Daniel Keyes est un écrivain américain né le 9 août 1927 à Brooklyn (New York).
Chercheur universitaire en psychologie et auteur de Des fleurs pour Algernon et de Les mille et une vies de Billy Milligan.
Daniel Keyes s’est engagé dans la marine marchande à l’âge de 17 ans avant de reprendre ses études, jusqu’à l’obtention d’un diplôme en psychologie.
Après une première expérience dans l’édition (chez Marvel Stories), c’est finalement vers l’enseignement qu’il s’oriente, puisqu’il devient professeur d’anglais, de littérature américaine et d’écriture à l’Université de l’Ohio.
En parallèle, Keyes s’essaie à l’écriture, en publiant en 1966 Des fleurs pour Algernon, dont le succès ne se démentira jamais : considéré comme un classique, ce livre a été traduit à ce jour dans près de trente pays, vendu à 5 millions d’exemplaires et adapté pour le grand écran, ce qui vaudra à son auteur une réputation internationale.
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Autre titre : Les Mille et Une Vies de Billy Milligan
Quand la police de l'Ohio arrête l'auteur présumé de trois, voire quatre viols de jeunes femmes, elle croit tenir un cas facile : les victimes reconnaissent formellement le coupable, et celui-ci possède chez lui la totalité de ce qui leur a été volé.
Pourtant, ce dernier nie farouchement. Ou bien il reconnaît les vols, mais pas les viols.
Son étrange comportement amène ses avocats commis d'office à demander une expertise psychiatrique.
Et c'est ainsi que tout commence...On découvre que William Stanley Milligan possède ce que l'on appelle une personnalité multiple, une affection psychologique très rare qui fait de lui un être littéralement "éclaté" en plusieurs personnes différentes qui tour à tour habitent son corps.
Il y a là Arthur, un Londonien raffiné, cultivé, plutôt méprisant,
et puis Ragen, un Yougoslave brutal d'une force prodigieuse, expert en armes à feu.
Et bien d'autres.
En tout, vingt-quatre personnalités d'âge, de caractère, et même de sexe différents.
L'affaire Billy Milligan a fait la une des journaux américains, fascinés par ce cas et par la lutte qu'ont menée les psychiatres et Billy lui-même pour essayer de "fusionner" en un seul individu ses vingt-quatre personnalités.
Quant au livre, construit comme un véritable drame shakespearien, il est le résultat de mois et de mois de rencontres et d'entretiens entre Daniel Keyes et... Ragen, Arthur, Allen et les autres. Une lecture absolument fascinante, bientôt adaptée au cinéma par Joel Schumacher (Chute libre, Phone Game).
Très bon souvenir de lecture.
Il me semble avoir lu également un bouquin de Lentéric sur le même sujet...
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Algernon est une souris de laboratoire, Charlie Gordon un simplet employé aux médiocres besognes.
Tous deux vont emprunter, grâce à une découverte du docteur Strauss et du professeur Nemur, le chemin vers l'intelligence.
Suivi par la psychologue Alice Kinnian dont il tombe rapidement amoureux, Charlie va faire de grands progrès sur le plan intellectuel. Ainsi, au terme du troisième mois de traitement, il consigne dans son journal, originellement intitulé COMPTE RENDU :
J'ai téléphoné à Landsdoff au New Institute for Advanced Study, au sujet de l'utilisation des paires d'ions produites par effet photo-nucléaire, pour des recherches exploratoires en biophysique. La progression est fulgurante.
Mais le plus dur est à venir, et la découverte du monde qui l'entoure sera sans concession.
Puis soudain le rêve s'effondre, Algernon décline et finit par mourir.
A rapprocher de Quotient intellectuel à vendre de John Boyd, cette fable émouvante conviendra autant aux jeunes lecteurs avides de découvertes qu'aux amateurs qui seraient passés à côté de ce livre aujourd'hui classique. Il obtint en effet le prix Hugo en 1960 et fut porté à l'écran par Ralph Nelson en 1968 sous le titre de Charly.
La forme littéraire du journal intime était le meilleur choix esthétique possible pour ce roman qui est d'abord le tableau dramatique d'un individu confronté à l'énigme de sa propre double identité.
S'il n'est d'abord qu'un outil de travail médical imposé à Charlie Gordon par les professeurs Nemur et Strauss pour leur permettre de suivre l'évolution de son QI, Charlie finit par se l'approprier totalement et s'en sert de miroir et de confident.
L'évolution intellectuelle de Charlie se manifeste aussi bien dans le contenu de plus en plus élaboré du journal que dans l'évolution même de sa maîtrise orthographique et grammaticale de la langue.
Le lecteur lira les premiers "comptes rendu" de Charlie cousus de fautes et écrits de manière quasiment phonétique et se rendra compte stylistiquement de l'évolution du personnage.
La tournure tragique du récit n'apparaîtra qu'à la fin du roman, lorsque Charlie perdra peu à peu ses facultés mentales et ne pourra par conséquent plus lire et comprendre son propre journal intime, véritable mémoire de son autre Moi devenu à jamais inaccessible.
Le développement du QI de Charlie Gordon a des conséquences évidentes d'un point de vue cognitif.
Charlie assimile rapidement tout ce qu'il lit : il apprend avec une aisance incroyable de nombreuses langues étrangères, il est capable de débattre conceptuellement avec des professeurs d'Université spécialistes dans leurs domaines, se met à composer un concerto pour piano, etc.
Mais Daniel Keyes étend également les facultés de Charlie dans le sens d'un approfondissement réflexif de la structure psychologique du Moi et dans le décodage psychanalytique des manifestations de l'inconscient :
rêves, souvenirs censurés, actes manqués.
Charlie Gordon va ainsi se servir de ses nouvelles facultés mentales pour explorer la vie antérieure de son double attardé mental afin d'en reconstituer le parcours existentiel et d'en découvrir les traumatismes. L'auteur fera d'ailleurs un usage plus qu'insistant des différents traumatismes psychanalytiques vécus par le petit Charlie Gordon dans sa cellule familiale, entre une mère honteuse d'avoir donné le jour à un dégénéré et un père protecteur mais faible.
L'intelligence est également l'enjeu d'un autre combat pour le nouveau Charlie Gordon : faire comprendre aux deux professeurs Nemur et Strauss que le premier Charlie Gordon, l'attardé mental au QI inférieur à 70, était une "personne" à part entière et non pas un semi-être humain heureusement ramené dans le cercle de l'humanité par les bienfaits de la science.
C'est la prise de conscience du mépris des deux scientifiques pour son ancien Moi dégénéré qui empêche Charlie de leur témoigner toute sa reconnaissance.
Il n'est pas simplement le surhomme de demain, né d'un laboratoire de recherche en neurobiologie, il aspire à la reconnaissance sans aucune restriction de toute forme de vie humaine. De plus on peut constater qu'il y a un rapport évident entre l'incrédulité de Charlie (retardé) qui est comparé à un innocent au sens religieux et "diabolique" en "surhomme".
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Dans son Histoire de la science-fiction moderne, Jacques Sadoul déclare à propos de ce roman: « C'est là une œuvre d'une poignante beauté, un récit humain et désespéré. »
Une sacrée réflexion sur le bonheur, l'intelligence, la dignité et ce qui les lie.
La démonstration est vraiment terrible dans le roman.
Il pose même la question : L'illusion du bonheur est-ce le bonheur ? Vaut-elle mieux que la claivoyance ? Charlie répond : non. Il préfère la cruelle réalité à l'ignorance et à la perte de la dignité.
Un roman plein d'émotion, captivant et qui ne manque pas de sujets de réflexion.
Une immense réussite
J'ai beaucoup aimé ce livre, auquel j'avais pensé, un peu plus tard, en parcourant le bizarre incident du chien pendant l anuit.
Ce livre se présente sous la forme d'un journal intime, celui de Charlie Gordon, un jeune arriéré mental au QI quasi nul. Parllèllement à son apprentissage en boulangerie, il suit des leçons de lecture et d'écriture avec Miss Kinnian.
Des scientifiques lui proposent une intervention chirurgicale afin d'augmenter ses capacités intellectuelles.
Un test a été fait au préalable sur un cobaye, un petit rongeur de laboratoire ayant pour nom Algernon, ce qui laisse croire qu'a priori ceci devrait fonctionner pour Charlie.
Après l'opération, afin de suivre l'évolution de Charlie, on lui demande de tenir un journal, une sorte de carnet de bord.
La progression de Charlie est fulgurante, le lecteur la saisit via la métamorphose du style de l'écriture, du vocabulaire, de la construction des phrases etc.
Il va commencer à développer un réseau social, sans vraiment pouvoir se lier: la maturité émotive n'a pas suivi l'explosion de l'intellect. Il souffre beaucoup dans la mesure où sa nouvelle intelligence lui permet de saisir avec une lucidité cruelle sa vie passée.
Hélas, on se rend compte bientot que la souris, premier cobaye, commence a dégénérer. Charlie comprend que ce sera son tour et tente de reprendre les travaux des docteurs afin de détecter les erreurs du protocole.
Malheureusement, ceci sera vain, et le lecteur assiste à un douloureux retour en arrière.
Super bouquin, je l'ai dévoré. Le parallèle avec la souris Algernon tout au long de l'histoire est très bien utilisé pour nous faire présentir ce qui va arriver à Charlie.
Charlie est un attarde mental qui travaille dans une boulangerie. Des scientifiques ont mis au point un traitement destine à augmenter l’intelligence et l’ont teste avec succès sur une souris de laboratoire, Algernon. Ce traitement est applique à Charlie, sans qu’il le comprenne vraiment.
L’histoire est racontée par Charlie comme une suite de compte-rendu. L’auteur passe d’n vocabulaire très simple et plein de fautes à un vocabulaire et une syntaxe soutenue. Ce passage se fait graduellement et a lui seul, constitue un bel exercice de style.
On assiste a la progression de Charlie d’attarde mental a génie quasi absolu. J’ai eu un peu de mal à croire que cela puisse être réellement possible, mais bon si on l’accepte, c’est très bien décrit. D’abord, le rejet de ses collègues de la boulangerie quand il devient plus intelligent qu’eux, pis son propre mépris pour les autres quand il devient un génie. Comme quoi, être un génie n’apporte pas la maturité intellectuelle.
Le tournant du livre se situe quand Algernon décline et meurt, signifiant la prochaine déchéance de Charlie qui va perdre son intelligence et la femme qu’il aime en toute connaissance. Sa révolte son rejet et son acceptation finale sont très émouvants.
Cette seconde partie du livre est très poignante car on sait Charlie condamne à régresser, voire plus et il le sait aussi.
C’est un très beau livre, bien écrit et qui vous touche profondément.
Si vous ne connaissez pas cette histoire, courrez vite chez votre libraire... INDISPENSABLE... Le regrettable est que ce bouquin paraisse dans une collection de science-fiction. Oui, l'histoire est imaginaire mais elle peut être un bon catalyseur pour un débat sur l'éthique de la science... Un de ces bouquins comme 1984 d'Orwell, Farenheit de Bradbury ou Le Meilleur des Mondes d'Huxley qui paraissent dans des collections de SF... Et si les auteurs particulièrement pertinents sur la critique de notre siècle (je suis né au XXème) seraient ces auteurs que l'on classe sous le terme SF.
MAngeclous
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