-Globalia, de Jean-Christophe Rufin,
bon, moi je n'aime pas trop l'écriture de Ruffin... et je trouve que là... ressemble vraiment trop.
-La Ferme des animaux, roman du même auteur
Evidemment, celui-là, je vous le recommande fortement. Superbe !
-Le Meilleur des mondes, roman d’Aldous Huxley écrit en 1931, une vision du futur opposée souvent comparée à 1984.
Vraiment un très très bon livre, que j'ai bien envie de relire...
-Un bonheur insoutenable, roman d'Ira Levin (1969), une vision du futur à comparer à 1984 et à Le Meilleur des mondes.
Aimé également.
-Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, de Maurice Joly
Côté film,
-Brazil, film de Terry Gilliam (1985)
Philip Kindred Dick sur le thème récurrent des réalités distordues pour servir des intérêts particuliers
La correspondance d’Orwell indique que son projet était de lancer un avertissement contre les totalitarismes, particulièrement à une gauche britannique (dont il faisait partie) qu'il soupçonnait de complaisance envers Staline, du moins pour ce qui était de certains intellectuels comme George Bernard Shaw ou Herbert George Wells.
De nombreux éléments sont puisés dans la réalité de la fin des
années 1940 qui a inspiré Orwell de manière flagrante : la description d'un Londres décrépit, avec ses cratères dus à des « bombes fusées », ses files d'attente devant les magasins, ses maisons victoriennes en ruine, ses privations de toutes sortes, évoque fortement le Londres de l'immédiat après-guerre et ses pénuries (les tickets de rationnement ont été une réalité jusqu'en 1953) sans compter les effets encore visibles des bombardements allemands (les V1 et V2).
Le bâtiment qui aurait inspiré le « ministère de la Vérité » serait celui du ministère de l'Information dans le quartier Bloomsbury, Senate House, aujourd'hui propriété de l'université de Londres.
L’histoire se passe à Londres, en 1984, d'où le titre du roman.
Le monde, depuis les grandes guerres nucléaires des années 1950, est divisé en trois grands « blocs » : l’Océania (Amériques, Royaume-Uni, Océanie et Afrique), l’Eurasia (Europe et Russie) et l’Estasia (Chine, Inde, Mongolie, Tibet et Japon) qui sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres.
Ces trois grandes puissances sont dirigées par différents régimes totalitaires revendiqués comme tels : respectivement
l’Angsoc (ou socialisme anglais),
le néo-bolchévisme,
et le culte de la mort (ou oblitération du moi).
Il est à noter que tous ces partis sont présentés comme « communistes » avant leur montée au pouvoir, avant de devenir des régimes totalitaires et de reléguer les prolétaires qu'ils prétendaient défendre au bas de la pyramide sociale.
L’Angsoc,
régime de l’Océania, divise le peuple en trois classes sociales :
le « Parti Intérieur », classe dirigeante au pouvoir partagé,
le « Parti Extérieur », travailleurs moyens,
et les « prolétaires », sous-classe s’entassant dans les quartiers sales.
Le chef suprême du Parti est Big Brother, visage immortel et adulé placardé sur les murs de la ville.
Tous les membres du Parti sont constamment surveillés par la Police de la Pensée et chaque geste, mot ou regard est analysé au travers des « télécrans » (assemblage de deux mots comme on en trouve souvent en novlangue, ici de « télé » et de « écran ») qui balayent les moindres lieux.
Winston Smith, membre du Parti extérieur, occupe un poste de rectification d’information au commissariat aux archives, dans le Ministère de la Vérité (Miniver en novlangue). Son travail consiste à supprimer toutes les traces historiques qui ne correspondent pas à l'Histoire Officielle, qui doit toujours correspondre à ce que prédit Big Brother.
En plus de l'anglais classique, langue officielle de l'Océania, l'Angsoc a créé une langue, le novlangue (newspeak en anglais). Cette langue est constituée principalement d'assemblages de mots et est soumise à une politique de réduction du vocabulaire. Le nombre de mots en novlangue diminue sans arrêt. Au début du roman, un membre du Parti Extérieur révèle que la version finale du dictionnaire novlangue était en préparation afin d'éliminer tout autre mode de pensée et idée hérétique.
souvenir de lecture - science-fiction
lecture en ligne : http://wikilivres.info/w/index.php/1984
L'origine de 1984 est connue : militant de gauche violemment opposé à la dictature soviétique, George Orwell s'est inspiré de Staline pour en faire son "Big Brother", figure du dictateur absolu et du fonctionnement de l'URSS des années trente pour dépeindre la société totalitaire ultime.
Mais Orwell n'oublie pas de souligner que les super-puissances adverses sont elles aussi des dictatures...
Ce qui fait la force du roman, outre son thème, c'est la richesse des personnages, qu'il s'agisse du couple qui se forme, malgré la morale étroite du Parti, ou même du policier en chef qui traque les déviants, ex-opposant lui-même, passé dans les rangs du pouvoir...
C'est aussi cette "novlangue", affadie et trompeuse, destinée aux "proles", et ces formules de propagande ("L'ignorance, c'est la force") scandées par des foules fanatisées et manipulées.
1984 est un livre-phare, apologie de la liberté d'expression contre toutes les dérives, y compris celles des sociétés démocratiques.
De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. Big Brother vous regarde, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston...
Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.
1984 (Nineteen Eighty-Four) est le plus célèbre roman de George Orwell, écrit en 1948 et publié l'année suivante.
Le roman devait s'appeler à l'origine The Last Man in Europe (Le Dernier Homme en Europe), ou encore 1949, l'année de sa parution, mais Orwell se vit opposer un refus de la part de son éditeur.
Il le renomma ensuite 1984, en inversant les chiffres correspondant à la date d'écriture (1948), et donna une dimension plus futuriste au récit afin qu'il choque moins ses contemporains.
1984 est communément considéré comme une référence du roman d'anticipation, de la dystopie, voire de la science-fiction en général.
La principale figure du roman, Big Brother, est devenue une figure métaphorique du régime policier et totalitaire, ainsi que de la réduction des libertés. En 2005, le magazine Time a d'ailleurs classé 1984 dans sa liste des 100 meilleurs romans et nouvelles anglaises de 1923 à nos jours, liste où se trouve La Ferme des animaux, autre fameux roman d'Orwell tout aussi dystopique.
Il décrit une Grande-Bretagne postérieure à une guerre nucléaire entre l'Est et l'Ouest censée avoir eu lieu dans les années 1950, où s'est instauré un régime de type totalitaire fortement inspiré à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme. La liberté d'expression en tant que telle n’existe plus. Toutes les pensées sont minutieusement surveillées, et d’immenses affiches trônent dans les rues, indiquant à tous que « Big Brother vous regarde » (Big Brother is watching you).
Nombreux sont ceux qui ont entendu au moins une fois dans leur vie le nom de Big Brother. Trop nombreux restent ceux qui le confondent avec une espèce d'ordinateur gigantesque qui traque l'intimité de tout un chacun dans un futur à vrai dire si peu lointain que, pour nous, il est déjà du passé : 1984.
En réalité, Big Brother serait un dictateur issu du Parti socialiste anglais - le Labour de Tony Blair - et dont le physique (grosse moustache noire, yeux noirs, visage inexpressif, solidité terrible de l'ensemble) évoquerait plus ou moins Staline. Si j'utilise le conditionnel, c'est parce que, bien que sa photo et son effigie soient omniprésentes partout en Océania, Big Brother pourrait aussi bien (on s'en rend compte à la fin du roman) n'être qu'une création fantômatique destinée par des gouvernants invisibles à focaliser la ferveur patriotique des Océaniens.
Au delà de l'ambiguïté des régimes totalitaires connus et enregistrés au XXème siècle - tout particulièrement le nazisme et le stalinisme, seuls cités par Orwell - "1984" passe à la vitesse supérieure et dépeint un totalitarisme qui, si l'on ose dire, touche à une perfection de fin du monde.
En Océania, il n'y a ni camps de concentration, ni goulags et on ne peut pas parler vraiment de théories racistes. L'ennemi eurasien, par exemple, a certes des traits asiatiques. Mais du jour au lendemain, cet ennemi redevient un allié pur et dur ; mieux : on affirme haut et fort que jamais, au grand jamais, il n'a jamais été l'ennemi de l'Océania. L'ennemi, ce sont les Estasiens - lesquels sont de type européen.
La lutte des classes n'est pas non plus à l'ordre du jour. La société se répartit en trois groupes : le Parti intérieur (la nomenklatura), le Parti extérieur (une sous-nomenklatura) et les Prolétaires (le tout-venant). Aristocratie, bourgeoisie, capitalisme même ... Ces mots ont de moins en moins de sens. Le Parti réécrit sans cesse l'Histoire de façon à effacer tout ce qui l'a précédé - le fameux virage à 180° est ici institutionnalisé.
Tous ceux qui tentent de résister finissent "vaporisés" - l'humour noir anglais selon Orwell.
Et lorsque l'ancilangue aura cédé le pas à la novlangue, il n'y aura plus personne pour se rappeler de ce que signifiaient des mots comme "mauvais", "optimiste", etc ... Toute la complexité, toute la richesse du langage - et des idées - seront noyées sous des flots de mots outrancièrement simplificateurs. Ce qui ne sera pas bon sera "inbon", ce qui sera meilleur deviendra "plusbon", les adjectifs pourront servir de verbes, l'ordre des mots deviendra d'ailleurs interchangeable ...
(Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça me fait penser aux technocrates de l'Education Nationale française, avec leurs "espaces transparents", leurs "inappétents scolaires" et leurs "référentiels bondissants aléatoires" ...)
Avec une puissance incroyable et une amertume glacée qui forcent toutes deux l'admiration, George Orwell préfigure le comble de la société totalitaire mais non égalitaire : le nivellement de la pensée par le bas et, partant, la mise en coupe réglée des masses, populaires ou non. Si le sexe est maintenu, le romancier anglais, avec une lucidité terrible, prévoit que cette fonction ne servira qu'à assurer la survie de l'espèce et que, surtout, il ne sera pas question d'assurer le plaisir à la femme ...
Bien entendu, la démonstration d'Orwell, pour être efficace, ne pouvait se satisfaire de héros combattifs. Peut-être Julia, la maîtresse de Winston Smith, l'est-elle un peu plus. Mais si peu ... Et elle aussi finit par trahir - par se trahir. En bref, tous deux sont des victimes, des moutons prêts pour le sacrifice et qui donnent parfois l'impression d'y courir avec une sombre délectation.
C'est là que le bât me blesse un peu, je l'avoue. Dans une superbe crise de désespoir littéraire - la plus achevée que j'aie jamais lue - Orwell nie le facteur humain alors que, curieusement, la société océanienne ne remet pas en cause la possibilité de l'existence d'un Dieu, très loin, quelque part. Orwell nie aussi le grain de sable, cet affreux et génial petit grain de sable qui finit toujours par venir à bout des mécaniques les plus subtiles et les plus démoniaques.
Or, je sais que les grains de sable existent, j'en ai la preuve. Tandis que Dieu ... Si l'on nie les premiers, il faut nier le second. Sinon, on se retrouve dans la position du croyant qui se refuse à entériner l'existence du Mal ...
N'empêche, surtout au jour d'aujourd'hui, après le Viêt-nam, après le Cambodge, après les Talibans et avec les fous religieux de toutes sortes, sans oublier les adorateurs planétaires du Veau d'Or, il faut lire "1984." Un homme averti en vaudra toujours deux.
Si George Orwell n'y avait pas cru, jamais il n'aurait écrit "1984", vous ne croyez pas ? ;o)
J'ai trouvé ce livre très dérangeant, très perturbant. On termine le livre avec un sentiment de malaise : tout est en train de se réaliser : société hyper surveillée, modification de l'histoire pour contrôler le présent, pensée unique, guerre perpétuelle, lutte des classes...
Quel visionnaire!
A lire et relire et agir.
Alors on commence avec un grand classique ! J'ai trouvé ce livre très dérangeant, très perturbant. On termine le livre avec un sentiment de malaise et si tout cela arrivait ? Orwell décrit ici une société hyper surveillée grâce entre autre à la technologie : des écrans qui vous surveillent constamment, épient vos moindres faits et gestes...Et si cette image n'était pas tellement loin de notre réalité ? Avec toutes les données que nous échangeons aujourd'hui (grace principalement à Internet), ce livre fait réfléchir, nous amène à nous questionner. En revanche il y a dans ce livre un passage que j'ai trouvé particulièrement fastidieux (ceux qui l'ont lu doivent comprendre de quoi je parle) difficile de garder son attention...
En conclusion je dirais que c'est un livre qu'il faut lire.
Une des oeuvres le splus célèbres de l'auteur, qui s'est régulièrement attaché à dénoncer les systèmes autoritaires, en particulier la dictature stalinienne dont tous les ingrédients sont repris (anihilation de l'individu, propagande, surveillance, etc). 1984 est en effet un livre précurseur, à la croisée des chemins, entre prédictions et dénonciation des dictatures. Le décor post-apocalyptique en renforce l'effet.
Fait d'ailleurs furieusement penser à certaines oeuvres de Zamiatine ou de Hasz. Egalement très kafkaien par moment.
Ici, un agent du parti a comme travail la falsification des archives. Peu à peu en lui nait la révolte contre l'absurdité du système, révolte qu'il cultive en déjouant la police de la pensée et le système de videosurveillance. Clandestinement, il commence à écrire.
Sa rencontre avec un autre agent, Julila, et la liaison qui s'ensuit, continuent dans cette clandestinité, jusqu'à leur arrestation. Ils seront brisés.
C'est une lecture vraiment édifiante.
Ajoutée le : 2008-06-01 20:01:38
par : Oeil_de_Giok
Livres 5.00/5
Ce bouquin était ds les listes scolaires. J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre, très poignant par la destruction progressive du mental du personnage principal. On ne comprend pas bien cet acharnement contre l'individu. Big Brother est partout, voit tout , vous connait intimement. C'est vraiment un futur terrifiant et vraiment désespérant qui est imaginé.
George Orwell, sous couvert d'anticipation romanesque, fait une critique radicale du monde contemporain.
Deux idées-force :
- l'inversion qui consiste à maîtriser l'information, toute l'information : « la guerre, c'est la paix »
- la maîtrise du passé : adapter l'histoire aux nécessités d'aujourd'hui.
Oeuvre magistrale et saisissante d'actualité.
Un classique de l'anticpation écrit en 1948 et marqué par les régimes nazi et stalinien. Il s'agit d'une société où tout est contrôlé et où il n'y a de place pour d'autres entiments que ceux ordonnés par le régime et Big Brother. J'ai été particulièrement marqué par la scène de torture. Incontournable.
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