Bel-AmiBel-Ami

Nombre de critiques: 3


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Ajoutée le : 2008-01-02 15:50:09 par : MarcF
  • Livres 4.00/5

Le portrait d'un séducteur parisien.

Un grand classique avec une écriture magistrale de Maupassant.

Ajoutée le : 2007-12-14 13:18:11 par : dede
  • Livres 5.00/5

Bel-Ami marque l'apogée de la carrière littéraire de Maupassant. Le roman, écrit en quelques mois, suscita des réactions forts diverses mais cependant très favorables dans l'ensemble.

* Revue des deux mondes, 1 juillet 1885 (Ferdinand Brunetier).
"Bel-Ami...est...ce que M. de Maupassant, pour parler le language du jour, a écrit de plus fort et je ne craindrai pas d'ajouter: ce que le roman naturaliste, le roman strictement et vraiment naturaliste a produit de plus remarquable... J'entends par là que rarement on a de plus près imité le réel, et rarement la main d'un artiste a moins déformé ce que percevait son oeil. Tout est ici, d'une fidelité, d'une clarté, d'une netteté d'exécution singulière..."

* Guy de Maupassant. Son oeuvre, 1926 (Henry de Lacaze-Duthiers).
"Bel-Ami est une création qui vivra, c'est un être en chair et en os, aussi réel, plus réel même que le personnage qu'il incarne. Bel-Ami ne laisse dans la vie qu'une trace quelconque. Il demeure dans l'art. Telles personnalités de l'art sont plus vivantes que telles personnalités qui peuplent la société. Tartuffe, Turcaret, le Père Grandet, Madame Bovary, Bel-Ami... Ce sont là des " types " auxquels le génie communique la durée. Ils survivent à leurs auteurs..."


Mais cependant les journalistes n'aiment pas le portrait qu'on a fait d'eux. Maupassant estime donc opportun de préciser ses intentions dans un article désormais célèbre:


Mon cher rédacteur en chef,

Au retour d'une très longue excursion qui m'a mis fort en retard avec le Gil Blas, Je trouve à Rome une quantité de journaux dont les appréciations sur mon roman Bel-Ami me surprennent autant qu'elles m'affligent (...).

Donc, les journalistes, dont on peut dire comme on disait jadis des poètes: Irritabile genus, supposent que j'ai voulu peindre la Presse contemporaine tout entière, et généraliser de telle sorte que tous les journaux fussent fondus dans La vie française, et tous leurs rédacteurs dans les trois ou quatre personnages que j'ai mis en mouvement. Il me semble pourtant qu'il n'y avait pas moyen de se méprendre, en réfléchissant un peu. J'ai voulu simplement raconter la vie d'un aventurier pareil à tous ceux que nous coudoyons chaque jour dans Paris, et qu'on rencontre dans toutes les professions existantes.

Est-il, en réalité, journaliste? Non. Je le prends au moment où il va se faire écuyer dans un manège. Ce n'est donc pas la vocation qui l'a poussé. J'ai soin de dire qu'il ne sait rien, qu'il est simplement affamé d'argent et privé de conscience. Je montre dès les premières lignes qu'on a devant soi une graine de gredin, qui va pousser dans le terrain où elle tombera. Ce terrain est un journal. Pourquoi ce choix, dira-t-on?

Pourquoi? Parce que ce milieu m'était plus favorable que tout autre pour montrer nettement les étapes de mon personnage; et aussi parce que le journal mène à tout comme on l'a souvent répété. Mais j'arrive à un autre reproche. On semble croire que j'ai voulu dans le journal que j'ai inventé, La vie française, faire la critique ou plutôt le procès de toute la presse parisienne.

Si j'avais choisi pour cadre un grand journal, un vrai journal, ceux qui se fachent auraient absolument raison contre moi; mais j'ai eu soin, au contraire, de prendre une de ces feuilles interlopes, sorte d'agence d'une bande de tripoteurs politiques et d'écumeurs de bourses, comme il en existe quelques-unes, malheureusement. J'ai eu soin de la qualifier à tout moment, de n'y placer en réalité que deux journalistes, Norbert de Varenne et Jacques Rival, qui apportent simplement leur copie, et demeurent en dehors de toutes les spéculations de la maison.

Voulant analyser une crapule, je l'ai développée dans un milieu digne d'elle, afin de donner plus de relief à ce personnage. J'avais ce droit absolu comme j'aurais eu celui de prendre le plus honorable des journaux pour y montrer la vie laborieuse et calme d'un brave homme (...)


(Article paru au Gil Blas du 7 juillet 1885 ).




Finalement, le romancier avait bien tort de s'inquiéter: les comptes rendus continuèrent d'être bons. Les grands critiques insistent sur le mérite d'un ouvrage qui connaîtra plus de quatre-vingts éditions. Après une éclipse à la disparition du romancier, le roman est même revenu à la mode dans la première partie du XX° siècle.
...
Et,ne l'est-il pas encore ?

Ajoutée le : 2007-12-02 17:57:33 par : Emphiris
  • Livres 5.00/5

Un cynisme à toute épreuve, une écriture fluide et acerbe tellement agréable...Maupassant au sommet de son art dans un livre encore très actuel et qui se laisse dévorer sans fin.


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