04/2012
Du silence sur les mains de
Sylvie Aymard
Nous marchons, depuis, vers ceux qui s'annulent aussitôt les corps consommés.