ISBN : 2246759218
Éditeur : Grasset (2011)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres

Et si Françoise Giroud était encore plus grande que sa légende ? Plus riche, plus complexe, plus intéressante que l'image d'Epinal de la jeune femme talentueuse qui devint la première journaliste de son temps ?La trajectoire, on la co... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 19 avril 2012

    carre
    Excellente biographie de Laure Adler qui nous offre un portrait remarquablement documenté d'un femme engagée, qui sut se battre dans un monde masculin et imposer d'une main de fer ces convictions. Mais Adler dévoile aussi les pans d'une vie marquée par son amour fusionnel avec JJSS, et les drames de sa vie. Avec empathie forcément mais sans complaisance, le livre d'Adler évoque aussi les contradictions de la légende de "L'Express". Une belle manière de découvrir une grande journaliste et une grande femme tout simplement qui la veille de sa mort à 86 ans travaillait sur un nouvel ouvrage. Passionnant et fascinant.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
  • Par manoes, le 02 juin 2011

    manoes
    Sur Françoise Giroud, c'est comme si tout avait déjà été dit. Femme de fer et d'influence, brillante journaliste, première femme à diriger un grand journal hebdomadaire qu'elle contribua à fonder, secrétaire d'état à la condition féminine, romancière moins habile que la journaliste, plume aussi acérée qu'admirative, toujours en éveil même quand la vieillesse fut là. de la femme, la vie était plus ou moins connue : des amours flamboyantes avec JJSS surtout et le jeune Georges Kiejman, entre autres ; des amitiés durables ou malmenées avec Mendès et Mitterrand ; une fille brillante, Caroline Eliacheff, un fils disparu…
    La biographie de Laure Adler demeure respectueuse des zones d'ombre de son sujet et c'est une qualité. Elle les évoque, sans entrer plus avant dans les détails, simplement pour donner quelques clés à la compréhension d'une femme terriblement secrète. Elle dit les mensonges et les actes peu glorieux communs à toute vie mais qui, dans le cas de Françoise Giroud, humanise cette femme parfois transformée en statue du commandeur. Sa vie est passionnante, ses choix privés et publics encore plus car ils révèlent une femme libre. Comment imaginer aujourd'hui qu'elle laissa sa fille de 14 ans épouser Robert Hossein qui en avait plus du double ? Qu'elle accepta d'être ministre de Giscard, elle si proche de Mendès ? A ces questions et à toutes celles que l'on se pose au cours du récit, Laure Adler apporte des réponses précises, n'élude rien.
    Mais le plus passionnant est ailleurs. Dans l'histoire extraordinaire du journal l'Express que l'on suit comme un polar intellectuel et haletant, de sa création à sa vente par JJSS, et même au-delà. Les débuts difficiles pour soutenir Mendès, les premiers procès, l'arrivée de Mauriac qui quitte le Figaro pour enchanter ses nouveaux lecteurs de sa plume spirituelle « Je suis une vieille locomotive mais qui marche encore, qui traîne des wagons, qui peut siffler, et il m'arrive de temps en temps, d'écraser quelqu'un. L'honneur de la vieillesse, c'est de ne plus servir à rien. » On suit l'arrivée des journalistes Jean Daniel, Jean Cau, le bouillonnant, Claude Imbert qui en prendra la direction, Jacques Duquesnes, Georges Suffert, et de toutes ses plumes féminines Michèle Cotta, Christiane Collange, Catherine Nay… L'évolution du magazine, de sa ligne éditoriale, de sa maquette fascine et on ne peut qu'être admiratif devant le flair de Françoise Giroud, toujours à l'écoute, ne perdant rien de l'évolution de son époque, créant des rubriques consacrées à l'air du temps, à la mode, au style de vie. Car tout l'intéresse : les livres, le cinéma, le théâtre, l'opéra, la mode. Avec les années 70, Françoise entre dans une zone de turbulences. Elle devient la patronne du journal soit celle d'environ 400 salariés dont une centaine de journalistes… du jamais vu ! En 1975, elle engage le journal dans une campagne contre la peine de mort. A cette époque, elle est déjà entrée de plein pied dans la vie politique. Mais même pour une femme en acier comme elle, la condition de secrétaire d'état est rude. Elle sait probablement que son poste est fragile aussi se met elle immédiatement au travail à la manière Giroud : en faisant tout ! Sa priorité : l'emploi des femmes pour lequel elle proposera très vite toute une série de mesures.
    Le reste de sa vie, sa pugnacité ne faiblira pas tant dans ses engagements humanitaires que dans son rôle de chroniqueuse au Nouvel Obs (joli souvenir que ses articles) ou au JDD (dont elle sera virée pour avoir dit ce qu'elle pensait d'une photo de Mitterrand publiée par Paris-Match).
    Une biographie captivante et pudique pour un destin incroyable. La fin est très belle. Jean-Jacques Servan-Schreiber, souffrant de la maladie d'Alzheimer, assiste aux obsèques de Françoise Giroud et demande à son épouse : « Qui enterre-t-on ? Est-ce mon plus grand amour ? ». Il répétait ces mots de plus en plus fort. Discrètement, ses fils et Sabine l'ont éloigné. Ce fut sa dernière apparition publique…


    Lien : http://manoes.canalblog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par irenelec, le 20 juillet 2011

    irenelec
    Quelle femme ! On a beau le savoir, lire sa biographie laisse pantois.
    Laure Adler est une grande admiratrice de Françoise Giroux et cela se sent. Mais comment pourrait-on reprocher à une journaliste d'admirer celle qui fut non seulement une immense journaliste mais également une pionnière dans le féminisme par sa manière de mener sa vie.
    Françoise Giroux ne fut manifestement pas une femme heureuse et son parcours ne fait pas particulièrement envie d'autant qu'existe en elle une grande part sombre.
    Ce livre est également très enrichissant par tout ce qu'il nous donne à voir d'une époque qui démarre à l'aube de la seconde guerre mondiale jusqu'à la mort de Mitterand. Françoise Giroux a occupé une place qui lui permet d'être en prise direct d'évènements tels que la guerre d'Algérie et mai 68.
    En bref, cette biographie se lit comme un roman passionnant à toute allure
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  • Par Aela, le 20 février 2011

    Aela
    C'était une grande dame ; elle faisait partie de notre paysage quotidien. Elle a marqué son temps par ses prises de position courageuses sur la condition et les droits des femmes.
    Laure Adler réalise un excellent travail de biographe : elle restitue non seulement un parcours connu de tous – la création de la revue Elle, la fondation de l'Express, la carrière politique, mais aussi les zones d'ombre dans la vie de cette femme hors normes : les désillusions sentimentales, l'expérience de la trahison , la tentative de suicide, la mort d'un fils..
    Un portrait d'exception pour cette femme d'exception , fille d'immigrés turcs, qui n'a jamais passé son bac, mais qui deviendra secrétaire d'Etat à la condition féminine. Une femme qui a inventé aussi « la Nouvelle Vague », une travailleuse acharnée, élégante et éprise de liberté, l'archétype de la femme moderne.
    Un très beau portrait et une analyse très percutante de la société française avec ses mœurs politiques, tout au long de la deuxième moitié du XX ème siècle.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lyre, le 15 juin 2011

    Lyre
    Très belle biographie de Laure Adler. Je suis un admirateur de Françoise Giroud et j'ai beaucoup aimé ce livre. D'aucuns ont reproché à Laure Adler d'être trop en empathie avec son personnage et d'occulter ou de minimiser certains points noirs. Je ne trouve pas. Certes on sent que l'auteure aime son personnage mais elle ne nous fait pas grâce de la face sombre de cette femme d'exception qu'était Françoise Giroud.
    A lire pour mieux connaitre Françoise Giroud mais aussi pour pour l'histoire du journalisme moderne et pour l'histoire de la cinquième république.
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Citations et extraits

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  • Par helenemartinihl, le 17 décembre 2011

    concernant la mort de son fils page 340
    "elle intériorise cette mort et ne comprend pas pourquoi c'est elle qui est encore envie. Elle à perdu à tout jamais l'insouciance et un voile noir vient obscurcir son rapport au monde
    "la vie est la plus forte. La douleur qui demeure devient comme une bête apprivoisée aux griffes rongées mais aujourd'hui encore, j'ai du mal à dire mon fils sans que ma gorge se noue
    page451 sur la dépression :
    Rien du coup de cafard. C'est la fracture de l'âme La maladie La grande...
    Cette douleur, en vérité, est indicible, inexprimable,toutes les métaphores, celle deStyron et les autres - fosse aux serpents, tempête des ténèbres, rafales dévastatrices - sont impuissantes à décrire la prison de souffrnce où enferme la dépression
    page 457 sur l'âge
    implacable, elle observe les dérives de l'âge et note la distance qui sépare ce qu'elle veut faire de ce que maintenant lui est possible
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  • Par Aela, le 20 février 2011

    En 1964, Françoise Giroud a quarante-huit ans. Elle va considérer son anlayse comme un engagement intellectuel. Elle n’attend pas, de ce cheminement qui durera trois ans , l’effacement de ses peines, mais la possible prise à bras-le-corps de son existence.

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  • Par Aela, le 20 février 2011

    Mai 68 est l’occasion pour Françoise Giroud de comprendre que l’on quitte un régime monarchique aux mœurs corsetées. Dans un article intitulé « le sens du bonheur » ; elle avouera avoir vécu avec des « lunettes roses » tous ces moments où elle a ressenti collectivement ce désir des Français de ne plus se soumettre, ni moralement, ni politiquement à cette société industrielle où toutes les énergies sont tournées vers le travail et la compétitivité
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  • Par Aela, le 20 février 2011

    Françoise ne cessera de donner confiance aux femmes, stigmatisera les clichés : « Il n’y a pas de femmes fortes. Il n’y a que des hommes faibles. » et lancera, dès les débuts du journal, des thèmes récurrents : la nécessité de l’indépendance matérielle, des femmes, le plaisir qu’il y a à ne pas se marier..
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  • Par manoes, le 01 juin 2011

    Mauriac s'enquiert des compétences d'un ministre. Devançant la réponse du président, Jean-Jacques affirme : " C'est une cloche", d'autres noms suivront, qualifiés du même adjectif. Mendès sourit, Mauriac s'écrit : "Alors, cher président, ce n'est pas un gouvernement, c'est un carillon."
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