Ce roman est paru en 1962 et s'inspire d'un événement datant de plusieurs années en arrière, mais est cependant une oeuvre de fiction. En ces années là aux Etats Unis, le « méchant » c'est l'Union soviétique, et le gouvernement américain voudrait bien agrandir son Champ de Tirs de Missiles de White Sands, quelque part au Nouveau Mexique, en rachetant les terres des propriétaires alentour.
Mais John Vogelin n'a absolument pas l'intention d'abandonner son ranch!
« Ça m'est égal. J'en veux pas, de leur sale argent public. Tout ce que je veux, c'est qu'ils me foutent la paix, qu'ils me laissent travailler dans mon ranch, et qu'ils me laissent mourir ici et léguer le domaine à mon héritier. »
Droit dans ses bottes (de cow boy) le vieil homme se moque que son intransigeance constitue « une entrave malveillante et délibérée à l'effort de défense nationale » et refuse d'admettre que « la sécurité nationale prime sur la propriété privée et sur les sentiments individuels ».
Son ranch vivote sous la chaleur accablante au milieu de nulle part, mais un nulle part sauvage et d'une beauté extraordinaire qu'il connaît dans les moindres détails, alors, aux civils doucereux venus lui faire signer des papiers d'expropriation, aux militaires sur équipés qui le menacent, sa réponse demeure « Gardarem lou rancho ».
Mais L'intérêt individuel peut-il passer avant l'intérêt collectif? John se bat courageusement.
L'idée géniale d'
Edward Abbey est de faire raconter cette lutte du pot de terre contre le pot de fer par le jeune Billy, le petit fils de John. le môme idolâtre son grand père, et est ravi de venir chez lui passer des vacances, à cheval le plus possible, l'estomac bien lesté d'une nourriture roborative de cow boy (oeufs, pommes de terre, bacon, pain) ou mexicaine, après une toilette de chat...
Plus intimiste que le gang de la clé à molette, ce roman déploie sous nos yeux la splendeur des paysages du Nouveau Mexique, décrit une vie rude et proche de la nature, dans un style bourré de tendresse (grand père et petit fils) et d'humour.
Edward Abbey sait faire passer ses idées avec ironie et finesse, c'est du grand art.
Une histoire qui a tout pour devenir un classique. Superbe, incontournable, beau, intelligent, on frôle la perfection du genre.
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