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Terremer, les tombeaux d'Atuan de
Ursula Le Guin
Elle commençait à apprendre le poids de la liberté. C’est un pesant fardeau, et pour l’esprit une charge immense et étrange à assumer. Ce n’est point facile. Ce n’est pas un cadeau que l’on reçoit, mais un choix que l’on fait, et le choix peut être malaisé. La route est escarpée jusqu’à la lumière ; et le voyageur ainsi chargé risque de ne jamais en atteindre le bout. (p. 152, Chapitre XII, “Voyage”).
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Par Radicale, le 24/03/2011
Lavinia de
Ursula Le Guin
Mais que dois-je faire à présent ? J'ai perdu mon guide, mon Virgile. Il me faut continuer, parcourir seule tout ce qui reste après la fin, tout le reste du monde immense, confus, illisible.
Que reste-t-il après une mort ? Tout le reste. Le soleil qu'un homme a vu se lever se couche même s'il ne le voit pas. Une femme s'assoit pour tisser la pièce qu'une autre femme a laissée sur le métier.
J'ai trouvé mon chemin jusqu'ici bien que le poète ne m'ait pas indiqué le chemin. J'ai tout déduit sans me tromper grâce à ce qu'il a dit, aux indices qu'il m'a laissés. Je l'ai suivi jusqu'au centre du labyrinthe. A présent je dois seule trouver la sortie. Ce sera plus long, plus lent, à vivre, mais pas si long, je pense, à dire.
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Par steppe, le 23/05/2011
Les Dépossédés de
Ursula Le Guin
- La souffrance est un malentendu, dit Shevek, se penchant en avant, les yeux larges et clairs.
-Cela existe, dit Shevek en écartant les mains. C'est réel. Je peux l'appeler un malentendu, mais je ne peux pas prétendre qu'elle n'existe pas, ou cessera jamais d'exister. La souffrance est la condition de notre vie. Et quand elle arrive on le sait. On reconnaît que c'est la vérité. Évidement, il est bon de soigner les maladies, d'empêcher la faim et l'injustice, comme le fait l'organisme social. Mais aucune société ne peut changer la nature de l'existence. Nous ne pouvons pas empêcher la souffrance. Telle ou telle douleur, oui, mais pas la Douleur. Une société peut seulement supprimer la souffrance sociale, la souffrance inutile. Le reste demeure. La racine, la réalité. Nous tous ici allons connaître le chagrin ; si nous vivons 50 ans, nous aurons connu la douleur durant 50 ans. J'ai peur de la vie ! Il y a des fois où je suis... où je suis très effrayé; Tout bonheur semble futile. Et pourtant, je me demande si tout cela n'est pas un malentendu - cette recherche du bonheur, cette crainte de la douleur... Si au lieu de la craindre et de la fuir, on pouvait... la traverser, la dépasser. Il y a quelque chose au delà d'elle. C'est le moi qui souffre, et il y a un endroit où le moi... s'arrête. Je ne sais pas comment le dire. Mais je crois que la réalité-la vérité que je reconnais en souffrant et non pas dans le confort et le bonheur-que la réalité de la douleur n'est pas la douleur. Si on peut la dépasser. Si on peut l'endurer jusqu'au bout.
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Sorcier de terremer t1 de
Ursula Le Guin
Lorsque de la [plante] quatrefeuille tu connaîtras pour chaque saison toutes les racines, fleurs et feuilles, lorsque tu sauras son aspect, son parfum et ses graines, alors tu pourras apprendre son véritable nom, car tu connaîtras sa vie : celle-ci représente plus que son usage. Après tout, quel est ton usage ? Ou le mien ? La montagne de Gont est-elle utile ? de même la Haute Mer ? (p. 29-30, Chapitre II, “L’Ombre”).
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Par Vance, le 20/11/2010
Dons - chronique des rivages de l'ouest de
Ursula Le Guin
Le visage de ma mère. La petite opale qu’elle portait à une chaîne d’argent. Chacune de ces visions me causa une douleur cruelle mais de chacune je m’imprégnai car tous ces brefs élancements, quoique innombrables, étaient plus faciles à supporter que la seule et immense souffrance de comprendre que je ne devais plus rien voir, que je devais fermer les yeux, que je devais être aveugle.
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Par Vance, le 20/11/2010
Dons - chronique des rivages de l'ouest de
Ursula Le Guin
Ces vers m’allégeaient le cœur chaque fois que je les lisais. Quand je les disais, ils me possédaient et chantaient à travers moi. A la fin, j’entendis pour la première fois de ma vie ce silence qui est la plus douce récompense des artistes.
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Par Vance, le 20/11/2010
Dons - chronique des rivages de l'ouest de
Ursula Le Guin
Or un cheval ne se soumet pas à notre volonté à la manière d’un chien, puisqu’il s’agit d’un animal de troupeau, et non de meute, qui préfère le consensus à la hiérarchie. Le chien accepte, le cheval consent.
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L'ultime rivage (Terremer -3) de
Ursula Le Guin
Ecoute-moi, Arren. Tu mourras. Tu ne vivras pas toujours; ni toi, ni personne, ni aucune chose. Rien n’est immortel. Mais il n’y a qu’à nous qu’il est donné de savoir que nous allons mourir. Et c’est un don précieux : c’est la chance d’être soi-même. Car nous ne possédons que ce que nous savons que nous devons perdre, ce que nous acceptons de perdre… Etre soi, c’est notre tourment, notre gloire et notre humanité. (Chapitre VIII, “Les Enfants de la Mer Ouverte”, p. 139).
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Par steppe, le 29/05/2011
Les Dépossédés de
Ursula Le Guin
- Parce qu'il n'y a rien, rien sur Urras dont nous autres Anarrestis avons besoin ! Nous sommes partis les mains vides, il y a 170 ans, et nous avons eu raison. Nous n'avons rien emporté. Parce qu'il n'y a rien ici que les États et leurs armes, les riches et leurs mensonges, et les pauvres et leur misère. Il n'y a aucun moyen d'agir avec un coeur pur, sur Urras. Vous ne pouvez rien faire qui ne soit en rapport avec le profit, et la crainte de perdre, et le désir de puissance.
Vous ne pouvez pas agir comme un frère envers les autres gens, vous devez les manipuler, ou les commander, ou leur obéir, ou les tromper. Vous ne pouvez pas "toucher" une autre personne, et pourtant ils ne vous laissent jamais seul. Il n'y a pas de liberté. C'est une boîte - Urras est une boîte, un paquet, avec le joli papier d'emballage que forment le ciel bleu, les champs, les forêts et les grandes villes. Et quand vous ouvrez la boîte, qu'y-a-t-il à l'intérieur ? Une cave sombre et poussiéreuse, et un homme mort. Un homme dont la main a été déchiquetée parce qu'il la tendait aux autres. J'ai finalement atteint l'Enfer. Desar avait raison ; l'Enfer, c'est Urras.
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Par steppe, le 24/05/2011
Les Dépossédés de
Ursula Le Guin
Il serait toujours quelqu'un pour qui le retour était aussi important que le voyage. Partir n'était pas assez pour lui, seulement à moitié suffisant ; il devait revenir. Dans un tel caractère s'annonçait déjà, peut-être, la nature de la formidable exploration qu'il allait entreprendre jusqu'aux extrémités de la compréhension. Il ne se serait sans doute pas embarqué dans cette entreprise qui lui pris des années s'il n'avait pas eu la profonde certitude que le retour était possible ; qu'en réalité la vraie nature du voyage, comme une circumnavigation autour du globe impliquait le retour. On ne peut pas descendre deux fois la même rivière, ni rentrer dans son foyer. Cela, il le savait ; en fait, c'était la base de sa vision du monde....
... Nous pouvons regagner notre foyer, affirme la Théorie Temporelle Générale, dès lors que nous comprenons que notre foyer est un endroit où nous n'avons jamais été.
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