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Par Couperine, le 30/07/2011
Dans un jour ou deux de
Tony Vigorito
Comme j'étais arrivé avant les autres invités, je restai auprès de Blip et de Sophia dans la cuisine et les regardais se frôler, se contourner et s'esquiver l'un l'autre pendant qu'ils s'activaient à préparer le repas. Au bout d'un moment, je n'y tins plus et leur demandai ce que « Débattez nu » était censé vouloir dire.
- Exactement ce que ça dit, répondit Blip. Débattez nu. Nous avons fait imprimer des T-shirts et des autocollants pour les vendre dans les festivals de musique cet été.
- Débattez nu ?
- Nous débattons nus, expliqua Sophia.
- Ah.
- Ça marche très bien, ajouta Blip. Pas facile de se prendre au sérieux lorsqu'on est nu. Pense à Adam et Ève. À ce qu'on raconte, ils étaient nus dans le jardin d’Éden. Il n'y avait pas de chamailleries au paradis.
- Vous pensez que tout le monde devrait débattre nu ?
Ils firent oui de la tête en riant comme des adolescents malicieux.
- Même les politiques ?
- Surtout les politiques, répliqua Sophia en se passant la langue sur les lèvres d'un air aguicheur. Tous à poil au JT. Évidemment, le Congrès ne laisserait jamais passer ça.
- Bien sûr que non dit Blip. Et puis, vu comme les hommes sont de nos jours, vous imaginez le degré d'hostilité que l'on pourrait atteindre dans un Congrès entièrement nu ? Une salle remplie d'hommes nus ne peut que faire exploser le manque de confiance en soi et l'agressivité. Comme dans un vestiaire. On verrait des sénateurs se donner des coups de serviette, faire des blagues grivoises. Non, ça ne marcherait jamais.
Sophia opina.
- Mais ce n'est que parce que nos dirigeants ne s'intéressent qu'à la victoire ou à la défaite et non à la réconciliation et au consensus, dit-elle en haussant les épaules. On ne peut débattre nu qu'entre amis et amants.
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Dans un jour ou deux de
Tony Vigorito
Voyez : alors que je transcris ces pensées et ces événements, je ne sais pas où, ni comment, tout cela se finira, si cela doit finir. Vous qui lisez ces lignes, en revanche, êtes une personne radicalement différente de moi, vous pourriez, avec ou sans ma permission, jeter un coup d'œil furtif au dernier paragraphe. Pour ce que ça vaut, et même si je n'ai évidemment aucun moyen de faire appliquer cet interdit, sachez que vous n'avez pas on accord. Qui plus est, je me rends compte qu'en écrivant cela, je n'ai peut-être fait qu'attirer votre attention sur une possibilité que vous n'aviez pas forcément envisagée jusque là, un peu comme lorsque l'on tombe sur un coffre portant l'inscription NE PAS OUVRIR.
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Dans un jour ou deux de
Tony Vigorito
Si vous deviez trébucher sur un galet et vous retrouver par terre avec les deux jambes soudain derrière la tête, vous éprouveriez une incrédulité de proportions surnaturelles. Un tel ébahissement devant votre ahurissante maladresse serait équivalente en degré à ma propre stupéfaction face au gracieux chaos qui se déployait sous mes yeux ce matin-là comme une fractale éleusienne. C'était tout simplement trop improbable, et pourtant plus splendide qu'une aurore boréale lors d'une éclipse solaire. C'était plus envoûtant que de voir un chant d'oiseau ou d'entendre un arc-en-ciel. C'était un spectacle extraordinaire.
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Dans un jour ou deux de
Tony Vigorito
Les mots sont à la fois malhabiles et faciles à manipuler. La communication est un processus indirect et opaque où les véritables intentions et sens sont invisibles. C’est ce qui permet la tromperie. Si la communication était un processus direct et transparent, c’est-à-dire empathique, nous échangerions nos points de vue de façon immédiate et sans disputes. Les intentions ne seraient jamais mal comprises. La méfiance, la tromperie ou la désintégration du sens seraient alors impossibles. C’est pourquoi j’affirme que le virus du Joueur de Flûte ne détruit pas la capacité à communiquer, car les humains ne la possèdent guère à l’origine. Si nous la possédions, il n’y aurait jamais de désaccord, d’incompréhension, de guerre. Cette grande stupidité est l’expression d’une démence mutuelle, d’une idiotie abstruse, d’une impossibilité à entrer en empathie avec le vécu des autres. Le langage ne fait qu’aggraver les choses en nous permettant de manipuler nos perceptions du monde, les nôtres comme celles des autres. A mon ais, le Jour de Flûte nous libère de ce bandeau qui nous masque les yeux. Ces illusions disparues, les esprits mis à nu les uns pour les autres ne peuvent plus être en désaccord. La communication parfaite ne peut aboutir qu’à la perception parfaite.
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Dans un jour ou deux de
Tony Vigorito
Peu après, il m'a demandé un rapport détaillé sur l'avancement de mes travaux - rapport que je n'eus guère de mal à contrefaire pour des gens dont les connaissances en génétique ne dépassaient pas l'instrumentalisation à laquelle ils souhaitaient la soumettre, comme n'importe quel tueur ordinaire dont les connaissances en mécanique des armes à feu se limitent à savoir appuyer sur la détente.
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Dans un jour ou deux de
Tony Vigorito
Blip se pencha en avant et posa u e devinette.
- Comment s'appelle l'épisode juste avant "Spermons sur la montagne" ?
- L'épisode juste avant "Spermons sur la montagne" ? répéta Manny. Comment il s'appelle ?
Blip se signa et sourit.
- La résérection du Christ.
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Dans un jour ou deux de
Tony Vigorito
Pourquoi on n’appelle pas les pommes des rouges ?