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Valérie Tong Cuong

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Note moyenne : 3.79/5 (sur 61 notes) Valérie Tong Cuong

Biographie et informations

Nationalité : France

Biographie :

Née en banlieue parisienne, adolescence fugueuse, études de lettres et troisième cycle de sciences politiques.

Après avoir travaillé huit ans dans le domaine du journalisme et de la communication (en écrivant la nuit), elle lâche tout pour se consacrer à l’écriture et à la musique.
Elle publie son premier roman Big en 1997, (aujourd’hui traduit en quatre langues) et Gabriel en 1999, puis Où je suis (chez Grasset)

Parallèlement, elle écrit des textes et chante (sous le pseudonyme de Qvoice) dans le groupe Quark : un premier album éponyme, salué par la critique, est sorti en France et en Espagne en 1999, suivi en 2000 par un album de remixes et d’inédits, « Manga ».

Ses romans :
- Big (1997, Nil Editions, J’ai Lu 1999), récompensé au festival du Premier roman de Chambéry
- Gabriel (1999, Nil Editions, J’ai Lu 2001)
- Où je suis (Grasset, 2001, J’ai Lu 2006)
- Ferdinand et les Iconoclastes (Grasset, 2003, J’ai Lu 2006)
- Noir dehors (Grasset, 2006, Le livre de Poche, 2007)
- Providence (Stock, 2008), prix « Roman de l’année 2008 » Version Femina - Virgin Megastore
- L’Ardoise magique (Stock) Mars 2010
- La Battle (Les Editions du Moteur) Février 2011

Son site :
http://www.valerietongcuong.com/index.html
> lire la suite Source : www.lesiconoclastes.com
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roman   littérature jeunesse   société   suicide   solitude   cancer   angoisse   différence   lune   adolescents   mal-être   écrivain femme   discrimination   roman choral   Agressivité   complexes   amour   littérature française   roman contemporain   20ème siècle  

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Citations de Valérie Tong Cuong

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  • Par mandarine43, le 30/03/2012

    Big de Valérie Tong Cuong

    J'ai presque tout oublié de mon enfance, sauf le sens du ridicule, parce que ça, ça ne s'oublie pas.

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  • Par mandarine43, le 11/03/2012

    Big de Valérie Tong Cuong

    En marchant jusqu'à la file des taxis endormis, je me suis appliquée à regarder cette fois la lune bien en face, en cherchant des indices, des réponses, ou peut-être simplement le sentiment d'une protection divine. Dans la voiture, je suis restée collée à la portière tout le long du trajet, et je ne l'ai pas quittée des yeux, c'était douloureux, c'était effrayant, et pourtant tellement essentiel, ce cercle pâle posé dans l'immensité noire, un point de repère, l'unique fenêtre restée ouverte sur ma vie.

    Citation de qualité ? (5 votes positifs)


  • Par mandarine43, le 16/03/2012

    Big de Valérie Tong Cuong

    Je croyais que ce serait simple, aussi évident que notre étreinte : il faut croire que l'amour - l'amour, vraiment ? - fait perdre quelques facultés. La mémoire, par exemple. Bon Dieu, j'aurais pourtant bien dû penser qu'on ne tire pas si facilement un trait sur autant d'années de solitude et de malheur.

    Citation de qualité ? (5 votes positifs)


  • Par oops, le 13/08/2010

    L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong

    La mort est injuste. Elle efface les traits que l'on n'a pas pris la peine de figer.

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  • Par mandarine43, le 11/03/2012

    L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong

    [ Incipit ]

    Le jour où j’ai décidé de vivre est aussi celui où j’ai perdu officiellement toute raison d’exister.
    Le tout s’est produit un mercredi matin, dans un intervalle d’un centième de seconde, comme une gigantesque claque du destin.

    Juste avant, je me suis retournée vers Alice. Elle était parfaitement immobile, les deux mains crispées sur la rambarde métallique. Ses cheveux bruns reposaient en queue-de-cheval sur sa nuque pâle - la nuque que j’ai toujours rêvé d’avoir, dessinée, gracieuse.
    Le ciel était gris, uniforme, sans un brin de vent. La route était déserte et les bois silencieux. Les rails aussi, qui s’étiraient vers un horizon courbe ; le monde semblait figé dans une même attente.
    Je m’étais souvent demandé si on se regarderait, avant. Si on aurait un dernier mot, un dernier geste l’une pour l’autre.
    Mais Alice fixait un point invisible, droit devant.
    Muette.
    Une rumeur sourde, ronronnant s’est levée, annonçant l’imminence du chaos.
    Le son a enflé jusqu’à devenir palpable, puis la masse sombre et hurlante du train a surgi, à l’heure exacte que nous avions calculée, comme une délivrance.
    J’ai senti mes muscles se tendre à en éclater.
    Combien de temps pour parcourir les cinq cent mètres qui séparaient la rame du pont ?
    Assez pour penser subitement qu’au fond, moi aussi, je pouvais avoir un avenir.

    Et Alice a sauté.
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  • Par plumecendree, le 07/11/2009

    Providence de Valérie Tong Cuong

    Goodbye Marylou

    — Ah ! pas de ça dans mon taxi, ma petite dame ! C'est peut-être vous qui nettoyez la merde, après ?
    J'ai senti le sandwich s'écraser entre mes doigts. Ça s'est bousculé à l'intérieur : réponds, Marylou, vas-y, dis-lui que tu as le droit de te nourrir, le droit qu'on te respecte, dis-lui que tu l'emmerdes ce connard, parce que tu l'emmerdes, hein ?

    Depuis quelques minutes, la circulation avait cessé d'être fluide. Presque deux heures moins le quart. À ce rythme, je n'arriverai jamais à temps.
    — Excusez-moi, monsieur, c'est normal ce ralentissement ?
    Le type a soupiré, secouant son crâne dégarni.
    — Ben voyons...
    — Je veux dire, vous pensez qu'on y sera dans combien de temps ?
    — J'suis médium ?
    — Non, bien sûr. C'est parce que je suis très en retard.
    Il a tapoté du doigt son volant.
    — Comme tout le monde.

    Un instant, j'ai pensé à ces phrases fantômes, ces reparties féroces, ces milliers de répliques jamais envoyées, demeurées suspendues, invisibles, ces griffes fières jamais sorties de mon corps.
    Cette fois, nous étions à l'arrêt. Devant nous, un homme avait quitté son véhicule et observait l'embouteillage.
    Le chauffeur a baissé sa vitre.
    — Alors, c'est quoi ce bordel ?
    — Je ne vois pas très bien, a répondu l'homme. Il semble que c'est un camion de livraison qui cherche à emprunter la rue piétonne, mais c'est bloqué au croisement. Il aura du mal à passer.
    — Quartier de merde.
    Le chauffeur a coupé son moteur. Autour de nous, les gaz d'échappement tremblaient dans le soleil. Treize heures cinquante. Mains moites, cœur serré, envie atroce d'aller aux toilettes. Moi non plus, je n'étais pas médium. Je voyais pourtant mon avenir immédiat sur écran géant. Monsieur Farkas sortirait comme un fou de son bureau dès qu'il m'apercevrait. Il m'arracherait le sac des mains, prendrait l'étage à témoin en hurlant : « Mais regardez ce veau, cette limande, cette huître molle, même pas foutue de faire des photocopies dans les temps ! ». Puis il attraperait les dossiers, jetterait rageusement le sac par terre et finirait de m'humilier avec une phrase du genre : « Ah ! et faites quelque chose, Marylou, vous transpirez comme du beurre au soleil, c'est négligé, merci bien pour l'image de la boîte ! ».
    Pas besoin d'être médium pour savoir que personne ne broncherait. Tous, ils baisseraient la tête, fouilleraient dans un tiroir, feraient mine d'être occupés au téléphone. Tellement contents de m'avoir pour paratonnerre.
    Je ne leur en voudrais pas : je n'agirais pas autrement à leur place. Il y a longtemps que je me suis fait une raison, la classe des opprimés a sa propre hiérarchie. Moi, je suis tout en bas de l'échelle. « Mais sur l'échelle tout de même », a souligné monsieur Farkas l'unique fois où j'ai osé lui réclamer une augmentation en dix ans. « Vous rêvez Marylou, vous êtes dans quel monde ? Vous croyez faire partie des défavorisés ? Je vais vous dire, moi, avec le SMIC et vos allocs de mère célibataire, vous vous faites plus par mois qu'un ouvrier qualifié ! Attention, Marylou, je fous un coup de pied dans le mur et il y en a quinze comme vous qui tombent du plafond ! »
    Il me fait peur, il me fait mal, il a raison, monsieur Farkas : je m'en sors bien. Il suffit de jeter un œil dehors. Ici, par exemple, le long de cette artère bouchée qui empeste la mort : ce clochard qui tient à peine debout, avec sa main en visière pour éviter le soleil. Il a peut-être cinq ou dix ans de plus que moi et pourtant on dirait un vieillard. Il est seul : s'il se laisse glisser, c'est que personne ne s'intéresse à lui – et que lui ne s'intéresse à personne. C'est ma théorie : il suffit de se sentir responsable de quelqu'un pour s'en sortir. Démonstration : mon Paulo et moi. Monsieur Farkas peut toujours inventer de nouveaux mots pour m'injurier, m'envoyer un jour sur deux jeter le café que je viens d'apporter au prétexte qu'il es froid, ou trop fort, ou pas assez, je n'ai qu'à penser au sourire de Paulo pour l'oublier. Ou mieux, à sa dernière rédaction : décrivez une situation gênante dont vous avez été témoin. Mon Paulo a raconté l'après-midi où son professeur de français a fait la leçon devant l'inspecteur d'académie, un bout de salade collé aux incisives. Je lui ai dit : Paulo, tu vas au casse-pipe, trouve autre chose ! Non, il a répondu, je vois pas comment je trouverais un sujet aussi marrant, surtout s'il faut l'imaginer.
    Le lendemain, le professeur lui a rendu sa copie en rougissant : quel toupet, Paulo ! Et lui a donné la meilleure note de la classe. Ça, c'est Paulo, mon paradis, ma botte secrète.

    — On n'est pas sortis, je vous le dis.
    J'ai sursauté. Le taxi n'avait pas avancé d'un centimètre. Le clochard, le soleil, les aiguilles de ma montre. Quinze qui tombent du plafond, Marylou.
    — Je vais descendre ici.
    — Eh ben voilà, a fait le chauffeur en se retournant. Ça m'aurait étonné, aussi. Et moi, je me mets la course où je pense, c'est ça ?
    Un saint Christophe lumineux se balançait accroché au rétroviseur. Bien moins efficace qu'un Paulo, c'est sûr. J'ai ajouté dix euros à la somme affichée au compteur, payés de ma poche avec le sentiment confus et familier d'être à la fois lâche et idiote. Puis j'ai couru en zigzaguant parmi les voitures jusqu'à la bouche de métro. Le poids du sac me sciait l'épaule. Cinq dossiers de cent cinquante pages, plus les chemises d'annexes, j'aurais mieux fait de prendre un sac à dos — mais ça c'était typiquement le genre d'idée qui me venait trop tard à l'esprit.
    Monsieur Farkas avait insisté pour que la réunion ait lieu dans nos locaux. Elle était prévue à quinze heures. Je ne connaissais rien du sujet, hormis l'ordre du jour sibyllin que j'avais tapé ce matin et la tension qui régnait dans les bureaux depuis deux jours, pire qu'à l'accoutumée. Des cadres chuchotaient en agitant des calculatrices ultra-sophistiquées. Monsieur Farkas faisait les cent pas en serrant les poings. Il déchirait les journaux sans même les avoir ouverts. Il faut dire qu'on y lisait souvent des critiques violentes, dans ces journaux. Monsieur Farkas y était traité de croque-mort, de profiteur, de vautour, ça le rendait fou. Sa société rachetait des entreprises au bord de la faillite, puis les relançait avant de les revendre avec un gros bénéfice. La rumeur disait qu'il gagnait beaucoup d'argent, des sommes énormes placées à l'étranger pour échapper à l'impôt. On parlait même de blanchiment, de mafia russe — et c'est vrai que des Russes, on en croisait souvent dans nos couloirs. Sans doute la raison pour laquelle, un matin de la semaine précédente, une petite femme aux cheveux gris coupés très court avait rendu visite à monsieur Farkas. Bien sûr, personne ne m'avait fourni la moindre explication, mais je n'étais pas si bête : la petite femme était escortée de deux policiers armés jusqu'aux dents et semblait d'une humeur massacrante. Durant tout le temps de sa visite, les policiers avaient surveillé l'étage en fronçant les sourcils, comme s'ils attendaient une attaque terroriste. Ils avaient réussi à me fiche la trouille, avec leurs doigts vissés sur les gâchettes. Puis la femme était repartie avec son escorte, l'air plus buté encore qu'en arrivant. Après les avoir raccompagnés jusqu'à l'ascenseur, monsieur Farkas avait appelé le directeur financier dans son bureau et l'avait pris par l'épaule avec une familiarité étonnante. De toute évidence, il était satisfait de sa journée.



    Le couloir sentait la sueur et la poussière. J'ai entendu la rame arriver alors que je m'apprêtais à passer les barrières. Pensée pour Paulo, à qui je répète chaque jour de ne jamais courir pour attraper le métro. Mais Paulo, lui, ne travaille pas pour monsieur Farkas, et si je paie un étudiant de Polytechnique (j'ai bien dit, Polytechnique) deux fois par semaine pour lui faire répéter ses leçons, c'est justement pour qu'il puisse avoir une vie différente de la mienne. Donc, j'ai couru comme une folle avec mon sac qui battait cruellement la mesure sur mon omoplate, j'ai descendu les marches de l'escalier quatre à quatre tandis que la sonnerie retentissait et je me suis jetée tête la première dans le wagon au moment où les portes se refermaient.
    — C'était moins une, a fait une dame assise sur le premier strapontin.
    — Je sais, ai-je répondu.
    — Quand même, c'est dangereux...
    — Je voudrais pas perdre mon boulot.
    — Je comprends, a-t-elle conclu les yeux dans le vague.

    Je l'ai regardée de plus près. Quelque chose en elle me perturbait. J'ai essayé de chasser cette sensation, mais non, impossible. Soudain, j'ai su : cette dame me ressemblait. J'ai tourné la tête, observé les gens autour de moi : on se ressemblait tous. Nous n'avions peut-être pas les mêmes traits, le même sexe, la même couleur de peau ou de cheveux, mais la plupart d'entre nous avaient ce même regard usé, cette même façon de voûter les épaules et de relâcher le ventre : nous appartenions au même peuple, épuisés par les mêmes combats.
    Tandis que la rame s'ébranlait, j'ai compté les stations pour évaluer le temps. Six stations, puis cinq minutes à pied, autant dire deux en courant. Tu seras à l'heure, Marylou. Ils les auront, leurs précieux dossiers, tellement précieux d'ailleurs qu'il t'a fallu traverser la moitié de la ville pour les faire copier dans un endroit « sûr » selon monsieur Farkas. Quelques kilomètres de plus à mon compteur personnel. Une goutte d'eau comparée au reste, une heure et demie aller, une heure et demie retour, chaque jour entre autobus, métro et RER. Pas question de te léguer ça mon Paulo. Tu auras les moyens de vivre, je te le promets.
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  • Par pyrouette, le 01/03/2011

    L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong

    Le jour où j'ai décidé de vivre est aussi celui où j'ai perdu officiellement toute raison d'exister.

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  • Par mandarine43, le 23/03/2012

    Big de Valérie Tong Cuong

    Putain de sensiblerie, qui peut savoir ce que cela pèse vraiment, 127 kilos de souffrance ?

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  • Par pyrouette, le 01/03/2011

    L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong

    L'intérêt d'une vie ne se résume pas à la liste de ce qu'on possède. Il est ailleurs invisible.Il est ce que tu es. A l'intérieur.

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  • Par pyrouette, le 01/03/2011

    L'ardoise magique de Valérie Tong Cuong

    ... Les mots s'arrêtaient toujours au niveau du larinx et au final je ne montrai de moi que l'extérieur.

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