Voilà un tout petit texte très touchant. Je suis toujours agréablement surprise quand un auteur parvient à camper un décor et des personnages bien construits. C'est comme si on était dans ce trou. De plus, il y a la dimension de l'Autre, de l'ennemi relativisé et de la transmission des souvenirs. On ne regarde plus les gens et leurs actions avec le même regard.
Le narrateur de l'histoire déteste les clowns et plus particulièrement l'auguste dont son père endosse le costume régulièrement. Ce que l'adolescent ignore, c'est que se déguiser en clown est un «rituel expiatoire» (p. 19), pour son père, le résistant, qui causa involontairement, avec son frère, la mort d'un innocent.
Effroyables Jardins est une sorte de mea culpa, sincère et touchant, celui d'un jeune garçon vis-àvis de plusieurs des membres de sa famille, qu'il a mal jugés et traités à tort avec mépris. C'est aussi la révélation progressive d'un secret qui explique en grande partie l'attitude du jeune garçon, qui ignorait tout du passé de résistant de son père et de son oncle, du sacrifice et du courage de sa tante. Michel Quint nous offre un récit bouleversant, dans un style simple et franc, qui rend hommage au courage, à l'humilité et à la pudeur de ses personnages.
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