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Le diamant de l' herbe de
Xavier Forneret
[ Incipit ]
Selon, je crois, des dires, le ver luisant annonce par son apparition plus ou moins lumineuse, plus ou moins renouvelée, plus ou moins près de certain endroit, plus ou moins multipliée, car, toujours selon les dires, il se meut sous l'influence de ce qui doit advenir, le ver luisant présage ou une tempête sur mer, ou une révolution sur terre : alors il est sombre, se rallume et s'éteint ; puis un miracle : alors on le voit à peine ; puis un meurtre : il est rougeâtre ; puis de la neige : ses pattes deviennent noires ; du froid : il est d'un vif éclat sans cesse ; de la pluie : il change de place ; des fêtes publiques : il frémit dans l'herbe et s'épanche en innombrables petits jets de lumière ; de la grêle : il se remue par saccades ; du vent : il semble s'enfoncer en terre ; un beau ciel pour le lendemain : il est bleu ; une belle nuit : il étoile l'herbe à peu près comme pour les fêtes publiques, seulement il ne frémit pas. Pour une enfant qui naît, le ver est blanc ; enfin, à l'heure où s'accomplit une étrange destinée, le ver luisant est jaune.
Je ne sais jusqu'à quel point ces dires doivent être crus ; mais voici : je raconte.
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Le diamant de l' herbe de
Xavier Forneret
Outre de l'écoulement de l'eau en dehors, on entendait au-dedans du pavillon quelque chose qui frémissait dans tous ses coins ; et quand le regard de la lune en éclairait quelques-uns, l’œil distinguait des objets semblables à de larges traces d'encre bien noire, auxquelles le hasard fait des pattes, sur la blancheur d'un papier ; des objets marchant, s'arrêtant, puis remuant de nouveau, et marquant sous eux des traînées à reflets comme ceux que lancent des ailes de cigale en joie, ou des bulles de savon au soleil, ou des écailles de poisson vues à certain point du jour, un clan d'araignées en famille, avec son trousseau de toile, désespoir des mouches et secours des doigts coupés. L'araignée se pavanait, là, d'indépendance, n'ayant point à redouter ni les cris d'enfant et de femme qui décèlent sa présence, ni alors l'époussette du valet qui l'étourdit, ni les semelles de souliers ou de pantoufles qui l'écrasent, ni encore la langue d'une bougie qui la brûle. L'araignée vivait là, en toute sécurité dans son domaine poudreux.
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Le diamant de l' herbe de
Xavier Forneret
Elle disait : «Je vais donc le regarder, lui parler, l'entendre, le toucher ! Oh ! oui, j'aurai tout cela. Ma voix se mêlera à la sienne ; mais la sienne est plus douce mille fois. Oh ! si vous l'entendiez, vraiment il me fait mourir avec les mots de son cœur, vraiment. Vous ne pouvez penser comment il dit : «Je t'aime !» Non, car il ne le dit jamais et je l'entends sans cesse.(...)»