Quel beau livre qui rend meilleur quand on en sort. Meilleur parce que si nous sommes parfois atteints de misanthropie, il nous donne une image d'espoir de ce que l'homme peut être pour l'homme. Le principal acteur de ce roman prend en charge sa destinée dont on devine les blessures plus qu'elles ne sont clairement dites et dans la foulée, sans bla-bla inutile, il entraîne des êtres en perdition dans la lumière qu'il diffuse. Il y a surtout Muriel, la tétraplégique, souffrance continue que l'amour transcendera. Il y a aussi l'arabe dont on se demande s'il est encore un homme tant les autres ne le voient plus, un jeune en perdition et un chien, bâtard malmené, ignoré, métaphore de tout être humain rejeté... Tout ce microcosme va, tel le phénix, renaître de ses cendres et exister! Exister parce que chacun y a droit, chacun a une place dans l'immense solitude de la vie. A titre personnel, les chapitres sur la boxe m'ont été un peu pénibles. Ne goûtant absolument pas ce milieu, mais passant outre ma répulsion, j'ai pénétré un monde qui m'est étranger et ai essayé de comprendre le cheminement de chaque personnage. La richesse de leur démarche m'est apparue et mon respect s'en est accru. Je n'ai pu m'empêcher de revoir des images du film de Clint Eastwood "One million dollars baby" qui, sauf une immense humanité, n'a rien de commun avec ce livre. Et c'est cette immense humanité qui le rend si beau!
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