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Par Lounima, le 17/05/2012
Le talisman de
Vaikom Muhammad Basheer
"Les rivalités intercommunautaires, chez nous au Kerala, ne sont que des bouffées de zéphyr en comparaison de ce qui se passe dans le Nord, où un véritable typhon de haine souffle constamment et partout. Hindous, Musulmans et Sikhs s'y comportent comme des bêtes sauvages, se jettent les uns sur les autres, se déchirent à belles dents et se délectent de la mort de leur ennemi. Toute la confiance qui a pu exister un temps entre eux est détruite et leurs cultures ont devenues inconciliables. A croire que la situation n'a pas évolué d'un iota en plusieurs siècles, depuis l'époque où les querelles se réglaient dans le sang. Tueries de vaches, disputes linguistiques, tout est bon pour alimenter le feu du sacrifice que réclame l'expression de leur rivalité." (Zulma - p.195)
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Par Lounima, le 17/05/2012
Le talisman de
Vaikom Muhammad Basheer
"Khan était tombé amoureux de Malou, la chienne noire de Parvati. Malou était la seule beauté des environs. Khan et Malou, c’était une histoire d’amour hindou-musulmane. Malou-aime- Khan-Khan-aime-Malou. Parvati, la voisine, n’était pas opposée à cette relation. Ummusalma, l’épouse d’Abdul Aziz, non plus. Parvati réservait à Ummusalma un chiot de Malou et de Khan. Hélas, trois fois hélas, six molosses hindous surgis Dieu seul sait d’où se mirent à courtiser Malou, bien décidés à ne pas laisser ces deux-là s’aimer. Khan s’interposa. Ce fut une horrible mêlée. À eux six, ils se jetèrent sur lui et faillirent le réduire en bouillie. Khan, en bon Musulman, se battit contre les infidèles avec la dernière énergie. Malou assistait, impassible, à l’horrible bataille, tout comme Parvati et Ummusalma. Il s’agissait bel et bien d’un conflit hindou-musulman, alors comment et pour qui prendre parti ? Personne ne pipait mot. D’abord Khan mordit ses ennemis, les fit décoller de terre l’un après l’autre. Mais lorsque les chiens hindous ripostèrent en bloc, ils le catapultèrent dans les airs et plantèrent tant de crocs dans sa chair qu'il en eut le corps entier à vif et la moitié de l’oreille droite arrachée. Défait, Khan s’enfuit jusqu’à la cuisine et s’allongea tout sanglant. Dehors, les chiens hindous le défiaient en aboyant sauvagement.
Khan se tint coi.
Fiasco total. Déception sentimentale phénoménale. Que faire contre une déception sentimentale ? Rien. Khan ne fit donc rien. Plus exactement, il conçut un dégoût sans limites pour la gent féminine.
Il mordit deux femmes. Les deux mordues étaient hindoues. Agression anti-communautaire !
On frôlait l’illégalité." (Zulma - p.9-10)
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Par litolff, le 22/02/2012
Grand-père avait un éléphant de
Vaikom Muhammad Basheer
Tu n'as pas à te faire remarquer comme elle. Son grand-père n'avait qu'un char à boeufs ! Et toi ? Toi, tu es la fille chérie de la fille chérie d'Anamakkar ! Ton grand-père avait un éléphant, un grand mâle à défenses !
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Par litolff, le 22/02/2012
Grand-père avait un éléphant de
Vaikom Muhammad Basheer
Même sans en comprendre le sens, elle récitait des passages du Coran, comme le faisaient son père et sa mère, comme l'avait fait son grand-père Anamakkar. Personne ne savait ce que disait le livre. Eût-on abattu tous les arbres de la terre pour en faire des crayons, changé en encre l'eau de tous les océans, on aurait épuisé les forêts et tari les mers avant d'avoir expliqué le sens d'un seul de ses chapitres. Le Coran était un livre saint et sacré. Tout y était contenu. Personne n'en était l'auteur.
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Par litolff, le 22/02/2012
Grand-père avait un éléphant de
Vaikom Muhammad Basheer
Le garçon qui viendrait l'épouser, elle aurait voulu le rencontrer d'abord. Juste pour le voir. Mais elle ne s'en était ouverte à personne, car ce genre de désir n'était pas convenable de la part d'une femme musulmane.
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Par Lounima, le 06/05/2012
Les Murs et autres histoires (d'amour) de
Vaikom Muhammad Basheer
"Puis, pour donner un exemple de ce qu’il avançait, il avait raconté l’histoire d’un homme respectable qui avait sept épouses. La septième tomba un jour sur les marches en pierre du seuil et s’ouvrit le crâne. De retour de l’hôpital où il l’avait fait transporter, son mari rendit visite à un de ses bons amis, un célibataire endurci, et lui rapporta ce qui était arrivé.
- En fait, commenta-t-il quand il eut fini, ce n’est pas un accident bien grave.
- Mais tu ne m’as pas dit qu’elle s’est ouvert le crâne ?
- Si, et alors ?
- Est-ce que le cerveau était à nu ?
- Quel cerveau ? avait répondu l’homme aux sept épouses. Même le crâne ouvert, il n’y a rien à voir. C’est une femme, non ?" (Zulma - p.92)
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Par Lounima, le 06/05/2012
Grand-père avait un éléphant de
Vaikom Muhammad Basheer
"Il lui semblait que ces événements remontaient à plus de mille ans. D’ailleurs c’était un peu vrai, car le temps de l’enfance était loin et depuis lors beaucoup de choses avaient eu lieu. Kounnioupattoumma ne pouvait se remémorer cet épisode sans en sourire. C’était la vie, ni plus ni moins, une chose étonnante de bout en bout, dont on ne pouvait jamais connaître le sens. Ce qui arrive dépasse l’entendement de chacun. Alors, que faire ? Éclater en sanglots ou respirer, s’ouvrir, éclater de rire ? De toute évidence, rire vaut cent fois mieux que pleurer, non ? Donc, en y repensant, elle souriait." (Zulma - p.7)
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Par Lounima, le 06/05/2012
Les Murs et autres histoires (d'amour) de
Vaikom Muhammad Basheer
"Je trouvais normal que des hommes condamnés à être pendus aux premières heures du jour puissent boire un verre de thé la nuit qui précédait leur exécution. Un gardien venait me prévenir et repartait avec le thé préparé pour le condamné, plus une ou deux bidis et des allumettes. Je faisais passer au malheureux un message l’exhortant au courage. Il existe deux façons d’aller à la mort, lui écrivais-je, en pleurant, ou en riant. Dans un cas comme dans l’autre, la mort sera au rendez-vous. Alors autant y aller en riant. Haut les cœurs !" (Zulma - p.37).
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Par litolff, le 22/02/2012
Grand-père avait un éléphant de
Vaikom Muhammad Basheer
- Est-ce que les musulmans ne doivent pas se distinguer des kafirs ?
- Bien sûr que si, dit AÏsha. Le kafir marche sur ses deux pieds, donc le musulman doit marcher sur les mains.
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Par Lounima, le 06/05/2012
Grand-père avait un éléphant de
Vaikom Muhammad Basheer
"Kounnioupattoumma ressentait un bonheur indéfinissable, mâtiné de révolte et du désir de se venger. La perte subie était certes un grand malheur, mais elle voyait des gens, respirait l'air pur, profitait de la lumière du soleil, prenait des bains de lune, courait, sautait, chantait. Elle ne connaissait aucune chanson, mais qu'importe, elle était libre de faire ce que bon lui semblait." (Zulma - p.39)