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Dominique Vittoz (Traducteur)
ISBN : 2867464331
Éditeur : Liana Lévi (2007)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.6/5 (sur 787 notes)
Résumé :
Au centre, l'héroïne: jeune Sarde étrange "aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses". Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... A l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d'une extraordinaire finesse: le mari, épousé par raison pendant la Seconde Guerre, sensuel taciturne à jamais mal connu; le Rescapé, brève rencontre sur le Continent, à l'empreinte indélébile; le fils, inespéré, et futur pianis... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (127) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
Tempuslegendae12 mars 2013
  • Livres 3.00/5
Je viens de tourner cent vingt pages d'un délicieux récit cousu dans l'élégance.
«Mal de pierres» ressemble davantage à un conte, une histoire chuchotée, magnifiquement troublante, qu'à un de ces romans tonitruants qui laissent essoufflés. En Sardaigne, dans ces austères années 1930, une jeune femme trop belle aime l'amour et en attend tout. Tant et si bien que, la trentaine venue, elle doit renoncer à ses rêves pour, raisonnablement, épouser un veuf à qui elle ne donnera pas d'enfant, en raison de son mal de pierres. Mal qui la fait d'ailleurs tant souffrir qu'elle part en cure. Elle y rencontre le Rescapé, un homme cassé, meurtri dans son âme et dans son corps. L'amour jaillit, grandiose, et Milena Agus décrit en mots, en phrases furtives, en effleurements provocants, ce doux danger de l'amour fou.
Il se dégage de ce récit une poésie profonde, digne de ce nom, une sensualité pleine de bonheur. Une centaine de pages suffiront pour comprendre d'où nait le simple désir d'enfant, et comment l'amour conçoit cette envie parfois hors la chair. Et l'on referme presque à regret ce petit opus tellement léger, tellement lourd en sentiments, qui fourmille de personnages et s'appuie sur ces ineffables et complexes liens entre les êtres et les choses qui peuvent rendre un roman si vrai.
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gouelan
gouelan19 avril 2015
  • Livres 4.00/5
Une jeune femme en Sardaigne, avant la guerre, attend désespérément l'amour. Elle est belle, mais fantasque, voir dérangée. Elle écrit dans un petit carnet, en cachette. Elle y glisse ses rêves, elle laisse toute la liberté à son imagination.
Sa petite-fille, la narratrice, très attachée à sa grand-mère, va récolter ses souvenirs de jeunesse.
Mais, sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il ?
Cette femme, pas si folle qu'on le croit, pour qui l'amour doit être magique, va apporter à sa vie routinière et insatisfaisante le brin de folie qui lui manque. Il faut bien faire passer ce mal de pierres ; ce mal d'amour, transformer la réalité, la faire passer du médiocre, du misérable, au merveilleux.
On se plonge avec plaisir dans ce décor de Sardaigne, dans cette histoire surprenante, sensuelle, poétique et magique. Petit livre qui nous invite à flâner au fil de pages, à savourer. Si on se presse, on pourrait ne pas saisir tout le sens et la magie qui se dégagent. Malgré tout, on est bien surpris à la fin.
Non , elle n'est pas dérangée, elle met juste un peu de musique dans cette vie trop bien rangée à son goût.
« Il ne faut pas introduire de l'ordre dans les choses mais seconder la confusion universelle et lui jouer de la musique. »
« Car au fond, en amour, il s'agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu'on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre pour que tout se passe bien. »
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Under_The_Moon
Under_The_Moon07 juin 2015
  • Livres 3.00/5
La narratrice qui nous raconte le Mal de pierres de sa grand-mère a choisi de faire ressembler son récit à un conte moderne, sur fond des ravages de la Seconde Guerre mondiale. Peu de personnages se sont vus attribués un nom, ce qui permet de mettre tous les projecteurs sur l'histoire.
Mal de pierres parle de regrets, du Destin et d'amour. Des thèmes universels, et qui n'ont fait qu'ajouter à la sensation de lire un conte. de l'estropié sort la beauté et tout arrive pour une raison, à chacun revient la responsabilité d'accepter, de comprendre et agir en conséquence.
Milena Agus s'arrange pour laisser un flou sur le personnage principal jusqu'au dénouement final : est-elle engoncée dans les normes sociales et de ce fait trop "choquante" pour son époque ? ou est-elle tout simplement folle ?
Un petit roman sur la magie des histoires, des tours de force de l'écriture et bien d'autres choses encore. Bien que je n'y ai pas retrouvé la fraîcheur et la légèreté qui m'avaient tant plu dans Mon voisin, ce roman n'en reste pas moins une lecture sympathique. Agréable sans être transcendante.
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olivberne
olivberne22 juin 2013
  • Livres 5.00/5
Je ne sais pas ce qui m'a poussé à choisir en librairie ce roman totalement inconnu pour moi à l'époque, je crois que la quatrième de couverture m'avait plu. Je l'ai commencé doucement, en m'attachant au récit, fluide, coulant sinueusement, puis peu à peu j'ai été accroché, au point de le lire d'une traite, moi qui est un zappeur de la lecture.
J'ai pris ce texte en pleine face: j'ai eu l'impression de flotter dans l'air, d'être en lévitation, comme envouté. Miléna Agus, que je découvrais, me donnais l'impression d'une romancière très propre, comme les romancières anglaises du 19e siècle: une femme raconte sa vie, ses problèmes de santé, son Italie, entre nord et sud, bref tout semble assez classique. Et puis tout d'un coup, au détour d'une phrase, un mot, une allusion, il faut même relire pour en être sûr: mais ce roman est plein de perversité! de succulentes drôleries et d'incroyables pensées!
J'ai vraiment été surpris par le style, rapide et énergique mais lent pour décrire, amusant et vivifiant mais sombre et triste quand il sagit d'analyser sa condition de femme. C'est un roman où je me suis retrouvé, et pourtant je ne suis pas femme, où j'ai pu comprendre l'adultère et son ressentiment.
Un roman que je conseillerai à tout ceux qui veulent découvrir une histoire particulière, osée mais merveilleuse et magnifiquement racontée.
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le_Bison
le_Bison01 février 2012
  • Livres 4.00/5
Au centre de cette histoire, il y a une jeune femme aux cheveux incroyablement noirs et magnifiques, une jeune sarde, que la rumeur dit perturbée. Est-ce parce qu'un jour, elle a décidé de couper sauvagement ses cheveux comme une folle hystérique l'aurait fait avec une paire de ciseaux rouillée ? Est-ce parce qu'elle a les avant-bras couverts de cicatrices qu'elle s'est infligée elle-même ? Est-ce parce qu'une fois elle s'est jetée au fond du puits familiale ? Toujours est-il que cette belle sarde apparait comme dérangée mais surtout profondément triste et malheureuse. Triste d'attendre ses prétendants qui ne vinrent jamais au-delà du second rendez-vous. Malheureuse parce que personne ne comprend sa poésie et tout le monde décrie ses poèmes passionnées comme l'oeuvre du Démon, car en ce temps-là tout ce qui sort de la norme est habité par le Diable.
Autour de cette histoire, il y a la Sardaigne, une terre magnifique et sauvage qui n'est en rien comparable avec le pays, l'Italie et ses grandes villes Milan ou Gênes. Dans les années 40, juste après-guerre, l'Italie tente de se reconstruire après les bombardements alliés et les massacres nazis. Une Italie qui panse ses plaies d'après-guerre et qui raconte une étrange histoire d'amour, proche de la folie.
Milena Agus a construit avec son « Mal de pierres » un magnifique roman d'amour, à la fois passionnée et étrange, perdu dans les terres profondes de la Sardaigne. Il y a de l'amour, de la tristesse, de l'émotion et de la chaleur humaine ; par moments drôle, par d'autres tendu, une pointe sexuelle venue épicer cette histoire d'une presque folle aux abords d'un gouffre dans lequel elle a plongé sans pouvoir remonter à l'air libre…
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=1176
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Citations & extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
AgathaChipolataAgathaChipolata26 avril 2016
D'après maman en effet, dans une famille, le désordre doit s'emparer de quelqu'un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux, sinon le monde se sclérose et s'arrête. Si nos nuits sont sans cauchemars, si le mariage de papa et maman a toujours été sans nuages, sij'épouse mon premier amour, si nous ne connaissons pas d'accès de panique et ne tentons pas de nous suicider, de nous jeter dans une benne à ordures ou de nous mutiler, c'est grâce à grand-mère qui a payé pour nous tous. Dans chaque famille, il y a toujours quelqu'un qui paie son tribut pour que l'équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s'arrête pas.
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AgathaChipolataAgathaChipolata26 avril 2016
Le Rescapé dit qu'à son avis grand-père était un heureux homme, vraiment, et pas, comme elle le prétendait, un malchanceux qui aurait écopé d'une pauvre folle, elle n'était pas folle, simplement elle était une créature que Dieu avait faite à un moment où Il n'avait pas envie des femmes habituelles en série, Il avait eu une inspiration poétique et Il l'avait créée, grand-mère riait de bon cœur, disait qu'il était fou lui aussi et que c'était pour ça qu'il ne voyait pas la folie des autres.
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augureyaugurey28 novembre 2008
D'après maman en effet, dans une famille, le désordre doit s'emparer de quelqu'un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux, sinon le monde se sclérose et s'arrête. Si nos nuits sont sans cauchemars, si le mariage de papa et maman a toujours été sans nuages, sij'épouse mon premier amour, si nous ne connaissons pas d'accès de panique et ne tentons pas de nous suicider, de nous jeter dans une benne à ordures ou de nous mutiler, c'est grâce à grand-mère qui a payé pour nous tous. Dans chaque famille, il y a toujours quelqu'un qui paie son tribut pour que l'équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s'arrête pas.
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antigoneCHantigoneCH20 janvier 2008
"Cette maison n'est pas restée vide, d'autant que nous venons ici, mon fiancé et moi, je pense toujours qu'elle garde l'énergie de grand-mère et que si nous faisons l'amour dans un lit de la rue Manno, dans cet endroit magique où l'on n'entend que la rumeur du port et le cri des mouettes, nous nous aimerons toujours. Car au fond, en amour, il s'agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu'on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre, pour que tout se passe bien, par exemple obéir à des commandements.

Et au lieu de faire le ménage, de lire les nouvelles sur la situation en Irak avec ces Américains dont on ne comprend pas s'ils sont une armée de libération ou d'occupation, j'ai écrit, sur le cahier que j'ai toujours sur moi, le récit de grand-mère, du Rescapé, de son père, de sa femme, de sa fille, de grand-père, de mes parents, des voisines de la rue Sulis, de mes grands-tantes paternelles et maternelles, de ma grand-mère Lila, de mesdemoiselles Doloretta et Fanni, de la musique, de Cagliari, de Gênes, de Milan, de Gavoi."



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mandarine43mandarine4326 mars 2011
[Incipit.]

Grand-mère connut le Rescapé à l'automne 1950. C'était la première fois qu'elle quittait Cagliari pour aller sur le Continent. Elle approchait des quarante ans sans enfants, car son mali de is perdas, le mal de pierres, avait interrompu toutes ses grossesses. On l'avait donc envoyée en cure thermale, dans son manteau droit et ses bottines à lacets, munie de la valise avec laquelle son mari, fuyant les bombardements, était arrivé dans leur village.

Elle s'était mariée sur le tard, en juin 1943, après les bombardements américains sur Cagliari, à une époque où une femme pas encore casée à trente ans était déjà presque vieille fille. Non qu'elle fût laide, ou qu'elle manquât de soupirants, au contraire. Mais un moment venait où les prétendants espaçaient leurs visites, puis disparaissaient de la circulation, toujours avant d'avoir demandé officiellement sa main à mon arrière-grand-père. Chère Mademoiselle, des raisons de force majeure m'empêchent ce mercredi, ainsi que le prochain, defai visita afustetti*, comme c'était mon vœu le plus cher, mais hélas irréalisable.

Ma grand-mère attendait alors le troisième mercredi, mais chaque fois se présentait une pipiedda, une fillette, qui lui apportait une lettre repoussant encore, et puis, plus rien.
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