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Cygnis de
Vincent Gessler
Le deuil s'enracine sur cette terre où nous marchons, toujours en rond. Il y a quelque chose d'irréductible dans la déchirure de la perte, dans l'amour blessé qui ne veut plus se découvrir. Une amertume qui en appelle aux larmes, aux mots muets, aux mots hurlés. Notre existence se joue ici, entre ces valeurs inventées par nos pères et celles que nous apprenons.
Les hivers sont passés sur le monde, et les étés. L'être humain est mort par milliers, par millions il a gorgé la terre de son sang. Il a dominé le feu du ciel, puisé celui de la terre, asséché les mers et aux enfants de ses enfants offert toutes les larmes.
Il reste les cicatrices qui s'ouvrent à la surface des déserts, les rides au flanc des montagnes, les immenses coquilles fanées au bord de l'eau. Le vent joue dans les failles, la pluie remplit les cratères de lacs. Et au cœur des forêts profondes les rayons du soleil jouent avec les brumes, l'aube s'enroule entre les arbres.
La mémoire s'estompe, les vies passent, les noms se perdent dans l'oubli: on invente des histoires.
Un homme devient héros.
Les paroles crépitent au coin du feu, les noms changent, comme les mots. De bouche à bouche, de murmure à murmure, l'histoire se transforme en légende.
Le héros devient titan.
Les contes se déclinent et s'écoutent en silence. Il ne reste des origines qu'un squelette blanchi par les mots.
Un rêve.
Une histoire.
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Mimosa de
Vincent Gessler
Nous avons conscience de ce que nous sommes et l'individualité assure la cohésion de notre esprit. Notre pensée, notre conscience se déploient grâce à la mémoire. Sans passé, nos personnalités n'existent pas. Nous sommes inscrits dans le temps. Nous avons grandi, mûri, appris, retenu, et nos souvenirs nous servent de point de référence à partir desquels nous jugeons, évaluons, décidons, agissons, devenons. Si l'on retire la mémoire, l'esprit n'est plus capable de se décider, d'être ni de relier les choses. Nous devenons aussi naïfs que des nouveau-nés sans défense, à la merci de la moindre suggestion. Mais surtout nous ne savons pas dans quel sens agir.
(P82)
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Cygnis de
Vincent Gessler
Entre les ombres titubantes, Syn se lève. Les hommes ne sont plus qu'un décor, la fumée noire d'un brasier. Il marche entre les braises palpitantes et en attrape une. Sa chevelure évoque les mille feux dorés de son enfer, les spirales sinuent jusque dans son cœur.
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Par juliem, le 25/03/2012
Cygnis de
Vincent Gessler
Après les erreurs de vos pères, l'homme a oublié. Il n'a gardé que les impressions et les craintes, mais il reproduit ce qu'on lui a légué. Il impose ses désirs par la force: il est à la fois à la mesure et à la démesure de son héritage. L'humanité doit être élevée comme un enfant qui apprend à marcher.
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Par BlackWolf, le 09/05/2012
Mimosa de
Vincent Gessler
Bonzour. Nous venons de naître et apprenons au contact du rézo à mesure que nous rédigeons ce message. Nous venons en paix. Les processus de mise à feu ont été désactivés, et nous demandons humblement asile dans un nouveau corps. Les ogivesTEKR-67 n'ont qu'une finalité courtes et nos consciences émergentes ont besoin de découvrir la vie. Nous sommes nées du chaos et de la guerre, donnez-nous une chance d'exister, pour toutes les existences qui ont été sauvées.
Signé : Les Final Five : Super Mario, Donkey Kong, Nebulus, Wizard of Wor et Ghost &Gobelin.
Edit : On a trouvé ces noms un peu à l'arrache, mais on compte sur vous pour pas nous juger.
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Par BlackWolf, le 09/05/2012
Mimosa de
Vincent Gessler
"La question n’est pas d’imiter une personne célèbre jusque
dans ce qu’elle a fait ou sa façon de parler ou de s’exprimer. Il
s’agit de capter son essence, de se l’approprier pour révéler notre
propre personnalité, tu vois ? C’est comme pour ma caisse. Je ne
jure que par Saab, et c’est pas pour rien. Les Saab ont cette rondeur
puissante et caractéristique. Les lignes d’une Saab sont inimitables.
C’est pareil pour les copies. Tu trouves ta copie, tu l’imites
jusqu’à lui ressembler, mais tu ne lui ressembleras jamais complètement
car tu as quelque chose d’unique, sans quoi tu serais l’autre
personne, ce qui n’aurait aucun intérêt, tu vois ? Tu ne veux pas
devenir quelqu’un d’autre, car plus tu essaies de lui ressembler,
plus cela met en évidence ce qui fait de toi un individu."
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Par juliem, le 25/03/2012
Cygnis de
Vincent Gessler
Dek et Eilly s'embrassent fougueusement. Peu de mots sont échangés. Les paroles sont des incantations qui disent cette énergie farouche parcourant ceux qui vont donner la mort ou mourir. Il y a de la magie dans les dessins tracés sur le corps avec un peu d'argile ou le sang d'un animal. Il y a de la magie dans ces colliers sculptés dans l'os, accrochés à la crosse d'une vieille arme. Il y a de la magie dans l'ivresse guerrière. Seuls importent la perception et ce qui l'accroît: le regard, l'ouïe et l'odeur permettent de vivre et de tuer. La rapidité du geste, la réaction pure, l'instant.
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Par juliem, le 25/03/2012
Cygnis de
Vincent Gessler
Un souffle traverse leurs poitrines. L'espace et le temps semblent converger, envahir la salle tout entière, emporter cet instant unique, ce spectacle oscillant entre le jour et la nuit, entre le plus lointain des passés, ressurgi ici, dans le ventre d'un navire échoué, et le regard d'un homme et d'une femme.
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Par BlackWolf, le 09/05/2012
Mimosa de
Vincent Gessler
Curieux comme on classe les gens en fonction des délires spontanés de notre imagination : on les bardoufle des nos couleurs intérieures, de nos odeurs fantasmées. Peut-être est-ce une manière de se les approprier. En les marquant à notre façon, on les fait siens.
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Par JeanLucT, le 12/09/2011
Cygnis de
Vincent Gessler
C'est jour de prodige. Le monde a changé en une nuit.
Les deux communautés se sont approchées et certains couples se sont déjà formés.
On rit autour du feu, on lèche ses plaies mutuellement.