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Par MyaRosa, le 14/04/2011
Plein Soleil de
Valérie Clo
La colère me tord le ventre. Mon père nous a abandonnées. Il a déserté mon enfance. Il s'est fait la malle. Pourquoi ? Je tremble en pensant que la bombe est tombée pile sur notre foyer, qu'elle a atteint sa cible avec une parfaite précision. Elle a explosé notre famille. Ce n'est pas un cauchemar duquel je vais me réveiller soulagée, non, c 'est la vraie vie. Il n'y a pas de doux réveil, il faut vivre avec cet arrachement, cette violence, ce manque. Il faut grandir avec. Il faut aimer avec. Il faut travailler avec. Il faut faire des enfants en sachant que ca, ça existe vraiment, et que ce n'est pas seulement une peur.
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Par MyaRosa, le 14/04/2011
Plein Soleil de
Valérie Clo
C'est l'existence de la mort que j'apprends quasiment en naissant, pas le temps de rêver, ni d'être insouciante. Il me faut aller chercher loin la force de faire des enfants, de calmer l'inquiétude, de parier sur la vie pour oser la transmettre. Mes filles ne se doutent pas que je suis revenue des enfers pour leur donner la vie, un pari fou car c'est chaque jour que je tremble de voir ce que j'ai construit, anéanti.
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Par MyaRosa, le 14/04/2011
Plein Soleil de
Valérie Clo
Voilà, j'étais la fille d'un mort. Ma mère avait embrassé un mort et m'avait conçue avec. Quand je pensais à mon père, je voyais cette tombe perdue au milieu de centaines d'autres, immobile, glacée, fidèle à elle-même en toutes circonstances, dans la nuit, en plein soleil, ou recouverte de neige. Toujours le même calme, toujours la même inertie pendant que moi, je me débattais au milieu des vivants.
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Par MyaRosa, le 14/04/2011
Plein Soleil de
Valérie Clo
Il paraît que ce qui ne tue pas rend plus fort. Moi, j'ai le sentiment du contraire, que les événements difficilent fragilisent. Ils ouvrent des brèches qui entament à jamais la confiance, rendent vulnérable.