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Par brigetoun, le 25/04/2010
Géographiques de
bertrand redonnet
Les rus et les rivières, les étangs, les mares et les petits lacs partout disséminés sur les champs, hibernent dès lors dans l'immobilité. Les pêcheurs trouent la glace, comme Maître Renard le fit faire à Ysengrin et, de ce puis glacé où s'engouffre l'oxygène, ils sortent des silures ventrus au bout de leurs hameçons...
Parfois le ciel est anxieux, lourd et noir comme à l'orage, et, entre deux nébulosités accroupies sur la lige d'horizon ouest, le soleil baigne dans cette platitude blafarde d'un sang jaune et rouge. Beauté chagrine de ces fins de journée où le mercure n'a pas réussi à remonter plus haut que les moins dix degrés et où la lumière, congédiée en plein après-midi, en pleine adolescence, répand son agonie menstruelle sur des champs immaculés.
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Par brigetoun, le 19/11/2009
Polska B dzisiaj de
bertrand redonnet
L’automne flamboie. Le jaune des bouleaux, le vert des pins et le rouge des chênes se disputent la vedette. Une huile au couteau. Une palette épaisse et si rude qu’il faut prendre du recul, sortir un peu de soi pour en goûter tout le langage. Pas comme cette aquarelle subtile de nos rivages où les vapeurs océanes diluent les couleurs et liquéfient la lumière qui ruisselle dans l’espace vide d’entre les choses, mais aussi sur ces choses elles-mêmes et sur nous-mêmes. Les paysages des bords de mer fusionnent le spectateur et le spectacle dans un même flux réfléchissant le monde.
Les paysages continentaux, eux, sont plus extérieurs, modelés par la terre et par une intelligence rustique entre les arbres
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Par brigetoun, le 20/11/2009
Chez Bonclou de
bertrand redonnet
Cet accent sur le n fait notre « gn.». La bourgade et sa basiliquee eussent-elles vécu sous nos climats que Kode se serait sans doute fait appeler Kodègne et que nous aurions eu bien du mal à vouloir pénétrer ses secrets patronymiques.
Mais nous sommes dans une lecture slave et To de en lituanien, signifie « Il fait jour.» Il faut dire que par l’union de Lublin, scellée en mille cinq cent quarante neuf, la Pologne et la Lituanie constituaient un seul royaume
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Par brigetoun, le 19/11/2009
Polska B dzisiaj de
bertrand redonnet
J’imagine l’humiliation transmise de générations en générations, nous qui n’avons pas tout pardonné des guerres de cent ans aux Anglais ! En plus, les Polonais ne sont pas comme ça. Ils sont ailleurs. Il me semble que les exigences du monde moderne ne pèsent pas lourd sur leurs épaules. Ça les rend inciviques, tricheurs impénitents, la désobéissance érigée quasiment en devoir moral. Car elle fut longtemps liée à la survie, la désobéissance
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Par brigetoun, le 25/04/2010
Géographiques de
bertrand redonnet
Des "ah" et des "oh" d'une vive réprobation fusent autour de la petite table? Sans doute craint-on que le monsieur mafflu, timidement couperosé, le cheveu blanc coupé ras, visage débonnaire du bon vivant, m'ai heurté par sa franche répartie. Alors on lui dit que l'heure n'est pas franche répartie. Alors on lui dit que l'heure n'est pas aux mauvais augures de laboratoire, qu'il tombe un peu l'uniforme, bon sang d'bon sang, qu'il reprenne un peu de vin.
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Par brigetoun, le 25/04/2010
Géographiques de
bertrand redonnet
Ainsi là-bas, à l'embouchure de la Sèvre Nortaise où se prélasse Charron. Le soleil est encore haut suspendu au-dessus de l'horizon brumeux à l'heure où, ici, au seuil de la nuit, nous entrechoquons nos verres. Tout est imprégné par des embruns salés, la plaine est grisâtre et son herbe échevelée se couche à toute vitesse en tournant le dos à la mer, comme si elle tentait éperdument de la suivre. C'est une plaine aplatie sous le vent, qui déroule sa mélancolie sans une saut d'humeur et qui vient se noyer ainsi jusque dans les gouffres de l'océan. Sans transition. On passe de l'herbe où paissent les bovins du producteur de viande à l'eau saumâtre du mytiliculteur. Puis, sans transition encore, on passe au large où croisent des navires en partance pour les antipodes, puis enfin, toujours sans transition, au ciel où tournoient inlassablement des cormorans inquiets.
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Par brigetoun, le 15/11/2009
Chez Bonclou de
bertrand redonnet
un monstre, des légions défaites acculées à l’épouvante, des bagnards et des damnations. D’autres peut-être en prendraient ombrage et liraient là-haut, sur le coton instable des nuages comme de mauvais augures.
Mais la couleur de la vie ici est une aquarelle en vert et bleu humides. Elle a gardé des bords extrêmes de l’océan cette réflexion mystérieuse de la lumière qui tremble sur l’eau et cette nonchalance des paysages secrets façonnés par le lent recul des eaux…
...
la magie des mots passe le flambeau, toujours intact, loin par delà les hommes …
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Par brigetoun, le 19/11/2009
Polska B dzisiaj de
bertrand redonnet
J’étais sûr que oui, ça me plaisait d’en être sûr et je le regardais décliner ses phrases et ses mots nostalgiques et je me disais que l’histoire, les luttes, les trahisons, les échecs, les vérités, les morts, les prisonniers, les réussites, les idéaux, les tactiques, les alliances, les buts, les systèmes, tout ça, c’était les hasards du réel, les leurres d’un prisme déformant et que les hommes n’entendaient rien, absolument rien à la mise en scène de leur propre destin. Ils étaient des ombres. Des balbutiements
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Par brigetoun, le 15/11/2009
Chez Bonclou de
bertrand redonnet
Mon imagination de lecteur de villages court où ont couru mes pas. Des bords de l’océan à l’autre bout du continent, d’Ouest en Est. J’ai parcouru des yeux ces villages et ces lieux-dits comme un livre écrit par des toits, des chemins, des nuages et des arbres. Tant et si bien que la lecture dépend pour beaucoup de la position du soleil dans le ciel, quotidienne ou annuelle, de la direction d’où nous venons, de ce qui nous a conduits là et du sens que nous donnons à notre voyage
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Par brigetoun, le 07/11/2010
Zozo, chômeur éperdu de
bertrand redonnet
Il tirait des oiseaux ! Autant qu'il en voyait et il en voyait beaucoup ! Poussées par un petit vent frisquet de l'est, les grives étaient de passage, les merles fourrageaient sous les pommiers ou dans les arbustes à baies, des bandes erratiques de gros bruants jaunes s'abattaient sur les jeunes labours et des passereaux de toutes sortes butinaient par petits vols saccadés les dernières miettes éparpillées sur les champs dénudés de l'automne.
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