Donna Leon est née en 1942 dans le New Jersey et vit à Venise depuis quinze ans.
Elle enseigne la littérature dans une base de l’armée américaine située près de la Cité des Doges.
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Son premier roman, Mort à la Fenice, a été couronné par le prestigieux prix japonais Suntory, qui récompense les meilleurs suspenses.
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La parution de ce poche coïncide avec celle, chez Calmann-Lévy, du nouveau roman de Donna Leon en traduction française. Donna Leon est un des meilleurs auteurs de Points Policiers. Nous la vendrons de mieux en mieux.
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Donna Leon : auteur de romans policiers... sulfureux !
Pour l'apprécier à sa juste valeur, lisez plusieurs Donna Léone. Car si vous êtes amateur de roman policier, vous serez peut-être déçu; par le style, classique comme l'énigme...
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Fondamentalement, ce n'est pas vraiment l'énigme qui préoccupe Dona Léone...
Bien sûr, il y a des meurtres inexpliqués et des enquêtes que mènent avec brio mais plus qu'un talent du polar, Donna léon sait, comme Simenon, construire un personnage, Brunnetti, vénitien, bon mari, père très aimant et qui par les enquêtes qu'il mène montre une Italie guère reluisante; le commissaire Brunetti Une Italie gangrenée par la corruption; la drogue, le proxénétisme;
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Au fond, il n'y pas plus sulfureux que les polars de cette universitaire américaine installée depuis douze ans à Venise; l'environnement politique et social de ses romans est si fort qu'on devine qu'elle fait de ce genre littéraire populaire, le polar, une arme; une charge hyper violente contre la société italienne; "Mort à la Fenice", son premier roman; 1991.
Le plus policier de tous ses romans; un chef d'orchestre est assassiné lors d'un entracte à l'opéra, la fenice; il y a un suspens traditionnel et tout de suite, l'accent est mis sur un problème social; l'intrigue débouche sur un réseau de pédophilie;
"Le prix de la chair", autre roman; Toujours une enquête menée rondement par l'un des seuls Italiens qu'elle juge vertueux et intègre, le commaissaire Brunetti et qui débouche sur un réseau de prostitution des jeunes femmes venues de l'Est en Vénétie, à Mestre et aux abords de Venise.
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"L'affaire Paola" commence par une scène extraordinaire. C'est le petit matin à Venise, une femme très digne se promène place St Marc, sort une pierre de son sac et la jette sur la vitrine d'une agence de voyage, c'est l'épouse du commissaire brunetti qui par son geste entend dénoncer le fait que cette agence propose du tourisme sexuel en Thaïlande.
Imaginez la tête du commissaire quand il apprend que sa femme l'attend au poste...
toujours est-il que cet événement va l'amener à découvrir un trafic odieux : une entreprise italienne vend de faux médicaments au tiers monde et s'enrichit d'une manière éhontée;
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Encore une fois, Donna Léon n'y va pas avec le dos de la cuillère avec les pratiques de son pays d'adoption; c'est sans doute pour cette raison qu'elle refuse d'être traduite en italien, on ne trouve pas ses romans à Venise dans la langue du pays pas plus qu'on ne les trouve en Amérique, tant son pays aussi est fustigé;
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Bref, derrière le roman distrayant se cache une critique tellement acerbe et dérangeante que la romancière best seller en Europe, préfère suivre l'exemple de son héros, Brunetti : la discrétion, et la prudence.(France-inter)
Nom du héros Guido Brunetti
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Signes particuliers Marié à Paola, qui nourrit de solides idées de gauche, «parfois incohérentes» - une femme à qui il arrive de parler toute seule, qui apprécie le cachemire et préfère l'eau en bouteille de verre.
Père de deux enfants, Chiara et Raffi.
Peut compter sur le soutien de la pulpeuse signorina Elettra Zorzi, sa secrétaire, fidèle pilier de la questure.
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Qualités Gourmand.
Fait preuve d'humour.
S'intéresse à l'Histoire.
Se fait un devoir de protéger Venise, «cette vieille catin de ville».
Lucide. Consciencieux. Pragmatique et sceptique.
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Défauts Déteste les avocats.
Se laisse parfois entraîner dans des rêveries moroses.
S'affranchit trop souvent de la hiérarchie.
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Vision du monde Le commissaire connaît surtout son pays, une République où l'on promulgue bien souvent des lois un jour pour les rendre caduques le lendemain.
Selon lui, tout a été mis à bas, par le gouvernement, l'Eglise, les partis politiques, l'industrie et l'économie, les militaires.
Meilleure enquête Un Vénitien anonyme (Points/ Seuil).
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Actualité Plus le temps passe et plus le commissaire Brunetti semble avoir du mal à faire condamner les différents coupables jetés sur sa route.
Ses enquêtes récentes ont eu la fâcheuse tendance à tourner en eau de boudin.
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Le meilleur de nos fils ne change pas la donne. Un jeune garçon, Ernesto Moro, dix-sept ans, est retrouvé mort par pendaison à l'Académie militaire San Martino, institution privée et prisée. Brunetti, qui a un fils du même âge que le défunt, découvre une étrange conspiration du silence. Le cadet Moro se trouve être le fils d'un fameux Dottore, médecin puis député. Moro père avait pointé du doigt le financement douteux des hôpitaux publics italiens. Son rapport avait alors fait scandale, avant que son auteur ne mette un terme à sa carrière politique du jour au lendemain...
Plongeant toujours plus profond dans les eaux fangeuses italiennes, Donna Leon signe l'un des épisodes les plus réussis de sa série.
Si le commissaire Brunetti ne sait pas encore marcher sur l'eau, il sait en revanche marcher sur des œufs avec une feinte désinvolture et un calme impressionnant.
Car enquêter dans le monde de l'art demande une dextérité d'orfèvre.
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Il y eut tout d'abord l'agression de la très réputée archéologue et spécialiste de l'art chinois, Melle Brett Lynch, puis le meurtre du conservateur Semenzato.
Quelques années auparavant, ils avaient travaillé ensemble sur une exposition itinérante présentant des pièces inestimables de céramique chinoise. A leur retour en terre natale, au moins quatre de ces pièces avaient été subtilisées et remplacées par des faux.
Pour cette cinquième enquête du commissaire Guido Brunetti, Venise, ville d'art et des fantasmes romantiques, abandonne son auréole de grâce.
L'acqua alta, la montée des eaux, rend les rives impraticables.
Coincé dans le petit monde de l'art, Brunetti doit aussi jouer avec la ville hostile.
"Le commissaire fit demi-tour et prit la direction de l'escalier extérieur, lentement, faisant un effort à chaque pas pour vaincre la résistance de l'eau. Ce ne fut qu'à partir de la deuxième marche qu'il retrouva un sol sinon sec, du moins libre, et n'éprouva plus cet effet permanent de succion. Il se sentit du coup curieusement léger, comme s'il avait pu flotter sans effort jusqu'en haut des marches".
La ville devient un personnage à part entière du roman, tour à tour vulnérable, noyée par le déluge.
Colérique et rebelle aussi, habitée par l'esprit du sud, la mafia comme il la nomme du bout des lèvres, qui menace de s'y implanter.
Elle est enfin capricieuse et sensible aux saisons, avec ses montées d'eau sporadiques. Contre ces fatalités, les vénitiens s'arment...avec une paire de bottes ! Piètres défenses ! Cette acqua alta est, certes, symbolique, mais elle révèle le caractère mystérieux de cette ville indéchiffrable. "Est-ce que par hasard que certains de ses concitoyens, prisonniers comme lui des eaux, rêvaient de voitures comme les taulards rêvent de femmes ?" s'interroge Brunetti observant un vénitien plongé dans la lecture d'un journal automobile. A n'en pas douter...
Le décor : Venise, l'hiver, l'acqua alta, les palazzi, les ponts... Tout ce qu'il faut pour nous dépayser et nous promener dans une Venise sans touristes, une Venise vénitienne, une Venise que l'on devine vibrante dans ses habitudes quotidiennes que nous ignorons parce que nous la rêvons trop.
Des personnages : le commissaire Brunetti, intègre et sans illusions sur ses pairs, l'archéologue et son amie la cantatrice soumise à l'opprobe de "bien-pensants", chacune typée dans son rôle respectif, le directeur du musée véreux, le mafieux corrompu jusqu'à la moëlle... Tout ce qu'il faut pour nous entraîner dans un monde parallèle où le soi-disant amour du beau recouvre un ego sur-dimensionné où la morale et le respect de la vie humaine n'est plus de mise.
Une situation : le monde de l'art. Tout ce qu'il faut pour en deviner les faces cachées.
Une lecture, la mienne : enthousiaste au début, ralentie souvent par certaines longueurs qui ne m'intéressaient pas, rapide à la fin grâce à l'action. Tout ce qu'il faut pour que l'intérêt porté à ce roman soit en dents de scie.
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