AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2867468396
Éditeur : Liana Lévi (03/10/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.59/5 (sur 902 notes)
Résumé :
Au centre, l'héroïne: jeune Sarde étrange "aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses". Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... A l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d'une extraordinaire finesse: le mari, épousé par raison pendant la Seconde Guerre, sensuel taciturne à jamais mal connu; le Rescapé, brève rencontre sur le Continent, à l'empreinte indélébile; le fils, inespéré, et futur pianis... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (151) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
12 mars 2013
★★★★★
★★★★★
Je viens de tourner cent vingt pages d'un délicieux récit cousu dans l'élégance.
«Mal de pierres» ressemble davantage à un conte, une histoire chuchotée, magnifiquement troublante, qu'à un de ces romans tonitruants qui laissent essoufflés. En Sardaigne, dans ces austères années 1930, une jeune femme trop belle aime l'amour et en attend tout. Tant et si bien que, la trentaine venue, elle doit renoncer à ses rêves pour, raisonnablement, épouser un veuf à qui elle ne donnera pas d'enfant, en raison de son mal de pierres. Mal qui la fait d'ailleurs tant souffrir qu'elle part en cure. Elle y rencontre le Rescapé, un homme cassé, meurtri dans son âme et dans son corps. L'amour jaillit, grandiose, et Milena Agus décrit en mots, en phrases furtives, en effleurements provocants, ce doux danger de l'amour fou.
Il se dégage de ce récit une poésie profonde, digne de ce nom, une sensualité pleine de bonheur. Une centaine de pages suffiront pour comprendre d'où nait le simple désir d'enfant, et comment l'amour conçoit cette envie parfois hors la chair. Et l'on referme presque à regret ce petit opus tellement léger, tellement lourd en sentiments, qui fourmille de personnages et s'appuie sur ces ineffables et complexes liens entre les êtres et les choses qui peuvent rendre un roman si vrai.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          870
marina53
07 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Sardaigne, années 40. À 30 ans, elle n'était toujours pas mariée. Non pas que les soupirants manquaient à l'appel, bien au contraire. Mais la plupart espaçait leur rendez-vous avant de disparaître. Aussi, lorsqu'en mai 1943, se présenta cet homme de plus de quarante ans, récemment veuf et travaillant aux salines de Casteddu, elle n'eut d'autre choix que de l'épouser, poussée par ses parents. Et ce, malgré le peu d'amour qu'il y avait entre eux. Lui fréquentait régulièrement les maisons closes. Aussi, afin d'économiser un peu son argent, elle lui proposa de faire les prestations. Malheureusement, quelques années plus tard, des coliques néphrétiques la firent souffrir atrocement, mettant à mal toute grossesse. Une souffrance telle qu'en 1950, les médecins lui prescrivirent une cure sur le Continent. C'est là qu'elle rencontrera le Rescapé...
La narratrice de ce roman n'est autre que la petite-fille à qui cette femme racontera, des années plus tard, son passé. La guerre, l'histoire de la Sardaigne et de l'Italie, son mariage, son mal de pierres et sa rencontre avec le Rescapé. Un mal de pierres qui s'apparente, certes, aux calculs rénaux mais aussi au sens plus large, au manque d'amour, au manque d'être aimé. L'on ressent aussitôt chez cette femme une certaine fragilité, certains pensaient qu'elle était folle. Au coeur de la Sardaigne, sous un soleil plombant, Milena Agus nous offre une histoire d'une grande sensualité, un roman empli de tendresse et de poésie, élégant et étonnant de par cette fin inattendue. Par le biais de cette petite-fille qui déroule petit à petit la vie de sa grand-mère, l'on découvre combien cette histoire d'amour, brève mais intense, aura compté pour elle. L'auteur dépeint une femme à la fois forte et fragile, complexe, lumineuse, plus que jamais libre et aimant l'Amour. Un petit roman émouvant servi par une écriture sobre et poétique.
À noter que ce roman a été adapté pour le cinéma par Nicole Garcia avec Marion Cotillard et Louis Garrel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          721
latina
28 juin 2016
★★★★★
★★★★★
Milena Agus écrit pour raconter « la vie, pitoyable et comique, misérable et merveilleuse, sans mièvrerie et avec ironie »
C'est exactement de cela qu'il s'agit dans ce « Mal de pierres ».
La narratrice parle de sa grand-mère, la fantasque, celle qui souffre d'une étrange maladie : elle n'arrive pas à être aimée, alors qu'elle est si belle, si sensuelle, et elle en souffre. Elle se taillade les bras, s'arrache les cheveux, s'enferme dans le poulailler. Elle refuse d'être comme les autres, de réagir comme ces femmes de Sardaigne de l'après-guerre qui acceptent leur sort. Elle veut vivre, aimer, être aimée. Elle écrit des lettres enflammées à ces hommes qu'elle croise et à qui elle fait peur.
Elle se mariera à un homme qu'elle n'aime pas et qui ne l'aime pas (dit-elle) mais pour qui elle effectuera des « prestations sexuelles » telles que faisaient pour lui les prostituées d'une maison close qu'il fréquentait assidûment. Ainsi, au moins, il épargnera son argent pour acheter son tabac...
Mais cette maladie de manque d'amour n'est pas la seule maladie dont elle souffre ; son mal de pierres lui arrache des larmes et lui cisaille les reins. « Grâce » à ces impitoyables pierres aux reins, elle effectuera une cure sur « le Continent » où elle rencontrera enfin l'amour, dont peut-être son enfant est le fruit.
Enfin...c'est ce que la narratrice pense. C'est ce qu'elle a peut-être inventé. Car celle-ci aime écrire et chacun sait qu'écrire, c'est mêler le réel au fantasme...
Fraicheur, humour, pathétique se mêlent dans la narration d'une vie, ou plutôt d'une famille à travers une femme.
Mais la vie d'une Sardaigne d'après 40-45 grouille aussi dans ces pages. Ces maisons, ces rues, ces voisines qui épient, cette cuisine, ces travaux ménagers. Ces hommes qui rentrent du travail, s'asseyent et fument.
La mer, toujours là, si proche et si lointaine, calme et bleue.
La musique aussi, dite « classique », où se noient plusieurs personnages.
Poids des traditions et révolte à travers la folie ou du moins ce que les autres appellent la folie.
Milena Agus sème le doute et récolte la tendresse.
Une tendresse qui reste, longtemps après que la dernière page se soit refermée.
Oui, je souris en écrivant ces lignes.
L'auteure a donc bien réussi à atteindre son but...
« La vie, pitoyable et merveilleuse, racontée sans mièvrerie et avec ironie ». Exactement.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          644
gouelan
19 avril 2015
★★★★★
★★★★★
Une jeune femme en Sardaigne, avant la guerre, attend désespérément l'amour. Elle est belle, mais fantasque, voir dérangée. Elle écrit dans un petit carnet, en cachette. Elle y glisse ses rêves, elle laisse toute la liberté à son imagination.
Sa petite-fille, la narratrice, très attachée à sa grand-mère, va récolter ses souvenirs de jeunesse.
Mais, sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il ?
Cette femme, pas si folle qu'on le croit, pour qui l'amour doit être magique, va apporter à sa vie routinière et insatisfaisante le brin de folie qui lui manque. Il faut bien faire passer ce mal de pierres ; ce mal d'amour, transformer la réalité, la faire passer du médiocre, du misérable, au merveilleux.
On se plonge avec plaisir dans ce décor de Sardaigne, dans cette histoire surprenante, sensuelle, poétique et magique. Petit livre qui nous invite à flâner au fil de pages, à savourer. Si on se presse, on pourrait ne pas saisir tout le sens et la magie qui se dégagent. Malgré tout, on est bien surpris à la fin.
Non , elle n'est pas dérangée, elle met juste un peu de musique dans cette vie trop bien rangée à son goût.
« Il ne faut pas introduire de l'ordre dans les choses mais seconder la confusion universelle et lui jouer de la musique. »
« Car au fond, en amour, il s'agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu'on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre pour que tout se passe bien. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          605
diablotin0
31 mai 2016
★★★★★
★★★★★
J'ai eu beaucoup d'émotions en lisant ce livre.
La narratrice raconte la vie de ses grands parents et particulièrement celle de sa grand mère qui est considérée comme une personne ayant un petit brin de folie.
La difficulté d'aimer et d'être aimé est au centre de ce petit livre teinté de mélancolie, de tristesse et parfois même quelques touches de cruauté.
Je me suis laissé embarquer par l'histoire d'amour entre la grand mère et le Rescapé... et ai été séduite tout simplement par ce petit voyage en Sardaigne.
Commenter  J’apprécie          560
Citations & extraits (86) Voir plus Ajouter une citation
Cricri124Cricri12411 mars 2017
Il aimait sa mère, mais elle lui était étrangère et quand elle lui demandait comme ça s'était passé, il répondait: "normalement, m'man." Alors grand-mère lui disait que cela n'existait pas, normalement, que les choses étaient forcément d'une façon plutôt que d'une autre, on voyait qu'elle en faisait une maladie, qu'elle était jalouse quand après, attablés tous les trois avec grand-père, les choses du monde prenaient cette façon que grand-mère avait indiquée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
marina53marina5308 mars 2017
Au fond, en amour, il s’agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu’on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre pour que tout se passe bien. 
Commenter  J’apprécie          270
marina53marina5307 mars 2017
Elle installait toujours sa chaise un peu derrière lui pour qu’il ne la voie pas, charmée, regarder la courbe de son front, (…), sa gorge sans défense, (…) dans sa chemise aux manches retroussées d’une blancheur  immaculée (…), une dignité à en pleurer, dans ce corps offensé mais malgré tout encore inexplicablement fort et beau.
Commenter  J’apprécie          140
marina53marina5307 mars 2017
Elle savait que Dieu était fâché contre elle car il lui avait donné plein de belles choses et elle n'avait pas réussi à être heureuse.
Commenter  J’apprécie          310
marina53marina5307 mars 2017
Il lui disait que la vie allait ainsi, avec des choses horribles, mais aussi avec d'autres, magnifiques.
Commenter  J’apprécie          230
autres livres classés : Sardaigne (Italie)Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Grandes oeuvres littéraires italiennes

Ce roman de Dino Buzzati traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ».

Si c'est un homme
Le mépris
Le désert des Tartares
Six personnages en quête d'auteur
La peau
Le prince
Gomorra
La divine comédie
Décaméron
Le Nom de la rose

10 questions
421 lecteurs ont répondu
Thèmes : italie , littérature italienneCréer un quiz sur ce livre
. .