> Dominique Vittoz (Traducteur)

ISBN : 2867464331
Éditeur : Liana Lévi (2007)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 242 notes) Ajouter à mes livres
Au centre, l'héroïne: jeune Sarde étrange "aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses". Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... A l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d'une extraordinaire finesse... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par asphodele85, le 08 mai 2011

    asphodele85
    Le Mal de pierres ne désigne pas seulement les coliques néphrétiques, ces cailloux douloureux qui vrillent les reins, mais un mal indéfinissable et tout aussi minéral qui ronge l'âme de la grand-mère de la narratrice, le mal d'amour ou plutôt de manque d'amour. Et cette grand-mère "différente", est atteinte des deux, l'un servira à excuser l'autre et sa vie de "gentille folle" en sera à jamais marquée.
    La narratrice est la petite-fille de cette aïeule transcendée malgré sa folie douce, dont elle retrouve le cahier noir à tranche rouge lors de travaux de rénovation de la maison familiale, cahier jalousement caché dans un mur. Dans ce petit roman de 139 pages, Milena Agus nous brosse à grands traits l'Histoire de la Sardaigne, de l'Italie aussi, de 1943, en passant par les évènements de 1969 à nos jours sans presque jamais nous ennuyer. Au moment où cela aurait pu, elle rebondit comme un chat et nous donne une folle envie de savoir la suite sans qu'on lâche le livre dont la fin nous laisse tout supposer sans certitudes aucunes...
    Imaginez dans la Sardaigne des années 40, catholique et pudibonde, une jeune fille de presque 30 ans, incapable de prendre époux à cause de sa différence mais faisant fuir également les fiancés potentiels de ses soeurs cadettes. Elle finira par épouser un veuf, qui la prend comme elle est, pour sa beauté aussi. Elle ne l'aime pas, il le sait et ils dormiront toute leur vie, chacun "à l'autre bout du lit", sans se toucher, (allant même jusqu'à en tomber !), sauf pour des parties "sexe" très hot, même si elles ne sont décrites qu'en une page et quelques lignes, on imagine très bien la vie de ces deux là : elle, s'en voulant de ne pas aimer un homme aussi bon car il l'est et nous éprouvons d'emblée de la sympathie pour Grand-père et lui s'éclatant au bordel la plupart du temps, sauf quand elle "fait" comme les filles qu'il va voir. le Mal de pierres fait aussi qu'elle ne peut concevoir d'enfant, allant de fausses couches en fausses couches. " C'étaient les femmes normales qui avaient des enfants, les femmes joyeuses, sans vilaines pensées, comme ses voisines de la rue Sulis. Dès qu'ils se rendaient compte qu'ils étaient dans le ventre d'une femme dérangée, les enfants fuyaient, comme tous ses fiancés." L'arrivée de la guerre et la démobilisation de ce Grand-père providentiel lui a permis d'échapper à l'asile pour "calmes" où voulaient la placer ses parents, las de ses tentatives de suicide et autres bizarreries qui jetaient la honte sur cette famille respectable et respectée. On ne rigole pas avec Dieu et les apparences dans ces contrées, on fait venir le prêtre pour exorciser un mal qui ne se soignera pas ainsi, ou on cache ce qui n'entre pas dans le moule. A l'aube des années 1950, Grand-mère, mariée, partira en cure sur le continent pour soigner son Mal de pierres et y rencontrera le Rescapé, homme raffiné et beau malgré une jambe de bois gagnée à la guerre, "aux mains bonnes" dont elle va tomber éperdument amoureuse et le restera sa vie durant. " Elle installait toujours sa chaise un peu derrière lui pour qu'il ne la voie pas, charmée, regarder la courbe de son front, (...), sa gorge sans défense, (...) dans sa chemise aux manches retroussées d'une blancheur immaculée (...), une dignité à en pleurer, dans ce corps offensé mais malgré tout encore inexplicablement fort et beau." le Rescapé est un Gênois exilé à Milan qu'elle ne reverra plus mais qu'elle continuera d'idéaliser. Un mois après son retour, elle tombe enceinte et garde enfin le garçon (père de la narratrice) dont on ne sait toujours pas s'il est du Rescapé ou de Grand-père... L'auteure nous promène ainsi dans la vie de son aïeule entre imaginaire et réel, reprenant le point de croix des broderies souvent lacérées de Grand-mère, remaillant l'histoire de la famille, car les personnages secondaires sont aussi très importants et elle leur accorde la juste place. La famille estime avoir payé son tribut à Dieu (implicitement) pour deux générations grâce à cette Grand-mère pas comme les autres et si attachante. Dévote mais pas bigote, L'implorant de LUI pardonner de ne pas avoir été assez bonne en retour d'un amour qu'elle pensait ne pas mériter.
    Mais la petite-fille, en découvrant l'histoire soixante ans plus tard et une lettre jaunie du Rescapé, est-elle parvenue elle-même à démêler le vrai du faux, l'a-t-elle magnifiée, restituée ou réhabilitée ? A l'image de Cagliari, ville rocailleuse et chantante comme l'eau pure des torrents mais douce et sensuelle comme la plage del Poette, l'histoire reste en suspens, point d'interrogation vivace pour la narratrice, l'auteure peut-être, et ses lecteurs qui n'en sauront pas plus ! Écrit de janvier 2004 à mai 2006.
    J'ai aimé puisque je l'ai lu presque d'une traite, sauf au milieu, à un moment, les descriptions plates, l'écriture linéaire qui sied bien au texte le reste du temps manquent d'épaisseur mais Milena Agus qui a longtemps écrit des nouvelles est restée un peu coincée dans ce format, on sent l'écriture balbutiante parfois. Cependant, elle sait relancer et là, on ne lâche plus. Reste à savoir si sur un roman de 300 pages ou plus comme elle rêve d'en écrire, elle tiendra la distance. A suivre !
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  • Par sylvie, le 21 janvier 2008

    sylvie
    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2007/07/mal-de-pierre-milena-agus.html
    J'ai beaucoup aimé ce livre, et j'y suis venue au fil des critiques de presse et de blogs qui ne cessent de l'encenser.
    Ils ont raison.
    C'est un texte court, ramassé sur lui même, condensé . Il semble toujours très juste .
    C'est une belle traduction sensible des confidences qu'une grand mère à faites à sa petite fille.
    La narratrice du roman est la petite fille de cette grand-mère un peu bizarre.
    Elle nous offre une jolie surprise à la fin et fait ainsi éclater ces quelques pages en mille et une possibilités, mille et un contes dont le sujet serait : s'approcher de l'essentiel d'une vie. C'est un exercice périlleux !
    Ce petit roman donne envie de lire lentement. Mais, même en prenant tout son temps, on sent qu'il faudra qu'on y revienne pour arriver à tout démêler de cette belle mise en lumière d'un personnage un peu fou, mal aimé , solitaire, et qui vit grâce à l'écriture et à son imaginaire.
    On sent combien, malgré le fait qu'elle soit détestée, rejetée, ou tout simplement mal aimée, elle marquera de son fantasque désir de vivre , son fils, puis sa petite fille.
    Cette"Bovary de Sardaigne",dont tout un chacun pense plus ou moins qu'elle est un peu, beaucoup, passionnément folle... est toujours à côté de la plaque, décalée... mais elle devient terriblement attachante et interessante au fur et à mesure que le récit avance.
    La petite fille qui nous la fait découvrir, a vécu avec elle, l'a écouté se raconter, entre son "mal de pierre"et ses amours impossibles, ou miraculeux...
    Et pourtant , que sait elle vraiment d'elle , qu'a-t-elle compris ? Qu'est ce qu'on a bien voulu lui transmettre ?
    Ce roman nous offre une vraie belle plongée dans les méandres d'une saga familiale tout à fait originale et brillamment menée, révélée ?
    J'ai trouvé la fin poignante !
    La narratrice se trouve obligée de réorienter la construction de son roman familial. L'imaginaire de sa grand-mère prend tout à coup une force incroyable, il semble plus fort que la réalité. C'est lui qui a laissé sa marque ou sa trace, plutôt que les faits réels... On a le vertige... "Quand la littérature devient plus vraie que la vie..."
    J'apprends sur le blog de fauvette que Nicole Garcia a acquis les droits d'adaptation cinématographique pour ce petit bijou qui promet d'être un très grand film.
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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 01 février 2012

    le_Bison
    Au centre de cette histoire, il y a une jeune femme aux cheveux incroyablement noirs et magnifiques, une jeune sarde, que la rumeur dit perturbée. Est-ce parce qu'un jour, elle a décidé de couper sauvagement ses cheveux comme une folle hystérique l'aurait fait avec une paire de ciseaux rouillée ? Est-ce parce qu'elle a les avant-bras couverts de cicatrices qu'elle s'est infligée elle-même ? Est-ce parce qu'une fois elle s'est jetée au fond du puits familiale ? Toujours est-il que cette belle sarde apparait comme dérangée mais surtout profondément triste et malheureuse. Triste d'attendre ses prétendants qui ne vinrent jamais au-delà du second rendez-vous. Malheureuse parce que personne ne comprend sa poésie et tout le monde décrie ses poèmes passionnées comme l'œuvre du Démon, car en ce temps-là tout ce qui sort de la norme est habité par le Diable.
    Autour de cette histoire, il y a la Sardaigne, une terre magnifique et sauvage qui n'est en rien comparable avec le pays, l'Italie et ses grandes villes Milan ou Gênes. Dans les années 40, juste après-guerre, l'Italie tente de se reconstruire après les bombardements alliés et les massacres nazis. Une Italie qui panse ses plaies d'après-guerre et qui raconte une étrange histoire d'amour, proche de la folie.
    Milena Agus a construit avec son « Mal de pierres » un magnifique roman d'amour, à la fois passionnée et étrange, perdu dans les terres profondes de la Sardaigne. Il y a de l'amour, de la tristesse, de l'émotion et de la chaleur humaine ; par moments drôle, par d'autres tendu, une pointe sexuelle venue épicer cette histoire d'une presque folle aux abords d'un gouffre dans lequel elle a plongé sans pouvoir remonter à l'air libre…

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=1176
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  • Par LiliGalipette, le 10 janvier 2010

    LiliGalipette
    Roman de Milena Agus. Lettre A de mon Challenge ABC 2010. Lecture commune avec Cynthia et Clara.
    "Si je devais ne jamais te rencontrer, fais qu'au moins, je sente le manque de toi." C'est avec cette touchante pensée d'un soldat extraite du film La ligne rouge que s'ouvre la lecture.
    C'est en Sardaigne que grandit l'héroïne d'une histoire singulière. Longtemps rejetée par ses prétendants, elle est persuadée que l'amour n'est pas fait pour elle, qu'il lui manque la "chose principale" qui permet au bonheur de s'ancrer et de durer. Mariée par raison à un homme qu'elle n'aimera jamais, elle court toute sa vie après le souvenir du Rescapé, un convalescent qu'elle a croisé lors de la cure thermale où elle a soigné ses calculs rénaux. Revenue de cette cure, elle accouche quelques mois plus tard de son fils, la merveille tant espérée mais qui lui reste si lointaine. Son histoire, c'est sa petite-fille qui la raconte, d'après ce qu'elle a entendu, ce qu'on lui a répété, ce qu'elle a deviné et ce qu'elle a découvert.
    Le portrait de cette femme aux cheveux extraordinairement noirs, au corps fait pour l'amour qui ne connaît que le plaisir sans le sentiment, est bouleversant de délicatesse. Elle n'a pas de nom. Elle est la "grand-mère", celle dont on raconte l'histoire en tentant de démêler le vrai du faux.
    Le "Mal de pierres" dont elle souffre ne semble pas être uniquement physique. Cette femme sublime et originale traîne une charge teintée de maléfices. Elle porte sur ses rondes épaules la bizarrerie de toute une famille, elle est la sacrifiée qui ne le sait pas, une Iphigénie inconsciente. Mais elle n'est pas malheureuse. Elle vit dans un univers dont elle détient seule la clé. Elle y laisse entrer de temps en temps sa petite-fille, mais garde tout secret entre les lignes de son carnet.
    L'histoire est faite de souvenirs fantasmés et d'approximations romancées, sous le regard attendri de la petite-fille. Que sait-elle vraiment de son aïeule? Que nous en dit-elle? Dans quelle mesure faut-il croire ce qu'elle dit? le récit se replie sur lui-même à l'extrême fin de la lecture. Il ne nous reste ne fait qu'à le reprendre depuis le début, en balayant ce que l'on croyait être des vérités et en relisant nos soupçons à la lueur des dernières révélations.
    C'est un texte émouvant, très fin qui laisse une fugace impression de nostalgie, comme quand on ouvre un album de famille et qu'on cherche à remettre des noms sur des visages estompés. Tout simplement sublime.
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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 27 mai 2011

    Malaura
    Dans son village de Sardaigne, on la disait dérangée.Toujours en décalage, elle attendait l'amour avec tant de passion qu'elle faisait peur aux hommes. A la fin de la Seconde Guerre, elle épouse par raison un homme qui ne lui dévoile de l'amour que le côté charnel, mais vit une brève passion avec le Rescapé, un être mystérieux rencontré lors d'une cure sur le continent.Avec affection, sa petite-fille, la narratrice, dévoile la vie de cette femme singulière à l'imagination à fleur de peau.
    Affectueuse et complice, Milena Agus dresse un beau portrait de femme, tout en finesse et en retenue. Et au-delà de cette héroïne en décalage avec son temps, c'est l'image même de la femme qui est ici représentée : sa volonté d'indépendance, son désir d'être aimée, ses rêves et ses passions ou son besoin de liberté...
    Poids du silence dans un monde de tabous, pouvoir de l'imagination sur l'enfermement du quotidien, "Mal de pierres" se veut surprenant et tendre.
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Citations et extraits

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  • Par antigoneCH, le 20 janvier 2008

    "Cette maison n'est pas restée vide, d'autant que nous venons ici, mon fiancé et moi, je pense toujours qu'elle garde l'énergie de grand-mère et que si nous faisons l'amour dans un lit de la rue Manno, dans cet endroit magique où l'on n'entend que la rumeur du port et le cri des mouettes, nous nous aimerons toujours. Car au fond, en amour, il s'agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu'on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre, pour que tout se passe bien, par exemple obéir à des commandements.

    Et au lieu de faire le ménage, de lire les nouvelles sur la situation en Irak avec ces Américains dont on ne comprend pas s'ils sont une armée de libération ou d'occupation, j'ai écrit, sur le cahier que j'ai toujours sur moi, le récit de grand-mère, du Rescapé, de son père, de sa femme, de sa fille, de grand-père, de mes parents, des voisines de la rue Sulis, de mes grands-tantes paternelles et maternelles, de ma grand-mère Lila, de mesdemoiselles Doloretta et Fanni, de la musique, de Cagliari, de Gênes, de Milan, de Gavoi."



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  • Par augurey, le 28 novembre 2008

    D'après maman en effet, dans une famille, le désordre doit s'emparer de quelqu'un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux, sinon le monde se sclérose et s'arrête. Si nos nuits sont sans cauchemars, si le mariage de papa et maman a toujours été sans nuages, sij'épouse mon premier amour, si nous ne connaissons pas d'accès de panique et ne tentons pas de nous suicider, de nous jeter dans une benne à ordures ou de nous mutiler, c'est grâce à grand-mère qui a payé pour nous tous. Dans chaque famille, il y a toujours quelqu'un qui paie son tribut pour que l'équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s'arrête pas.
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  • Par ChezLo, le 20 décembre 2010

    Elle s'était mariée sur le tard, en juin 1943, après les bombardements américains sur Cagliari, à une époque où une femme pas encore casée à trente ans était déjà presque vieille fille. Non qu'elle fût laide, ou qu'elle manquât de soupirants, au contraire. Mais un moment venait où les prétendants espaçaient leurs visites, puis disparaissaient de la circulation, toujours avant d'avoir demandé officiellement sa main à mon arrière-grand-père. Chère Mademoiselle, des raisons de force majeure m'empêchent ce mercredi, ainsi que le prochain, defai visita afustetti, comme c'était mon voeu le plus cher, mais hélas irréalisable. Ma grand-mère attendait alors le troisième mercredi, mais chaque fois se présentait une pipiedda, une fillette, qui lui apportait une lettre repoussant encore, et puis, plus rien.
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  • Par mandarine43, le 26 mars 2011

    [Incipit.]

    Grand-mère connut le Rescapé à l'automne 1950. C'était la première fois qu'elle quittait Cagliari pour aller sur le Continent. Elle approchait des quarante ans sans enfants, car son mali de is perdas, le mal de pierres, avait interrompu toutes ses grossesses. On l'avait donc envoyée en cure thermale, dans son manteau droit et ses bottines à lacets, munie de la valise avec laquelle son mari, fuyant les bombardements, était arrivé dans leur village.

    Elle s'était mariée sur le tard, en juin 1943, après les bombardements américains sur Cagliari, à une époque où une femme pas encore casée à trente ans était déjà presque vieille fille. Non qu'elle fût laide, ou qu'elle manquât de soupirants, au contraire. Mais un moment venait où les prétendants espaçaient leurs visites, puis disparaissaient de la circulation, toujours avant d'avoir demandé officiellement sa main à mon arrière-grand-père. Chère Mademoiselle, des raisons de force majeure m'empêchent ce mercredi, ainsi que le prochain, defai visita afustetti*, comme c'était mon vœu le plus cher, mais hélas irréalisable.

    Ma grand-mère attendait alors le troisième mercredi, mais chaque fois se présentait une pipiedda, une fillette, qui lui apportait une lettre repoussant encore, et puis, plus rien.
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  • Par Yuko, le 03 mai 2011

    A partir du moment où grand-mère s'aperçut qu'elle était devenue vieille, elle me disait qu'elle avait peur de mourir. Pas de la mort en soi qui devait être comme aller dormir ou faire un voyage, mais elle savait que Dieu était fâché contre elle parce qu'il lui avait donné pleins de belles choses en ce monde et qu'elle n'avait pas réussi à être heureuse, et Dieu ne pouvait pas lui avoir pardonné ça. (...) De toute façon, elle parlementerait avec Lui avant d'aller en enfer. (...) Elle avait déployé toutes ses forces pour se convaincre que cette vie était la meilleure possible, et pas l'autre dont la nostalgie et le désir lui coupaient le souffle. Mais elle demanderait sincèrement pardon à Dieu pour certaines choses.
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Les Prix des lecteurs et le Choix des Libraires 2009
Réunis le 21 septembre dernier à la Maison rouge, boulevard de la Bastille, Cécile Boyer-Runge, directrice du Livre de Poche, et Christophe Ono-dit-Biot, rédacteur en chef du secteur culture du magazine le Point, ont annoncé les résultats de l?édition 2009 des deux Prix des lecteurs - littérature et policier/thriller - et celui du Choix des Libraires du Livre de Poche. Et les lauréats sont... Philippe Claudel, Pierre Bordage et Milena Agus.http://www.hachette.com/mag/026/000000009536/les-prix-des-lecteurs-et-le-choix-des-libraires-2009.html








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