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ISBN : 2070138917
Éditeur : Gallimard (2012)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 23 notes)
Résumé :

Sur les 23000 Justes parmi les Nations, il n’y a pas un seul Arabe et pas un musulman de France ou du Maghreb.

C’est étonnant quand on connaît les liens séculaires qui ont uni les deux communautés juive et musulmane. Alors, j’ai décidé de chercher. Pendant deux ans et demi, j’ai défriché des documents, suivi toutes les pistes possibles, tenté de recueillir des témoignages.

On m’a souvent répété « mais les témoins sont morts au... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
tynn
tynn23 février 2016
  • Livres 4.00/5
Un homme au regard acéré et bienveillant..
Quand on croise la couverture de ce livre, on est immédiatement attiré par la présence et la majesté de cette figure musulmane d'un temps passé, portant turban et Légion d'honneur.
J'ai feuilleté et je n'ai plus lâché.
L'enquête relatée par Mohammed Aïssaoui est passionnante et aussi frustrante pour le lecteur qu'elle a du être pour l'auteur. Le temps a passé, il ne reste que des fantômes, et il est bien difficile de trouver des preuves de l'aide apportée à la communauté juive par le recteur de la Grande Mosquée de Paris sous le régime de Vichy.
Kaddour Benghabrit a été cet homme là, dépassant les clivages de religion pour user de son influence d'homme de pouvoir et de réseaux dans un sauvetage humanitaire discret. Un homme complexe et controversé, brillant et cultivé, mondain et séduisant, dont la personnalité se dessine peu à peu à travers les rencontres et entretiens.
Une personnalité de premier plan aux gestes d'aide et de soutien trop discrets puisque que non reconnus. Des souvenirs épars, des traces infimes en documentation mais aucune preuve qui aurait pu permettre à un musulman de devenir "Juste parmi les nations". Le travail de recherche de l'auteur nous dessine en creux une vingtaine d'années autour de la guerre de 40, les positions peu connues des musulmans avec le contexte du conflit et la vie propre de la Grande Mosquée de Paris.
Dans notre époque si tourmentée, cette image d'un musulman aidant un juif a valeur de symbole de paix et de fraternité.
( prenez le temps visiter la Grand Mosquée, c'est un lieu insolite au coeur de Paris. Dans un coin tranquille du jardin, on y trouve la tombe de Kaddour Benghabrit)
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Aaliz
Aaliz26 janvier 2014
  • Livres 4.00/5
Pourquoi n'y-a-t-il aucun arabe ou musulman de France et du Maghreb parmi les Justes ?
Voilà la question que s'est posée Mohammed Aïssaoui et à laquelle il a tenté de répondre dans ce très court ouvrage.
Il s'intéresse alors à la figure de Si Kaddour Benghabrit fondateur de la Grande Mosquée de Paris, figure qui va lui servir de fil rouge durant toute son enquête. Car la légende prétend que la Grande Mosquée aurait servi à abriter plus de 1700 personnes durant cette période obscure de l'occupation allemande.
Documentaires vidéos, archives, témoignages sont les matériaux sur lesquels se base Mohammed Aïssaoui. Cela semble prometteur et pourtant … Les documentaires sont trop peu nombreux sur le sujet et n'ont pas suscité d'intérêt qui aurait permis des enquêtes plus approfondies. Pis ! Les témoins auxquels ils font référence sont aujourd'hui disparus. Il faut retrouver leur famille, des descendants, des proches susceptibles d'apporter leur pierre à l'édifice. Malheureusement, soit on ne trouve personne, soit elles ne savent rien, soit elles refusent de parler.
Petit à petit toutefois, Mohammed Aïssaoui glane quelques informations, quelques anecdotes, qui à défaut de prouver ce qui reste pour l'instant des rumeurs, montre que oui, Si Kaddour a aidé des juifs qui lui avaient demandé sa protection.
Par sa position de diplomate, l'homme avait le bras long et ses interventions ont été salutaires. Son entreprise de récupération de l'hôpital franco-musulman de Bobigny qui était tombé aux mains des allemands a permis de sauver nombre de gens. En effet, l'hôpital et son personnel était un maillon de la Résistance et ont délivré faux papiers et faux certificats permettant ainsi à plusieurs personnes d'échapper à la gestapo.
Mohammed Aïssaoui rencontre également des personnalités et c'est ainsi qu'il nous livre l'histoire des parents de Philippe Bouvard. On croise aussi celle du roi Mohammed V dont la volonté affichée de protéger la communauté juive de son royaume n'est plus à prouver. Et pourtant, aucune trace de lui parmi les Justes.
Pourquoi de tels « oublis » ? Et pourquoi ces réticences face à la démarche de Mohammed Aïssaoui ? Pourquoi cette minimisation de l'action de Si Kaddour par ses successeurs ? L'homme avait semble-t-il de nombreux détracteurs au point d'être accusé de collaboration.
Car, des arabes et des musulmans collabos, il y en a eu. Pour preuve la création de cette légion SS musulmane et de la Brigade nord-africaine très liée avec la Gestapo.
Voilà un petit livre utile qui m'aura appris beaucoup de choses encore une fois sur cette sombre période. Mohammed Aïssaoui rend bien compte de la difficulté du devoir de mémoire confronté à la progressive disparition des témoins, à cette obstination du silence, à ces sources qui se contredisent.
On ressort de la lecture aussi frustré que notre enquêteur. Tout comme lui, on espère trouver les preuves irréfutables, le témoin qui fera toute la lumière. Mais on doit se contenter de ce qu'on trouve.
Petit bémol : la présentation qui suit certes l'enquêteur au fil de ses rencontres mais donne une impression de fouillis. J'aurais aimé quelque chose de plus construit.


Lien : http://0z.fr/H_9Pj
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Hermane
Hermane17 octobre 2012
Une formidable enquête sur les traces de Kaddour Benghabrit, ancien Recteur de la Grande Mosquée de Paris. Ce Musulman aurait, selon de nombreux témoignages, protégé des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale en les cachant entre les murs de cette oasis située en plein 5ème arrondissement. Et pourtant, il ne fait pas partie des 23 000 "Justes parmi les Nations" reconnus par Yad Vashem. Aucun Arabe ne figure d'ailleurs dans la liste…comment est-ce possible ?
C'est là tout l'objet de l'enquête de Mohammed Aissaoui, journaliste au Figaro Littéraire : répondre à cette question et enquêter sur Kaddour Benghabrit, cet homme au grand coeur, ambigu, qui vivait dans le faste, aimait les femmes, la culture, la musique. Qui était réellement Kaddour Benghabrit ? Un imposteur ? Un héros ?
Une entreprise difficile dans laquelle le journaliste essuie plusieurs échecs, vole d'archives en archives-qui se révèlent de véritables mines d'or, d'incroyables richesses inexploitées; les témoignages s'enchaînent, se contredisent, les pistes se brouillent, mais il reste confiant. Son enquête avance au rythme de ses découvertes, d'émouvants témoignages, comme ceux d'Elie Wiesel ou encore d'un Philippe Bouvard que nous découvrons sous un nouveau jour. Nous suivons avec intérêt cette enquête, les avancées pas à pas du journaliste, véritable détective de la mémoire, nous nous réjouissons avec lui de ses découvertes et vivons avec lui ses désillusions.
Le style journalistique se prête tout à fait à ce format.
Ce livre est également l'occasion de réfléchir à ce conflit qui déchire les Juifs et les Musulmans. Réhabiliter la mémoire de ces Musulmans qui ont sauvé les Juifs, reconnaître leur rôle pendant l'Holocauste, serait, qui sait, peut-être un premier pas vers la réconciliation.
Et au sujet du rôle de Benghabrit: s'agit-il de rumeurs ? de faits avérés? Je vous encourage à lire ce livre pour le découvrir !
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Nierika
Nierika16 novembre 2012
  • Livres 3.00/5
Au-delà de la vitalité de l'ouvrage, qui tient à la volonté louable de l'auteur d'accorder une place centrale aux témoignages, les recherches autour de Kaddour Benghabrit se présente sous la forme d'un «carnet de notes» s'apparentant à une sorte de «fourre-tout» mémoriel, et sensoriel. le lecteur, qui au fil des pages, suit l'enquête de M. Aïssaoui, partage avec lui ses interrogations, s'égare à son tour -et parfois, avec beaucoup de déception-, mais les transitions entre les témoignages, les pistes ne sont pas toujours claires. Les réflexions méta-textuelles sur la difficulté de la mission, et sur la conservation de la mémoire - dont on se demande si ce n'est pas là l'un des véritables sujets du livre - noient le travail d'investigation sous des confidences personnelles, parfois ingénues, souvent «anecdotiques, mais intéressantes». Se dégage de la lecture de cet ouvrage, une «impression floue» qui ne saurait satisfaire le lecteur curieux, ou tout simplement pragmatique qui referme la dernière page, constatant que sur le fond (la reconnaissance officielle d'Arabes dont Kaddour Benghabrit comme Justes parmi les nations), l'enquête n'aboutit à aucun résultat tangible. On pardonne au journaliste engagé. On comprend la faiblesse de ses moyens. On rêve même que cet ouvrage «ouvert» s'enrichisse de contributions extérieures, que celui qui le lit «devienne témoin à son tour», avant de réaliser, en toute modestie, que pour soi, l'apport de «L'étoile jaune et le croissant» (très beau titre par ailleurs) est multiple, et viscéral.
Un grand merci à Babelio, et aux éditions Gallimard pour l'envoi de ce livre dans le cadre de l'opération «Masse critique» d'octobre 2012.
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IreneAdler
IreneAdler17 octobre 2012
  • Livres 4.00/5
Merci à Babelio et aux éditions Gallimard pour l'envoi de ce livre.
Le cas de Si Kaddour Benghabrit est compliqué. Pas tant à cause de récits contradictoires sur sa personne, mais parce qu'il y a très peu d'écrits le concernant. Pas même à la Grande Mosquée de Paris dont il fut pourtant le fondateur et le recteur de 1926 à 1956, année de son décès.
Pourtant, il pourrait être le premier Arabe à figurer parmi les 23000 noms des "Justes parmi les nations", ce qui n'est pas tout à fait rien. Un dossier à son nom est ouvert à Yad Vashem, mais aucune pièce n'est venue le défendre. Alors que des témoins encore vivants peuvent être interrogés. Qu'un reportage et un film lui sont consacrés (le premier de 1991 et dure 30minutes environ ; le second, Des Hommes Libres avec Mickael Lonsdale, dont il fut moins question des Des Hommes et des Dieux). Il semble n'etre qu'une ombre en arrière-plan, malgré son statut et son poste.
Aissaoui se lance donc dans une quête, celle d'un homme du 20ème siècle avec paradoxalement moins de matière que pour l'esclave Furcy. La forme de l'ouvrage n'est donc pas la même, elle est beaucoup moins narrative, beaucoup plus personnelle.
Pour ce personnage, sur ce sujet des Justes, il a pu interroger des enfants de rescapés, d'imams résistants, voir quelques maigres archives. Il a choisi non pas de nous raconter une histoire, mais de nous montrer son journal d'enquete, les différents témoins qu'il a pu rencontrer. le ton est beaucoup plus personnel, lui-même regrettant le peu de traces qu'il a de sa famille.
La conclusion reste ouverte. Nul ne sait si Si Kaddour Benghabrit sera nommé Juste. Lui ou un autre des Arabes résistants et philosémites dont il a retrouvé la trace. Ce qui serait un geste de justice et d'amitié.
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Les critiques presse (3)
LeMonde13 novembre 2012
Ce récit d’un constat d'échec est une réussite.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs05 novembre 2012
[Ce] récit est d'abord un voyage mélancolique, entre la France, le Maghreb et Israël, sur les traces d'un passé enfoui, qui rappelle parfois les errances mémorielles d'un Modiano.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Liberation29 octobre 2012
Le livre de Mohammed Aïssaoui, journaliste au Figaro littéraire, tombe en plein marasme nauséabond autour des relations entre juifs et musulmans. Et il tombe bien, pour redonner, enfin, de l’humanité à cette histoire.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
HermaneHermane08 octobre 2012
A un moment de la conversation, elle me dit, mais je crois qu'elle s'adresse à elle-même: "Je ne comprends pas pourquoi il a été complètement oublié." J'ai envie de lui répondre que la mémoire ça se travaille. Et que, sans doute, j'en suis même sûr, d'autres ont oeuvré pour qu'on l'oublie. On peut mourir deux fois.
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HermaneHermane08 octobre 2012
Puis [Elie Wiesel] me dit cette phrase que je ne peux oublier : "Celui qui écoute le témoin devient témoin à son tour."
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HermaneHermane11 octobre 2012
Une citation commune au Talmud et au Coran ne dit-elle pas à peu près ceci: Qui sauve une vie sauve l'humanité entière ?
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tynntynn22 février 2016
Je crois que plus un pays est libre, plus sa volonté de préserver sa mémoire est grande. Et plus ses archives sont importantes. Un pays libre n'a pas peur de son passé.
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tynntynn22 février 2016
Je me dis aussi qu'il n'y a pas beaucoup de différences entre une vie consacrée à une cause et une vie sacrifiée.
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Videos de Mohammed Aïssaoui (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mohammed Aïssaoui

SMEP 14 : Contre tous les obscurantismes
Chahdortt Djavann et Mohamed Aïssaoui sont les invités de Gérard Collard à Saint Maur en poche 2014.
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