Grâce et dénuementGrâce et dénuement

Nombre de critiques: 3


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Ajoutée le : 2008-05-10 18:50:48 par : sylvie
  • Livres 4.00/5

Ce roman est l'histoire d'une rencontre.
Celle d'une bibliothécaire et d'une famille gitane installée sur un terrain de la commune.
J'ai lu ce livre parce que Magda et Amanda en ont parlé sur leur blog et m'en ont donné très envie.
C'est un magnifique sujet que celui d'une bibliothécaire qui va porter des livres là où il n'y en a pas, mue par un désir un peu mystérieux qui la fait entrer dans une communauté rétive et fermée sur elle même.
Par le biais des enfants, et des histoires qu'elle leur raconte, elle se fait accepter petit à petit et apprends à connaitre les hommes et les femmes qui vivent là, dans le dénuement, sans papiers, sans travail, sans argent, seulement avec l'espoir, l'amour, et les enfants.
Il n'y a pas de mièvrerie, ni de doux angélisme dans le quotidien rude et violent qui nous est raconté. Il y a le froid, la faim, la saleté, le désœuvrement, l'alcool et la violence, la pauvreté et l'analphabétisme. Il y a le rejet, l'exclusion, l'impossibilité de mettre les enfants à l'école, l'expulsion qui viendra, inexorablement, comme toujours, comme une condition, une fatalité.
Il y a aussi ce paradoxe brûlant de vies libres de toutes les chaînes et qui s'avèrent pourtant être des prisons claniques dont jamais personne semble ne pouvoir sortir.
Mais la rencontre fait son œuvre tout doucement...
Pas de miracle, pas de magie, juste un début de changement qui ouvre quelques brèches dans les têtes et les cœurs et permet l'espoir d'un mieux...
On est touchés par la fierté de parents qui auront un enfant qui saura lire et nager, même si c'est au prix de grandes souffrances à traverser. On admire le courage et la détermination d'un mère qui quitte son mari violent pour vivre ailleurs avec ses filles, loin du joug de la belle mère. On tente de cerner la mystérieuse figure centrale du groupe : cette \"matriarche\" qui tente coûte que coûte de sauver son monde voué à disparaître.
Il y a quelques beaux passages sur ce qu'il y a d'essentiel dans une vie, sur la liberté, la pauvreté, la fierté et ce qui nous fait homme.
Cette lecture ne laisse pas indifférent, on y entrevoit ce que peut être le dénuement et la grâce qu'il fait jaillir dans les moments d'émotions intenses qui remplissent une vie. On égrène avec plaisir autour du feu les seules richesses inaliénables qui peuvent nous être données au cours d'une existence.
Les moments de lecture collective sont des temps hors du temps, gobés par les enfants avec une avidité et un bonheur rare et captés avec finesse et sensibilité par l'écriture d'Alice Ferney.
Cette histoire raconte sans doute un peu de toutes les expériences \"hors les murs\" menées en France par des associations et des bibliothèques. Sans être un témoignage, ni un documentaire, c'est peut-être tout simplement un bel hommage rendu à ce travail souterrain qu'on ne voit pas mais qui fait beaucoup.
http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/05/grce-et-dnuement-alice-ferney.html

Ajoutée le : 2008-04-05 14:36:58 par : Pauline
  • Livres 3.00/5

J'ai trouvé ce roman un peu pesant et "irritant" , on y trouve deux mondes que tout oppose, celui d'Esther et celui des gens du voyage. Ce qui me dérange c'est cette résignation et ce mutisme des Gitans. Je suis mal à l'aise pour Esther qui donne beaucoup et qui finalement n'entrera jamais dans leur monde, elle gagnera à peine leur respect ("Gadjé"). Je me perds un peu aussi face à tous ces personnages mais Angéline est celle qui me marque le plus. L'idée générale du roman est pourtant bonne idée, d'ailleurs Alice Ferney à reçu avec ce livre le prix "Culture et bibliothèque pour tous" mais toutes ces descriptions de misère me paraissent un peu trop "cliché".

http://paulinesque.blogspot.com/2008/02/grce-et-denuement-de-alice-ferney_09.html

Ajoutée le : 2008-04-01 16:38:17 par : VanessaV
  • Livres 0.00/5

Esther, bibliothécaire, va venir chaque mercredi faire la lecture aux enfants des gitans. D’abord très en retrait, elle sera au fur et à mesure des mercredis et des saisons acceptée, tout en restant une « gadjé », non gitane. Tout se passe dans cet espace réduit, miséreux, entre une voiture, des caravanes et le plus souvent autour du feu de déchets tenu par la doyenne, Angeline. Au fur et à mesure, la vie de ces abandonnés se dévoilent. La condition des gitans, la misère, la dynamique des jours et des nuits, faits de tous petits riens, les rythmes de vie : naissance des fils, arrivée des belles-filles, naissances des petits enfants, expulsions, morts des uns et des autres. Il est aussi question des différences entre les hommes et les femmes et des liens importants qu’ils doivent garder pour tenir. Nous sommes loin de l’idée romantique des gitans et de leurs guitares et musiques au coin du feu.
(...)
Ce principe d’une ouverture des mondes par les livres n’était pas pour me déplaire. Bien sûr que cela ne pouvait que me toucher. Ce rapport aux lectures et aux livres, comme objet, est effectivement très bien retranscrit. (...) Là où mon agacement a pris sa source fut dans la démarche pédagogique. Esther cherche à faire rentrer les enfants gitans à l’école avec bienveillance et humanité mais ce n’est qu’une démarche romantique et non fondatrice de changements.

pour plus de détails sur les nuances c'est ici http://iam-like-iam.blogspot.com/2008/04/le-livre-comme-pont-virtuel-entre-deux.html


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