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ISBN : 2070428001
Éditeur : Gallimard (2004)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Grec par ses parents, Français par ses enfants, Vassilis Alexakis se promène depuis près de trente ans d'une langue et d'un pays à l'autre. Pourquoi a-t-il donc éprouvé un jour le besoin d'apprendre et d'écrire une langue supplémentaire : le sango, idiome africain peu connu, parlé en Centrafrique ? Il espère sans doute que cette troisième langue finira par le rajeunir. Il souhaite qu'elle l'aide à retrouver ses sensations d'enfant quand l'alphabet et la grammaire gr... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Apoapo
Apoapo05 février 2016
  • Livres 5.00/5
Est-ce ma propre identification tellement poussée avec le héros de ce roman qui me fait penser qu'il s'agit plus d'une autobiographie que d'un roman?
Les thèmes: l'apprentissage d'une langue supplémentaire après un bilinguisme très "évolué", d'une langue qui n'a pour l'apprenant aucun but communicatif, une langue "presque" choisie par hasard, pour la seule raison que "Ne pas avoir de raison d'apprendre une langue n'est pas une raison de ne pas l'apprendre" (p. 92)...
Et pourtant, cet apprentissage semble être principalement un moyen d'élaborer le deuil de son père. La répétition si fréquente de la phrase que le héros veut exorciser: "baba ti mbi a kui" ("mon père est mort") constitue la clef de ce récit, dont la profondeur n'apparaît que sous le voile d'une sublime légèreté de ses contenus et de son style. L'apprentissage, avec toutes les émotions que donnent les nouveaux mots, car "les mots étrangers ont du coeur" (p. 320), est une sublimation de la perte, peut-être aussi une compensation d'une enfance retrouvée par la possibilité de s'approprier par petites gorgées (tétées) l'instrument linguistique vierge, tout comme un enfant s'approprie sa première langue.
Et une autre raison du "presque" hasardeux: cette langue africaine, le sango, s'avère avoir un lien de famille avec celui qui l'apprend, un lien avec le père du père, celui qui a laissé une lettre en héritage, qui est en fait une impossibilité d'être lue, l'héritage d'un silence du père, face auquel le héros se retrouve à son tour...
Dans cette optique, le voyage du héros dans le pays du sango, la Centrafrique, est aussi un voyage à la recherche de ce côté-ci de son ascendance, une recherche des sources ainsi qu'une tentative de rendre "vivante" cette langue née d'un décès. C'est peut-être pour cela aussi que la Centrafrique lui rappelle si souvent la Grèce de son enfance: "Suis-je venu ici pour ressusciter mon passé? L'Afrique me le rappelle si souvent que j'ai par moments le sentiment déroutant qu'elle se souvient de moi" (p. 260).
Enfin il y a dans ce livre une ode au multilinguisme et à l'apprentissage des langues: "Les langues vous rendent l'intérêt que vous leur portez. Elles ne vous racontent des histoires que pour vous encourager à dire les vôtres. Comment aurais-je pu écrire en français si la langue ne m'avait pas accepté tel que je suis?" (p. 320), ce qui est la meilleure preuve que les langues font souvent davantage preuve de sens de l'hospitalité des migrants que les humains pour qui elles ne sont qu'un instrument de communication banalement spontané...
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Pitaya
Pitaya06 mai 2014
  • Livres 4.00/5
Pourquoi apprend t-on une langue ? Comment se comporte t-on pendant cet apprentissage ? Quels mots font d'abord sens ?
On oublie vite qu'on a, un jour, appris une langue en partant de rien et ce livre nous ramène avec humour et délicatesse vers ce qui nous semble naturel mais qui pourtant est étonnant. Une langue nous fait voyager, nous fait découvrir beaucoup sur le monde mais aussi sur nous-même.
Un voyage qui commence par une langue et qui finit par un pays, un continent.
Un très joli livre qui devrait tous nous inciter à découvrir de nouvelles langues.
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Schneeweiss
Schneeweiss17 mai 2009
  • Livres 5.00/5
A travers ce livre, l'auteur, francophone grec, nous dévoile son rapport avec une langue africaine qu'il a décidé d'apprendre : le sango.
Un livre agréable, plein d'humour et qui nous en apprend un peu plus tant sur cet auteur étonnant que sur la culture africaine.
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Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko126 juillet 2014
Les films et les livres de mon enfance décrivaient l'Afrique comme le carrefour de tous les dangers. Tartan était continuellement sur le qui-vive. Il avait bien quelques amis, un éléphant qui lui servait de moyen de transport et un singe qui lui faisait des grimaces (Tarzan riait de temps en temps), il vivait cependant sous la menace permanente d'animaux féroces et de guerriers cannibales. Ces derniers s'exprimaient dans un langage sommaire qui leur permettait tout juste de mettre au point leur funestes machinations. La plupart des blancs qui s'aventuraient dans la jungle étaient des marchands d'esclaves ou des tueurs d'éléphants.
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rkhettaouirkhettaoui06 août 2015
Les langues vous rendent l’intérêt que vous leur portez. Elles ne vous racontent des histoires que pour vous encourager à dire les vôtres. Comment aurais-je pu écrire en français si la langue ne m’avait pas accepté tel que je suis ?
Les mots étrangers ont du cœur. Ils sont émus par la plus modeste phrase que vous écrivez dans leur langue, et tant pis si elle est pleine de fautes.
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rkhettaouirkhettaoui06 août 2015
Ce ne sont pas les linguistes qui font évoluer la langue, mais la rue. Les petits loubards ont davantage contribué à son enrichissement que les universitaires. Les mots qu’ils créent ont tant de succès auprès des couches populaires et des étudiants qu’ils sont sans cesse obligés de mettre au point de nouveaux langages secrets.
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rkhettaouirkhettaoui06 août 2015
Le français ne me rappelait aucun mauvais souvenir. J’étais d’autant plus à l’aise dans le roman de la langue française qu’elle compte énormément de mots grecs. Mais ce n’est pas longtemps supportable d’écrire dans une langue que votre mère ne comprend pas, qui n’a pas les mêmes souvenirs que vous.
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rkhettaouirkhettaoui06 août 2015
Les mots étrangers connaissent des histoires surprenantes. C'est un agrément de les fréquenter. J’étais probablement un peu las de toujours interroger les mêmes mots grecs ou français. J’avais besoin d’entendre autre chose que ce que je savais déjà. Le dictionnaire de sango ne m’a pas moins fasciné que les aventures de Tarzan quand je les lisais adolescent.
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Videos de Vassilis Alexakis (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vassilis Alexakis
Rencontre régionale à Lyon - Prix Goncourt des Lycéens 2012
Le 18 octobre dernier se déroulait la rencontre régionale de Lyon, à l'UGC Ciné Cité où Joël Dicker, Serge Bramly, Gaspard-Marie Janvier, Thierry Beinstingel, Vassilis Alexakis et Linda Lê en lice pour le Goncourt des Lycéens ont répondu aux questions de 259 élèves venus des lycées d'Annecy, Chambéry, Pont du Château, Dijon, Grenoble, Neuville-sur-Saône, Saint-Étienne et Bourg-Lès-Valence.
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