Johanna Adorjàn avait vingt ans quand ses grands-parents se sont suicidés. Seize ans après, elle tente d'éclairer ce qui les a conduits à accomplir un tel geste. Sa reconstruction minutieuse entrelace l'évocation de leur dernière journée telle qu'elle l'imagine et le ré... > voir plus
Dire que cette lecture m'a enchantée va surprendre mais c'est le mot exact : on tombe sous le charme du récit, qui est à mi-chemin entre vérité et fiction. Ce livre raconte l'histoire de Vera et de Pista, deux Juifs hongrois survivants de la Shoah, qui ont fui les émeutes de Budapest en 1956, ont trouvé refuge au Danemark et se sont donné la mort à Copenhague en 1991. C'est l'histoire d'un amour hors du commun. L'histoire de ses grands-parents. Johanna exprime avec retenue et pudeur combien l'intrusion dans l'intimité de ses grands-parents a été bouleversante. Elle a appris des choses qu'elle aurait préféré ne pas savoir (comme le fait qu'ils se soient trompés une fois l'un et l'autre alors que c'était un couple qui offrait un modèle d'union). Mais de toute évidence elle ne pouvait pas deviner quelles confidences il aurait mieux valu ne pas entendre. Elle avait 20 ans à la mort de ses grands-parents. Donc elle avait forcément beaucoup de souvenirs personnels. Elle connaissait leur maison, leur façon de vivre, leurs tempéraments. Elle n'a eu qu'à les faire resurgir.
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"Ce livre raconte l'histoire de Vera et Istvàn, deux Juifs hongrois survivants de la Shoah, qui ont fui les émeutes de Budapest en 1956, ont trouvé refuge au Danemark et se sont donné la mort à Copenhague en 1991. C'est l'histoire d'un amour hors du commun. L'histoire de mes grands-parents."
Johanna Adorjàn avait vingt ans quand ses grands-parents se sont suicidés. Seize ans après, elle tente d'éclairer ce qui les a conduits à accomplir un tel geste. Voilà, vous savez presque tout. Je serais de mauvaise foi si je disais que le livre n'apportait rien de plus que la quatrième de couverture. L'histoire en elle-même est poignante - la vraie histoire, le destin de ce couple : survivre à la Shoah et décider, quarante-six ans plus tard, de mourir ensemble, parce que l'une ne veut pas rester sans l'un. Mais le récit de Johanna Adorjàn n'apporte rien de plus. L'auteur essaie de reconstituer la dernière journée de ce couple - elle imagine les propos qu'ils ont pu se tenir, les gestes qu'ils ont pu faire - tout en racontant certains épisodes de leur vie. On en reste là.
C'est un destin extra-ordinaire, traité de manière tout à fait ordinaire. C'est dommage.
ohanna (l'auteur donc) part à la découverte de l'histoire de ses grands-parents Vera et Itsvan. Elle a 20 ans lorsqu'ils décident de mourir ensemble. On remonte donc avec elle dans cette histoire d'amour qui se mêle à l'histoire tout court. Car Vera et Itsvan se sont connus en Hongrie, ont vécu la Shoah, l'insurrection de Budapest et leur exil au Danemark. Les passages de leur vie s'entremêlent au récit de leur dernière journée. Toute plongée dans ma période guimauve, j'ai beaucoup aimé ce roman, à l'image de sa couverture, tendre, doux et délicat. Pour une fois, j'ai l'impression qu'on est loin des stéréotypes habituels de l'amuuuur passion qui dure toute la vie (chose qui, il faut bien se l'avouer, n'existe que dans les romans). Là, on suit cet amour qui est là, qui traverse les épreuves et le temps presque sans bruit, avec légèreté et délicatesse. Un amour réel et réaliste.
Quand je me décide enfin à le feuilleter avec un luxe de précautions, je tombe sur la description très précise d'une méthode de suicide consistant à respirer du gaz, la tête enfermée dans un sac en plastique. Je ne peux m'empêcher de penser à mon grand-père. Survivre au camp de concentration pour en arriver là ?
Quand j'étais petite, j'aurais rédigé une liste secrète indiquant l'ordre dans lequel mourraient mes grands-parents. Comme elle m'avait été inspirée par mon amour et ma peur, venait en premier celui qui devait vivre le plus longtemps
"Leur amour si grand répond à toutes les questions". C'est la plus belle interprétation qu'on puisse donner à leur double suicide Mais est-ce toute la vérité ? Cet acte ne traduit-il pas surtout la peur ?