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Citations de Yann Queffélec (37)


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  • Par LiliGalipette, le 25/01/2012

    La puissance des corps de Yann Queffélec

    « C’était mal connaître Onyx qui ne perdait jamais de vue qu’elle était une personne quelconque. Foutue ni bien ni mal, une gueule passe-partout, elle ne pouvait inspirer que des sentiments quelconques à des êtres dépourvus d’intérêt. C’était en fait son unique folie, l’orgueil : un mal qui lui rongeait les sens. Être belle, ô mortels, être belle, ô mortels, comme un rêve de pierre…, pour les voir tous baver, se traîner à ses pieds. » (p. 172)

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  • Par iarsenea, le 16/07/2010

    Les Noces barbares de Yann Queffélec

    On lui montait ses repas une fois par jour en fin d'après-midi. Des bouillons au tapioca, des topinambours, et les mulets que Monsieur Blanchard pêchait sur le port, au pied d'une estacade où les commères vidaient leurs seaux. Jamais de pain, même rassis. Nicole avait refusé son lait ; le boulanger refusait son pain.

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  • Par missmolko1, le 25/03/2011

    Mineure de Yann Queffélec

    Le bonheur, dis donc, quelle connerie d'en parler. Le bonheur, c'est de la fermer quand on est heureux, motus.

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  • Par petite-fee, le 03/08/2010

    Les Noces barbares de Yann Queffélec

    Ce soir-là, Nicole rentra vers minuit. Ludo était couché depuis peu. Pareil à ces condamnés ignorant l'échéance du verdict ou ces vieillards lassés d'attendre la mort, il reprenait plaisir à vivre et s'interdisait de penser au futur. Il entendit la Floride arriver de loin, piler à grand bruit, la portière claquer, le crochet du portail racler sur le gravier, puis le moteur s'emballer et la tôle grincer contre les montants de granit : Nicole une fois de plus avait trop bu - sa voiture était une gimbarde. Il s'enfouit dans les draps quand elle se mit à crier son nom du rez-de-chaussée, ne cessant de brailler tout en montant l'escalier.
    "Ludo !"
    Elle était là, sur le seuil, la respiration sifflante, se découpant dans la lumière du corridor.
    "Ludo !... je voudrais que tu disparaisses."

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  • Par iarsenea, le 16/07/2010

    Les Noces barbares de Yann Queffélec

    Depuis sept ans qu'il vivait au bord de la mer, Ludovic ne l'avait jamais vue. Il l'entendait. Mais au grenier la lucarne donnait sur la cour, sur le fournil, et là-bas sur des pins monotones que les brouillards matinaux calfreutraient. Rugissement, murmure, le bruit se poursuivait jour et nuit, si fort par mauvais temps que même les ronflements du boulanger s'effaçaient. L'enfant serait bien allé voir ; mais la porte était fermée à clé.

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  • Par lisa3, le 13/02/2011

    Les Noces barbares de Yann Queffélec

    Ludo compta qu'il était au Centre Saint-Paul depuis dix mois. près d'un an. sa mère n'était jamis venue le voir, il n'était jamais sorti, Tatav ne l'aimait pas, Micho agitait les promesses d'un retour aux Buissonnets dont on le payait avec du vent. Alors il fut envahi physiquement par la nostalgie : il revécut les odeurs du soir au grenier, les nuits d'affût contre la porte maternelle, les après-midi à la mer, les petits déjeuners, les avanies, bons et mauvais souvenirs arrivant égaux et dorés jusqu'à lui, et le ressentiment qu'il éprouvait rejaillit sur les enfants.

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  • Par PerdreUnePlume, le 28/03/2010

    La puissance des corps de Yann Queffélec

    Parfois, bipés un soir en train de câliner maman, rentrés chez eux à l'aube, ayant pris entre-temps des hélicoptères furtifs, changé de fuseau horaire, sauté en parachute, essuyé des tirs et traité des cibles bien comme il faut, ils se retrouvaient bâillant et poussant le caddie familial au supermarché, hésitant devant les prix, reniflant les melons en promotion, farfouillant parmi les steaks surgelés, écoutant maman piapiater sur la cherté des choses ou les priant de se montrer plus attentifs, de se comporter en maris normaux.

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  • Par charlottelit, le 08/01/2012

    Et la force d'aimer de Yann Queffélec

    Elle finit par s'assoupir en se laissant glisser
    dans une âme d'enfant
    qu'on viendra chercher,
    dont les mots sont innocents
    et le rêve impossible à tromper

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  • Par LiliGalipette, le 02/04/2011

    Les Noces barbares de Yann Queffélec

    "Il écrivait à sa mère, mais n'envoyait plus les lettres. Il avait détourné son cahier de catéchisme à cet usage : journal de bord sans date où, s'adressant des réponses imaginaires, il prenait livraison des sentiments qu'on lui refusait. [...] La réalité semblait courir à son rythme, il entendait en lui battre des mots qu'il s'interdisait d'écouter : on l'abandonnait. Dans ses mains calleuses, il contemplait cette évidence : on l'abandonnait. Dans ses yeux il voyait sa mère absente, il fuyait les miroirs, il fuyait sa mémoire, et vaincu fuyait ce dont il était sûr depuis sa naissance : on l'abandonnait." (p. 257)

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  • Par Pchabannes, le 01/12/2009

    La puissance des corps de Yann Queffélec

    “Et après ? Après, t’as la gamme infinie des hasards malencontreux. On n’est plus en démocratie, cocotte, chez nous. C’est fini, Sarko, les petits arrangements…[…] je vois mal comment tu pourrais échapper au intérêts supérieurs de l’Etat…Moi non plus d’ailleurs..On aura chacun son tiroir à l’institut médico-légal. On sera tout bleu, tout froid, vachement glamour.”

    - “Vous viendriez parler à l’antenne
    - Ce pays est assez morose, inutile de l’accabler davantage. Ajouter le beurre à l’argent du beurre…En fait, on ne sait plus trop si le devoir est d’informer ou de cacher les faits.”

    “Le même parcours du combattant. Quand on leur demandait comment, la guerre finie, ils avaient pu souhaiter intégrer le GIGN, puis le corps des Chats Maigres, ils répondaient honnêtement que, oui, la guerre leur manquait. Ils n’étaient ni des brutes, ni des fous sanguinaires, ni des excités, ils étaient doux comme des chats angoras, mais la guerre leur manquait. Ils haïssaient la guerre, la violence, la rage des hommes entre eux, l’imbécillité des frappes ou du corps à corps, l’arrogance du métal aveugle déchirant des familles ou ce qu’il en restait, la peur éprouvée en croisant le regard d’un forcené guère plus fautif que vous, celui d’un vrai tueur. Ils ne pouvaient plus s’en passer. ”

    “Les femmes savent tout, mais elles veulent des mots. Tant que les phrases n’ont pas franchies nos lèvres, elles n’existent pas.”

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  • Par nanougo44, le 15/11/2011

    Les Noces barbares de Yann Queffélec

    La mémoire à vif, Nicole attendait que se dissipe la vision, que les cris cessent, que la peau déchirée n'ait plus mal, que la honte reflue- mais la honte s'acharnait, la réveillait la nuit telle une conscience ironique, et depuis treize ans ne désarmait que pour mieux la clouer

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  • Par mimipinson, le 10/11/2011

    Les Noces barbares de Yann Queffélec

    « C’est alors qu’on l’avait enfermé là-haut. Pour ne pas ajouter le meurtre au viol. »

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  • Par LiliGalipette, le 02/04/2011

    Les Noces barbares de Yann Queffélec

    "Son obsession favorite : un visage de femme entrevu par les doigts écartés d'une main noire." (p. 116)

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  • Par Miaka, le 07/01/2011

    Mineure de Yann Queffélec

    Que faire ?... J'entrouve la bouche et laisse larmes et salive mêlées couler entre mes dents, je déglutis son chagrin. C'est elle qui m'embrasse, m'enlace, pas moi. C'est elle qui me donne la menue becquée d'un baiser brûlant. Je suis un irréprochable petit mari embrassé malgré lui pendant qu'il dort. À peine si je me repousse insensiblement vers Claire pour inviter Sibylle à venir au lit. Laisser faire ce n'est pas agir, ce n'est pas brusquer, violer, attenter. Laisser un baiser suivre son cours est une bonne action. Imaginez combien de temps peut durer un baiser quand il entre dans votre bouche et se sent chez lui.

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  • Par charlottelit, le 08/01/2012

    Et la force d'aimer de Yann Queffélec

    Il est sous son emprise ; elle le sait, elle le plaint.
    Elle est à lui mais il ne possède rien.
    Il chérit une ombre, une énigme.
    Ils ont beau s'aimer, vivre peau contre peau,
    c'est chacun pour soi,
    chacun replié dans une histoire où l'autre lui fait plus ou moins
    l'effet d'un rôdeur

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  • Par charlottelit, le 08/01/2012

    Et la force d'aimer de Yann Queffélec

    De sa main libre, il la caresse aux jambes, aux fesses, sous la jupe.
    Elle est née dans cette main qui l'écrase de temps en temps, la froisse comme
    une menthe ou la déploie comme une eau vive ;;;; LA suite page 161

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  • Par nanougo44, le 15/11/2011

    Les Noces barbares de Yann Queffélec

    A deux heures du matin, assis dans son lit, il espérait encore qu'elle allait venir, que les carreaux frottés, les habits rangés dans l'armoire et le parquet ciré l'appelaient, comme appelle un convive en retard le couvert dressé pour lui. Il patienta une heure encore, et puis saccagea ses préparatifs, déversa le bac à jouets sur le lit défait, empila son linge en vrac sur le bulgum et, les larmes aux yeux, se coucha de travers au fond de l'armoire à même les souliers.

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  • Par Teasmile, le 13/11/2011

    Mineure de Yann Queffélec

    Plus les yeux sont beaux plus tentante est la chair autour.

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  • Par Teasmile, le 13/11/2011

    Mineure de Yann Queffélec

    Ils brillaient, ses yeux, de gourmandise, et sa main pressait la mienne, et sa bouche attendait un baiser, et si ça continuait elle allait me sauter dessus. Ou ce serait moi.

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  • Par mimipinson, le 10/11/2011

    Les Noces barbares de Yann Queffélec

    « On ne choisit pas toujours dans la vie »

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