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Par brigetoun, le 11/02/2011
Fichaises de
christine jeanney
C’était une ombre qui filait, qui lui passait au coin de l’œil, une forme vague, comme une silhouette de chat en embuscade.
Mais n’en était pas une, pas de queue, pas de pattes, seulement un peu de gris, l’estompe, un mouvement leste vite perdu. Et s’il tournait la tête pour mieux la voir, il n’y avait rien.
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Par brigetoun, le 11/02/2011
Fichaises de
christine jeanney
Elle se fout des saint valentin potins cheveux brillants tac-o-tac bons plans des promotions divertissements parfum hits révélations vogue séparation stars au bout du rouleau yaourtières.
Elle se fout de ces minuscules choses, elle aime les très grandes, celles contenues dans le bac transparent de son aspirateur : brindilles de sapin, sables du sahara, particules d’astéroïdes qui croisèrent forcément des comètes, un jour
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Une Heure Dans un Supermarche de
christine jeanney
Lundi matin, neuf heures trente.
Je traverse le quadrillage blanc du parking jusqu’aux sigles bleus des places pour handicapés. Je passe entre deux poubelles remplies de sable. Le sports vitrées coulissent sur de l’air chaud et de la musique. Passé le tourniquet, on peut tourner à gauche vers les produits d’entretien, ou à droite et ainsi longer les caisses, ou encore continuer en face vers les promotions du jour.
Mais je n’achèterai rien. Aujourd’hui, je regarde.
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Par brigetoun, le 11/02/2011
Fichaises de
christine jeanney
Il avance dans un couloir au milieu d’autres. Se courbe, trois pas glissés, seconde figé, cambre, mains collées aux cuisses puis tendues vers l’avant, cherche à saisir le vide, tourne, s’écroule, genoux au ventre, relevé, pointe du pied, frappé, pas de côté, hanches inclinées et recommence.
On le croise sans le remarquer (il marche) sauf ceux qui le connaissent et savent la danse de l’homme qui danse dans sa tête
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Fichaises de
christine jeanney
La fichaise 11/71 :
Plus tard, il achèterait quelques lopins de terre, plusieurs, un peu partout éparpillés, une parcelle à Bangkok, une autre à Rio Gallegos, et puis Manchester, Yaoundé, Anchorage.
Il porterait un tablier de toile avec une poche cousue sur le ventre où il rangerait ses gants lorsqu’il prendrait l’avion (et sa brouette dans la soute à bagages, avec une fourche, un semoir, une grelinette, et d’autres outils encore). Il s’en irait biner et sarcler à Brisbane, Cincinnati, Atulco, Novosibirsk.
Il serait jardinier ambulant, passerait d’un jardin au suivant, l’enchainement des saisons aplati, démonté, rien qu’en volant. Et pourquoi pas régler son pas sur le printemps, coller
aux basques de ce grand bonhomme chevelu
qui danse en toussant des narcisses.
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Par brigetoun, le 11/02/2011
Fichaises de
christine jeanney
Lui suffisait de se pencher pour prendre, de parler avec ses bonshommes, statuettes installées au hasard maîtrisé puis perdu - c’était mieux de le perdre - prenait reflets dans les vitrines, suivait du doigt les troncs les branches...
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Par brigetoun, le 13/06/2011
Cartons de
christine jeanney
ses petites voitures pendant qu’il n’est pas là, placées sur ses cours, ses dossiers, ses pochettes, un presse-agrumes, tout y est, lui petit, lui grand, lui autonome, je récupère dans ses cartons la traine du bateau, ce qu’il jette par-dessus bord finalement, c’est un mille-feuilles, ou une carotte glaciaire, les étapes étagées, additionnées, à ranger dans sa prochaine la chambre, la sienne, c’est comme ça qu’on l’appelle, même s’il n’y dort pas .
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Par brigetoun, le 01/02/2012
Les sirènes on ne les voit pas un couvercle est posé dessus de
christine jeanney
– accident de pollen, oh ma sœur
– le hasard hasardeux qui fait vivre ou décide que non, ou qu’un peu, ou grandement, que lui seul aux termes du contrat gardera l’aléa en seule obligation (cliquez pour accepter / ne cliquez pas, c’est la même chose)
– fleur de raiponce qui soigne, princesse dans le désert, elle erre, elle pleure en s’accrochant au cou du prince aveugle, il retrouve la vue, c’est bien qui finit bien et la sorcière ? on l’exécute à grands coups de pollen sur la tête, au hasard (tout s’organise fort à propos commentent les frères Grimm qui connaissent la musique, et celle de Brême aussi)
– oh ma sœur, l’œil a-t-il disparu ? dit en tremblant Tsilla (la graine ne répond pas, trop occupée à poindre, cette conscience qu’elle a du refus de flétrir s’insinue, se déploie, résiste, insiste, rebelle, frondeuse, elle survivra, au moins le temps d’une feuille)
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Par brigetoun, le 30/08/2010
Signes cliniques de
christine jeanney
Dire l’instabilité pourrait lui donner corps. Elle s’installerait, calmement instable, immuablement instable et, au bout du filin dont je suppose l’existence, il n’y aurait pas de support plat où me poser. En tout cas pas dans cette chambre, la chambre où je demeure. Deux meurt. Le deux, justement..
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Par brigetoun, le 01/02/2012
Les sirènes on ne les voit pas un couvercle est posé dessus de
christine jeanney
– penser le soir, penser le matin, penser la durée
– penser un visage autre qui percerait le voile immatériel, pays étrange
– penser l’effet miroir et qu’est-ce que tu donnerais pour vivre cette jonction entre toi et toi, et qu’y a-t-il derrière la butte, toutes ces questions en grappes qui attendent et pas assez de bras et de jambes pour les ceinturer toutes, ces mots agrippés et mécaniques complexes, humaines ou métalliques, se repérer aux éléments
– rebrousser chemin et rentrer (ou le faire croire, car bien sûr qu’on resterait là, assis, jusqu’à la nuit, certain d’y être)
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