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Le terroriste noir de
Tierno Monénembo
« Il y a un nègre dans la rue Jourdain
- Et qu’est-ce qu’il fait là, ce nègre ?
- Rien, il est juste en train de mourir. »
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Le roi de Kahel de
Tierno Monénembo
Des brumes du songe aux durs cailloux de la réalité, quel chemin ! Lui, Olivier de Sanderval parlait peul, respirait peul, sentait peul, allait et venait en pays peul. Il habitait le Fouta, le Fouta l'habitait, plus exactement. Plus qu'une complicité, une fusion ; plus qu'un lien, une communion mystique ! Oui, quel chemin depuis les jeux de marelle et les culottes courtes, depuis les limbes si ça se trouve ! Une simple intuition au début puis un rêve, puis un projet. Il en était maintenant à l'œuvre, à la finition de l'œuvre, les deux ou trois derniers gestes décisifs et bientôt...
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Par soelmaju, le 05/02/2009
Le roi de Kahel de
Tierno Monénembo
Qu'importe le résultat : seul l'effort donne un sens à l'existence ! Il ne faut jamais braquer son regard sur la distance, mais sur le pas. Ce pas-ci gagné, songer aussitôt au suivant.
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Par soelmaju, le 05/02/2009
Le roi de Kahel de
Tierno Monénembo
De cette scène pitoyable, il tira une magistrale leçon : quand il serait roi, il interdirait l'Afrique aux vulgaires, aux incultes, aux mendiants, aux fainéants, aux bagnards et aux escrocs.
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Par littleone, le 30/09/2012
Le terroriste noir de
Tierno Monénembo
La femme c'est l'atelier du bon Dieu, disent vos sages de là-bas. Toucher à la femme enceinte, c'est souiller la demeure d'Allah, c'est briser l'ordre de l'Univers
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Par bibliopmo, le 09/12/2008
Le roi de Kahel de
Tierno Monénembo
Maintenant le voilà à trente ans, barbu, marié et déjà maire de Marennes, où il sera le premier dans l’histoire de France à mettre les facteurs à vélo ! (p.84)
A trente-deux ans, à Marennes où son père l’avait envoyé construire des usines, il faillit exploser avec son laboratoire alors qu'il tentait de prouver que l’on pouvait dissocier la matière. (p. 53)
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Le roi de Kahel de
Tierno Monénembo
- Mon cher Bonnard,
Si je ne vous ai pas donné de mes nouvelles depuis que je vous ai télégraphié de Bordeaux en descendant du bateau, la raison en est toute simple : c'est que je n'en avais pas. Ma famille à Montredon passe des jours on ne peut plus ordinaires. Quant à la vie de la France, ma foi, mis à part les éclats de voix que l'on entend pousser au Parlement, c'est celle, paisible et morne, d'une vieille rentière qui se sent bien dans son agonie. Seulement, je viens de Paris où, m'usant à gravir les étages pour essayer de faire comprendre à nos bureaucrates l'intérêt pour notre pays d'asservir le Fouta-Djalon, je suis enfin tombé sur une nouvelle : il paraît que les Anglais ont envoyé une mission à Timbo en la personne de Goldsburry, son gouverneur en Gambie. Je n'ai pas besoin d'arguments pour vous faire comprendre que c'est un mauvais coup pour nous. Vous savez mieux que moi combien les Anglais sont sournois et les Peuls cupides et versatiles. La rencontre de ces deux races perfides risque de faire voler nos traités et engloutir tous les trésors que nous y avons investis en cadeaux et en factoreries. Aussi je vous ordonne, toutes affaires cessantes, de vous rendre à Timbo pour vous assurer que nous sommes (et non ces fripouilles d'Anglais) les amis de l'almâmi, et que nos traités sont toujours valables. Vous connaissez les viles moeurs des rois nègres. Pour eux, l'amitié va au plus offrant. Alors, n'hésitez pas : inondez ces ces vilains seigneurs peuls de cadeaux (surtout Pâthé, Aguibou, Bôcar-Biro et Alpha Yaya)! A chacun un miroir ou une boule d'ambre ! Quant aux Anglais, dénigrez-les ! Sabotez ce pauvre Goldsburry ! Faites comprendre aux Peuls qu'ils n'ont qu'une seule envie : décapiter l'almâmi et s'emparer de son pays. Jouez sur la corde sensible du Peul : sa fierté légendaire, son attachement à l'Islam, à l'indépendance de son pays, tout ce que le méchant Anglais veut démolir alors que nous, Français...Rappelez un million de fois combien je suis et resterai leur très fidèle et dévoué ami ! Faites comme je vous dis et tenez-moi au courant.
En attendant, moi, je dois rester ici pour harceler les ministères. Pour l'instant tout est contre moi. Mais vous me connaissez !...
Je retourne au Fouta dès que je peux.
Saluez pour moi les Portôbé de la côte !"
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Le roi de Kahel de
Tierno Monénembo
- Tenir l'Afrique par le Sénégal et le Soudan, c'est tenir le sabre par la lame ! Sans le Fouta-Djalon, nous risquons de tout perdre là-bas !
Il s'interrompit quelques instants pour se diriger vers la mappemonde collée au mur :
- Revoyons un peu, si vous le voulez bien, monsieur le ministre, la carte du monde. Qu'avons-nous autour de notre pauvre France ?
Il prit la règle et montra d'un air grave l'Espagne, l'Angleterre, l'Allemagne, rien que des ennemis ! Comment survivre dans ce guêpier ? L'Afrique ! Il n'y avait pas d'autre solution ! "Elle doit être le corps et nous l'esprit !", insista-t-il. Il avait compris, lui, dès son arrivée à Gorée, qu'elle deviat immédiatement cesser d'être une simple réserve d'esclaves et d'oléagineux pour devenir, minutieusement dégrossie sous le scalp d'Athènes et de Rome, une amie, une alliée, une province française. Alors, la France pourrait y lever une grande armée ; grâce à elle, la conquête de l'Italie serait facile ainsi que le passage par le Brenner vers l'Autriche. L'Allemagne n'aurait plus le choix : la paix éternelle et peut-être même l'union face à une angleterre ennemie de l'Europe. Et comment faire de l'Afrique une province française ? En faisant du Fouta-Djalon sa base, c'était aussi évident que le nez au milieu du visage.
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Par soelmaju, le 05/02/2009
Le roi de Kahel de
Tierno Monénembo
Le virus des colonies, il l'avait attrapé en écoutant les récits du grand-oncle, Simonet. Les savoureuses aventures des pionniers de la civilisation égarés chez les antropophages, et que la bonté du Christ sauvaient in extremis de la marmite bouillante des Zoulous ou des Papous, le faisaient frissonner tous les soirs, une fois terminés les longs, pénibles dîners de famille.
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Le roi de Kahel de
Tierno Monénembo
Il se trouvait en pays ami, presque chez lui. Il restait néanmoins sur ses gardes. Il surveillait ses paroles et faisait attention à ce qu'il mangeait. En pays ami, oui, mais plus encore en pays peul : s'il n'était pas convenable de tahir les amis, il était courant de les espionner et à l'occasion de saupoudrer leur repas d'une pincée de poison, voire de les poignarder en faisant mine de leur appliquer une tape amicale dans leur dos ! Un pays aux habitants si ambigus, si louvoyants qu'on en arrivait à les admirer ! Mais ce pays, il le connaissait maintenant, il le désirait, il en avait besoin : il était devenu sa drogue. Il comrenait la féerie de ses lumières et les mystérieux secrets de ses bois. Il s'enivrait de ses odeurs de fonio et de jasmin, s'étourdissant de plaisir devant ses rivières et ses vallées tourmentées. Ses rêves les plus fous se confondaient dorénavant avec ses horizons luminescents et ses cimes couvertes de bleu.
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