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> Dominique Vittoz (Traducteur)

ISBN : 2867464331
Éditeur : Liana Lévi (2007)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.57/5 (sur 572 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Au centre, l'héroïne: jeune Sarde étrange "aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses". Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... A l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d'une extraordinaire finesse... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Tempuslegendae, le 12 mars 2013

    Tempuslegendae
    Je viens de tourner cent vingt pages d'un délicieux récit cousu dans l'élégance.
    «Mal de pierres» ressemble davantage à un conte, une histoire chuchotée, magnifiquement troublante, qu'à un de ces romans tonitruants qui laissent essoufflés. En Sardaigne, dans ces austères années 1930, une jeune femme trop belle aime l'amour et en attend tout. Tant et si bien que, la trentaine venue, elle doit renoncer à ses rêves pour, raisonnablement, épouser un veuf à qui elle ne donnera pas d'enfant, en raison de son Mal de pierres. Mal qui la fait d'ailleurs tant souffrir qu'elle part en cure. Elle y rencontre le Rescapé, un homme cassé, meurtri dans son âme et dans son corps. L'amour jaillit, grandiose, et Milena Agus décrit en mots, en phrases furtives, en effleurements provocants, ce doux danger de l'amour fou.
    Il se dégage de ce récit une poésie profonde, digne de ce nom, une sensualité pleine de bonheur. Une centaine de pages suffiront pour comprendre d'où nait le simple désir d'enfant, et comment l'amour conçoit cette envie parfois hors la chair. Et l'on referme presque à regret ce petit opus tellement léger, tellement lourd en sentiments, qui fourmille de personnages et s'appuie sur ces ineffables et complexes liens entre les êtres et les choses qui peuvent rendre un roman si vrai.
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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 01 février 2012

    le_Bison
    Au centre de cette histoire, il y a une jeune femme aux cheveux incroyablement noirs et magnifiques, une jeune sarde, que la rumeur dit perturbée. Est-ce parce qu'un jour, elle a décidé de couper sauvagement ses cheveux comme une folle hystérique l'aurait fait avec une paire de ciseaux rouillée ? Est-ce parce qu'elle a les avant-bras couverts de cicatrices qu'elle s'est infligée elle-même ? Est-ce parce qu'une fois elle s'est jetée au fond du puits familiale ? Toujours est-il que cette belle sarde apparait comme dérangée mais surtout profondément triste et malheureuse. Triste d'attendre ses prétendants qui ne vinrent jamais au-delà du second rendez-vous. Malheureuse parce que personne ne comprend sa poésie et tout le monde décrie ses poèmes passionnées comme l'œuvre du Démon, car en ce temps-là tout ce qui sort de la norme est habité par le Diable.
    Autour de cette histoire, il y a la Sardaigne, une terre magnifique et sauvage qui n'est en rien comparable avec le pays, l'Italie et ses grandes villes Milan ou Gênes. Dans les années 40, juste après-guerre, l'Italie tente de se reconstruire après les bombardements alliés et les massacres nazis. Une Italie qui panse ses plaies d'après-guerre et qui raconte une étrange histoire d'amour, proche de la folie.
    Milena Agus a construit avec son « Mal de pierres » un magnifique roman d'amour, à la fois passionnée et étrange, perdu dans les terres profondes de la Sardaigne. Il y a de l'amour, de la tristesse, de l'émotion et de la chaleur humaine ; par moments drôle, par d'autres tendu, une pointe sexuelle venue épicer cette histoire d'une presque folle aux abords d'un gouffre dans lequel elle a plongé sans pouvoir remonter à l'air libre…

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=1176
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    • Livres 5.00/5
    Par olivberne, le 22 juin 2013

    olivberne
    Je ne sais pas ce qui m'a poussé à choisir en librairie ce roman totalement inconnu pour moi à l'époque, je crois que la quatrième de couverture m'avait plu. Je l'ai commencé doucement, en m'attachant au récit, fluide, coulant sinueusement, puis peu à peu j'ai été accroché, au point de le lire d'une traite, moi qui est un zappeur de la lecture.
    J'ai pris ce texte en pleine face: j'ai eu l'impression de flotter dans l'air, d'être en lévitation, comme envouté. Miléna Agus, que je découvrais, me donnais l'impression d'une romancière très propre, comme les romancières anglaises du 19e siècle: une femme raconte sa vie, ses problèmes de santé, son Italie, entre nord et sud, bref tout semble assez classique. Et puis tout d'un coup, au détour d'une phrase, un mot, une allusion, il faut même relire pour en être sûr: mais ce roman est plein de perversité! de succulentes drôleries et d'incroyables pensées!
    J'ai vraiment été surpris par le style, rapide et énergique mais lent pour décrire, amusant et vivifiant mais sombre et triste quand il sagit d'analyser sa condition de femme. C'est un roman où je me suis retrouvé, et pourtant je ne suis pas femme, où j'ai pu comprendre l'adultère et son ressentiment.
    Un roman que je conseillerai à tout ceux qui veulent découvrir une histoire particulière, osée mais merveilleuse et magnifiquement racontée.
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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 27 mai 2011

    Malaura
    Dans son village de Sardaigne, on la disait dérangée.Toujours en décalage, elle attendait l'amour avec tant de passion qu'elle faisait peur aux hommes. A la fin de la Seconde Guerre, elle épouse par raison un homme qui ne lui dévoile de l'amour que le côté charnel, mais vit une brève passion avec le Rescapé, un être mystérieux rencontré lors d'une cure sur le continent.Avec affection, sa petite-fille, la narratrice, dévoile la vie de cette femme singulière à l'imagination à fleur de peau.
    Affectueuse et complice, Milena Agus dresse un beau portrait de femme, tout en finesse et en retenue. Et au-delà de cette héroïne en décalage avec son temps, c'est l'image même de la femme qui est ici représentée : sa volonté d'indépendance, son désir d'être aimée, ses rêves et ses passions ou son besoin de liberté...
    Poids du silence dans un monde de tabous, pouvoir de l'imagination sur l'enfermement du quotidien, "Mal de pierres" se veut surprenant et tendre.
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    • Livres 5.00/5
    Par denisarnoud, le 20 février 2014

    denisarnoud
    La narratrice nous conte ici l'histoire de sa grand-mère, personnage attachant et haut en couleur. Jeune femme sarde de trente ans, souffrant du Mal de pierres (calculs rénaux) elle est toujours célibataire. Elle a bien des prétendants étant jolie mais aucun d'eux n'ose franchir le pas, au grand désespoir des ses parents.


    En 1943, un réfugié vient habiter chez eux. Habitant à Cagliari, sa famille a été décimée et sa maison détruite lors d'un bombardement. Au bout de quelque temps il la demande en mariage. Mais c'est un mariage de raison, sans amour. L'homme continue à aller voir les prostitués et l'union reste chaste. Un jour par souci d'économie la jeune femme propose à son époux de lui offrir les mêmes prestations que lui procurent les filles de joie et de mettre l'argent de côté. La jeune femme tombe plusieurs fois enceinte mais ne peut mener ses grossesses à terme à cause de sa maladie.

    Un médecin conseille alors à la jeune femme d'aller en cure sur le continent pour soigner ses calculs rénaux. C'est lors de cette cure qu'elle fait la rencontre du Rescapé, un homme qui était dans la marine pendant la guerre et qui a été fait prisonnier. Cet homme cultivé et beau malgré sa jambe de bois, souvenir de la guerre, attire la jeune femme et une relation s'instaure entre eux.

    Milena Agus, romancière sarde, nous livre ici une petit bijou plein de délicatesse, de sensualité et de poésie. La description de la grand-mère conté par sa petite fille d'après les conversations que celle-ci a eues avec elle, et d'après son cahier retrouvé lors des travaux de sa maison, nous présente un personnage fantasque, amoureux de l'amour qui pour elle est la chose la plus importante au monde, un personnage présenté par les membres de sa propre famille comme fantasque, un peu dérangé, une femme libre dans une société si conventionnelle.
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Citations et extraits

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  • Par antigoneCH, le 20 janvier 2008

    "Cette maison n'est pas restée vide, d'autant que nous venons ici, mon fiancé et moi, je pense toujours qu'elle garde l'énergie de grand-mère et que si nous faisons l'amour dans un lit de la rue Manno, dans cet endroit magique où l'on n'entend que la rumeur du port et le cri des mouettes, nous nous aimerons toujours. Car au fond, en amour, il s'agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu'on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre, pour que tout se passe bien, par exemple obéir à des commandements.

    Et au lieu de faire le ménage, de lire les nouvelles sur la situation en Irak avec ces Américains dont on ne comprend pas s'ils sont une armée de libération ou d'occupation, j'ai écrit, sur le cahier que j'ai toujours sur moi, le récit de grand-mère, du Rescapé, de son père, de sa femme, de sa fille, de grand-père, de mes parents, des voisines de la rue Sulis, de mes grands-tantes paternelles et maternelles, de ma grand-mère Lila, de mesdemoiselles Doloretta et Fanni, de la musique, de Cagliari, de Gênes, de Milan, de Gavoi."



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  • Par augurey, le 28 novembre 2008

    D'après maman en effet, dans une famille, le désordre doit s'emparer de quelqu'un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux, sinon le monde se sclérose et s'arrête. Si nos nuits sont sans cauchemars, si le mariage de papa et maman a toujours été sans nuages, sij'épouse mon premier amour, si nous ne connaissons pas d'accès de panique et ne tentons pas de nous suicider, de nous jeter dans une benne à ordures ou de nous mutiler, c'est grâce à grand-mère qui a payé pour nous tous. Dans chaque famille, il y a toujours quelqu'un qui paie son tribut pour que l'équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s'arrête pas.
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  • Par ChezLo, le 20 décembre 2010

    Elle s'était mariée sur le tard, en juin 1943, après les bombardements américains sur Cagliari, à une époque où une femme pas encore casée à trente ans était déjà presque vieille fille. Non qu'elle fût laide, ou qu'elle manquât de soupirants, au contraire. Mais un moment venait où les prétendants espaçaient leurs visites, puis disparaissaient de la circulation, toujours avant d'avoir demandé officiellement sa main à mon arrière-grand-père. Chère Mademoiselle, des raisons de force majeure m'empêchent ce mercredi, ainsi que le prochain, defai visita afustetti, comme c'était mon voeu le plus cher, mais hélas irréalisable. Ma grand-mère attendait alors le troisième mercredi, mais chaque fois se présentait une pipiedda, une fillette, qui lui apportait une lettre repoussant encore, et puis, plus rien.
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  • Par mandarine43, le 26 mars 2011

    [Incipit.]

    Grand-mère connut le Rescapé à l'automne 1950. C'était la première fois qu'elle quittait Cagliari pour aller sur le Continent. Elle approchait des quarante ans sans enfants, car son mali de is perdas, le mal de pierres, avait interrompu toutes ses grossesses. On l'avait donc envoyée en cure thermale, dans son manteau droit et ses bottines à lacets, munie de la valise avec laquelle son mari, fuyant les bombardements, était arrivé dans leur village.

    Elle s'était mariée sur le tard, en juin 1943, après les bombardements américains sur Cagliari, à une époque où une femme pas encore casée à trente ans était déjà presque vieille fille. Non qu'elle fût laide, ou qu'elle manquât de soupirants, au contraire. Mais un moment venait où les prétendants espaçaient leurs visites, puis disparaissaient de la circulation, toujours avant d'avoir demandé officiellement sa main à mon arrière-grand-père. Chère Mademoiselle, des raisons de force majeure m'empêchent ce mercredi, ainsi que le prochain, defai visita afustetti*, comme c'était mon vœu le plus cher, mais hélas irréalisable.

    Ma grand-mère attendait alors le troisième mercredi, mais chaque fois se présentait une pipiedda, une fillette, qui lui apportait une lettre repoussant encore, et puis, plus rien.
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  • Par Yuko, le 03 mai 2011

    A partir du moment où grand-mère s'aperçut qu'elle était devenue vieille, elle me disait qu'elle avait peur de mourir. Pas de la mort en soi qui devait être comme aller dormir ou faire un voyage, mais elle savait que Dieu était fâché contre elle parce qu'il lui avait donné pleins de belles choses en ce monde et qu'elle n'avait pas réussi à être heureuse, et Dieu ne pouvait pas lui avoir pardonné ça. (...) De toute façon, elle parlementerait avec Lui avant d'aller en enfer. (...) Elle avait déployé toutes ses forces pour se convaincre que cette vie était la meilleure possible, et pas l'autre dont la nostalgie et le désir lui coupaient le souffle. Mais elle demanderait sincèrement pardon à Dieu pour certaines choses.
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