> Anne Guitton (Traducteur)

ISBN : 2081217074
Éditeur : Flammarion (2009)


Note moyenne : 2.71/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Djeddah, fin des années 80. Naser est un jeune Erythréen de vingt ans que les troubles politiques dans sa terre natale ont forcé à émigrer en Arabie saoudite où, pour gagner sa vie, il lave les voitures. Là-bas, les femmes sont cachées sous leurs voiles et les hommes on... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par zorazur, le 06 janvier 2012

    zorazur
    Un jour où je cherchais une lecture facile, je suis tombée sur Les Amants de la Mer Rouge. Aussi bien le titre, l'illustration de couverture, la quatrième de couverture, semblaient correspondre à mon attente plage-détente-repos. Je confirme donc que c'est une lecture facile. Mais... ce n'est pas que cela. On est à des années lumière du roman rose de base, de l'histoire d'amour impossible et sucrée, des paroles mièvres et désespérées qu'échangent deux amants séparés par un sort contraire (différence de condition et d'éducation, murs de béton, méchants parents, méchants religieux pour qui le seul fait d'être née femme est un péché impardonnable... : au choix).
    On n'est pas non plus dans le pamphlet sur l'Islam ni l'étude de la condition de la femme au sein de la dictature religieuse la plus obtuse et la plus obscure du monde. Ce genre d'étude existe, je l'ai lu et ce n'est pas là qu'il faut la chercher.
    On est dans une histoire d'amour, une vraie bien que pas ordinaire. Et si on a l'impression d'être dans un roman rose c'est parce que les chaussures de l'héroïne sont roses et qu'elle ne pourra jamais rien se permettre d'autre. Ce pourrait être si banal, des chaussures roses. Mais dans ce roman, tout est dit à travers la place qu'occupe une paire d'escarpins : une femme pas comme les autres parce qu'elle ose les chaussures roses, la passion brûlante, deux solitudes qui se croisent et deux êtres que la vie n'en finit pas de maltraiter, la volonté et le courage qu'il faut pour s'extraire d'un destin tracé, la vigilance au quotidien pour préserver la petite parcelle de bonheur et d'espoir qu'on réussit à arracher alors qu'on a contre soi le monde entier. L'amour, encore et toujours, l'amour dans l'abnégation totale et jusqu'au plus inouï des sacrifices. Et au-delà, mais à quand, la vie en rose ?
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Bunee, le 30 avril 2009

    Bunee
    Très intéressante découverte effectuée grâce à l'intermédiaire des lectures de chez les filles ainsi qu'aux éditions Flammarion. Intéressante, d'abord car c'est typiquement un ouvrage que je ne me serais jamais procuré si on ne me l'avait pas proposé il y a déjà quelques temps de celà. Je tiens d'ailleurs à m'excuser auprès de l'équipe pour les délais de parution plutôt longs, lié à des soucis d'organisation sur lesquels je ne m'attarderais pas.
    Donc.
    Ce livre est un cycle, une boucle Narrative. Il commence par une séparation entre le Héros et une femme, et s'achève par une autre séparation (que l'on se surprend à espérer provisoire – interrogation sous tendue à la fin qui frôlerait presque l'arnaque, si on n'avait pas été séduit par l'ouvrage). Il débute avec un exil, et se termine sur un autre exil – tant physique qu'intellectuel.
    Erythrée, années 80. Une femme en larmes confie à un passeur ses deux enfants, Nasser – le narrateur – et Ibrahim, son petit frère. Les garçon trouveront refuge chez leur oncle à Djeddah. Mais pour les émigrés qu'ils sont, l'Arabie est loin d'être la terre de richesse tant espérée – du moins si, mais pas pour eux. Leur condition est très dure.
    L'oncle est un homme pieux à l'extrême, il gagne très peu d'argent et doit en dépenser beaucoup pour pouvoir rester au pays. Il élève ses neveux avec sévérité et rigueur, dans la pratique d'un islam orthodoxe. Mais Nasser, qui est littéralement vendu au Kafil afin que ce dernier renouvelle les titres de séjour, supporte mal cette éducation. Son oncle le chasse mais garde Ibrahim, plus docile, à ses cotés.
    Nasser ne les reverra plus. Il se trouve un emploi, d'abord de serveur dans un bar où affluent les clients homosexuels qui le pourchassent, puis de laveur de voiture. Tant bien que mal il survit à cette pénible existence lorsqu'un jour…
    Une silhouette noire et impie, anonyme parmi les ombres, laisse tomber à son intention un message, une lettre d'amour. Nasser ne la connaît pas, ne sait comment la retrouver. Dans cette ville en noir et blanc, il se met à guetter … l'éclair rose des chaussures de cette inconnue. Déjouant la police religieuse et le redoutable Imam, ils vont élaborer tout un stratagème afin de pouvoir faire vivre cette relation épistolaire. On en arrive à des situations parfois cocasses, souvent dangereuses.
    C'est une très belle écriture, très sensible, qui emporte réellement le lecteur et l'emmène au travers des dédales de ruelles poussiéreuses de Djeddah ; on vibre avec les personnages et du coup ce roman se boit d'un trait, goulument, comme une eau vive en plein soleil. C'est un moment de lecture que j'ai trouvé réellement agréable.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par patachinha, le 24 octobre 2009

    patachinha
    Un roman qui nous transporte en Arabie Saoudite pour nous entrouvir les portes d' un monde caché aux yeux du monde...
    Nasser voyait avec ses yeux d' enfant l' Arabie Saoudite comme une terre promise, lui qui avait échappé à la guerre dans son propre pays. Ce qu' il découvre pourtant, sur cette terre réputée riche pour son or noir, c' est un monde extrêmement violent, orchestré par les hommes puissants et les religieux. Là où il espérait retrouver la paix et la sérénité, il doit survivre et supporter les sévices sexuelles les plus atroces, entre autres choses. Dans ce climat, une chose lui permet de tenir, la volonté de retrouver sa mère restée au pays. En attendant, les années passent et Nasser devient un jeune homme, qui, comme les gens de son âge rêve d' amour.
    Comment chercher l' amour, quand il n' a côtoyé aucune femme depuis des années? Mais que des hommes désespérés eux aussi, et prêts à tout pour assouvir leurs besoins ... Voilà qu' un beau jour une inconnue, ou peut- être un mirage, s' approche et laisse tomber un papier. C' est le début d' une aventure interdite, mais délicieusement partagée...
    Une écriture simple et agréable nous permet de suivre cet amour, qui naîtra peu à peu du simple échange de billets. le lecteur plonge dans ce monde où la vie au quotidien est épiée par la police religieuse, par le voisin, le patron et même les "amis". Où il n' existe guère de place pour l' amour, ni pour la rencontre entre une femme et un homme en dehors du mariage. La torture morale de l' amour partagé mais non reconnu publiquement fait face aux principes et la foi religieuse sacralisées par les gardiens de la parole Divine. En toile de fond, le clientélisme, la difficulté pour un étranger de s' installer dans ce pays, et de se mettre sous l' aile protectrice d' un Kafil, la justice religieuse sur la place des Châtiments... Un monde fait par les hommes et pour les hommes...
    Peut- être est-il judicieux de noter que ce livre doit receler d' éléments autobiographiques, à lire la biographie de l' auteur il est vraisemblable que oui, et il ne donne qu' un tableau plus vrai d' une histoire si souvent partagée... Intéressant pour un premier roman.
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 juillet 2009

    LiliGalipette
    Roman de Sulaiman Addonia.
    Nasser a quitté son pays en guerre pour vivre en Arabie Saoudite. Dans la ville de Djeddah, il lave des voitures pour gagner sa vie. Pour Nasser, le quotidien est en noir et blanc. le blanc, c'est la couleur du vêtement des hommes qui se pressent sur le chemin de la mosquée. le noir, c'est la couleur de la robe des femmes, ensevelies sous le tissu, retranchées du monde et soumises à toutes les suspicions. Dans cet univers, les hommes assoiffés de désir ont l'habitude de s'attacher les services de jeunes garçons pour attendre jusqu'au mariage. Lassé de cette existence, Nasser ne peut cependant rien faire pour y échapper. du moins le croit-il. Un jour, il reçoit un message d'amour d'une inconnue. le geste même de cette femme est sacrilège. Nasser décide de braver tous les interdits, les chefs religieux et la police des moeurs. Prêt à tout, il sacrifie sa sécurité pour vivre pleinement la passion qui s'offre à lui.
    Voilà un texte puissant. Chaque page est pleine d'une sensualité sauvage, mais aussi d'une frustration terrible. L'auteur a décrit avec talent le quotidien des musulmans dans l'Arabie Saoudite des années 80. Chaque lettre échangée entre le héros et son habibi (son amour) vibre d'une poésie digne du Cantique des Cantiques. La fin du livre, que je me garderai bien de révéler, est empreinte d'espoir pour tous les amants. Il n'y a pas d'amour impossible, ni de passion inutile. Tel est le message de l'auteur. Voilà un livre qui va circuler dans mon entourage!
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    • Livres 3.00/5
    Par vanillabricot, le 16 juin 2009

    vanillabricot
    Il y a des livres dont on a du mal à parler. Celui-là en fait partie et j'ai attendu presque un mois pour écrire mon avis.
    J'ai du mal à construire un raisonnement objectif dessus, vous devrez donc vous contenter d'un méli-mélo entièrement subjectif et encore plus fouilli.
    Evidemment d'un livre qui parle d'amour dans une société musulmane et particulièrement en Arabie Saoudite j'attendais pas mal de choses.
    Quelque part j'attendais qu'on parle de moi et de mon histoire. Ca n'a pas du tout été le cas donc passons sur cette première déception qui ne concerne que moi et parlons de ce que ce livre apporte à un lecteur basique (à entendre qui n'a pas la relation que j'ai au duo amour/islam).
    Indiscutablement, son intérêt principal est de nous plonger dans une société qui nous est très étrangère et peu connue. POur ceux qui connaissent pas ou peu le monde musulman, ici il est décrit dans sa forme la plus politisée et la plus extrême.
    On y retrouve le refus de la vie et de ses joies, en bloc, très caractéristique de ce que peut être le fondamentalisme religieux sous toutes les croyances.
    C'est visuellement très bien suggéré par ce monde décrit en noir et blanc, où les femmes ne sont que des ombres et les hommes se débattent entre eux dans le monde terne qu'ils ont eux-même créé.
    L'apparition de la couleur concorde avec la découverte de l'amour et c'est le début de la lutte entre une société impitoyable et les héros amoureux, accrochés coûte que coûte à la vie.
    L'image est percutante et parlera à tous ceux qui craignent ou connaissent peu ces sociétés.
    Quant à moi, si j'ai aimé découvrir l'Arabie Saoudite, étouffante, injuste, qui se débat avec elle-même entre droit de vie et diktat de la religion, j'aurais aimé, au delà de cette description intéressant, qu'on me propose une vision moins manichéenne de l'islam et un ton moins mielleux pour parler de l'amour.
    J'aurais voulu un livre moins facile, moins cliché parce que c'est un sujet dont je connais la complexité et la profondeur.
    Il reste que c'est un livre rapide et aisé à lire. Il a beaucoup plu à ma mère et à sa copine Aline qui l'ont, toutes les 2, lu en quelques jours lors de leur voyage en Turquie.
    C'est aussi un manifeste pour le droit au bonheur dans des sociétés asphyxiées à cause de la folie des hommes qui usent et abusent de Dieu pour vous étouffer avec.
    A la suite de ce livre je me demande s'il est possible finalement de lire/d'écrire sur l'islam sans que ce ne soit, soit une apologie, soit une dénonciation.
    Le relativisme, ça n'a pas l'air d'être une valeur qui marche chez les écrivains.

    Lien : http://vanillabricot.canalblog.com/archives/2009/06/13/14074446.html
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 16 mai 2012

    "Quand deux amants sont surpris, l'homme reçoit des coups de fouet mais peut continuer à vivre. s'il s'excuse et demande pardon à Allah, il peut mener une vie heureuse et normale. Mais la femme, après la douleur des coups de fouet, se retrouve confrontée à une douleur bien plus terrible : elle a perdu son honneur. Plus aucun homme ne la touchera, plus aucun homme ne voudra l'épouser, on la fuira comme un chien enragé, et si un coup de feu ne la tue pas, la solitude et l'abandon s'en chargeront."
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  • Par LiliGalipette, le 16 mai 2012

    "Nasser, y a-t-il vraiment quelque chose de mal en moi qui pousse les hommes vers le mal ? Pourquoi devrais-je m'inquiéter de l'enfer ou du paradis qui les attend, pourquoi serait-ce à moi de payer le prix de leur faiblesse , Je ne suis qu'une femme qui voudrait mener sa vie librement."
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 16 mai 2012

    "Avec un soupir il m'avait répondu : "La loi, mon garçon, ne s'applique que contre les pauvres et les étrangers, pas contre les riches ou les membres de la famille royale."
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