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Critiques à l'affiche

Le parfum
20 mars 2017
Le parfum de Patrick Süskind
★★★★★
★★★★★
Une lecture captivante et surprenante s'il en est !

Comment ne pas être surpris de découvrir ce qui devrait pourtant nous paraître si évident ?

Nous sommes littéralement envahi et entouré d'odeurs, nous sommes nous même une source d'odeurs et nous ne le remarquons pas, ou plutôt nous ne le remarquons plus, je ne parle bien sûr pas des odeurs que l'on perçoit à son corps défendant, ou bien de celles que l'on recherche en humant un plat ou un parfum.

Je parle de ces odeurs que notre sens de l'odorat ne capte plus dans un monde ou tout tend à s'aseptiser, de fait c'est en suivant Grenouille que l'on prend conscience de ce que pourrait être notre perception de l'environnement avec un sens de l'odorat développé à l’extrême ; cela-dit, il est vrai qu'il existe des "nez" dans des domaines spécifiques, ils sont rares et très spécialisés justement.

En tout cas j'ai eu l'impression de lire quelque chose de nouveau, avec la découverte de choses que je connaissais et que pourtant j'avais oublié. Le fait de découvrir le monde des parfumeurs était une autre satisfaction, celle d'apprendre quelque chose qui ma vraiment captivé, un univers que je ne soupçonnait pas (comme tant d'autres).

Grenouille quant à lui est hors normes, ce qui nous vaut cette histoire extraordinaire. Bizarrement, bien qu'étant le personnage central de l'histoire, et même pour tout dire omniprésent à chaque chapitre ou presque, il est difficile de se faire une réelle idée de sa personnalité si ce n'est avec des raccourcis, est-ce un autiste ? il est foncièrement amoral, oui, mais à part ça il est difficile de le cerner sauf à faire des transpositions avec d'autres obsessions plus faciles à appréhender, ce qui est sûr par contre, c'est qu'il est particulièrement inquiétant, on le croit frustre et pourtant il se révèle d'une intelligence étonnante et surtout implacable.

L'autre aspect du récit qui m'a intéressé est le côté ethnologique, cette société dans laquelle Grenouille évolue est un monde dur et sans concessions où même les garants de la morale ne sont pas les mieux intentionnés, le contexte est donc assez souvent immoral, voire amoral et justifie peut-être ce qu'est Grenouille en partie indépendamment de sa quête obsessionnelle.

C'est une lecture atypique selon mes critères, le genre de livre que je voudrais lire plus souvent afin d'être encore surpris et ravi, j'ai vraiment aimé !
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La peau froide
19 mars 2017
La peau froide de Albert Sànchez Piñol
★★★★★
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La peau froide bientôt sur nos écrans. Avec Ray Stevenson ! Et un scénario idéal de série B. Et plus j'espère. Un huis clos assiégé, angoissant, étouffant. Une photographie qui s'annonce atmosphérique. Pour amateurs de paysages marins désolés. Et de monstres. Plusieurs sortes de monstres.

C'est écrit élégant et nerveux. Phrases courtes, directes, mais imagées. Un vrai page turner. Comment cela va-t-il finir ? Le narrateur est un désabusé politique. Avec des restes d'idéaux que l'auteur s'amuse sadiquement à lui faire piétiner. La peur. La différence. La guerre. La haine. La possession. La domination. L'autre personnage est sombre, énigmatique, brut. On ne le comprend vraiment qu'à la fin du livre. Vertigineuse.

Mais peut-être y a-t-il un espoir.



En tout cas j'ai beaucoup aimé. Et j'espère que le film saura conserver un peu de l'ambiguité du livre. Et la beauté de sa fin.

Mais cet italien sodomite alors ?
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Solovki
20 mars 2017
Solovki de Claudio Giunta
★★★★★
★★★★★
Trois jeunes Italiens ont disparu aux Slovoki. À la suite d'un projet financé par l'UNESCO, ils y étaient partis restaurer un monastère orthodoxe devenu, entre le XVIe et le début du XXe siècle, un lieu d'exil pour les opposants au régime autocratique de Russie, à la religion orthodoxe officielle, et après la révolution bolchevique de 1917, une partie d'un vaste complexe répressif.



Alessandro Capace, un journaliste et écrivain, plutôt médiocre si l'on en croit le portrait qu'il brosse de lui, est missionné par son journal pour tenter de retrouver les trois bénévoles florentins dans cet archipel encore aujourd'hui, il faut bien le dire, hostile à tout être humain normalement constitué.



Jouisseur impénitent (même si ses maîtresses s'accordent à dire de lui qu'il est un mauvais coup), Capace emmène dans ses bagages une superbe ukrainienne pour censément lui servir d'interprète, et plus si affinités. Mais le voyage pour les deux jeunes gens va s'avérer très différent et beaucoup plus noir que tout ce qu'ils avaient pu imaginer...



Voilà une excellente surprise venue d'un auteur italien qui a une jolie plume. Dans ce premier roman, policier et très psychologique, qui regorge de finesse et d'humour, il nous fait découvrir, dans un lieu témoin de la folie des hommes, un personnage sympathique, peu sûr de lui, que cette enquête va révéler à lui-même. Je ne vous en dis pas plus, je préfère vous laisser découvrir Solovki, qui mérite vraiment le détour.

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Un secret
19 mars 2017
Un secret de Philippe Grimbert
★★★★★
★★★★★
Un roman autobiographique touchant d'authenticité et de pudeur. Il était depuis très longtemps dans ma liste.

C'est le récit d'une quête d'identité, qui va conduire le narrateur à découvrir la vérité sur la part d'ombre que lui dissimule sa famille, et ses parents, sur ce qui s'est réellement passé avant sa venue au monde. La révélation d'un terrible secret l'attend...

La plume de l'auteur offre un joli mélange de retenue et de limpidité. Un témoignage émouvant sur le poids du secret et de la culpabilité, sur la force libératrice de la vérité et l'incroyable capacité de résilience des individus.

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En l'absence des hommes
20 mars 2017
En l'absence des hommes de Philippe Besson
★★★★★
★★★★★
Second roman de l'auteur, en ce qui me concerne, après Les jours fragiles. J'ai retrouvé dans le rythme narratif une langueur similaire, ainsi qu'une même touchante profondeur des sentiments.

Vincent, un jeune homme âgé de 16 ans, vit parallèlement lors d'une semaine les deux rencontres les plus marquantes de son existence, incarnées par deux hommes : le grand Marcel Proust et Arthur, un jeune soldat en permission. Autour d'eux, la Grande Guerre fait rage...

J'ai été émue par cette poignante histoire, qui raconte avec une extrême délicatesse la fulgurance de l'amour, la cruauté de la séparation, l'horreur de la guerre. Mais c'est la troisième partie du roman qui m'a le plus captivée, la partie épistolaire et la révélation finale surprenante. Les déclarations d'amour et d'amitié sont juste sublimes !
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Les hirondelles de Kaboul
18 mars 2017
Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra
★★★★★
★★★★★
Après avoir fini le superbe Ce que le jour doit à la nuit, j'ai eu envie de me replonger dans un livre de Yasmina Khadra. J'aime ses histoires qui vous prennent aux tripes (celle-là n'y déroge pas), j'aime son écriture poétique qui raconte les atrocités comme les merveilles. La guerre, le fanatisme religieux, la misère comme la beauté du monde.



Les hirondelles de Kaboul est un évocation puissante et inoubliable de ce monde déchiré et paradoxal. L'histoire de deux hommes, à l'image de beaucoup d'autres dans ce pays magnifique - Atiq, un moudjahid reconverti en geôlier et Mohsen, le mari de Zunaira, la belle avocate condamnée à cacher son visage - qui se désolent de ce qu'ils sont devenus. De ce que les Russes n'ont pas réussi à faire et que les Taliban ont fait d'eux : des lâches ou des tortionnaires, peut-être, des êtres dont la vie n'a plus de sens, sûrement.



Car ce qui a fait suite à la guerre contre les Russes, qui représentait une bataille honorable, n'est pas la libération attendue. À Kaboul, il n'y a plus de joie, plus de musique, plus d'amis. Les cerfs-volants ont disparu, c'est l'heure des lapidations des femmes, de leur déchéance, de leur négation, et de la cruauté gratuite. Celle de la persécution religieuse, perpétrée par des fous de Dieu, qui donne naissance à une déshumanisation qui paraît sans fin.
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Au revoir là-haut
20 mars 2017
Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre
★★★★★
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Pierre Lemaitre, connu pour ses romans policiers, nous offre dans ce roman, une vision terrible de la Grande Guerre 1914-1918.



L'action d'Au revoir là-haut commence en 1918. Pierre Lemaitre emploie quelques chapitres sur la fin de la guerre, et le reste, à comment l'après-guerre a été vécue en France.



Ce sont trois protagonistes, trois anciens combattants qui, par l'ambition de l'un d'eux, vont voir leur vie bouleversée. Le méchant de ce trio est le lieutenant Pradelle. La vérité, c'est que par ses désirs d'atteindre la gloire à tout prix, sa conduite, sans aucun scrupule, sera décisive pour la vie de deux de ses soldats, Albert et Édouard. Il y a une scène dantesque très bien décrite dans laquelle Albert, un soldat pusillanime, poussé par Pradelle, tombe dans une fosse à partir de laquelle il ne peut pas sortir sans que son lieutenant n'ai l'intention de l'aider. Albert sait qu'il va mourir et des scènes de sa vie défilent devant lui. Édouard Pericourt, cependant, est un brave jeune homme de bonne famille, en dépit d'être blessé à la jambe, il parvient à sauver Albert, mais malheureusement un éclat d'obus mutile son visage.



Ces antécédents tragiques nous expliquent la gratitude obséquieuse avec laquelle Albert prendra soin d'Édouard tout au long de l'histoire.



L'autre visage de l'après-guerre, le plus sordide, c'est celui qui est basé sur l'escroquerie de ceux qui sont morts au combat. L'auteur assure raconter certains faits réels. Les corrompus, y compris Pradelle, ont obtenu de grandes fortunes en déterrant des soldats pour les ré-enterrer dans des cimetières créés à cette fin. Une corruption qui a dupé sans scrupules les autorités, et, le plus douloureux, les familles des morts.



Le titre de l’œuvre ouvre une brèche à l'espérance. L'une des pensées d'Albert quand il voit la mort dans la tranchée en pensant à sa bien-aimée est : « Alors au revoir, au revoir là-haut, ma Cécile... »
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Complètement cramé !
19 mars 2017
Complètement cramé ! de Gilles Legardinier
★★★★★
★★★★★
que voilà un livre réjouissant!

pas trop fatigant la lecture certes, mais tellement joyeux qu'il serait capable de remonter le moral d'un dépressif suicidaire!

centré sur le changement de vie et la thérapie par le soutien a l'autre, c'est un livre résolument optimiste a lire en toute saison et quelle que soit notre humeur!

merci à l'auteur de nous remonter le moral et à Babelio de me l'avoir fait connaître!
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Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures ..
22 mars 2017
Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Annie Barrows
★★★★★
★★★★★
Après en avoir tellement entendu parler, je me suis finalement décidée à lire Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates ... Je ne savais pourtant pas vraiment à quoi m'attendre si ce n'était un livre parlant de livres, de lecture, de lecteurs ...

J'y ai trouvé bien plus que cela : quelque chose de rafraichissant, léger, agréable, doux, drôle. Au vu des sujets abordés, ce n'était pas forcément gagné d'avance : occupation de l'île de Guernesey pendant la 2ème guerre mondiale, Londres partiellement détruite, retour de camp pour l'un des personnages, ...

Au travers d'échanges de correspondances entre Juliet et les autres personnages, on assiste à la renaissance de ces gens qui ont tant souffert et on voit l'espoir réapparaître dans la vie de chacun.

Bref une lecture que j'ai beaucoup aimée et qui m'a donnée très envie de découvrir cette île !
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Grossir le Ciel
23 mars 2017
Grossir le Ciel de Franck Bouysse
★★★★★
★★★★★
Franck Bouysse a cette particularité de savoir mettre en scène des personnages ordinaires, plutôt banals, de manière à captiver immédiatement l'intérêt du lecteur.

Une plume toujours réaliste avec cette touche de poésie qui colle si bien aux situations et à cette nature brute. Cette dernière incarne presque un personnage à part entière tant sa présence est ancrée tout au long de cette histoire.

Nostalgie, solitude, souvenirs, secrets et vies bancales sont superbement racontés par l'auteur, le tout dans une ambiance sombre.



Poignant, sublime, empreint d'une grande noirceur... avec une lueur d'espoir. Bouleversant au point de finir la lecture en larmes. Un coup de coeur !
Lien : http://www.faimdelire.com/20..
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Le Soleil des Scorta
23 mars 2017
Le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé
★★★★★
★★★★★
Ce livre me laisse un sentiment mitigé. D'un côté, je suis très impressionné par l'écriture dramatique (on voit dans ce livre que l'auteur, que je découvre, est un dramaturge), par l'ambiance italienne qui est très bien retranscrite et par la langue qui m'a plu (mais ne m'a pas ébloui). D'un autre côté, je trouve que la structure est très classique, que le livre est constitué d'une succession de drames, on a l'impression que Laurent Gaudé observe une famille et appuie sur avance rapide dès que les événements sont trop peu intéressants, j'aurais aimé que le livre et cette famille prennent plus d'ampleur. Ce livre m'a donné envie de connaître le dramaturge Laurent Gaudé plus que l'écrivain.
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1933 fut une mauvaise année
18 mars 2017
1933 fut une mauvaise année de John Fante
★★★★★
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"1933 fut une mauvaise année", c'est l'histoire d'une répétition qui vire à l'obsession chez John Fante. Ecrite en 1986 après "La route de Los angeles", "Bandini", "Les compagnons de la grappe" et j'en passe, c'est l'histoire jumelle des précédentes.

Celle d'un fils de rital émigré aux Etats-Unis qui enfonce sa famille dans la misère, sous les couches d'une neige maudite empêchant à sa bétonnière de tourner en hiver.

Mais malgré le poids de sa lignée, Dom Molise,17 ans, reste à l'âge des possibles. D'autant plus qu'il a un don, "Le Bras", qui lui ouvre à coup sûr les portes glorieuses du baseball. C'est son copain Kenny qui le dit.

Le portrait de ce Dom Molise semble moins tonitruant que le Bandini survolté de "La route de Los Angeles" au même âge, il apporte une nuance de maladresse (avec les filles), de douceur et de drôlerie au personnage... de John Fante bien sûr, personne n'est dupe. Même si ça se joue en filigrane.

Ça se joue aussi en émotion contenue. C'est toujours elle qui apparait au final dans les lignes du récit, comme la Vierge Marie est apparue en plein rêve éveillé de Dom Molise.



Bandini ou Molise peu importe. A travers eux, l'écrivain semble jouer de sa biographie comme un musicien obsédé par une partition, il retrace les lignes de son histoire pour tenter la perfection. On y est pas loin avec ce "1933 fut une mauvaise année", il me semble. Une pépite, tenue à bout de Bras par une écriture inégalable, touchée par un je ne sais quoi. La grâce, diraient certains.
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L'étranger
22 mars 2017
L'étranger de Albert Camus
★★★★★
★★★★★
J’ai entamé l’Étranger sans aucun a priori, sans même connaître l’histoire ni le contexte. Rien. Le fameux incipit « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être, hier je ne sais pas. » m’a aussitôt propulsée dans les pensées insignifiantes du narrateur, servies par une écriture blanche, sujet-verbe-complément, très simpliste mais diaboliquement percutante.



De premier abord, j’ai été déroutée par l’écriture, par le personnage, le vide intérieur que j’ai perçu, son attitude à l’enterrement de sa mère, la façon dont il subit sa vie, sans émotions ni passion. Jusqu’à l’événement qui bascule tout. « J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux. »



À partir de ce revirement, le narrateur nous embarque dans une sorte de huis clos. À travers ses yeux, on subit les rouages de la justice et sa condamnation sans appel, non pas parce qu’il a tué un homme, mais parce qu’il n’a pas pleuré à l’enterrement de sa mère. Puis, vient le temps de la prison avec la résignation à son sort, l’acceptation de l’indifférence du monde et surtout la révélation de l’inéluctabilité de la mort. Magnifique.



Sur le simple constat de Camus que « dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort », l’Étranger décrit la nudité de l’homme en face de l’absurde. Absurde, parce qu’irrationnel. Meursault, car c’est lui l’étranger, vit en-dehors des normes de la société : il refuse de mentir, ne veut pas se simplifier la vie. Il n’existe aucune logique, aucune rationalité à laquelle s’accrocher, dans son comportement. Et parce qu’il est irrationnel, différent, il est condamné.



Bim ! Quelle claque ! Une lecture qui amène à réfléchir, à questionner la société et ses « normes », et qui, dans un contexte d’occupation allemande et vichyssoise, offre un héros tragique afin d’aider les hommes à vaincre le destin. Un coup de cœur magistral.
Lien : http://brontedivine.com/2017..
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La vérité sur l'affaire Harry Quebert
22 mars 2017
La vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joël Dicker
★★★★★
★★★★★
- Comment se faire mener par le bout du nez -



Ce qu'on ne peut enlever à Joël Dicker, c'est son talent pour attirer votre attention et la garder jusqu'à la dernière page. Si ce roman a connu beaucoup de succès, ce n'est pas anodin. Durant cette enquête, je peux vous le dire, j'ai été bernée. Dès les premières lignes, j'ai pénétré dans une histoire passionnante, où les apparences sont toujours trompeuses. Contrairement à certains romans policiers, il est complètement impossible de deviner à l'avance où l'auteur va vous emmener.



En voulant prouver l'innocence de son ami, Marcus fait revivre le passé. Le roman se partage entre flash blacks et enquête. L'auteur sème alors le doute dans votre esprit. De fausses pistes en rebondissements, je me suis surprise à littéralement dévorer ce récit fascinant. J'enchaînais pages après pages pour connaître la vérité sur cette fameuse affaire. Et là où d'autres ouvrages peuvent décevoir, il n'en est rien ici. La fin est surprenante mais elle tient la route et surtout, elle nous prend de court jusqu'au dernier moment. Rien à redire.



- Un roman bien pensé mais écrit simplement -



Le style de l'auteur est sobre, pour cela ne vous attendez pas à lire un chef d'oeuvre. Selon moi - et même si le roman a reçu des prix -, il faut le lire pour ce qu'il est, en toute simplicité.



Pas de grande originalité sur l'écriture (ou les dialogues) donc, mais cela ne pose aucun problème. Les personnages sont attachants au point de me sentir concernée à chaque découverte. J'ai pris des claques, j'ai douté de leur sincérité, j'ai été surprise par ces secrets si bien cachés.



Pour passer un bon moment, je vous recommande chaudement cette lecture !
Lien : https://k-rambolage.blogspot..
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La couleur des sentiments
18 mars 2017
La couleur des sentiments de Kathryn Stockett
★★★★★
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J'ai adoré le film. Je l'ai trouvé juste, puissant et surtout doté d'une douceur surprenante, comparé à un sujet aussi lourd que révoltant.



L'histoire est pourtant connue : nous sommes dans les années 60, la Ségrégation domine des milliers de Noirs américains et l'issue semble impossible. Les victimes de ce régime raciste sont silencieuses, l'enjeu est trop important. Il y a des mères de famille, des épouses courageuses, des vieilles dames sans aucune ressource... mais ces victimes sont aussi en colère. Un beau jour, elles osent enfin libérer les démons qu'elles ont si souvent refoulés pour garder leur poste en tant que bonne, dans des familles Blanches.



J'ai particulièrement apprécié le fait que roman soit à trois voix. Bien que ces trois points de vue se rejoignent, leur différence donne la richesse du roman.

Le récit s'ouvre sur celui d'Aibileen. Employée par la famille Leefolt, cette femme Noire élève la petite Mae Mobley Leefolt. Nous suivons alors le quotidien de cette bonne dans une maison où les apparences sont reines, où la maternité ne rime pas avec tendresse et amour. Mae Mobley sera sûrement grosse, plus tard, et sa mère, aussi mince soit-elle, lui fait payer par un énorme manque d'amour. L'unique chance de devenir une femme sûre d'elle et estimable dont dispose Mae Mobley, âgée de seulement 3 ans, repose donc sur les épaules douloureuses d'Aibileen.



En parallèle, nous écoutons également la voix de Minny Jackson, la bonne de Miss Walters. A la différence de la douce Aibileen, Minny est insolente. Sa "grande gueule" lui vaut de nombreux renvois. La violence de ce personnage n'est que le reflet de son époque. Traitée comme toutes les Noires le sont, elle s'est forgé une barricade meurtrière pour quiconque voudrait la nuire. Elle laisse donc libre cours à sa colère tandis qu'Aibi laisse en elle germer cette "mauvaise graine" qu'est la rancœur. Son caractère est complexe, il peut nous sembler parfois injuste. Pourtant, quand on réfléchit une seconde à la manière dont nous nous comporterons face à une haine raciste, la barricade est justifiée. Seulement, quand on reste caché derrière un mur épais, la voix des amis et des exceptions ne peut être entendue...



Il faudra donc attendre que quelqu'un décide de briser cette muraille, au risque de provoquer le courroux de l'explosive Minny, qui, soit dit en passant, a été un de mes personnages préférés.

C'est alors que Skeeter débarque. Cette jeune bourgeoise Blanche, du haut de son mètre presque quatre-vingt, désire percer en tant qu'écrivaine.

Elle est timidement poussée vers le sujet le plus fou, le plus inédit et surtout le plus dangereux pour l'époque qu'il soit : comment les bonnes Noires vivent-elles leur emploi dans des familles Blanches ?



Quelque chose m'a interpellé. Skeeter doit écrire quelque chose d'actuel et surtout d'assez choquant pour briser la barrière indifférente qui l'a sépare du succès. C'est en regardant sa propre bonne que l'idée lui vient.

Mais a-t-elle eu, en premier temps, réellement envie de dénoncer les inégalités entre les blancs et les noirs ou a t-elle simplement choisi ce sujet pour être sûre de choquer ?

Bien que ses sentiments envers les noirs aient toujours été plus modérés que ceux de sa propre mère, Skeeter reste ancrée dans son époque et surtout de sa position sociale et raciale.

J'ai trouvé que son regard sur la vérité a été tardif, provoqué par les récits réels des bonnes qu'elle interrogera pour écrire son livre.



J'ai remarqué cette contradiction dans plusieurs petits détails ingénieusement glissés par l'auteure. Skeeter, malgré son envie d'écrire la réalité, reste Blanche et méfiante à l'égard des Noirs. Nous la voyons en effet verrouiller sa portière rapidement une fois garée dans une rue du quartier Noir, tenir son sac à main fermement en laissant des regards inquiets autour d'elle.

Le fait qu'elle soit inconnue du monde Noir diabolisé par son époque est absolument nécessaire pour le réalisme du roman.

Une époque ne peut évoluer en quelques années et un caractère non plus. Le changement, autant dans l'Histoire que dans la tête des gens n'a jamais été immédiat. Il faudra donc du temps pour Skeeter pour ouvrir les yeux sur les lois de son propre pays.

D'autant plus que le caractère de ce très jeune personnage (23 ans) reste tout de même très idéaliste. Elle s'imagine qu'obtenir le récit des bonnes travaillant à Jackson sera facile à obtenir, comme ci ces femmes de couleur n'attendaient qu'une main blanche tendue pour se libérer. C'est naïvement faux, d'ailleurs Minny n'en aura jamais besoin.

Elle s'en rendra compte lors de son évolution et ce recul donne au roman un trait de psychologie harmonieux. Skeeter est donc, selon moi, une héroïne malgré elle.



Tout au long du roman, nous rencontrons une flopée de personnages hauts en couleurs. Entre le noir ébène contrastant avec le blanc immaculé d'un uniforme de travail, nous avons également droit à un défilé de nuances tendances.

Prenons la blancheur de la peau de Miss Hilly, recouverte d'un super tailleur sur mesure violine. Cette conservatrice, fervente de l'aide humanitaire pour nourrir les enfants africains souffrant de la famine, directrice de l'honorable Lettre et mère aimante, est surement l'un des personnages les plus abjectes de la littérature américaine.

Sorte de messie du bon goût, elle influence une bonne partie de la bourgeoisie féminine avec ses idées racistes et paranoïaque à l'égard des Noirs.

A ses pieds, Miss Leefolt, la fausse bourgeoise qui passe son temps à coudre des tissus bon marché pour en faire des robes de créateurs. Doté d'un esprit simple et peu affûté, elle suivra Miss Hilly jusqu'à la fin, malgré elle.



Soudain, un éclair rose fluo bouleverse les mœurs. L'incroyable Miss Celia tente de rejoindre ce groupe très fermé.

Le problème, c'est que le mari de Miss Celia est aussi l'ex de Miss Hilly. Vous imaginez donc bien à quel point son entrée dans la société est impossible pour cette dernière.

Ce personnage affriolant et superficiel portera pourtant un rôle choc. Ignorant la place qu'elle devra prendre en tant que Blanche, elle prendra Minny comme bonne.

Je pense que Miss Celia est mon petit coup de cœur. Qui n'a jamais connu une femme complètement à côté de plaque, passant son temps à se colorer les cheveux, jugeant de bon goût les pulls moulants rose fluo mais qui cache pourtant une lourde vérité...

Malgré son caractère simple et un peu bébête, Celia est sûrement la Blanche la plus sincère et courageuse de tout le roman. Son esprit vient d'une autre planète (ou bien de la campagne, issu d'une famille modeste), et c'est un peu une victime de son époque puisque celle-ci est aussi mise à l'écart que les bonnes Noires, écartée par la main froide et pâle de Miss Hilly.



J'ai énormément apprécié ce roman. Je trouve qu'il fait preuve d'une douceur délicate malgré le sujet et on a envie d'y croire. Malheureusement, bien que le mot Ségrégation soit rayé des constitutions, le racisme, la discrimination et la haine de l'étranger sévissent tout autant. Il ne faut pas s'endormir sur les acquis que nous pensons gagnés mais régir sur ce qu'il reste encore à faire. Ce livre est ancré dans les années 60 mais reste très actuel.

Donc une lecture féminine par les héroïnes, certes, puisque les hommes sont relégués au second plan. Cela dit, les victimes de racisme ne sont pas que des femmes, le récit de certaines bonnes le montre bien.

Kathryn Stockett a voulu montrer, par un roman aussi pur que brutal, qu'avancer dans l'Histoire, évoluer vers l'idéal, ne se fait pas qu'en un seul pas. Il s'agit d'une mobilisation totale, d'une remise en cause générale. Parfois, une seule main tendue, une seule personne, une seule action peut faire la différence. Nous sommes toutes et tous concernés par le racisme, de près ou de loin.

Agir quand on en a l'occasion est digne, mais personnel. Voir ce qui se passe au-delà de sa propre ville, de son propre pays, de sa propre nation, voilà une véritable lutte universelle et intemporelle contre les inégalités.





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Le train était à l'heure
22 mars 2017
Le train était à l'heure de Heinrich Böll
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Tout soldat qui va a la guerre va a la mort. Ceux qui n'arrivent pas a destination peuvent revenir chez eux, pas sains mais saufs. Les autres resteront pour toujours sur les champs de bataille.



Andreas, le protagoniste de ce bref mais saisissant roman d'Henirich Boll, est une jeune recrue allemande, envoye en 1943 au front de l'Est. Il prend un train empli de soldats pour la Pologne, penetre de l'idee, de la croyance certaine, qu'il n'arrivera pas jusqu'au front et qu'il mourra quelque part entre Lemberg et Czernowitz. Pendant trois jours, cet angoissant voyage va devenir une reflexion sur la vie et la mort, sur l'amour, sur le role de la religion et des consensus sociaux en des situations extremes comme l'est la guerre.



J'ai eu le sentiment que Boll tracait deux vecteurs allant en directions opposees: le soldat vers la mort, la mort vers le soldat. Le point de rencontre devient ineluctable. C'est une tragedie. Et j'ai senti la douleur, les tripes nouees du condamne a mort dans toutes les pensees et tous les dires d'Andreas. "Je ne veux pas mourir!". Plus rien ne l'importe, ni qui va gagner la guerre ni comment elle continuera a se derouler. Il n'y a plus que le temps qui s'ecoule, inexorable, et la conviction que le sursis que lui ont donne ses proches, son entourage, sa societe, est en train d'expirer. Mais il reste, comme ceux qui l'entourent, dans ce train de condamnes a mort, par un exces d'obedience conformiste et fataliste, comme si la liberte etait une chimere n'ayant jamais existe.



Il pense a ce qu'il a laisse derriere lui: manger chaud, dormir dans un lit. La banalite heureuse de la vie. Mais comment oser se rappeler ces bagatelles alors que ce qu'il devrait faire c'est prier? Et prier, ca sert a quoi, dans ce train? Quelle consolation peut apporter la priere face au destin fatal et horrible qui l'attend, qui le rejoint?



J'en viens a croire qu'il n'y a que ceux qui ont fait la guerre – et en sont revenus – qui peuvent en parler de cette facon. Comme Boll. L'horreur est dans tous les instants. Pas seulementt quand on se bat activement. Mais aussi quand on boit et devise avec des camarades, quand on chante, quand on couche avec une prostituee frontaliere, quand on monte dans un train.



Le train etait a l'heure est un court roman qui traite de l'horreur de la guerre depuis la perspective de l'echelle la plus basse des combattants: les simples soldats. Ceux qui ne savent rien des grandes strategies qui les menent d'un endroit a un autre. La seule chose qu'ils connaissent c'est la peur, l'angoisse, ou le fatalisme. Et quand ils s'en sortent, les cauchemars.



Un grand petit livre.

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Un meurtre à Jérusalem : L'Affaire de Vriendt
22 mars 2017
Un meurtre à Jérusalem : L'Affaire de Vriendt de Arnold Zweig
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Qu'il est agréable de se tromper en choisissant un livre, c'est généralement là que l'on fait les plus belles rencontres. Je m'attendais en ouvrant Un meurtre à Jerusalem à lire un roman à la Batya Gour. Mais il ne s'agit pas d'un polar comme le laissait supposer le titre. Cette oeuvre remarquable de l'Allemand Arnold Zweig (1887-1968) a pour sujet ce qui peut être considéré comme l'un des premiers crimes politiques en Palestine mandataire.

"L'affaire de Vriendt", c'est l'assassinat en 1929 du professeur hollandais Isaac Joseph de Vriendt, représentant de la communauté juive orthodoxe et poète homosexuel qui entretient une relation clandestine avec un jeune arabe. Son ami Lolard B. Irmin, des services secrets britanniques va mener l'enquête et tenter de prouver qu'il ne s'agit pas d'un crime commis par la famille du garçon.

Dans Un meurtre à Jerusalem, Arnold Zweig restitue de manière magistrale la situation explosive qui règne en Palestine mandataire lors de l'été 1929, en s'inspirant de l'assassinat en 1924 de Jacob Israël de Haan, écrivain et journaliste hollandais représentant de la communauté Haredi, tué à Jérusalem par la Haganah en raison de ses activités antisionistes, et ses liens avec les dirigeants arabes. ( Affaire aussi connue que celle de Haïm Arlozoroff, voir Meurtre sur la plage de Léonid Guirchovitch et Qui a tué Arlozoroff de Tobie Nathan).

En transposant le meurtre 5 ans plus tard, Zweig dresse un tableau riche et vivant de la Palestine sous mandat britannique, véritable mille-feuille ethnique, politique et religieux. " Même à Jérusalem, la différence entre Juifs allemands, autrichiens, russes, anglais était extrêmement sensible, pour ne rien dire des contrastes entre Ashkénazes et Sépharades. S'il n'y avait eu les enfants, l'avenir aurait été inquiétant. Mais ceux-ci grandissaient ensemble dans la rue en une cohue parlant l'hébreu, mêlant couches, classes, origines, fonctions;"

A travers un crime fratricide, l'auteur scrute à la loupe une situation éminemment complexe précédant la fondation de l'état d'Israël, qui a encore un écho aujourd'hui. Pour mieux appréhender des sujets aussi variés que les conséquences de la Déclaration Balfour, l'échec de la cohabitation, les sentiments nationalistes exacerbés, l'accès au Mur des Lamentations, à la mosquée Al-Aqsa, l'essor de la ville de Tel-Aviv, il faut lire ce roman écrit il y a 85 ans par un homme qui eut le malheur de voir brûler les exemplaires de son roman place de l'Opéra à Berlin en 1933, puis d'être censuré en R.D.A., où il vivait.
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Je suis un tueur humaniste
18 mars 2017
Je suis un tueur humaniste de David Zaoui
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Résumé : Orphelin depuis l'âge de six mois, Ernest Babinsky possède un don hors du commun pour le tir : à l'arbalète, aux billes, au caillou, à l'étoile de Ninja, au lance-pierre, à la fléchette et à l'arc. Toujours en plein dans la cible avec ses projectiles, admiré de tous, dans l'orphelinat de Montpellier où l'ont abandonné ses parents. Jusqu'à la fin de son adolescence, alors qu'il fait la rencontre du petit Roberto (aussi appelé Cyrus le gros) qui le prend sous son aile et l'initie au maniement des armes à feu : Magnum, Beretta, Colt, Smith & Wesson, fusils à canon lisse, à pompe, à canon rayé, à verrou, semi-automatiques… Avec lesquels il excelle. Un jour, à la demande du petit Roberto, Babinski accepte de devenir tueur à gages.



Mais Babinski aime son prochain et refuse de tuer même des mécréants en exigeant au préalable que ses victimes ne meurent pas sans avoir vécu le plus beau jour de leur vie, sans avoir été pleinement heureuses. Et le tueur humaniste et parisien ne veut pas tuer les animaux pour le plaisir, surtout pas les chiens, même pour les manger. Après un contrat réussi haut la main en éliminant un névropathe surnommé Gaëtan-le-vrai-fils-de-pute, Babinski peine à retrouver le sommeil et décide de consulter un psy plutôt excentrique. de contrat en contrat, à la recherche de son propre bonheur, l'as du tir est de plus en plus confronté avec sa propre raison de vivre.



Commentaires : Lorsque David Zaoui m'a offert de me transmettre une copie de son premier roman, un « polar déjanté » comme il l'a qualifié, j'ai été curieux par la thématique originale : « un tueur à gages qui rend heureuses ses futures victimes avant de les liquider! et... qui se fait psychanalyser ». J'ai aussi accepté l'offre parce que je suis sensible au fait que les nouveaux auteurs – j'en suis - peinent à se faire connaître et à intéresser le lectorat qu'ils visent à la suite du lancement de leur premier opus.



Telle ne fut pas mon étonnement, après quelques chapitres. Une oeuvre originale ! Un tueur attachant et intellectuel qui lit les grands philosophes et écoute Johannes Brahms pour traverser ses nuits d'insomnie. Un assassin qui n'est pas recherché par la police ! Qui côtoie une brochette de personnages tous aussi plus originaux les uns que les autres, presque sortis d'une bande dessinée : le propriétaire du bistro, le pizzaiolo, le psychopathe fabriquant de poisons… et les victimes, évidemment. Dans un scénario teinté d'un humour subtil et d'une critique sociale bien sentie. Avec de longs dialogues découpés au scalpel, parfois presque irréels, qui dépeignent à merveille la psychologie de chacun des personnages, tous en quête d'une vie meilleure. Honnêtement ou malhonnêtement.



Parce que c'est là la grande surprise qui attend le lecteur. Sous le couvert d'un roman policier annoncé par une première de couverture qui pique la curiosité, cette fiction est d'abord et avant tout la démarche d'un homme qui, dès son jeune âge, a été en manque d'affection et qui s'est donné comme mission d'en répandre autour de lui. le premier chapitre donne bien le ton. Et le dernier boucle la boucle : Babinski, personnage attachant, trouve finalement son bonheur et le sommeil avec celui qui deviendra son meilleur ami. Mais attention, on n'a pas affaire ici à une oeuvre moralisatrice. Mais qui fait tout de même réfléchir. Écrit simplement, sans artifices, sans détours.



Enfin, on pourrait longtemps en discuter, mais les puristes ne qualifieraient pas ce récit du tueur humaniste de « polar » mais peut-être davantage de « roman noir ». Ce qui n'enlève rien à la qualité et à l'originalité de l'oeuvre romanesque. Et au bonheur de la lire.



Merci aux Éditions Paul & Mike de m'avoir fait faire cette belle découverte et forcé à savourer un roman, pour la première fois, sur une tablette de lecture. Aussi disponible en format papier. Bons succès pour l'avenir !



Ce que j'ai aimé : L'effet-surprise, le ton humoristique, les dialogues « ciselés », l'écriture fluide et, évidemment, le personnage humaniste.
Lien : http://avisdelecturepolarsro..
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22/11/63
22 mars 2017
22/11/63 de Stephen King
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C'est le premier livre de Stephen KING que je lis. Si, si, je vous jure. Jusqu'ici, je n'en avais jamais vraiment ressenti le besoin. Mais cette histoire de voyage dans le temps a eu le don d'attirer mon attention.



- Un gros livre très vite lu ! -



22/11/63 est un pavé, 1043 pages pour la version poche, et pourtant je l'ai dévoré. Je pouvais le lire pendant des heures, sans me lasser. Quelle surprise ! Ce que j'ai aimé : la simplicité d'écriture. Allez savoir pourquoi, j'ai toujours associé S. King à un style complexe et tordu. Que nenni ! Le récit est fluide, facile à comprendre et à suivre. Pari réussi pour ce roman qui aurait rapidement pu être tiré par les cheveux.



Bon 1043 pages, ce n'est pas rien et ça se ressent à un moment où l'autre de la lecture. J'ai conseillé ce livre à quelques personnes et - même si aucune ne se réfère au même passage - c'est un fait le récit rame un peu. Si ça vous fait cet effet, accrochez-vous, ça en vaut vraiment la peine.



- Un (minuscule) bémol -



J'ai simplement eu quelques grincements de dents en me retrouvant nez à nez avec des impressions de déjà vu. Si, comme moi, vous êtes un inconditionnel de Retour vers le futur, vous serez obligé d'y voir des points communs. Au niveau de l'histoire, bien sûr.. mais pas seulement. L'époque, les références musicales, les évènements au lycée... ça manquait tout de même d'un peu d'inspiration tout ça !



- Que de rebondissements ! -



Parlons de l'histoire, que j'ai trouvé absolument passionnante ! Sans trop vous en dire, Jake va vivre de multiples aventures bien avant de penser à JFK. Il va ainsi faire des rencontres, vouloir sauver des vies et surtout, il va tomber amoureux. Toute cette intrigue constitue un roman complet, bien construit et bien documenté, essentiellement dans la partie historique. Finalement, on apprend des choses sans s'en rendre compte.



Si vous aimez les voyages dans le temps et que vous désirez ardemment changer le destin du monde, je vous conseille 22/11/63 ! J'ai été séduite par le style et l'imaginaire de M. KING, alors pourquoi pas vous ?
Lien : https://k-rambolage.blogspot..
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Une vie entre deux océans
24 mars 2017
Une vie entre deux océans de M. L. Stedman
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Deux images se détachent de ce roman bouleversant : deux images contrastées.



L'une, un ilot baigné de soleil pourrait symboliser l'Eden. Une maison aux murs blancs se tient au bord de prairies fleuries qui descendent doucement jusqu'à un petit lagon. Les animaux y sont inoffensifs, les gens qui y accostent toujours joyeux. Tom, irréprochable gardien de phare, est sous le charme de l'espiègle Isabel dont la joie de vivre agit comme un baume sur les blessures de son passé. Tous deux pourraient être Adam et Eve. Et comme dans l'histoire originelle, Isabel tend la pomme à Tom. Et comme dans l'histoire originelle, celui-ci, après quelques réticences, va la croquer. L'ile ressemble plus que jamais à un Paradis, jusqu'à ce que la conscience de Tom le tourmente pour ne plus le lâcher.



L'autre image est sombre. C'est la pointe du continent australien, face à l'ilot. Après une courte lune de miel, on ne la voit que de nuit, et battu par les vents ou châtiée par des pluies torrentielles. Elle est marquée par la violence de ses habitants ou leur détresse. Quelques-uns, plutôt bons, se démènent pour apaiser les tensions. Quand tombe l'obscurité le serpent-tigre et les scorpions sont en maraude. Le danger est omniprésent. Un endroit inhospitalier, pas loin de l'enfer, finalement. Et pourtant les gens peuvent y vivre et parfois, bien y vivre.



Le roman de M.LStedman emmène le lecteur, dans ces deux mondes, qui s'opposent et se complètent, d'abord timidement, puis sur un rythme plus enlevé dès lors qu'Isabel apparaît. Bien vite le lecteur oublie tout, le voilà sur l'ile à rire avec Tom et Isabelle, à s'émerveiller aux premiers pas de Lucy, à ses premiers mots, à se réjouir de leur bonheur, si communicatif... Et puis aussi à s'insurger contre les scrupules de Tom pour enfin les comprendre.... A partager peut-être, aussi, le désespoir d'Hannah. Le voilà partie prenante, inquiet pour les personnages, désireux d'une fin qui conviendrait à tous. Tantôt plein d'espoir et tantôt attristé par l'enchaînement implacable des évènements. Complètement immergé.



C'est là, la grande force de ce beau roman.



A lire.



(Et merci à Babelio pour ce conseil)
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