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Par pilpilip, le 07/04/2010
La littérature en péril de
Tzvetan Todorov
Si je me demande aujourd'hui pourquoi j'aime la littérature, la réponse qui me vient spontanément à l'esprit est : parce qu'elle m'aide à vivre.
Je ne lui demande plus tant, comme dans l'adolescence d'épargner les blessures que je pourrais subir lors des rencontres avec des personnes réelles ; plutôt que d'évincer les expériences vécues, elle me fait découvrir des mondes qui se placent en continuité avec elles et me permets de mieux les comprendre. Je ne crois pas être le seul à la voir ainsi. Plus dense, plus éloquente que la vie quotidienne mais non radicalement différente, la littérature élargit notre univers, nous incite à imaginer d'autres manières de le concevoir et de l'organiser. Nous sommes tous fait de ce que nous donnent les autres êtres humains : nos parents d'abord, ceux qui nous entourent ensuite ; la littérature ouvre à l'infini cette possibilité d'interaction avec les autres et nous enrichit donc infiniment. Elle nous procure des sensations irremplaçables qui font que le monde réel devient plus chargé de sens et plus beau. Loin d'être un simple agrément, une distraction réservée aux personnes éduquées, elle permet à chacun de mieux répondre à sa vocation d'être humain.
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Par pilpilip, le 07/04/2010
La littérature en péril de
Tzvetan Todorov
La connaissance de la littérature n'est pas une fin en soi, mais une des voies royales conduisant à l'accomplissement de chacun.
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Eloge de l'individu : Essai sur la peinture flamande de
Tzvetan Todorov
La représentation du réel doit se subordonner à l'illustration des idées, à la démonstration du dogme chrétien, et non être contemplée en elle-même et pour elle-même.
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Eloge de l'individu : Essai sur la peinture flamande de
Tzvetan Todorov
le dogme de l'incarnation, la continuité entre le divin et l'humain sont trop centraux dans le christianisme pour que celui-ci ne rejette pas l'iconoclasme comme une nouvelle hérésie. La position dominante exigera, non de supprimer les images, mais de les soumettre au sens.
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Eloge de l'individu : Essai sur la peinture flamande de
Tzvetan Todorov
L'art est supérieur à la vie car l'artiste peut peindre les Idées au lieu de se contenter des formes visibles. Il n'oubliera pas toutefois que sa réalisation sera nécessairement inférieure à son projet, comme le corps l'est à l'âme, comme toute matière l'est à l'esprit.
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Eloge de l'individu : Essai sur la peinture flamande de
Tzvetan Todorov
De telles prises de position ont accrédité la thèse selon laquelle l'art italien s'oppose à l'art flamand comme la beauté à la vérité, comme le style idéalisant au réalisme terre à terre. Cette interprétation est excessive, même si la différence, elle, est bien réelle. L'art italien au début du XVe siècle s'épanouit par référence à une norme, qui est l'art de l'Antiquité, bien présent sous les yeux des artistes. L'objet ou l'individu a certes une apparence, toutefois celle-ci ne coïncide qu'accidentellement avec le canon de beauté, venu d'ailleurs
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Eloge de l'individu : Essai sur la peinture flamande de
Tzvetan Todorov
Les images d'homère ou d'Hésiode abondent en Grèce dès le IVe siècle av.J.-C, alors que ces auteurs légendaires ont disparu depuis des centaines d'années; les images ne peuvent donc montrer que le visage qu'Homère devait avoir, pour convenir à l'idée que nous nous faisons de l'auteur de l'Iliade et de l'Odyssée. Autrement dit, on ne demande plus au portrait d'être ressemblant mais d'être vraisemblable: de se coordonner avec d'autres images, non avec un original inaccessible.
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Eloge de l'individu : Essai sur la peinture flamande de
Tzvetan Todorov
Pour le spectateur contemporain de Rogier, ces impératifs purement esthétiques étaient probablement éclipsés par la densité des références religieuses. Le peintre devait avoir une sérieuse culture théologique ou s'entourer de spécialistes en la matière, tant ses tableaux font preuve d'une connaissance approfondie du dogme chrétien, souvent responsable de tel ou tel élément visuel à l'intérieur de l'image.
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La littérature en péril de
Tzvetan Todorov
La littérature peut beaucoup.Elle peut nous tendre la main quand nous sommes profondément déprimés,nous conduire vers les autres êtres humains autour de nous,nous faire mieux comprendre le monde et nous aider à vivre.Ce n'est pas qu'elle soit,avant tout,une technique de soins de l'âme;toutefois,révélation du monde,elle peut aussi,chemin faisant,transformer chacun de nous de l'intérieur.
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La littérature en péril de
Tzvetan Todorov
Le lecteur ordinaire,qui continue de chercher dans les oeuvres qu'il lit de quoi donner sens à sa vie,a raison contre les professeurs,critiques et écrivains qui lui disent que la littérature ne parle que d'elle-même,ou qu'elle n'enseigne que le désespoir.S'il n'avait pas raison,la lecture serait condamnée à disparaître à brêve échéance.