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Citations de William Faulkner (61)


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  • Par vincentf, le 06/02/2011

    William Faulkner William Faulkner

    Lui aussi avait un mot. Il appelait ça l'amour. Mais il y avait longtemps que j'étais habituée aux mots. Je savais que ce mot était comme les autres, rien qu'une forme pour combler un vide; je savais que, le moment venu, on n'aurait pas plus besoin de ce mot que des mots orgueil ou honte.

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  • Par Piling, le 16/08/2008 Première phrase du livre

    Sanctuaire de William Faulkner

    incipit :
    Caché derrière l'écan des broussailles qui entouraient la source, Popeye regardait l'homme boire. Un vague sentier venant de la route aboutissait à la source. Popeye avait vu l'homme, un grand sec, tête nue, en pantalon de flanelle fatigué, sa veste de tweed sur le bras, déboucher du sentier et s'agenouiller pour boire à la source.
    La source jaillissait à la racine d'un hêtre et s'écoulait sur un fond de sable tout ridé par l'empreinte des remous. Tout autour s'était développée une épaisse végétation de roseaux et de ronces, de cyprès et de gommiers, à travers lesquels les rayons d'un soleil visible ne parvenaient que divisés et diffus. Quelque part, mystérieux, et pourtant tout proche, un oiseau lança trois notes, puis se tut.

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  • Par chartel, le 21/06/2008

    Pylône de William Faulkner

    Car ils n’ont pas besoin d’argent ; ce n’est pas après l’argent qu’ils courent, pas plus qu’après la gloire, parce que la gloire, ça ne peut durer seulement que jusqu’à la course suivante, c’est-à-dire pas même jusqu’au lendemain. Il n’est donc pas besoin d’argent, sauf de temps en temps quand ils prennent contact avec l’espèce humaine, par exemple, une fois en passant, pour dormir ou manger dans un hôtel, ou encore pour acheter un pantalon ou une chemise afin de ne pas attirer l’attention de la police.

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  • Par vincentf, le 06/02/2011

    Tandis que j'agonise de William Faulkner

    Lui aussi avait un mot. Il appelait ça l'amour. Mais il y avait longtemps que j'étais habituée aux mots. Je savais que ce mot était comme les autres, rien qu'une forme pour combler un vide; je savais que, le moment venu, on n'aurait pas plus besoin de ce mot que des mots orgueil et honte.

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  • Par valetudinaire, le 26/03/2011

    Pylône de William Faulkner

    Il se redit à lui-même qu'il se sentait très bien. Mais, en vérité, l'insistance même qu'il mettait à se le répéter eût suffi à faire comprendre que tout n'allait pas pour le mieux.

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  • Par Lilly, le 14/02/2009

    Tandis que j'agonise de William Faulkner

    "Des fois, je ne sais pas trop si l'on a le droit de dire qu'un homme est fou ou non. Des fois, je crois qu'il n'y a personne de complètement fou et personne de complètement sain tant que la majorité n'a pas décidé dans un sens ou dans l'autre."

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  • Par Laetirature, le 10/05/2011

    Le Bruit et la fureur de William Faulkner

    C'est toujours ceux qui ne sont bons à rien qui vous donnent des conseils. C'est comme ces professeurs d'Université qui ne possèdent même pas une paire de chaussettes et qui vous enseignent comment gagner un million en dix ans ; et une femme qui n'a jamais pu trouver de mari vous dira toujours comment élever vos enfants.

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  • Par csapin, le 30/03/2011

    Le Bruit et la fureur de William Faulkner

    Je ne crois pas que personne écoute jamais délibérément une montre ou une pendule. Ce n'est pas nécessaire. On peut en oublier le bruit pendant très longtemps et il ne faut qu'une seconde pour que le tic-tac reproduise intégralement dans votre esprit le long decrescendo de temps que vous n'avez pas entendu.

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  • Par toriyama, le 05/08/2011

    Le Bruit et la fureur de William Faulkner

    Quand on laisse une feuille longtemps dans l'eau le tissu disparaît et les fibres délicates ondulent lentement comme le mouvement du sommeil. Elles ne se touchent pas, peu importe à quel point elles étaient emmêlées autrefois, combien près elles se trouvaient du squelette.

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  • Par gaillard1, le 27/09/2010

    Lumière d'août de William Faulkner

    [...] un homme craint davantage ce qui pourrait lui arriver que les ennuis qu'il a déjà soufferts. Il se cramponne aux ennuis qu'il a déjà soufferts plutôt que de risquer un changement.

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  • Par gaillard1, le 27/09/2010

    Lumière d'août de William Faulkner

    On dirait que l'homme peut tout supporter. Même ce qu'il n'a pas fait. Même l'idée qu'il n'en peut supporter davantage.

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  • Par chartel, le 27/12/2008

    Absalon, Absalon! de William Faulkner

    On laisse si peu de trace, voyez-vous. On naît, on essaye ceci ou cela sans savoir pourquoi, mais on continue d’essayer ; on naît en même temps qu’un tas d’autres gens, tout embrouillé avec eux, comme si on s’efforçait, comme si on était obligé de faire mouvoir avec des ficelles ses bras et ses jambes, mais les mêmes ficelles sont attachées à tous les autres bras et jambes et tous les autres essayent également et ne savent pas non plus pourquoi, si ce n’est qu’ils se prennent dans les ficelles des autres comme si cinq ou six personnes essayaient de tisser un tapis sur le même métier mais avec chacune d’elles voulant tisser sur le tapis son propre dessin ; et cela ne peut pas avoir d’importance, on le sait, ou bien Ceux qui ont installé le métier à tisser auraient un peu mieux arrangé les choses, et pourtant cela doit avoir de l’importance puisque l’on continue à essayer ou que l’on est obligé de continuer, et puis tout à coup tout est fini et tout ce qui vous reste est un bloc de pierre avec quelque chose de griffonné dessus, en admettant qu’il y ait quelqu’un qui se souvienne ou qui ait le temps de faire mettre le marbre en place et d’y faire marquer quelque chose, et il pleut dessus et le soleil brille dessus et au bout d’un peu de temps on ne se rappelle plus ni le nom ni ce que les marques essayaient de dire, et cela n’a pas d’importance.

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  • Par chartel, le 01/08/2008

    Requiem pour une nonne de William Faulkner

    Et il n’y aurait plus un seul bandit de la vieille souche, de la vielle tradition sanglante des Hare, des Mason et de ces fous de Harpe ; Murrel lui-même, héritier, apothéose en un seul homme de ce trio, Murrel qui avait converti son héritage de simple rapacité, de goût du sang en un rêve sanglant d’empire de hors-la-loi, était fini, avait disparu […] mis en échec et dépouillé non par l’homme, mais par le Progrès, par une barrière impénétrable de moralité de classe moyenne qui lui refusa même la dignité de l’exécution que l’on doit au bandit, préférant le marquer au fer rouge à la main comme un pickpocket du temps d’Elisabeth – si bien qu’il ne resta plus qu’à la vieille prison, en souvenir des temps anciens, que la ressource de garder, enfermé entre ces quatre murs, l’esclave fugitif pendant la petite heure, la petite minute qui lui restait encore, cependant que le temps, la terre, la nation, le sol américain tournoyait vite, plus vite, toujours plus vite, vers l’abîme où les précipitait leur destinée.

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  • Par chartel, le 21/06/2008

    Pylône de William Faulkner

    Aussitôt la voiture quitta en se dandinant la rue Grandlieu et Jiggs se vit plonger au milieu des balcons de fer, embrassant au passage, d’un coup d’œil rapide, des cours dallées et malpropres, tandis que le bus avait l’air de se ruer à toute allure, avec un tintamarre épouvantable, à travers des rues pavées trop étroites, semblait-il, pour le contenir, entre de petits murs de brique d’où paraissait s’exhaler une lourde, substantielle et surabondante odeur de poisson, de café et de sucre et une autre indéfinissable et faible senteur sui generis de soutane et de renfermé : quelque relent ascétique de couvent médiéval.

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  • Par Thyuig, le 29/09/2011

    Pylône de William Faulkner

    - Elles m'iront comme un gant. Y'a deux choses qui vont à n'importe qui : un mouchoir quand vous avez le nez qui coule et une paire de godasses quand vous avez les pieds nus.

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  • Par Aela, le 08/02/2011

    Le Bruit et la fureur de William Faulkner

    The month of brides, the voices that breathed. She ran out of the mirror, out of the banked scent. Roses. Roses. Mr and Mrs Jason Richmond Compson announce the marriage of. Roses. Not virgins like dogwood, milkweed.
    Le mois des mariées, la voix qui soufflait. Elle est sortie en courant du miroir, de l'épaisseur des parfums. Roses. Roses. Mr et Mrs Jason Richmond Compson ont le plaisir de vous faire part du mariage de. Roses. Pas vierges comme le cornouiller, l'asclépias.

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  • Par Outis, le 09/04/2008

    Absalon, Absalon! de William Faulkner

    Peut-être est-il nécessaire de vraiment bien connaître quelqu'un pour l'aimer mais quand on hait quelqu'un depuis quarante-trois ans on le connaît vraiment bien et peut-être cela vaut-il mieux ainsi, peut-être est-ce bien ainsi car au bout de quarante-trois ans il ne peut plus vous causer de surprise ni vous faire grand plaisir ou vous mettre très en colère.

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  • Par chartel, le 12/09/2007

    Sartoris de William Faulkner

    Stuart cria après lui, mais Sartoris leva la main d'un geste insouciant et obstiné et fila à toute bride. Le général allait faire tourner son cheval pour courir après lui, lorsque, du bord de la route, une patrouille yankee ouvrit le feu, puis se jeta dans le bois en appelant aux armes. Immédiatement, d'autres coups de feu éclatèrent de toutes parts. De la forêt, sur la droite, parvint le bruit d'une troupe considérable qui se mettait en branle, et, derrière eux, dans la direction du mamelon invisible, une salve crépita. Un officier éperonna son cheval et saisit la bride de Stuart.

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  • Par Thyuig, le 25/09/2011

    Une Rose pour Emily et autres nouvelles de William Faulkner

    Ils se levérent quand elle entra. Elle était petite, grosse, vêtue de noir, avec une chaîne d'or qui lui descendait jusqu'à la taille et disparaissait dans sa ceinture, et elle s'appuyait sur une canne d'ébène à pomme d'or ternie. Son ossature était mince et frêle. C'est peut-être pour cela que ce qui chez une autre n'aurait été que de l'embonpoint, était chez elle de l'obésité. Elle avait l'air enflé, comme un cadavre qui serait resté trop longtemps dans une eau stagnante, elle en avait même la teinte blafarde

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  • Par Thyuig, le 25/09/2011

    Une Rose pour Emily et autres nouvelles de William Faulkner

    (...), les dames chuchotaient, macabres, et, sur la galerie et sur la pelouse, les très vieux messieurs - quelques-uns dans leurs uniformes bien brossés de confédérés - parlaient de Miss Emily comme si elle avait été leur contemporaine, se figurant qu'ils avaient dansé avec elle, qu'ils l'avaient courtisée peut-être, confondant le temps et sa progression mathématique, comme font les vieillards pour qui le passé n'est pas une route qui diminue mais, bien plutôt, une vaste prairie que l'hiver n'atteind jamais, séparé d'eux maintenant par l'étroit goulot de bouteille des dix dernières années.

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