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Par karine13, le 30/04/2011
Le grand voyage de la vie : Un père raconte à son fils de
Tiziano Terzani
Je vais très bien. Je suis dans une merveilleuse disposition de l’âme. Tout ce que je vois, en attendant ma fin ferme le cercle. Tu sais, il y avait un célèbre maître zen à qui on demanda un jour : « Quel est le sens de tout cela ? » Et le maître zen prit un pinceau chinois, le plongea dans l’encre et dessina un cercle. J’ai moi aussi ce rêve. C’est beau, non ? Fermer le cercle.
Je me porte merveilleusement bien. Je ris tout le temps. Mais mon se liquéfie de toutes parts et commence à pourrir. C’est pour cela que, ces trois ou quatre dernières années, je me suis exercé à me détacher de mon propre corps, à le laisser ici et à m’en aller.
Le laisser ici !
Il rit.
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Par karine13, le 07/02/2011
Le grand voyage de la vie : Un père raconte à son fils de
Tiziano Terzani
Le vrai désir, si on veut n’en choisir qu’un, c’est celui d’être soi-même. La seule chose qu’un homme puisse désirer, c’est de ne plus avoir de choix, parce que le vrai choix n’est pas de choisir entre deux dentifrices, entre deux femmes, entre deux voitures. Le vrai choix, c’est de choisir d’être soi-même. Avec l’habitude et l’entrainement, si on réfléchit – si on y réfléchit vraiment ! -, on comprendra que ces désirs sont une forme d’esclavage. Parce que plus on désire, plus on se crée de limitations. On désire une chose au point de ne plus penser à autre chose, on ne fait rien d’autre, on devient esclave de ce désir.
On peut, quand vient l’âge adulte, l’âge mûr, commencer à voir tout cela…
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Par karine13, le 30/04/2011
Le grand voyage de la vie : Un père raconte à son fils de
Tiziano Terzani
Tu sais, je me suis toujours intéressé à l’humanité. L’homme, mais qui est-il, bon sang ? Alors, j’ai fini par me poser cette question, un peu bête mais tellement importante : « Et moi, qui suis-je ? » Une question, du reste, concerne chacun de nous. Cet homme, cet homme… Bref, j’ai été totalement pris par l’homme, par l’humanité. Où va-t-il ? Que fabrique-t-il ? S’améliore-t-il ou ne s’améliore-t-il pas ?
C’est cela l’histoire, tu ne crois pas ?
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Par karine13, le 10/05/2011
Le grand voyage de la vie : Un père raconte à son fils de
Tiziano Terzani
A vingt ans, trente ans, cinquante ans, tu peux entendre quelqu’un qui te dit : « Mais cette… », et tu n’en as rien à faire. Ca rentre d’un côté, ça sort de l’autre. Pourtant, comme disent toujours nos chers indiens : « Lorsque l’élève est prêt, le maître apparait. »
Le 1e janvier de l’an 2000, je suis arrivé sur la crête de cette montagne et j’étais un autre. Le spiritus loci opérait déjà ! Et le Vieil Homme a ouvert la bouche et a dit ces mots : « La Vérité est une terre sans sentiers… » S’il avait prononcé ces mots deux ou trois ans plus tôt, je me serais dit : « Sans sentiers ! Mais je t’en foutrais, moi ! » J’aurais cherché à savoir combien mesurait la montagne.
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Par karine13, le 30/04/2011
Le grand voyage de la vie : Un père raconte à son fils de
Tiziano Terzani
Folco : Les révolutions ne servent à rien ?
Tiziano : C’est là que j’ai franchi le pas jusqu’à la seule révolution qui serve à quelque chose, celle qui se vit à l’intérieur de soi. Les autres révolutions, on les voit. Les autres se répètent, elles se répètent de manière constante, parce que, tout au fond, il y a la nature de l’homme. Et si l’homme ne change pas, si l’homme ne fait pas ce saut qualitatif, si l’homme ne renonce pas à la violence, au désir de dominer la matière, au profit et à l’intérêt, tout se répète, tout se répète, tout se répète.
Papa se plonge dans une longue réflexion.
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Par karine13, le 10/05/2011
Le grand voyage de la vie : Un père raconte à son fils de
Tiziano Terzani
Nous sommes soutenus par quelque chose d’autre que les futilités auxquelles nous tenons. Qui tient tout ce bazar ? Qui tient tout ensemble ? Il suffit que la température se modifie de quelques degrés pour que les glaciers fondent et que ce soit la fin de tout. Mais, pour l’instant, tout tient. Qui fait chanter les petits oiseaux ? Il y a cet être cosmique, et si, l’espace d’un instant, on a ce sentiment fulgurant de lui appartenir, après, on n’a plus besoin de rien. C’est à partir de là que nous démarrons.
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Par karine13, le 10/05/2011
Le grand voyage de la vie : Un père raconte à son fils de
Tiziano Terzani
On rencontre plein de gens, et puis on part, lentement. Et chemin faisant, on comprend quels étaient les faux maîtres et quels étaient les vrais. Puis, finalement, un vieil homme en haut de l’Himalaya m’a permis, d’un coup de baguette magique, d’entrevoir, l’espace d’un instant, ce que je n’avais jamais vu. Et, une fois qu’on a vu cela, on ne peut plus vivre normalement.
Beau voyage, n’est-ce pas ?
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Par karine13, le 10/05/2011
Le grand voyage de la vie : Un père raconte à son fils de
Tiziano Terzani
Je dirais que ta pensée me touche parce que c’est peut-être ainsi que va le monde. Car même mon aspiration à un homme meilleur, plus spirituel, est faite de désir ; et d’une chose encore plus terrible, de devenir. Alors que toi, oui, tu as raison. Comprendre que ‘est parfait. Et que ça ne devient pas.
C’est.
Une idée à méditer.