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Par Lefso, le 28/01/2011
La charmeuse de bêtes, Tome 2 : Le livre des Ôjû de
Uehashi Nahoko
Tout en lui parlant, Érin continuait son brossage : la hanche, le ventre... Quand elle attaqua l'épaule, à l'articulation de l'aile, Érin sentit une résistance. Lilan poussa un gémissement et eut un mouvement réflexe, la gueule grande ouverte. Ses crocs acérés frôlèrent l'épaule et la tête d'Érin, qui fit un bond en arrière en criant, comme si elle avait touché un morceau de bois rougi au feu. Après quelques pas chancelants en arrière, elle se laissa choir sur les genoux dans l'herbe. Des gouttes rouges tombèrent sur l'herbe.
Malgré le choc, Érin eut l'intuition de ce qui se passait au même moment dans son dos. Un genou à terre, elle se retourna et cria à Tomura :
- Non ! Pas le siflet ! Ne souffle pas !
Tomura, qui avait déjà commencé à sortir son sifflet à ultrasons, suspendit son geste.
Érin, la main sur son oreille, se releva. Son épaule gauche ne lui faisait pas vraiment mal, c'était plutôt une sorte d'absence de sensation, un spasme lancinant.
- ... Ne souffle pas ! A aucun prix ! répéta Érin.
Puis elle se retourna vers Lilan : la jeune Ôjû était complètement paniquée, elle agitait les ailes, excitée par l'odeur du sang et les cris d'Érin.
Il faut la gronder. Maintenant. Il faut la gronder. Il faut qu'elle comprenne que, d'un coup de dents, elle peut blesser quelqu'un.
Mais quand elle vit le sang qui coulait le long de son bras et rougissait l'herbe, plus aucun son ne put sortir de sa gorge. Les battements de son cœur s'accélérèrent. Tout tremblait devant ses yeux. Ses oreilles commencèrent à siffler, comme s'il y avait des cigales à l'intérieur de sa tête. Des lumières argentées passèrent devant ses yeux et une sueur froide coula le long de sa colonne vertébrale. Elle tourna le dos à Lilan et se mit à marcher en chancelant vers Yûyan et Tomura.
Elle devina vaguement qu'ils passaient par-dessus la barrière pour l'approcher.
Surtout, je dois rester debout ... Ne pas m'effondrer, surtout ...
Si elle tombait, Lilan paniquerait encore plus.
Érin s'efforça de marcher le plus droit possible.
À l'instant même où elle put s'appuyer sur Tomura et Yûyan, elle sentit le sifflement dans ses oreilles se faire plus fort. Puis tout devint noir.
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Par Lefso, le 28/01/2011
La charmeuse de bêtes, Tome 1 : Le livre des Tôda de
Uehashi Nahoko
De toute façon, elle savait depuis le début qu'elle ne s'en sortirait pas - ses blessures étaient trop importantes. Mais elle pouvait sauver Erin... Certes, elle n'avait absolument pas le droit de faire ça, même pour sauver sa propre fille. Elle le savait depuis sa naissance. C'était tabou. Elle connaissait l'interdit aussi clairement que s'il avait été gravé sur ses os.
Si elle faisait ça maintenant, devant tout ce monde sur la plage, elle savait parfaitement le terrible malheur qu'elle allait déclencher, dans un futur plus ou moins proche.
Soyon regarda sa fille dans les yeux. Elle vit son visage ruisselant d'eau et de larmes. Et devant ce visage, le conflit intérieur qui la déchirait s'évanouit comme une bulle.
Soyon serra sa fille dans ses bras et lui murmura à l'oreille :
- Érin, ce que je vais faire maintenant, ne le refais jamais. c'est un crime terrible.
Érin regarda sa mère, sans comprendre ce qu'elle venait de dire.
Soyon sourit, puis la serrant contre elle d'une main, murmura :
- Tu dois vivre! Et être heureuse !
Alors elle jeta le poignard et porta sa main à sa bouche, et, de toutes ses forces, siffla entre ses doigts. Un son strident, aigu, aux harmoniques complexes, résonna sur l'étang. Aussitôt, les tôda cessèrent de bouger, au point que la surface jusque-là agitée de l'étang devint très vite plate. Ils n'étaient pas tétanisés, non, seulement calmes ; les mâchoires légèrement relevées, ils regardaient la mère d'Érin.
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Par Akajou, le 20/03/2010
La charmeuse de bêtes, Tome 1 : Le livre des Tôda de
Uehashi Nahoko
-... Ce gosse mentait tout le temps, sans aucun scrupule, Et il aimait surtout les mensonges tordus, ceux qui peuvent blesser quelqu'un. Les mensonges doucereux, qui ...ont l'air presque vrais, les mensonges cruels. Les seuls domaines où il brillait, c'était la jalousie et l'égoïsme...