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ISBN : 2867468396
Éditeur : Liana Lévi (2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.6/5 (sur 865 notes)
Résumé :
Au centre, l'héroïne: jeune Sarde étrange "aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses". Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... A l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d'une extraordinaire finesse: le mari, épousé par raison pendant la Seconde Guerre, sensuel taciturne à jamais mal connu; le Rescapé, brève rencontre sur le Continent, à l'empreinte indélébile; le fils, inespéré, et futur pianis... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (140) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
12 mars 2013
  • 3/ 5
Je viens de tourner cent vingt pages d'un délicieux récit cousu dans l'élégance.
«Mal de pierres» ressemble davantage à un conte, une histoire chuchotée, magnifiquement troublante, qu'à un de ces romans tonitruants qui laissent essoufflés. En Sardaigne, dans ces austères années 1930, une jeune femme trop belle aime l'amour et en attend tout. Tant et si bien que, la trentaine venue, elle doit renoncer à ses rêves pour, raisonnablement, épouser un veuf à qui elle ne donnera pas d'enfant, en raison de son mal de pierres. Mal qui la fait d'ailleurs tant souffrir qu'elle part en cure. Elle y rencontre le Rescapé, un homme cassé, meurtri dans son âme et dans son corps. L'amour jaillit, grandiose, et Milena Agus décrit en mots, en phrases furtives, en effleurements provocants, ce doux danger de l'amour fou.
Il se dégage de ce récit une poésie profonde, digne de ce nom, une sensualité pleine de bonheur. Une centaine de pages suffiront pour comprendre d'où nait le simple désir d'enfant, et comment l'amour conçoit cette envie parfois hors la chair. Et l'on referme presque à regret ce petit opus tellement léger, tellement lourd en sentiments, qui fourmille de personnages et s'appuie sur ces ineffables et complexes liens entre les êtres et les choses qui peuvent rendre un roman si vrai.
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latina
28 juin 2016
  • 4/ 5
Milena Agus écrit pour raconter « la vie, pitoyable et comique, misérable et merveilleuse, sans mièvrerie et avec ironie »
C'est exactement de cela qu'il s'agit dans ce « Mal de pierres ».
La narratrice parle de sa grand-mère, la fantasque, celle qui souffre d'une étrange maladie : elle n'arrive pas à être aimée, alors qu'elle est si belle, si sensuelle, et elle en souffre. Elle se taillade les bras, s'arrache les cheveux, s'enferme dans le poulailler. Elle refuse d'être comme les autres, de réagir comme ces femmes de Sardaigne de l'après-guerre qui acceptent leur sort. Elle veut vivre, aimer, être aimée. Elle écrit des lettres enflammées à ces hommes qu'elle croise et à qui elle fait peur.
Elle se mariera à un homme qu'elle n'aime pas et qui ne l'aime pas (dit-elle) mais pour qui elle effectuera des « prestations sexuelles » telles que faisaient pour lui les prostituées d'une maison close qu'il fréquentait assidûment. Ainsi, au moins, il épargnera son argent pour acheter son tabac...
Mais cette maladie de manque d'amour n'est pas la seule maladie dont elle souffre ; son mal de pierres lui arrache des larmes et lui cisaille les reins. « Grâce » à ces impitoyables pierres aux reins, elle effectuera une cure sur « le Continent » où elle rencontrera enfin l'amour, dont peut-être son enfant est le fruit.
Enfin...c'est ce que la narratrice pense. C'est ce qu'elle a peut-être inventé. Car celle-ci aime écrire et chacun sait qu'écrire, c'est mêler le réel au fantasme...
Fraicheur, humour, pathétique se mêlent dans la narration d'une vie, ou plutôt d'une famille à travers une femme.
Mais la vie d'une Sardaigne d'après 40-45 grouille aussi dans ces pages. Ces maisons, ces rues, ces voisines qui épient, cette cuisine, ces travaux ménagers. Ces hommes qui rentrent du travail, s'asseyent et fument.
La mer, toujours là, si proche et si lointaine, calme et bleue.
La musique aussi, dite « classique », où se noient plusieurs personnages.
Poids des traditions et révolte à travers la folie ou du moins ce que les autres appellent la folie.
Milena Agus sème le doute et récolte la tendresse.
Une tendresse qui reste, longtemps après que la dernière page se soit refermée.
Oui, je souris en écrivant ces lignes.
L'auteure a donc bien réussi à atteindre son but...
« La vie, pitoyable et merveilleuse, racontée sans mièvrerie et avec ironie ». Exactement.
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gouelan
19 avril 2015
  • 4/ 5
Une jeune femme en Sardaigne, avant la guerre, attend désespérément l'amour. Elle est belle, mais fantasque, voir dérangée. Elle écrit dans un petit carnet, en cachette. Elle y glisse ses rêves, elle laisse toute la liberté à son imagination.
Sa petite-fille, la narratrice, très attachée à sa grand-mère, va récolter ses souvenirs de jeunesse.
Mais, sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il ?
Cette femme, pas si folle qu'on le croit, pour qui l'amour doit être magique, va apporter à sa vie routinière et insatisfaisante le brin de folie qui lui manque. Il faut bien faire passer ce mal de pierres ; ce mal d'amour, transformer la réalité, la faire passer du médiocre, du misérable, au merveilleux.
On se plonge avec plaisir dans ce décor de Sardaigne, dans cette histoire surprenante, sensuelle, poétique et magique. Petit livre qui nous invite à flâner au fil de pages, à savourer. Si on se presse, on pourrait ne pas saisir tout le sens et la magie qui se dégagent. Malgré tout, on est bien surpris à la fin.
Non , elle n'est pas dérangée, elle met juste un peu de musique dans cette vie trop bien rangée à son goût.
« Il ne faut pas introduire de l'ordre dans les choses mais seconder la confusion universelle et lui jouer de la musique. »
« Car au fond, en amour, il s'agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu'on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre pour que tout se passe bien. »
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diablotin0
31 mai 2016
  • 4/ 5
J'ai eu beaucoup d'émotions en lisant ce livre.
La narratrice raconte la vie de ses grands parents et particulièrement celle de sa grand mère qui est considérée comme une personne ayant un petit brin de folie.
La difficulté d'aimer et d'être aimé est au centre de ce petit livre teinté de mélancolie, de tristesse et parfois même quelques touches de cruauté.
Je me suis laissé embarquer par l'histoire d'amour entre la grand mère et le Rescapé... et ai été séduite tout simplement par ce petit voyage en Sardaigne.
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indira95
08 août 2016
  • 4/ 5
Comme quoi il n'est pas nécessaire d'écrire 1000 pages pour offrir un beau roman.
Quand j'ai tenu pour la 1e fois Mal de pierres, ma réaction a été l'étonnement, suivie de l'inévitable déception. Les résumés que j'avais lus m'orientaient vers un pavé bien fourni, m'imaginant une vraie saga italienne sous le soleil sarde. 150 pages sont, comme vous vous en doutez, un peu limitées pour développeur l'aspect roman fleuve/saga romanesque. Soit.
Le deuil fait, je me suis donc plongée le temps d'une après-midi dans ce récit (un brin sceptique pour être honnête), pour en ressortir conquise et apaisée. Rien d'extraordinaire ne s'y passe pourtant mais que voulez-vous, la magie a opéré.
La narratrice nous raconte sa grand-mère. Trop belle et sensuelle pour l'époque, trop exaltée (voire foldingue, cela dépend des points de vue) et romantique pour les bien-pensants et les grenouilles de bénitier du village, aspirant au grand amour et non à l'étroitesse d'un mariage sans passion, cette femme fait fuir tous ses prétendants, effrayés par tant de mystère et de fougue (leur écrire des lettres enflammées n'arrangent rien à son affaire). Nous sommes en Sardaigne dans les années 30 et être vieille fille à presque 30 ans fait jaser le village. Désespérés, les arrières grands-parents « vendent » leur fille à un veuf de 40 ans, réfugié chez eux durant les bombardements américains sur Cagliari, la capitale sarde. En reconnaissance de leur bonté, l'homme accepte de prendre pour épouse la fille devenue encombrante. Si elle ne veut pas de lui et le rejette, l'homme s'en accommodera car les filles de passe remplissent parfaitement leur besogne en satisfaisant monsieur comme un mâle doit l'être. La grand-mère de la narratrice finit par accepter son sort, résignée à ne jamais connaître le grand amour, celui qui exalte et rend fou. Folle est l'est déjà à sa façon. Et puisqu'il faut bien assouvir aussi certains besoins physiques, elle se résigne à remplir avec sensualité et imagination la libido débridée de monsieur : elle sera sa catin, se soumettant avec docilité aux scenarii coquins les plus tendancieux. En dépit du manque d'amour, le besoin de donner la vie détruit cette femme qui ne peut enfanter à cause de son mal de pierre comme on dit. Pour conjurer la malédiction, elle part sur le continent, elle l'insulaire, pour une cure destinée à soigner ce mal qui la ronge. Elle y rencontrera l'Amour sous les traits du Rescapé, figure charismatique, sensuel et passionné, érudit et mélomane qui envoûte notre Sarde à la vie étriquée. Entre eux, une évidence qui scellera leur destin. Revenue de cure, la grand-mère tombera enceinte et donnera naissance à son unique enfant, le père de notre narratrice.
Quelle joie de tenir entre les mains un roman si simple en apparence mais qui se révèle au grand jour d'une belle complexité ! Car nul besoin de fioritures et autres salamalecs pour sortir un texte dont la justesse de ton et la fluidité de l'écriture servent à merveille cette héroïne tragique. Seul le talent suffit et Milena Agus, injustement méconnue en Italie, en a à revendre. Et quel personnage que celui de la grand-mère : sensuelle et libre, une femme faite pour l'amour, née à la mauvaise époque, personnage sombre sous le soleil implacable de la Sardaigne. Comme si tant de lumière couvait forcément en son sein les plus tragiques des destins. Comme un pied de nez. Ce serait péché que de passer à côté d'un petit bijou de lecture, surtout quand il se lit en une après-midi. Et si vous passiez à côté du livre, le film avec Marion Cotillard sera bientôt sur vos écrans. Donc pas d'excuses les amis !
Lien : http://www.livreetcompagnie...
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Citations & extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
augureyaugurey28 novembre 2008
D'après maman en effet, dans une famille, le désordre doit s'emparer de quelqu'un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux, sinon le monde se sclérose et s'arrête. Si nos nuits sont sans cauchemars, si le mariage de papa et maman a toujours été sans nuages, sij'épouse mon premier amour, si nous ne connaissons pas d'accès de panique et ne tentons pas de nous suicider, de nous jeter dans une benne à ordures ou de nous mutiler, c'est grâce à grand-mère qui a payé pour nous tous. Dans chaque famille, il y a toujours quelqu'un qui paie son tribut pour que l'équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s'arrête pas.
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antigoneCHantigoneCH20 janvier 2008
"Cette maison n'est pas restée vide, d'autant que nous venons ici, mon fiancé et moi, je pense toujours qu'elle garde l'énergie de grand-mère et que si nous faisons l'amour dans un lit de la rue Manno, dans cet endroit magique où l'on n'entend que la rumeur du port et le cri des mouettes, nous nous aimerons toujours. Car au fond, en amour, il s'agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu'on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre, pour que tout se passe bien, par exemple obéir à des commandements.

Et au lieu de faire le ménage, de lire les nouvelles sur la situation en Irak avec ces Américains dont on ne comprend pas s'ils sont une armée de libération ou d'occupation, j'ai écrit, sur le cahier que j'ai toujours sur moi, le récit de grand-mère, du Rescapé, de son père, de sa femme, de sa fille, de grand-père, de mes parents, des voisines de la rue Sulis, de mes grands-tantes paternelles et maternelles, de ma grand-mère Lila, de mesdemoiselles Doloretta et Fanni, de la musique, de Cagliari, de Gênes, de Milan, de Gavoi."



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mandarine43mandarine4326 mars 2011
[Incipit.]

Grand-mère connut le Rescapé à l'automne 1950. C'était la première fois qu'elle quittait Cagliari pour aller sur le Continent. Elle approchait des quarante ans sans enfants, car son mali de is perdas, le mal de pierres, avait interrompu toutes ses grossesses. On l'avait donc envoyée en cure thermale, dans son manteau droit et ses bottines à lacets, munie de la valise avec laquelle son mari, fuyant les bombardements, était arrivé dans leur village.

Elle s'était mariée sur le tard, en juin 1943, après les bombardements américains sur Cagliari, à une époque où une femme pas encore casée à trente ans était déjà presque vieille fille. Non qu'elle fût laide, ou qu'elle manquât de soupirants, au contraire. Mais un moment venait où les prétendants espaçaient leurs visites, puis disparaissaient de la circulation, toujours avant d'avoir demandé officiellement sa main à mon arrière-grand-père. Chère Mademoiselle, des raisons de force majeure m'empêchent ce mercredi, ainsi que le prochain, defai visita afustetti*, comme c'était mon vœu le plus cher, mais hélas irréalisable.

Ma grand-mère attendait alors le troisième mercredi, mais chaque fois se présentait une pipiedda, une fillette, qui lui apportait une lettre repoussant encore, et puis, plus rien.
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ides60ides6027 octobre 2014
Le Rescapé avait une méchante valise, mais il était vêtu de façon distinguée et malgré sa jambe de bois et sa béquille, c'était un très bel homme. Après le dîner, de retour dans sa chambre, grand-mère se mit aussitôt au bureau pour le décrire avec précision, de sorte que si elle devait ne plus le croiser dans l'hôtel, elle ne risquât pas de l'oublier. Il était grand, il avait des yeux sombres et profonds, la peau douce, le cou fin, les bras forts et longs et de grandes mains d'une candeur enfantine, la bouche charnue et évidente malgré une barbe courte et légèrement frisée, le nez doucement arqué.
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le_Bisonle_Bison10 novembre 2016
Avec lui, elle n'avait honte de rien, pas même de faire pipi ensemble pour éliminer les calculs, et comme pendant toute sa vie on lui avait dit qu'elle semblait débarquer de la lune, elle eut l'impression d'avoir finalement rencontré quelqu'un du même pays et c'était la chose principale de la vie, celle qui lui avait toujours manqué.
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Vidéo de Milena Agus
Milena Agus - Sens dessus dessous .À l'occasion de la 12e édition de Lire en Poche à Gradignan, rencontre avec Milena Agus autour de son ouvrage "Sens dessus dessous" aux éditions Liana Levi. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/1565304/milena-agus-sens-dessus-dessous Notes de musique : Skaffa Flute. Free Music Archive Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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