AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Dominique Vittoz (Traducteur)
ISBN : 2867464331
Éditeur : Liana Lévi (2007)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.6/5 (sur 818 notes)
Résumé :
Au centre, l'héroïne: jeune Sarde étrange "aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses". Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... A l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d'une extraordinaire finesse: le mari, épousé par raison pendant la Seconde Guerre, sensuel taciturne à jamais mal connu; le Rescapé, brève rencontre sur le Continent, à l'empreinte indélébile; le fils, inespéré, et futur pianis... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr
Critiques, Analyses & Avis (134) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
Tempuslegendae12 mars 2013
  • Livres 3.00/5
Je viens de tourner cent vingt pages d'un délicieux récit cousu dans l'élégance.
«Mal de pierres» ressemble davantage à un conte, une histoire chuchotée, magnifiquement troublante, qu'à un de ces romans tonitruants qui laissent essoufflés. En Sardaigne, dans ces austères années 1930, une jeune femme trop belle aime l'amour et en attend tout. Tant et si bien que, la trentaine venue, elle doit renoncer à ses rêves pour, raisonnablement, épouser un veuf à qui elle ne donnera pas d'enfant, en raison de son mal de pierres. Mal qui la fait d'ailleurs tant souffrir qu'elle part en cure. Elle y rencontre le Rescapé, un homme cassé, meurtri dans son âme et dans son corps. L'amour jaillit, grandiose, et Milena Agus décrit en mots, en phrases furtives, en effleurements provocants, ce doux danger de l'amour fou.
Il se dégage de ce récit une poésie profonde, digne de ce nom, une sensualité pleine de bonheur. Une centaine de pages suffiront pour comprendre d'où nait le simple désir d'enfant, et comment l'amour conçoit cette envie parfois hors la chair. Et l'on referme presque à regret ce petit opus tellement léger, tellement lourd en sentiments, qui fourmille de personnages et s'appuie sur ces ineffables et complexes liens entre les êtres et les choses qui peuvent rendre un roman si vrai.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          660
latina
latina28 juin 2016
  • Livres 4.00/5
Milena Agus écrit pour raconter « la vie, pitoyable et comique, misérable et merveilleuse, sans mièvrerie et avec ironie »
C'est exactement de cela qu'il s'agit dans ce « Mal de pierres ».
La narratrice parle de sa grand-mère, la fantasque, celle qui souffre d'une étrange maladie : elle n'arrive pas à être aimée, alors qu'elle est si belle, si sensuelle, et elle en souffre. Elle se taillade les bras, s'arrache les cheveux, s'enferme dans le poulailler. Elle refuse d'être comme les autres, de réagir comme ces femmes de Sardaigne de l'après-guerre qui acceptent leur sort. Elle veut vivre, aimer, être aimée. Elle écrit des lettres enflammées à ces hommes qu'elle croise et à qui elle fait peur.
Elle se mariera à un homme qu'elle n'aime pas et qui ne l'aime pas (dit-elle) mais pour qui elle effectuera des « prestations sexuelles » telles que faisaient pour lui les prostituées d'une maison close qu'il fréquentait assidûment. Ainsi, au moins, il épargnera son argent pour acheter son tabac...
Mais cette maladie de manque d'amour n'est pas la seule maladie dont elle souffre ; son mal de pierres lui arrache des larmes et lui cisaille les reins. « Grâce » à ces impitoyables pierres aux reins, elle effectuera une cure sur « le Continent » où elle rencontrera enfin l'amour, dont peut-être son enfant est le fruit.
Enfin...c'est ce que la narratrice pense. C'est ce qu'elle a peut-être inventé. Car celle-ci aime écrire et chacun sait qu'écrire, c'est mêler le réel au fantasme...
Fraicheur, humour, pathétique se mêlent dans la narration d'une vie, ou plutôt d'une famille à travers une femme.
Mais la vie d'une Sardaigne d'après 40-45 grouille aussi dans ces pages. Ces maisons, ces rues, ces voisines qui épient, cette cuisine, ces travaux ménagers. Ces hommes qui rentrent du travail, s'asseyent et fument.
La mer, toujours là, si proche et si lointaine, calme et bleue.
La musique aussi, dite « classique », où se noient plusieurs personnages.
Poids des traditions et révolte à travers la folie ou du moins ce que les autres appellent la folie.
Milena Agus sème le doute et récolte la tendresse.
Une tendresse qui reste, longtemps après que la dernière page se soit refermée.
Oui, je souris en écrivant ces lignes.
L'auteure a donc bien réussi à atteindre son but...
« La vie, pitoyable et merveilleuse, racontée sans mièvrerie et avec ironie ». Exactement.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          524
gouelan
gouelan19 avril 2015
  • Livres 4.00/5
Une jeune femme en Sardaigne, avant la guerre, attend désespérément l'amour. Elle est belle, mais fantasque, voir dérangée. Elle écrit dans un petit carnet, en cachette. Elle y glisse ses rêves, elle laisse toute la liberté à son imagination.
Sa petite-fille, la narratrice, très attachée à sa grand-mère, va récolter ses souvenirs de jeunesse.
Mais, sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il ?
Cette femme, pas si folle qu'on le croit, pour qui l'amour doit être magique, va apporter à sa vie routinière et insatisfaisante le brin de folie qui lui manque. Il faut bien faire passer ce mal de pierres ; ce mal d'amour, transformer la réalité, la faire passer du médiocre, du misérable, au merveilleux.
On se plonge avec plaisir dans ce décor de Sardaigne, dans cette histoire surprenante, sensuelle, poétique et magique. Petit livre qui nous invite à flâner au fil de pages, à savourer. Si on se presse, on pourrait ne pas saisir tout le sens et la magie qui se dégagent. Malgré tout, on est bien surpris à la fin.
Non , elle n'est pas dérangée, elle met juste un peu de musique dans cette vie trop bien rangée à son goût.
« Il ne faut pas introduire de l'ordre dans les choses mais seconder la confusion universelle et lui jouer de la musique. »
« Car au fond, en amour, il s'agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu'on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre pour que tout se passe bien. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          484
diablotin0
diablotin031 mai 2016
  • Livres 4.00/5
J'ai eu beaucoup d'émotions en lisant ce livre.
La narratrice raconte la vie de ses grands parents et particulièrement celle de sa grand mère qui est considérée comme une personne ayant un petit brin de folie.
La difficulté d'aimer et d'être aimé est au centre de ce petit livre teinté de mélancolie, de tristesse et parfois même quelques touches de cruauté.
Je me suis laissé embarquer par l'histoire d'amour entre la grand mère et le Rescapé... et ai été séduite tout simplement par ce petit voyage en Sardaigne.
Commenter  J’apprécie          460
olivberne
olivberne22 juin 2013
  • Livres 5.00/5
Je ne sais pas ce qui m'a poussé à choisir en librairie ce roman totalement inconnu pour moi à l'époque, je crois que la quatrième de couverture m'avait plu. Je l'ai commencé doucement, en m'attachant au récit, fluide, coulant sinueusement, puis peu à peu j'ai été accroché, au point de le lire d'une traite, moi qui est un zappeur de la lecture.
J'ai pris ce texte en pleine face: j'ai eu l'impression de flotter dans l'air, d'être en lévitation, comme envouté. Miléna Agus, que je découvrais, me donnais l'impression d'une romancière très propre, comme les romancières anglaises du 19e siècle: une femme raconte sa vie, ses problèmes de santé, son Italie, entre nord et sud, bref tout semble assez classique. Et puis tout d'un coup, au détour d'une phrase, un mot, une allusion, il faut même relire pour en être sûr: mais ce roman est plein de perversité! de succulentes drôleries et d'incroyables pensées!
J'ai vraiment été surpris par le style, rapide et énergique mais lent pour décrire, amusant et vivifiant mais sombre et triste quand il sagit d'analyser sa condition de femme. C'est un roman où je me suis retrouvé, et pourtant je ne suis pas femme, où j'ai pu comprendre l'adultère et son ressentiment.
Un roman que je conseillerai à tout ceux qui veulent découvrir une histoire particulière, osée mais merveilleuse et magnifiquement racontée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
Citations & extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
sld09sld0923 août 2016
Grand-mère connut le Rescapé à l'automne 1950. C'était la première fois qu'elle quittait Cagliari pour aller sur le Continent. Elle approchait des quarante ans sans enfants, car son mali de is perdas, le mal de pierres, avait interrompu toutes ses grossesses. On l'avait donc envoyée en cure thermale, dans son manteau droit et ses bottines à lacets, munie de la valise avec laquelle son mari, fuyant les bombardements, était arrivé dans leur village.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
augureyaugurey28 novembre 2008
D'après maman en effet, dans une famille, le désordre doit s'emparer de quelqu'un parce que la vie est ainsi faite, un équilibre entre les deux, sinon le monde se sclérose et s'arrête. Si nos nuits sont sans cauchemars, si le mariage de papa et maman a toujours été sans nuages, sij'épouse mon premier amour, si nous ne connaissons pas d'accès de panique et ne tentons pas de nous suicider, de nous jeter dans une benne à ordures ou de nous mutiler, c'est grâce à grand-mère qui a payé pour nous tous. Dans chaque famille, il y a toujours quelqu'un qui paie son tribut pour que l'équilibre entre ordre et désordre soit respecté et que le monde ne s'arrête pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
antigoneCHantigoneCH20 janvier 2008
"Cette maison n'est pas restée vide, d'autant que nous venons ici, mon fiancé et moi, je pense toujours qu'elle garde l'énergie de grand-mère et que si nous faisons l'amour dans un lit de la rue Manno, dans cet endroit magique où l'on n'entend que la rumeur du port et le cri des mouettes, nous nous aimerons toujours. Car au fond, en amour, il s'agit peut-être au bout du compte de se fier à la magie, on ne peut pas dire qu'on puisse trouver une règle, quelque chose à suivre, pour que tout se passe bien, par exemple obéir à des commandements.

Et au lieu de faire le ménage, de lire les nouvelles sur la situation en Irak avec ces Américains dont on ne comprend pas s'ils sont une armée de libération ou d'occupation, j'ai écrit, sur le cahier que j'ai toujours sur moi, le récit de grand-mère, du Rescapé, de son père, de sa femme, de sa fille, de grand-père, de mes parents, des voisines de la rue Sulis, de mes grands-tantes paternelles et maternelles, de ma grand-mère Lila, de mesdemoiselles Doloretta et Fanni, de la musique, de Cagliari, de Gênes, de Milan, de Gavoi."



+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
mandarine43mandarine4326 mars 2011
[Incipit.]

Grand-mère connut le Rescapé à l'automne 1950. C'était la première fois qu'elle quittait Cagliari pour aller sur le Continent. Elle approchait des quarante ans sans enfants, car son mali de is perdas, le mal de pierres, avait interrompu toutes ses grossesses. On l'avait donc envoyée en cure thermale, dans son manteau droit et ses bottines à lacets, munie de la valise avec laquelle son mari, fuyant les bombardements, était arrivé dans leur village.

Elle s'était mariée sur le tard, en juin 1943, après les bombardements américains sur Cagliari, à une époque où une femme pas encore casée à trente ans était déjà presque vieille fille. Non qu'elle fût laide, ou qu'elle manquât de soupirants, au contraire. Mais un moment venait où les prétendants espaçaient leurs visites, puis disparaissaient de la circulation, toujours avant d'avoir demandé officiellement sa main à mon arrière-grand-père. Chère Mademoiselle, des raisons de force majeure m'empêchent ce mercredi, ainsi que le prochain, defai visita afustetti*, comme c'était mon vœu le plus cher, mais hélas irréalisable.

Ma grand-mère attendait alors le troisième mercredi, mais chaque fois se présentait une pipiedda, une fillette, qui lui apportait une lettre repoussant encore, et puis, plus rien.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
ides60ides6027 octobre 2014
Le Rescapé avait une méchante valise, mais il était vêtu de façon distinguée et malgré sa jambe de bois et sa béquille, c'était un très bel homme. Après le dîner, de retour dans sa chambre, grand-mère se mit aussitôt au bureau pour le décrire avec précision, de sorte que si elle devait ne plus le croiser dans l'hôtel, elle ne risquât pas de l'oublier. Il était grand, il avait des yeux sombres et profonds, la peau douce, le cou fin, les bras forts et longs et de grandes mains d'une candeur enfantine, la bouche charnue et évidente malgré une barbe courte et légèrement frisée, le nez doucement arqué.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Videos de Milena Agus (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Milena Agus
Payot - Marque Page - Milena Agus - Sens dessus dessous
autres livres classés : Sardaigne (Italie)Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Grandes oeuvres littéraires italiennes

Ce roman de Dino Buzzati traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ».

Si c'est un homme
Le mépris
Le désert des Tartares
Six personnages en quête d'auteur
La peau
Le prince
Gomorra
La divine comédie
Décaméron
Le Nom de la rose

10 questions
377 lecteurs ont répondu
Thèmes : italie , littérature italienneCréer un quiz sur ce livre
. .