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Par okta, le 02/08/2011
Mingus Mood de
William Memlouk
Au contact du ghetto, la contrebasse était devenue son arme. Sous les assauts répétés de ses énormes mains, il avait appris, au fil du temps, à faire valdinguer les notes de musiques comme autant de d'injustices et d'adversaires écartés de son chemin, les uns après les autres. Plus qu'un plaisir, Charlie avait conçu le jazz comme un exutoire à sa rage.
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Mingus Mood de
William Memlouk
"Beaucoup ont d'ailleurs répété que, cachés derrière les silences de l'homme, il était possible d'entendre les cris du musicien - un musicien irascible, nerveux et susceptible.
Il me semble surtout que ces cris renfermaient une grande part de frustration. Charlie était un être déraciné. Paumé comme un chien. Egaré entre deux mondes. L'Afrique d'un côté, l'Amérique de l'autre. Une ironie de l'Histoire que des milliers de nègres avaient fini par accepter. Une plaisanterie existentielle vieille d'au moins trois siècles, qui avait emporté sa propre mère, qui le rendait impuissant mais qu'il s'échinait malgré tout à contester, obstinément, à sa façon, avec sa contrebasse comme seul recours, comme unique voix." (p. 80)
"Charlie l'arrogant, Charlie l'impoli, Charlie l'indomptable qui avait eu le malheur de naître noir et de n'être rien. Charlie l'intranquille, l'isolé, l'exilé... un peu ici, un peu ailleurs, jamais chez lui." (p. 142)
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Par BVIALLET, le 10/05/2012
Mingus Mood de
William Memlouk
Dieu créa les nègres américains et le diable leur donna leur talent de musiciens.
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Par BMR, le 07/01/2012
Mingus Mood de
William Memlouk
[...] Charlie l'arrogant, Charlie l'impoli, Charlie l'indomptable qui avait eu le malheur de naître noir et de n'être rien.
[...] Et si je vous disais que ce désordre m'inspire, qu'il coule en moi comme un putain de poison qui me nourrit, qui m'alimente ...
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Par BMR, le 07/01/2012
Mingus Mood de
William Memlouk
[...] Figés dans un état de veille engourdi, je me souviens que nous l ainsi courir au rythme de ce décor - sans vie, sans eau, sans âme - nos pensées déliquescentes. En réalité, nous étions tous les cinq tributaires de la chaleur ... une chaleur hallucinatoire, lourde et lascive qui tombait du ciel comme la neige en hiver.
Pour redonner un peu de consistance à nos corps;, à nos consciences assoupies, je me souviens que l'un des musiciens décida d'ouvrir une bouteille de gin. Nous la fîmes circuler de mains moites et mais moites, y puisant à chaque rasade toute la fraîcheur qu'elle était en mesure de nous apporter.
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Par BVIALLET, le 10/05/2012
Mingus Mood de
William Memlouk
Moi, baby, je joue du jazz... du jazz contre l'Amérique... contre l'Occident... » Il sécha un autre verre de whisky et reprit en grimaçant : « … contre l'Occident et ces putains de mecs qui ont si mal fait... » Il passa le revers de la main sur les lèvres. « … le monde. » Il accéléra le débit de sa vois : « Moi, baby, je hais l'Amérique et tous ces connards bien pensants dont la vie n'est qu'un condensé d'ordures amassées au creux de leur nombril...
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Par BMR, le 07/01/2012
Mingus Mood de
William Memlouk
[...] Je lui demandais soudain si nous nous rendions à Tijuana pour elle, et d'un timbre sans éclat il me répondit :
- Ouais, pour elle ... pour l'oublier.
[...] J'ai d'autres combats à mener ... des combats aux enjeux plus profonds, plus larges que l'amour ... et vous savez que pour concevoir ces combats, pour les accomplir, il me faut de la violence et du dépit ... de la haine, de la haine et du désordre.
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Par Canaju, le 29/04/2012
Mingus Mood de
William Memlouk
[...] l'ordre est le plaisir de la raison et le désordre, le délice de l'imagination [...] le délice de la passion ou de la déraison.
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Par Canaju, le 29/04/2012
Mingus Mood de
William Memlouk
Mon coeur n'arrive à s'accomplir que dans le silence ou la colère, la colère naît d'une impuissance à se dire.
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Par Canaju, le 29/04/2012
Mingus Mood de
William Memlouk
Le silence, bien mieux que les mots, donnait corps à leur histoire.