-
Le chanteur de tango de
Tomas Eloy Martinez
« Durant ces jours de folie, j’ai acheté des plans de Buenos Aires et j’y ai tracé des lignes de couleur qui reliaient les lieux où Martel avait chanté, dans l’espoir de trouver une forme qui trahisse ses intentions, quelque chose comme le losange qui permet à Borges de résoudre l’énigme de La mort et la boussole. » (p. 251)
-
Le chanteur de tango de
Tomas Eloy Martinez
En bas, la librairie était pleine de monde, comme presque toutes les librairies que nous avions vues. Trente ans auparavant, Julio Cortázar et Gabriel García Márquez s'étaient étonnés que les ménagères achètent Marelle ou Cent ans de solitude comme si c'étaient des nouilles ou des pieds de laitues, et emportent les livres dans leurs sacs à provisions. Aujourd'hui, les habitants de Buenos Aires continuaient à lire avec la même avidité qu'à cette époque. Mais leurs habitudes avaient changé. Ils n'achetaient plus de livres. Ils en commençaient un au hasard dans une librairie et le poursuivaient dans une autre, de dix pages en dix pages ou de chapitre en chapitre, jusqu'à la fin. Ils devaient y passer des jours, voire des semaines.
> lire la suite
-
Le chanteur de tango de
Tomas Eloy Martinez
Une semaine plus tard, dans un cycle du Malba, j'ai découvert un court métrage de 1961 intitulé Faena ("Abattage"), dans lequel les vaches étaient assommées à coups de marteau et ensuite dépecées vivantes à l'abattoir. J'ai alors compris le vrai sens du mot barbarie, et pendant une semaine entière je n'ai pas pu penser à autre chose. À New York, une expérience comme celle-là aurait fait de moi un végétarien. À Buenos Aires c'était impossible, car en dehors de la viande il n'y avait rien à manger.
-
Le chanteur de tango de
Tomas Eloy Martinez
« Dans le tango, la beauté de la voix compte autant que la manière de chanter, l’espace entre les syllabes, l’intention qui enveloppe chaque phrase. Tu as sûrement remarqué qu’un chanteur de tango est avant tout un acteur. Pas n’importe quel acteur, mais quelqu’un chez qui l’auditeur reconnaît ses propres sentiments. L’herbe qui croît sur ce champ de musique et de mots est l’herbe sauvage, agreste, invincible de Buenos Aires, le parfum de la luzerne et du chiendent. » (p. 213)
-
Par Caligari, le 06/06/2011
Le chanteur de tango de
Tomas Eloy Martinez
Ces cafés me semblaient parfaits pour écrire des romans. La réalité ne savait qu'y faire et avançait librement, à la recherche d'auteurs prêts à la raconter. (...) Je ne comprenais pas pourquoi les Argentins préféraient écrire des histoires fantastiques ou invraisemblables sur des civilisations perdues, des clones humains ou des hologrammes sur des îles désertes, quand la réalité était vivante, qu'on la sentait se consumer, brûler et ronger la peau des gens.
-
Le chanteur de tango de
Tomas Eloy Martinez
« Il n’a pas enregistré un seul couplet. Il ne veut pas d’intermédiaire entre sa voix et le public. » (p. 18)
-
Le chanteur de tango de
Tomas Eloy Martinez
Sur Buenos Aires : « Son unique beauté est celle que lui attribue l’imagination humaine. » (p. 178)
-
Le chanteur de tango de
Tomas Eloy Martinez
« Je lui ai parlé des évènements malencontreux que j’avais vécus, des cinq présidents en dix jours, et j’ai dit en passant que le chanteur de tango sur lequel je voulais écrire était mort la nuit même où je l’avais rencontré pour la première fois. » (p. 306)
-
Le chanteur de tango de
Tomas Eloy Martinez
« Nous consacrons notre vie à des causes que nous ne comprenons qu’en partie seulement pour que rien ne reste tel qu’il est, dit le Mocho à Martel la nuit du Sunderland. » (p. 242)
-
Le chanteur de tango de
Tomas Eloy Martinez
« Il n’existe pas de cartes fiables de Buenos Aires, car les rues changent de nom d’une semaine à l’autre. Ce qu’une carte affirme, une autre le nie. » (p. 126)