Par Suny, le 19/06/2011
Tokyo c'est loin de
Tania de Montaigne
Lorsque j'entre, je suis immédiatement saisie d'effroi, je redoute une attaque sanglante, je crois avoir fait quelque chose d'inconvenant. Lorsque j'entre, je frôle l'accident cardiovasculaire, je prends sur moi pour ne pas ressortir. (...) Lorsque j'entre, la dizaine d'employés, situés à des endroits divers de ce lieu, me hurle dessus et sourit en même temps. Le ton employé est celui que l'on utilise, en général, pour signifier à une personne contrevenante qu'on va bientôt la découper à la hache, lui arracher les testicules et en faire des percussions brésiliennes. (...) Après un hurlement comme ça, on finit le cheveu blanchi, dans une pièce capitonnée, à se balancer d'avant en arrière en fixant les murs. Être étranger, c'est constater que l'Autre est une aventure, que tout cri n'est pas hostile.