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Par Lolokili, le 29/09/2011
Une désolation de
Yasmina Reza
(4ème de couv)
"Tu me bravais avec cette ridicule soif d'absolu qu'ont les gens de cet âge et je me disais, le petit est véhément à souhait, il sortira du lot. Mais tu n'es sorti de rien. Les vapeurs de jeunesse passées, tu as repris ta place dans la moyenne. Plus trace d'insurrection. Plus trace de vengeance. Tu as si vite craint pour ta peau, mon pauvre enfant. Comme la cohorte de tes amis les veules, tu sais que tout geste se paye, aussi as-tu choisi d'emblée de ne plus te signaler. Ecarter la souffrance, tel est votre horizon. Ecarter la souffrance vous tient lieu d'épopée."
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Par Lolokili, le 29/09/2011
Une désolation de
Yasmina Reza
Il n’y a qu’une chose de vraiment triste dans tout ça, c’est que je puisse en parler avec cette indifférence. J’aurais préféré être une inconsolable. Je me fie aux inconsolables, eux seuls me rassurent sur l’éternité.
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Art de
Yasmina Reza
Ne sois pas toujours à essayer d'aplanir les choses. Cesse de vouloir être le grand réconciliateur du genre humain !
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Par kathy, le 17/04/2012
Une désolation de
Yasmina Reza
Si tu ouvres le placard de la salle de bain de Nancy, tu as la plus parfaite vision du pathétique humain.
Nancy feint de vieillir avec courage. Un instant, j'ai même craint que forte de sa nouvelle spiritualité, elle n'accepte rides et moustache et se mette, canne en main, à battre les sentiers. Il n'en est rien. Ouvre son placard. Antre de la guerre secrète que Nancy a déclaré contre le temps. Tu tombes, ma dernière découverte en ce réduit de démence, sur "Exfoliating Force C Radiance". Nouveauté que je n'aurais jamais remarquée, ne fût-ce la taille de la boîte et la violence de son orangé. Tu sais que je n'ai jamais bien manié l'anglais. "Exfoliating !" Pauvre Nancy, me dis-je. Pauvre petite, qui veut plaire une heure ou deux encore avant d'en finir. Pauvre créature qui s'abrase la gueule, ivre d'arracher à la vie son petit reste de piment. "Mais pourquoi Nancy, lui dis-je, pourquoi tellement de produits? En faut-il autant?" Nancy hausse les épaules et met tout de suite la conversation sur le fait que j'ai osé m'aventurer dans sa salle de bain strictement privée, ouvrir son placard strictement privé pour m'intéresser, au mépris du plus élémentaire respect, à des objets strictement privés. Tandis qu'elle énonce pour la quatre cent douzième fois les principes de son intimité, j'observe son visage abreuvé de toutes les conneries du placard interdit, visage gentiment effondré, visage tremblant de bien faire, visage en route calme vers sa fin.
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Par kathy, le 03/02/2012
Le dieu du carnage de
Yasmina Reza
Alain : « Vous êtes de la même espèce que Jane Fonda. Vous faites partie de la même catégorie de femmes, les femmes investies, solutionnantes, ce n’est pas ce qu’on aime chez les femmes, ce qu’on aime chez les femmes c’est la sensualité, la folie, les hormones, les gardiennes du monde nous rebutent, même lui ce pauvre Michel, votre mari, est rebuté…
Michel : « Ne parlez pas en mon nom ! »
Véronique : « On se fout complètement ce de que vous aimez chez les femmes ! D’où sort cette tirade ! Vous êtes un homme dont on se fout royalement de l’avis !
Anne : « Elle hurle. Quartier-maître sur un thonier au dix-neuvième siècle ! »
Véronique : «Et elle, elle ne hurle pas ?! Quand elle dit que son petit connard a bien fait de cogner le nôtre ? »
Annette : « Il a bien fait, oui ! Au moins on n’a pas un petit pédé qui s’écrase ! »
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Dans la luge d'Arthur Schopenhauer de
Yasmina Reza
Pourquoi te présenter dans cette robe de chambre? Tu te présentes dans cette robe de chambre, qui n'est pas n'importe quelle robe de chambre, et que tu n'as pas choisie par hasard, tu te présentes dans ce vêtement sinistre et relâché par coquetterie inversée. Tu veux paraître laid et calamiteux. Lors de ma première visite, j'ai pensé immédiatement il veut paraître laid et calamiteux. Et j'ai même eu envie de rire. Seulement maintenant j'ai l'impression que tu t'es consolidé dans cette tenue, comme si ton être se réduisait à cet aspect gélatineux, sans la moindre trace de virilité ou d'érotisme, cette robe de chambre, l'amitié exige de le dire, t'abrutit. Et te tire vers le néant.
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Par Chrisdu26, le 19/04/2012
Art de
Yasmina Reza
Mon ami Serge a acheté un tableau. C'est une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt, peinte en blanc. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux.
Tu as acheté cette merde deux cent mille francs ?
Cette merde par rapport à quoi ? Quand on dit telle chose est une merde, c'est qu'on a un critère de valeur pour estimer cette chose. On peut dire, je ne vois pas, je ne saisis pas, on ne peut pas dire c'est une merde.
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Le dieu du carnage de
Yasmina Reza
"je crois au dieu du carnage. C'est le seul qui gouverne, sans partage, depuis la nuit des temps"
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Par kathy, le 15/04/2012
Une désolation de
Yasmina Reza
Nancy est toujours de bonne humeur le matin. Elle sourit en te versant du thé. En croquant son petit toast de miel et de beurre ses yeux déclinent l'horizon secret de sa journée.
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Par kathy, le 17/04/2012
Une désolation de
Yasmina Reza
Il n'y a de satisfaction que dans l'espoir. Et voilà que ma géniture se destine à une prospérité étale à base de non-ambition et d'émerveillements tous azimuts.