ISBN : 2226192239
Éditeur : Albin Michel (2009)


Note moyenne : 3.09/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres

Peut-on échapper au destin qu'on choisit pour vous ? se demande Esther Vital. Juive marocaine née à Strasbourg, écrasée par le poids de la tradition, mais aussi déchirée par la nostalgie des paradis perdus – l'Espagne... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Bigmammy, le 30 novembre 2011

    Bigmammy
    Il y a quarante ans, mon mari et moi fumes conviés au mariage de mon amie d'enfance, Irène, avec Marcel. Nous étions particulièrement fiers d'assister à cette célébration, parmi les rares goys de l'assistance. Une cérémonie au cours de laquelle le rabbin Josy Eisenberg soulignait le caractère exceptionnel de cette union entre une Ashkenaze et un Sépharade.....Je n'avais pas compris l'allusion, ils étaient si beaux tous les deux, et la fête était si joyeuse, bruyante, les femmes parées de lourds bijoux, les enfants triomphants....
    En lisant le livre d'Eliette Abecassis, je comprends mieux.
    A travers l'histoire mouvementée du mariage d'Esther Vital et Charles Toledano, Eliette Abecassis nous fait entrer dans les secrets du temps et d'une religion mal connue (on pourrait dire "cabalistique" ?), depuis l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492 et leur dispersion à travers le monde et surtout leur imbrication intime au sein de la société marocaine, jusqu'à leur arrivée (et parfois leur retour) en terre d'Israël. En particulier, la puissance parfois étouffante - aussi bien pour les filles que pour les garçons - des liens familiaux et des traditions, y compris ce qui m'a le plus surprise alors que je croyais les Juifs imperméables aux superstitions : le rôle du mauvais oeil !
    Donc, une plongée - toujours érudite - dans l'âme Sépharade, une explication des différentes manières d'envisager le monde (Weltanschauung ?) entre Sépharades et ashkenazes (là, le pauvre personnage, il en prend pour son grade !), un fil pour saisir le risque vital de la laïcisation et de l'intégration, et aussi un hymne poëtique et poignant au paradis perdu, à la beauté du Maroc d'avant l'Alyah : Mogador, Meknès (où mes parents ont vécu sans jamais l'oublier eux non plus) Fès, Marrakech et la Ménara.
    Et pour moi, au plus profond de ma culture méditerranéenne (chrétienne) et matriarcale, cette constatation : "Nous sommes toutes des juives Sépharades !"
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Pchabannes, le 29 novembre 2009

    Pchabannes
    Roman d'une femme Sépharade, orientale décrivant un monde vieux de 35 siècles disparaissant l'espace d'une génération. Cet ouvrage est le cri silencieux de cette rupture d'avec la terre, l'esprit et la famille. Eliette Abécassis nous ouvre les clefs de lecture du monde des Sépharades.
    “Je suis venu pour te révéler le secret des Sépharades.” Ces Juifs, chassés vers l'Espagne (la Sépharade) sous Titus, puis en 1492 vers le Maroc et enfin après guerre l'exode de nouveau vers Israël ou la France, ont une histoire commune et particulière, une identité multiple. “Nous venons tous d'un pays, d'une ville, ou d'une rue qui nous définit et nous marque à jamais. ” C'est là le grand thème de l'ouvrage : Les identités multiples qui marquent consciemment ou inconsciemment la vie de chacun.
    C'est avec grand intérêt que se lisent les 250 premières pages. Avec talent, Eliette Abécassis trouve, sous le couvert d'une histoire d'amour, les mots pour nous intéresser à l'histoire des Sépharades et à ce qui en constitue profondément la société. Elle souligne l'importance de la famille au-delà de l'individu, l'origine orientale imprégnant mœurs et coutumes et s'attache à décrypter la société juive marocaine. “Les Sépharades…sucré-salés, doux-amers, drôles et nostalgiques, généreux et orgueilleux, sincères et hypocrites, les Sépharades entre rires et pleurs… ”. “Sépharades : faire semblant, ne pas dire ce qu'on pense, et ne pas penser ce qu'on dit, dire une chose et en faire une autre, faire mille promesses et ne jamais les tenir, donner des rendez-vous et ne pas venir – ce rapport à la parole qui fait qu'elle est vraie sur le moment, mais plus le lendemain. Pour le Sépharade, la parole est intimement liée au temps, alors que, pour l'Occidental, la parole lutte contre le temps, elle est ce qui perdure dans le fleuve d'Héraclite. ”
    “La Délivrance arrivera quand toutes les étincelles de sainteté seront réunies dans la lumière divine. C'est à l'homme d'agir pour cela. Dieu, lors de la création, s'est retiré du monde pour que l'homme soit libre. Notre Dieu est un Dieu absent, dont on ne sait pas prononcé le nom, un Dieu qu'on essaye d'invoquer par l'appellation mystérieuse, sans jamais savoir qui il est.”
    C'est avec cette grille de lecture, toujours dans la cadre d'un roman, qu'Eliette Abécassis élargit, avec clarté, le champ d'analyse en décrivant la relation des Sépharades avec Israël et sa structure politique, les ashkénazes, l'Occident, la France, l'Islam, à la Modernité, au Monde.
    Le Livre III avec ses deux cents pages de pathos, de sentimentalisme est à lui seul un roman d'amour à conseiller pour les clients.
    J'aurai quelques retenus lorsque Eliette Abécassis tient absolument à démontrer jusqu'à l'absurde que nos émotions, nos comportements s'expliquent par l'histoire séculaire ou lorsque Eliette Abécassis s'appropriant Montaigne - controverse connue, sans intégrer le caractère humaniste des Essais. Par exemple l'idée que seule la mère juive est étouffante est une faute de l'esprit.
    Lisez cet excellent ouvrage paru chez Albin Michel, 450 pages, 22€ et profitez-en pour lire Chaïm Potok.
    http://pikkendorff.kazeo.com/Chaim-Potok-L-Elu,a950851.html
    Lectori salutem, Pikkendorff
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    • Livres 5.00/5
    Par A-F, le 30 juin 2011

    A-F
    C'est le récit d'une prise de conscience. Prise de conscience par l'héroïne de ses identités multiples : Esther Vidal, juive Sépharade, française, alsacienne.
    A la veille de ses noces avec Charles Halévy, Esther se retrouve immergée dans son histoire familiale. Cette quête existentielle, qui dure le temps du mariage, lui fait revisiter le passé de sa famille et son héritage Sépharade. A côté de la profusion de couleurs, de chants, de cérémonies rituelles, se profile la face sombre des rumeurs, des luttes intestines, et l'implacable mauvais oeil.
    D'ailleurs, la transmission du secret des Sépharades, qui devait marquer l'union suprême, entraînera des tensions fatales pour le couple.
    Hésitant entre tradition et rébellion, Esther va progressivement prendre en main son destin.

    Malgré des descriptions parfois longues et encyclopédiques sur l'histoire du peuple juif, ce roman initiatique met en exergue l'influence du passé et de l'héritage familial sur les actions de l'individu. L'auteur y suggère que la construction de soi passe obligatoirement par la quête de ses origines, aussi multiples soient-elles. Les non-dits, les secrets de familles enfin dévoilés semblent être constitutifs de l'être.
    Ce livre, qui revisite l'épopée des Sépharades depuis l'Inquisition, révèle la richesse et la complexité de cette culture.


    Lien : http://uneoudeuxchosesavousdire.over-blog.com/article-sepharade-elie..
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  • Par Aela, le 22 janvier 2011

    Aela
    le récit d'une femme à la recherche de ses origines..Elle s'appelle Vital et cette quête va l'emmener jusqu'au Maroc. Toute une culture, des traditions qui défilent sous nos yeux..on est captivé du début à la fin..

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  • Par comnios, le 18 février 2010

    comnios
    « Nous avons tous des identités multiples. » C'est le constat de l'héroïne, Esther Vidal, juive marocaine née en Alsace, lorsqu'elle part pour Israël afin d'épouser Charles Toledano, Sépharade comme elle. Esther se retrouve alors de plus en plus immergée dans l'histoire familiale et les traditions.
    En opposition à la profusion de couleurs, de chants et de cérémonies rituelles, on y découvre aussi les rumeurs et les rivalités ancestrales entre les familles. De multiples secrets vont être révélés et mettront en péril l'union d'Esther et Charles.
    Ce roman traite surtout des juifs marocains dont les vies oscillent entre le devoir de mémoire imposé par les anciens et le désir de modernité et d'indépendance que ressentent les plus jeunes.
    Pour préparer son livre, Eliette Abécassis a beaucoup voyagé à travers divers continents.... à noter que ce livre fait partie de la première sélection du Renaudot 2009.

    Lien : http://www.ville-cuincy.fr/index.php?id=962
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Citations et extraits

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  • Par tesla, le 08 décembre 2011

    passionnée par la culture hébraïque, je me suis lancée avec délectation dans ce bouquin d'E. Abécassis... au travers de ces quelques 470 pages, j'ai voyagé, Alsace, Maroc, Israël, enveloppé dans une odeur sucré de thé à la menthe, de gâteaux au miel, et autres douceurs...
    Mais je dois avouer, que quelques lourdeurs (trop de calories, peut être ?!) ont rendu ma lecture plus fastidieuse que ce que j'aurais pu imaginer...
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  • Par dominiqueferry, le 04 novembre 2009

    Les quatre fils de la Haggadah représentaient les quatre dimensions de la transmission. Le premier, le sage, énonçaitl la question:" Quels sont les témoignages, les lois et les préceptes que l'Eternel notre Dieu vous a prescrits?" et se situait à l'intérieur de la Tradition. Le deuxième, le méchant, demandait:" Quelles sont ces lois que vous observez?", il se dissociait de la communauté et se définissait contre elle, en dehors du peuple qui était pourtant le sien. Le troisième, le"simple", qui disait seulement:" Qu'est ceci?", question réduite à sa plus simple expression, ne possédait pas les outils pour en poser une plus intéressant. Enfin, venait le dernier, le quatrième," celui qui ne sait pas poser la question". Celui ci était vraiment en dehors de la chaîne de la transmission, bien plus que le méchant qui questionnait le texte, puisqu'il ignorait qu'il ne savait pas.Le pire des quatre fils n'était donc pas le méchant, qui s'intéressait aux choses du passé, même sur un mode négatif. Le pire, c'était le fils qui ne savait pas poser la question, parce qu'il avait oublié qu'il y avait une question à poser.
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  • Par genieblanc, le 30 octobre 2009

    Nous avons tous des identités multiples.
    Nous venons tous d'un pays, d'une ville ou d'une rue qui nous définit et nous marque à jamais. Nous sommes issus d'une culture ancestrale qui nous emprisonne autant qu'elle nous féconde. Dans la vie, nous jouons des rôles qui changent en fonction de la situation et de l'interlocuteur, du lieu et du moment : nous existons, multiples à nous-mêmes, ignorant l'origine de ces identités qui surgissent malgré nous, et qui nous déterminent dans nos actions, nos pensées et nos sentiments. Nous sommes empruntés et confisqués par notre passé, que nous empruntons et confisquons à notre tour, essayant de savoir qui nous sommes, en cette quête infinie qui commence au premier cri, qui ne s'achève jamais - et qui s'appelle la vie.
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