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Par Belem, le 10/04/2013
Celle qui plante les arbres de
Wangari Maathai
« Les citoyens des pays démocratiques ont souvent du mal à imaginer ce que peut être la vie sous un régime autoritaire. Tout le monde se méfie de tout le monde. Chacun est en permanence à la merci d'une arrestation arbitraire. On vit dans la crainte des violences politiques et personne n'est à l'abri d'un assassinat ou d'un 'accident' volontaire. Tel était le climat qui flottait sur le Kenya des années 1990. »
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Par Belem, le 07/04/2013
Celle qui plante les arbres de
Wangari Maathai
Comme quelque 150 000 Kikuyu, mon père était aussi de cette première génération d'hommes kenyans qui quittèrent leur village des réserves indigènes et leur famille pour aller travailler dans les fermes des colons blancs et gagner de l'argent. Avant l'arrivée des Britanniques, les peuples africains ne connaissaient pas l'économie monétaire. La principale monnaie d'échange était le petit et le gros bétail, surtout les chèvres. Pour un bout de terre, la dot de la mariée ou la rémunération d'un service, il en coûtait tant de mbũri (chèvres). La vie d'un homme était évaluée à environ trente chèvres, celle d'une femme ou d'un enfant valait moins.
Quand les administrateurs coloniaux ont institué l'impôt pour financer le développement local, ils n'avaient bien entendu aucune envie de se faire payer en chèvres. Ils voulaient du bon argent, sonnant et trébuchant – apanage, jusqu'alors, des seuls fonctionnaires et colons blancs. Et, incidemment, ils voulaient aussi mettre en valeur la main-d'œuvre du pays sans en passer par le travail forcé. L'impôt obligatoire sur le revenu des hommes offrait la solution idéale : il tordait, pour ainsi dire, le cou au bétail comme unité d'échange pour lui préférer une vraie monnaie, et contraignait indirectement les Africains à se faire embaucher contre salaire dans les fermes des colons ou les bureaux de l'administration pour s'acquitter de leur dette envers l'État. »
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Par Belem, le 07/04/2013
Celle qui plante les arbres de
Wangari Maathai
« L'expansion du Mouvement de la ceinture verte me fit également prendre la mesure de la déresponsabilisation de la société civile. Les paysans manifestaient une certain résignation face à leurs difficultés. Or il était essentiel qu'ils puissent clairement les identifier et comprendre leur origine. Pourquoi ne trouvions-nous plus suffisamment de bois de chauffe ? Pourquoi les enfants souffraient-ils de malnutrition ? Pourquoi les sols étaient-ils de plus en plus pauvres ? Pourquoi le régime des pluies s'était-il déréglé ? Pourquoi n'arrivaient-ils plus à payer les frais de scolarité de leurs enfants ? Pourquoi les infrastructures étaient-elles dans un tel état de délabrement ? Étions-nous véritablement en train d'hypothéquer notre avenir ? Autant de questions que nous abordions au fil de nos rencontres. Peu à peu, la Ceinture verte ne sema plus uniquement des arbres, mais aussi des idées. Dans les villages où nous intervenions, nous organisions des séminaires pour encourager les hommes et les femmes à parler de leurs problèmes. En les écoutant, je notais tout ce dont ils se plaignaient. La liste comportait parfois jusqu'à cent cinquante points ! A la question de savoir qui était responsable de ces dysfonctionnements, ils montraient presque tous du doigt le gouvernement. Ils n'avaient pas tort. Le pouvoir cédait à vil prix des terrains publics à ses alliés et autorisait les grandes compagnies de la filière bois à exploiter des forêts nationales, menaçant ainsi l'équilibre des systèmes fluviaux et le biodiversité. »
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Par Belem, le 07/04/2013
Celle qui plante les arbres de
Wangari Maathai
« Tant que le Mouvement de la ceinture verte fut perçu comme un petit groupe marginal qui faisait planter des arbres à une poignée de femmes, le gouvernement ne s'y intéressa absolument pas. Mais à partir du moment où nous avons entrepris d'expliquer les causes de la déforestation et d'inciter les citoyens à se mobiliser pour défendre leurs droits élémentaires, ceux de l'environnement et ceux des femmes, les milieux politiques ont dressé l'oreille. Ils ont vite compris que, contrairement à d'autres associations de femmes au Kenya, le Mouvement de la ceinture verte n'était pas fait pour encourager les femmes à soutenir inconditionnellement le programme du gouvernement. Au contraire, nous aidions les femmes (et les hommes) à s'organiser pour leur permettre de faire par elles-mêmes et pour elles-mêmes ce que l'État n'avait aucune envie de faire. »
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Par Belem, le 07/04/2013
Celle qui plante les arbres de
Wangari Maathai
« Pour moi, le managu offrait des délices plus immédiats : lorsque l'on m'envoyait avec mes frères et sœurs garder les chèvres ou les moutons sur un champ qui venait d'être récolté, je me régalais des petites baies jaunes et juteuses qu'il fallait chercher entre les feuilles de managu. J'en faisais de telles ventrées que je n'avais plus faim le soir, en rentrant à la maison. Inutile de dire que je ne me faisais pas prier pour aller garder les bêtes dans ces champs ! Cette délicieuse plante a malheureusement disparue, victime de la surexploitation des terres et des herbicides et autres produits chimiques dont on asperge désormais les cultures extensives. »
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Par Belem, le 10/04/2013
Celle qui plante les arbres de
Wangari Maathai
« Tous les États policiers du monde ont ceci de particulier que pour organiser la résistance, leurs citoyens établissent des réseaux de renseignement et de protection. Les membres de ces réseaux ne se connaissent pas forcément mais se mobilisent et coordonnent leur action dès qu'ils flairent le danger. Cette solidarité joua à plein pendant ma période de clandestinité. Des contacts m'appelaient ou passaient chez moi pour m'annoncer que je devais changer de planque et m'emmener ailleurs. »
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Par Belem, le 10/04/2013
Celle qui plante les arbres de
Wangari Maathai
« En 2000, je travaillais déjà depuis un quart de siècle sur une approche globale du développement pour résoudre les conséquences de la pauvreté au Kenya. La misère n'était pas uniquement due à l'incompétence de nos gouvernants et à la mauvaise gestion des ressources naturelles, mais elle s'expliquait aussi par le système économique mondial qui, pour les pays pauvres, se traduisait d'abord par une dette écrasante. »
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Par Belem, le 07/04/2013
Celle qui plante les arbres de
Wangari Maathai
« Les champs de maïs et de blé du domaine de M. Neylan couvraient mon horizon de petite fille. Rien n'était plus beau à mes yeux que les blés qui dansaient et ondoyaient sous le vent. Juste avant la moisson, ils se paraient de tonalités brun doré et dressaient bien droit leurs épis sur une terre grise blanchie d'éclats de calcaire. »
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Par Belem, le 07/04/2013
Celle qui plante les arbres de
Wangari Maathai
« Je suis sincèrement convaincue que ces amis, les distinctions qui m'ont été décernées et les conférences auxquelles j'ai été conviée m'ont sauvé la vie. Comme je le confiai à des journalistes d'Édimbourg : 'Je ne veux pas mourir avant d'avoir accompli ma mission'. »
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Par Belem, le 10/04/2013
Celle qui plante les arbres de
Wangari Maathai
« Or, le couvert forestier s'était peu à peu amenuisé et n'occupait plus que 2% du territoire kenyan – soit bien moins que le taux de 10% recommandé par le PNUE pour préserver le débit des fleuves, l'équilibre du régime pluvial et assurer de bonnes récoltes. »