Kôbô Abe, l'un des écrivains japonais les plus « étranges » qui m'ait été donné de rencontrer au cours de mes lectures nippones. Découvert avec «
Les murs », je me replonge cette fois-ci dans son univers aux frontières du réel et de l'imagination. «
Mort anonyme », un recueil de 10 petites nouvelles publiées entre 1949 et 1966 qui ont comme point commun une ambiance à la
Kafka. Il y est souvent question de psychologie, de rapports avec les autres et avec soi-même et de métamorphoses.
Que faire lorsqu'on rentre chez soi, après une harassante journée de travail, et que l'on découvre un cadavre anonyme en plein milieu de son salon ? Qu'y a-t-il dernière ce virage, au coin de la rue ? Impossible de s'en souvenir mais d'où vient cette amnésie subite ? Une famille s'empare de votre appartement et vous, que faites-vous ? Quand les décisions se prennent à la majorité, et que seul vous vous trouvez systématiquement en minorité, y a-t-il un moyen de reprendre le contrôle de son appartement et de sa vie ? Beaucoup d'interrogations face à l'aspect désopilant et déroutant de cette vie imaginée par
Kôbô Abe. Mais la vie n'est-t-elle pas faite uniquement de ces petits détails, au départ anodins, mais qui mis bout à bout, en font une épopée unique et truculente pour chaque héros "Anonyme" ou "Monsieur Tout-le-monde".
Kôbô Abe vit dans un autre univers, un monde à part où l'imaginaire côtoie la réalité, un monde où la schizophrénie se vit au quotidien, vie faite de petits riens qui changent tout. Son œuvre, riche en nouvelles et en récits surprenants, mériterait d'y consacrer quelques semaines de son temps pour se plonger avec délicatesse dans les méandres de la folie humaine. Mais peut-être que la folie n'est pas ce que l'on croit...
Et là je te regarde, fidèle lecteur de Babelio, je t'observe et j'essaye de sonder ton âme. Enfermé dans une boite crânienne hermétiquement close, ton esprit reste ton prisonnier ; il ne peut s'échapper dans un autre univers que le sien. J'ai beau essayé de forcer la serrure, rien n'y fait. Je n'ai pas ce pouvoir, seul
Kôbô Abe aurait en sa possession cette clef capable d'ouvrir cette serrure, afin de libérer ton esprit vers un monde parallèle. Clef ou passe-partout,
Haruki Murakami aurait la même.
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