-
Par Lolokili, le 28/01/2012
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Et comment ne pas ressentir une vive douleur quand vous n’avez, aux yeux de quiconque, aucune raison de vous plaindre ni de vous ni de ce qui vous entoure mais qu’un chagrin tenace vous habite, et existe-t-il une chance que cela change puisque, comme le rappelait souvent Paloma, il y a un âge où l’on ne fait qu’accentuer sa pente
-
Par Lolokili, le 28/01/2012
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Paloma a toujours pensé que si ses parents s’étaient regardés le matin au-dessus de la table de petit déjeuner ils se seraient jetés l’un sur l’autre pour s’entrégorger.
Elle est convaincue que prendre son petit déjeuner en compagnie est une activité dangereuse.
Pour sa part, elle a besoin de rester debout dans la cuisine, absolument seule avec son thé, l’œil fixe, elle a besoin d’un espace de transition entre sa nuit et la journée.
-
Par oops, le 25/10/2011
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Aussi quand ce détachement s'était installé en elle et c'était venu très lentement tout comme les hommes cessent de vous regarder quand vous vieillissez, chaque jour moins d'hommes vous regardent ou vous complimentent, chaque jour leur intérêt pour vous s'émousse et leurs hommages s'espacent, si vous n'y prêtez pas garde, vous vous réveillez un matin et vous êtes devenue invisible ; si vous y prenez garde et n'en prenez pas votre parti, c'est une infime piqûre journalière jusqu'à la métamorphose finale.
-
Par mariech, le 09/12/2011
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Vida se lève de table durant la soirée et en passant dans le couloir elle aperçoit son reflet dans le miroir . Ce qui lui crée un léger choc . Elle se sent ridicule dans ses voiles verts , on dirait une Grâce Kelly inconsolable , l'une de ces femmes qui boivent trop de gin tonic dans les films brésiliens des années 60 .
-
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
La douceur de cet homme était si miraculeuse, chacun de ses gestes, chacune de ses paroles touchaient un endroit en elle qui était resté en friche, un endroit qu’elle s’étonnait et s’enivrait de ne pas retrouver totalement desséché.
-
Par jostein, le 26/08/2011
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Les prières ne sont jamais entendues de personne, elles errent dans un grand désert gris et cendreux que le vent balaie sans jamais s'interrompre et elles ne sortent jamais des ténèbres.
-
Par Chrys, le 30/09/2010
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
Première rencontre de Vera Candida et Itxaga:
P112: "De toute façon elle décréta qu'il ne lui plaisait pas: il était trop grand et n'était pas assez vieil homme pour lui faire le moindre effet- sa grand-mère Rose Bustamente disait toujours qu'il fallait se choisir un homme beaucoup plus âgé que soi "parce qu'ils en ont fini avec leurs problèmes et peuvent ainsi s'occuper des tiens", elle ne disait jamais ce que les femmes de Vatupuna répétaient sans cesse, qu'elles attendaient d'un homme qu'il soit travailleur, qu'il les aime et les respecte, parce que, quand elle entendait ça, Rose Bustamente levait les yeux au ciel, haussait les épaules et s'exclamait, Autant espérer une pluie d'or du cul d'un âne.
-
Par Nadael, le 07/04/2010
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
L'odeur de Monica Rose faisait chavirer Vera Candida. Elle s'asseyait près de sa fille et plongeait le visage dans ses cheveux. Ils sentaient le sel et l'iode, le vent et quelque chose de plus souterrain et mammifère, comme la sueur d'un minuscule rongeur ou bien d'un petit loup. Monica Rose sentait la fourrure. Vera Candida se disait toujours, Comment ferai-je quand je serai une très vieille femme, que je n'y verrai plus, que je tenterai de me souvenir de cette odeur. Elle s'efforçait d'enregistrer comme sur des cylindres d'argile les sensations liées à sa fille : la main de la petite dans la sienne, la façon dont Monica Rose serrait son cou avec ses bras aussi fins que des roseaux, elle serrait serrait en y mettant toute sa minuscule force, et c'était inenvisageable de ne plus être deux un jour, c'était si injuste que cela paraissait impossible.
-
Déloger l'animal de
Véronique Ovaldé
« Il s’agissait simplement de moi, moi qui ne me voulait peut-être pas du bien, moi contre moi, moi toute seule contre moi. » (p. 50)
-
Par canel, le 30/09/2011
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Le bonheur privé ordonnait et conférait du sens à sa vie, Paloma [sa fille] était son seul système de repères et sa balise, elle se rendait compte du danger de cette unique lorgnette, et elle en ressentait une étrange douleur amoureuse (une sorte de chagrin qui oppresse la poitrine, mais un chagrin délicieux parce que exclusif, un chagrin qui vous dit combien vous êtes vivante et combien ce que vous aimez est précieux), elle savait bien que les dés étaient pipés, et que, quel que soit son comportement, elle aimerait toujours plus sa fille que celle-ci ne l'aimait. (p. 78)
-
Par line70, le 25/03/2011
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
Dans la vraie vie, on ne comprend pas toujours tout, il n'y a pas de notice, il faut que tu te débrouilles pour faire le tri.
-
Par sylvie, le 29/11/2010
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
C'est très difficile, pensait Vera Candida, d'oublier que votre enfant est un organe siamois de l'un des votres, c'est très difficile de ne pas le considérer tout le temps comme un membre supplémentaire et parfait de votre propre corps.
Alors Vera Candida vit Monica déboucher du coin de la rue de ce pas de guerrière qu'elle avait depuis si longtemps adopté...
... Vera Candida se dit, C'est moi en plus costaud, elle la regarda, grande et brune, le visage sombre et la chevelure qui vivait sa vie autonome de chevelure d'amazone, elle se dit, C'est moi en plus fort et en plus exigeant. "p : 243-244
-
Par litolff, le 09/10/2010
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
Elle l'avait rangé dans son tiroir de cons ordinaires. Ordinaires et inoffensifs.
-
Par Inextenso, le 15/08/2010
Et mon cœur transparent de
Véronique Ovaldé
Il sent la sueur de son corps qui refroidit et s'évapore. Il frissonne. Le pont c'est un endroit à fantômes. L'air est limpide et mon cœur transparent. Lancelot s'accoude au parapet rafistolé. A-t-elle pensé à moi au moment où tout s'est éteint ?
-
Par kathy, le 31/01/2012
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Paloma est heureuse et, pendant quelques jours Adolfo oublie ses préoccupations. Puis de nouveau il s'assombrit. Quand elle l'interroge, il lui fait une réponse bizarre, il lui dit que ce qu'il veut, c'est rester auprès d'elle parce qu'elle est comme un ensemble de molécules dans un vent stellaire et qu'il a peur qu'elle ne s'éparpille dans l'espace.
-
Par canel, le 20/01/2012
Et mon cœur transparent de
Véronique Ovaldé
Une ombre vit sur le visage de ceux qui ont perdu quelqu'un. L'ombre d'une plante grimpante. Elle croît à leur insu, et quand ils pensent que personne ne les surveille, elle baigne leurs traits d'absence, de gravité et de perplexité. C'est un démon discret qui habite leur visage. Il se cache dès que quelqu'un le regarde. (p. 167)
-
Par sycarie, le 07/01/2012
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
"les vies se transforment en trajectoires. Les oscillations, les hésitations, les choix contrariés, les déterminations familiales, le libre arbitre réduit comme peau de chagrin, les deux pas en avant trois en arrière sont tous gommés finalement pour ne laisser apparaître que le tracé d'une comète" Cet extrait du livre résume pour moi l'histoire...
-
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
Ce fut la deuxième coïncidence. Mais les rencontres sont finalement une accumulation de coïncidences qui fait que deux personnes, essayant de résister à la malice du destin et de détourner les chemins qui les mènent l'une vers l'autre, se dirigent inexorablement vers une collision fatale.
-
Par Aela, le 03/11/2011
Des vies d'oiseaux de
Véronique Ovaldé
Gustavo ne comprend pas pourquoi elle passe tant de temps dans cette cuisine. Elle reste assise à boire du thé, un coude sur la table et les yeux fixés sur les agaves qui descendent le long du chemin vers la route et sur la mer qui miroite au loin comme si elle abritait un trésor.
-
Par Reka, le 03/11/2011
Ce que je sais de Vera Candida de
Véronique Ovaldé
Ces cicatrices-là, mon sucre, sont des étendards, disait grand-mère Rose. Au fond c'est un avantage toutes ces coupures bien visibles. Quand le mal qui t'est fait est seulement à l'intérieur (mais sache, ma princesse, qu'il peut être aussi taraudant et violent que des coups de poing), alors ne pas perdre de vue ta colère et ta juste rage demande un bien plus gros effort.