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Par le_Bison, le 06/02/2012
Le pouvoir du chien de
Thomas Savage
Phil n’avait pas de notions romantiques au sujet des Indiens. Il laissait ce genre de sentiment aux professeurs et aux rigolos de l’Est avec leurs appareils photos extravagants. Les enfants de la nature, mon œil. Des conneries. En réalité, les Indiens étaient des feignants et des voleurs. On avait bien essayé d’employer des Indiens dans les champs au moment des foins, mais, pour ce qui était des machines, ils étaient complètement abrutis, incapables de colmater un trou de taupe avec du sable. Et médiocres avec les chevaux. Quand on avait voulu installer ces Indiens avec les autres hommes, dans des tentes dressées dans les champs, les hommes s’étaient plaints des odeurs, et il avait fallu choisir : soit eux, soit les indiens.
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Le pouvoir du chien de
Thomas Savage
C’était toujours Phil qui se chargeait de la castration. D’abord, il découpait l’enveloppe externe du scrotum et la jetait de côté ; ensuite, il forçait un testicule vers le bas, puis l’autre, fendait la membrane couleur arc-en-ciel qui les entourait, les arrachait et les lançait dans le feu où rougeoyaient les fers à marquer. Étonnamment, il y avait peu de sang. Au bout de quelques instants, les testicules explosaient comme d’énormes grains de pop-corn. Certains hommes, paraît-il, les mangeaient avec un peu de sel et de poivre. « Amourettes », les appelait Phil avec son sourire narquois, et il disait aux jeunes aides du ranch que s’ils s’amusaient avec les filles ils feraient bien d’en manger eux aussi. George, le frère de Phil, qui, lui, se chargeait d’attacher les bêtes, rougissait d’autant plus de ces conseils qu’ils étaient donnés devant les ouvriers. George était un homme trapu, sans humour, très comme il faut, et Phil aimait bien l’agacer. Quel grand plaisir, pour Phil, d’agacer les gens ! Personne ne portait de gants pour des opérations aussi délicates que celle de la castration, mais on en mettait pour presque tous les autres travaux, car il fallait se protéger les mains des frottements de corde qui brûlent la peau, des échardes, des coupures et des ampoules. Tout le monde portait des gants pour prendre le bétail au lasso, poser les piquets de clôture, marquer les bêtes au fer ou leur lancer du foin, et même tout simplement pour monter et faire courir les chevaux ou conduire les troupeaux. Tout le monde, sauf Phil. Il était au-dessus des ampoules, des coupures et des échardes, et il méprisait ceux qui se protégeaient avec des gants.
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Par Woland, le 04/01/2009
La Reine de l'Idaho de
Thomas Savage
... Ce jour-là, l'océan était d'un calme inhabituel ; de petites ondulations couraient sur sa surface et reflétaient le soleil. C'est ce genre de soleil, sur des eaux semblables, qui a poussé Eschyle à écrire "le sourire d'océan aux mille miroitements." Il savait de quoi il parlait. Cette journée aurait pu être joyeuse.
Et puis, soudain, un goéland est passé en volant près de nous - si près que j'ai senti l'air qu'il déplaçait et que j'ai vu le regard de ses petits yeux perçants.
Deux sortes de goélands patrouillent sur notre plage et dans le ciel au-dessus. Le plus commun est le goéland argenté : il est protégé par la loi parce qu'il est charognard, et on l'aime pour son vol plein de grâce qui évoque la liberté. On peint son image sur du bois flotté et on la sculpte dans du bois de pin, puis on la vend tout au long de la Route Un en souvenir d'un nouvel été passé dans le Maine avec ses rochers et ses marées éternelles.
Les goélands marins sont moins communs. Ils sont plus gros et ne frayent pas avec les goélands argentés. Ils aiment s'isoler sur des corniches ou des îlots ; ils évitent les humains. Et ils ont bien raison, parce qu'on les déteste. Ils cherchent les oeufs ou les petits des autres oiseaux, et ils les dévorent.
Le goéland dont j'ai senti le passage et dont j'ai vu le regard était un goéland marin.
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Le pouvoir du chien de
Thomas Savage
Tout de suite après l'abattage, parfois le soir même, le foie faisait son apparition en tranches poêlées jusqu'à ce que les bords se recroquevillent, et il était servi avec des oignons et du bacon. Venait alors le coeur, cuit au four et farci de pain. Les côtes duraient plusieurs jours, bouillies ou cuites à l'étouffée, plongées dans de la graisse de rognon fondue. Ensuite, c'était une semaine de rôtis, dont certains pesaient quinze kilos. En dernier venaient les biftecks, cuits sans pitié à la poêle dans de la graisse de rognon et noyés de kecthup. Mais rares étaient les morceaux de quartier avant qui parvenaient jusqu'à la table, car lorsque les quartiers arrière étaient terminés, les mouches avaient déjà fait leur oeuvre malgré les linceuls blancs qui recouvraient la viande. Ainsi partaient les quartiers avant, avec leurs asticots et les reste, pour les oiseaux et autres bêtes.
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Par le_Bison, le 06/02/2012
Le pouvoir du chien de
Thomas Savage
C’était toujours Phil qui se chargeait de la castration. D’abord, il découpait l’enveloppe externe du scrotum et la jetait de côté ; ensuite, il forçait un testicule vers le bas, puis l’autre, fendait la membrane couleur arc-en-ciel qui les entourait, les arrachait et les lançait dans le feu où rougeoyaient les fers à marquer. Étonnamment, il y avait peu de sang. Au bout de quelques instants, les testicules explosaient comme d’énormes grains de pop-corn. Certains hommes, paraît-il, les mangeaient avec un peu de sel et de poivre. « Amourettes », les appelait Phil avec son sourire narquois, et il disait aux jeunes aides du ranch que s’ils s’amusaient avec les filles ils feraient bien d’en manger eux aussi.
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Le pouvoir du chien de
Thomas Savage
La météorologie offrait toute une palette de sujets propices à la conversation, et, dès qu'on abordait ce domaine, les gens s'en emparaient avec un enthousiasme presque hystérique, comme si chaque invité devait s'exprimer et se soulager - avant que ce thème ne soit abandonné, vidé de toute vie et de toute force, en parlant des extrêmes de la température, de l'humidité, de la pluie, de la neige en flocons ou fondue, de la vitesse du vent, des bourrasques passées et à venir. Une fois la météo épuisée, la compagnie pouvait rester assise, muette, jusqu'à ce que le dîner soit annoncé par le carillon de porte que faisait tinter la jeune femme engagée pour le service.
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Par dflasse, le 07/01/2009
Rue du Pacifique de
Thomas Savage
Combien de ces jeunes savaient pourquoi ils partaient à la guerre? Une chose était sûre et l’avait toujours été: quelqu’un en tirait profit. Et ce quelqu’un était ailleurs, dans un endroit où il n’entendait jamais les hurlements des blessés ni ne regardait un jeune mourir. Pour quoi? Pour la liberté? Pour l’accroissement du profit?
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Le pouvoir du chien de
Thomas Savage
Comme son unique réalisation, jusqu'à ce jour, était d'avoir grandi, il veillait jalousement sur sa dignité.
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Le pouvoir du chien de
Thomas Savage
Les nuages de tempête s'éloignèrent comme Phil l'avait prédit. Les deux hommes partirent à cheval vers la maison, et alors qu'ils coupaient à travers un petit carré d'armoises, ils tombèrent, dans un angle, sur le nid abandonné d'un centrocerque des Rocheuses où ne restaient que quelques coquilles.Il est très rare de trouver le nid d'un de ces grands tétras. Il faut ouvrir l'oeil, ce que faisait toujours Phil.
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Le pouvoir du chien de
Thomas Savage
Quand Rose parlait de Phil, sa bouche devenait sèche, sa langue épaisse. Penser à lui dispersait tout ce qu'elle pouvait avoir d'agréable ou de cohérent à l'esprit, et la ramenait à des émotions infantiles.