Citations de William G. Tapply
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Par kathel, le 03/04/2010
Dark tiger de
William G. Tapply
Stonewall Jackson Calhoun balayait le plancher autour du présentoir des waders et des cuissardes lorsque la sonnette tinta au-dessus de la porte, signalant que quelqu’un venait d’entrer dans la boutique – Chez Kate, Appâts & articles de pêche. Calhoun jeta un coup d’oeil à l’horloge murale. Il était presque deux heures, en ce mardi après-midi gris et bruineux de la mi-mai. Calhoun regarda en direction de l’entrée où il s’attendait à voir Kate en train de secouer sa chevelure pour en faire tomber les gouttes de pluie. Elle lui avait dit qu’elle serait de retour au plus tard vers midi de son entretien mensuel avec les gens de l’établissement de soins spécialisés de Scarborough dans lequel Walter, son mari, vivait – ou plutôt mourait – depuis quelque temps. Mais c’était Noah Moulton, et non Kate Balaban, qui se tenait dans l’embrasure de la porte. Noah était un véritable jardin fleuri à lui tout seul, avec sa casquette bleue des Portland Sea Dogs, son pantalon de velours côtelé bordeaux, sa chemise de coton verte, ses bottes de caoutchouc noires et son ciré jaune. Il faisait semblant d’examiner le casier des cannes à mouche contre le mur près du comptoir. Calhoun continua de balayer le plancher de pin tout abîmé. Il savait que Noah Moulton désapprouvait ce qu’il appelait les “sports sanguinaires” – la pêche et la chasse, sans parler de la trappe – et il n’était probablement pas venu au magasin pour acheter quelque chose. Comme par ailleurs Noah n’entretenait que de très vagues relations avec Kate Balaban et Stoney Calhoun, tous deux copropriétaires de la boutique, il ne s’agissait certainement pas d’une simple visite amicale. Par conséquent, à moins qu’il ne fût entré pour s’abriter de la pluie, il ne restait qu’une seule possibilité : il était venu parler affaires. Noah était l’agent immobilier qui s’était occupé de la location de cet endroit où Kate et Calhoun avaient installé leur magasin. Leur bail arrivait à expiration fin juillet.
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Par BMR, le 09/12/2008
Casco Bay de
William G. Tapply
[...] - Quelqu'un s'est dit qu'il y avait autant d'îles dans Casco Bay que de jours dans le calendrier. Et je crois bien que si vous y mettez les rochers découverts à marée basse, on n'est pas loin du compte. Bon, ils ont construit cette sorte d'hôpital ici, sur Quarantine Island, pour les immigrants qui arrivaient en Amérique. Ils les gardaient ici avant de les laisser mettre le pied sur le continent. Tous ceux qui d'après eux pouvaient avoir la grippe, ou bien avaient été en contact avec un malade - ou, comme c'est probable, ceux dont ils n'aimaient pas l'allure tout simplement -, ils les envoyaient ici. Hommes, femmes, vieillards, même les bébés. Des Italiens, pour la plupart. C'étaient des religieuses catholiques qui s'occupaient de cet établissement. Elles ne soignaient pas les gens avec des médicaments, c'était pas vraiment un hôpital. Elles les gardaient là, juste pour qu'ils n'aillent pas contaminer les citoyens américains. Bon, une nuit, en février 1918, l'établissement a été détruit par un incendie et tout le monde est mort. Les religieuses, les enfants, tout le monde. À peu près deux cent personnes.Ils n'avaient pas d'équipement pour lutter contre l'incendie, bien sûr. Ils n'ont rien pu faire. Entre le feu et le froid terrible, personne n'a survécu.
[...] On a suspecté quelques bons citoyens de l'État du Maine d'être venus en barque cette nuit-là avec des torches pour mettre le feu à l'établissement. On n'a jamais rien pu prouver. Officiellement ce fut un incendie accidentel.
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Par BMR, le 09/12/2008
Casco Bay de
William G. Tapply
[...] Il fallut une bonne minute à Calhoun pour reconnaître ce qu'il avait sous les yeux.
Un corps humain.
Un cadavre noir comme du charbon, calciné, assis sur le dos contre le mur est du bâtiment, les mains reposant sur ses genoux, les jambes étendues devant lui et la tête inclinée en avant.
Vecchio, tournant les yeux vers Calhoun, murmura :
- Un fantôme ?
- M'étonnerait, dit Calhoun ...
Une faible odeur de chair pourrie flottait dans l'air humide.
- ... je ne pense pas que les fantômes puent comme ça.
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Par LN, le 05/01/2011
Casco Bay de
William G. Tapply
L'action se passe dans le Maine, dans le calme d'une bourgade lovée au coeur de lanature. L'auteur mène une réflexion intéressante sur le contraste entre ces lieux a priori calmes, intouchés, en pleine nature, et la violence omniprésente avec les autres, mais aussi en nous. La maison de Stoney est l'emblème de cette opposition, cachée dans les bois, elle fera l'objet de multiples attaques.
- L’intrigue est très prenante : Autant l'intrigue en question n'était pas totalement aboutie dans le premier roman de Tapply « Dérive sanglante » (à lire aussi, ne serait-ce que pour connaître l'origine de la relation entre Stoney et Kate), autant ce roman-là réussit avec brio à intégrer le policier au « nature writing ».
- Les personnages sont profonds, ils ont en eux la juste part de mystère nécessaire à instaurer l'intérêt du lecteur.
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Par BMR, le 21/10/2008
Dérive sanglante de
William G. Tapply
[...] - Comment c'était Stoney ?
- Je ne sais pas. Je ne me rappelle plus rien. J'ai bien des éclairs de conscience, quand j'entends le tonnerre ou la pluie, mais ils disparaissent si vite que je n'arrive pas à les épingler. Je ne sais pas ce que je faisais sur une montagne, je ne connais même pas celui qui m'a sauvé la vie. Je n'ai pas arrêter de poser la question aux médecins, mais ils ne savaient pas, ou ils ne voulaient pas me répondre. Il y a quelqu'un, quelque part, envers qui j'ai une sacrée dette.
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Par BMR, le 25/04/2010
Dark tiger de
William G. Tapply
[...] Il se versa une tasse de café, qu'il prit avec lui sur la terrasse, et s'assit dans un fauteuil en bois. Ralph le suivit et se coucha près de lui.
Calhoun tendit le bras et gratta le haut du crâne de son chien.
- J'aurais préféré ne pas avoir à faire ça, dit-il.
Ralph ne répondit pas.
- Bon, il faut le faire, poursuivit Calhoun. Je suis content que tu viennes avec moi, en tout cas.
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Par BMR, le 25/04/2010
Dark tiger de
William G. Tapply
[...] - J'espère que vous n'avez pas l'intention de vous mettre à fouiner dans notre ville, monsieur Calhoun.
- Fouiner ? Pourquoi je ferais ça ?
Le sergent Currier eut un haussement d'épaules.
- Vous me semblez du genre fouineur.
- Sûrement pas.
- Bon, alors c'est bien, dit Currier. Je ne voudrais pas que vous vous attiriez des ennuis.
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Casco Bay de
William G. Tapply
« A environ deux cents mètres, une volée d’oiseaux, des mouettes, des mouettes et des sternes, était apparue dans le brouillard humide là où, une minute auparavant, il n’y avait rien. Elles décrivaient des cercles, se regroupaient puis plongeaient vers l’eau grise, et d’autres oiseaux s’approchaient à tire-d’aile venant de toutes les directions. Leurs cris rauques et leurs piaillements remplissaient l’air et, juste au-dessous, Calhoun vit les éclaboussures et les remous provoqués par une centaine de féroces tassergals. Ils encerclaient un banc de petits poissons complètement paniqués, et les oiseaux s’étaient précipités pour récupérer les restes de chair ensanglantée. Là sous nos yeux, pensa Calhoun, c’est tout Darwin en condensé »
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Casco Bay de
William G. Tapply
« Pour lui la musique n’était pas qu’un fond sonore, elle méritait qu’on l écoute, même avec une seule oreille valide.»
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Dark tiger de
William G. Tapply
« Je l’ai remise à l’eau pour que quelqu’un d’autre puisse l’attraper. (..) , un gros poisson est quelque chose de trop précieux pour n’être attrapé qu’une seule fois. »