> Michel Lederer (Traducteur)

ISBN : 9782226220578
Éditeur : Albin Michel (2011)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Des nouvelles dans lesquelles il apparaît que les relations humaines ne sont qu’une succession de petites guerres. Les personnages sont des hommes ordinaires sur le point de connaître un grand changement : des artistes, des ouvriers, des pères, des amants, des maris, de... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Melopee, le 11 juin 2011

    Melopee
    De Sherman Alexie j'avais lu Dix petits indiens, qui m'avait charmé de par ses petites nouvelles incisives et cinglantes. Alors quand j'ai eu vent de ce nouveau recueil de nouvelles (couronné par le prix Pen Faulkner 2010), je n'ai pas hésité un instant avant de me plonger dedans. Et retrouver la plume de cet excellent novelliste amérindien a été un vrai bonheur !
    Sherman Alexie nous parle d'Indiens, de ceux qui tentent de trouver leur place dans la société américaine. Et ce n'est pas sans mal qu'ils se fraient un chemin et entrent dans le moule. Pour preuve, cet assassin à la peau ni blanche, ni vraiment brune. C'est un Indien de la tribu Spokane, qu'on ne parvient pas à catégoriser. C'est pourtant l'identité de ce meurtrier qui fait débat. Qui est-il? Pourquoi a-t-il tué un Noir? N'est-ce pas toujours les Blancs qui se confrontent aux Noirs?
    Il y a aussi cet autre Indien, parcourant les couloirs d'un hôpital à la recherche d'une bonne couverture épaisse (comme celles que font les Indiens) pour couvrir son père opéré. Et la rencontre d'un Indien d'une tribu différente va montrer la solidarité entre ces petites ethnies vivant selon leurs rites.
    Mais Alexie ne se borgne pas à décrire des Indiens et uniquement des Indiens. Tous les hommes sont par essence reconnaissables dans ces portraits d'hommes ordinaires tiraillés par les tracas de la vie quotidienne. Tout est sujet à la discussion : la guerre des races, l'alcool et la drogue mais aussi aussi la guerre ou bien la société de consommation. Et les hommes qui prennent place dans ces histoires sont tour à tour des pères, des maris ou des fils. Ils ont cela de commun qu'ils s'interrogent sur l'existence ou sur un élément déclencheur qui bouleverse leur vie. Avec Sherman Alexie on est dans l'instantanéité, dans la description concise de rapports humains. le fait est qu'il esquisse des histoires (sur)prenantes sur le ton de la blague voire de l'information purement factuelle.
    Une fois de plus été happée, embarquée par ces petits récits qu'on se verrait se faire raconter au coin du feu. Car la confrontation de deux êtres engendre tout un lot d'inconnus. S'agirait-il en fait de petites guerres arbitrées par les conventions modernes?
    Les récits se succèdent avec un même plaisir, celui de la découverte perpétuelle de ces gens qui ont tant à nous apprendre. Certaines nouvelles se placent sur une ou deux pages, découpées de telle manière qu'on les engloutit comme un encas. D'autres sont plus longues et s'étalent sur des dizaine de pages. Ce style propre à Sherman Alexie, j'y adhère les yeux fermés. Il ne transforme certes pas la réalité mais nous en donne une vision éclairée du point de vue d'un Amérindien lucide et toujours extrêmement droit dans ses positions.
    Un petit bonheur de lecture !
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    • Livres 5.00/5
    Par valdemosa38, le 04 décembre 2011

    valdemosa38
    Sherman Alexie est entré sur ma liste des chouchous....
    Dabord parce qu'il fait bcp de nouvelles et que c'est une forme que j'aime bien. Ensuite parce que c'est un homme qui s'interroge et qui nous fait partager avec bcp de sensibilité ses contradictions. A la fois caustique voir cynique sur l' autre, ses resistances tombent d'un coup et il reconnait chez l'autre ce qui le rend touchant, proche de lui et surtout dans la même merde.
    Toujours en toile de fond un questionnement sur son identité Spokane mais pas que. Je trouve qu'il a un petit qq chose à la Woody Allen ds son écriture., un léger désespoir qu'il tourne à la rigolade tel un enfant dansant d'un pied sur l'autre afin de cacher son malaise...
    A travers ses nouvelles, nous rencontrons des personnages incroyables. Il y a une scène formidable qd un homme se retrouve à l'hopital pour son père, celui ci a froid et cet homme part ds l'hopîtal à la recherche d'une couverture pour son père, je ne raconte pas la suite mais pffffffffff c'était vraiment beau ...
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    • Livres 3.00/5
    Par Folfaerie, le 06 mars 2011

    Folfaerie
    J'ai retrouvé avec plaisir cet écrivain que le suis depuis la découverte d'Indian killer.
    Je suis un peu moins enthousiaste avec ses nouvelles en général, cependant ce recueil m'a plu au-delà de ce que j'en espérais.
    Sherman Alexie poursuit son exploration de la société américaine, à travers le regard d'un Amérindien (il est Spokane) 100% citadin. On y retrouve des thèmes récurrents, comme le racisme ou la guerre des sexes, et cette observation à la loupe de l'intégration des Amérindiens à la société américaine.
    Plus mature, moins revanchard, Sherman Alexie continue de régler ses comptes, et d'ailleurs le choix du titre du recueil de nouvelles éclaire assez l'état d'esprit de l'auteur, mais avec moins d'amertume et plus de tendresse que de coutume.
    Pour être honnête, je dirai que ce recueil ne se démarque pas vraiment de la production américaine habituelle : oui, la vie est une jungle, vivre avec les autres, c'est difficile, etc. Mais, parce qu'il y a un mais, Alexie a un atout majeur à mes yeux : il est Spokane. Et c'est précisément en raison de son appartenance à un groupe ethnique, que sa vision de la société devient intéressante. Même s'il traite des travers des hommes d'aujourd'hui, de nos choix et de leurs conséquences (le fils du sénateur, effraction) de nos petites vies étriquées et dépourvues de sens (la ballade de Paul Néanmoins, effrayante symétrie) mais traversées par des moments de grâce (sel), il introduit également des éléments propres à l'histoire du peuple amérindien (bien qu'Alexie essaie de tordre le cou aux stéréotypes), notamment dans les poèmes en prose qui parsèment le recueil : va, esprit, va, Chef Joseph ou le poème sur Abraham Lincoln. On trouve aussi de petits textes inclassables comme Catéchisme.

    A propos de Lincoln d'ailleurs, c'est un fait historique dont on parle peu, et pourtant...
    The Dakota War of 1862, also known as the Sioux Uprising, (and the Dakota Uprising, the Sioux Outbreak of 1862, the Dakota Conflict, the U.S.–Dakota War of 1862 or Little Crow's War) was an armed conflict between the United States and several bands of the eastern Dakota people (Sioux). It began on August 17, 1862, along the Minnesota River in southwest Minnesota. It ended with a mass execution of 38 Dakota men on December 26, 1862, in Mankato, Minnesota.
    Pour finir, Sherman Alexie a remporté le prix Pen-Faulkner 2010. Une bonne chose.

    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-danses-de-guerr..
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    • Livres 3.00/5
    Par trust_me, le 21 février 2011

    trust_me
    Un homme surprend un cambrioleur et la situation vire au drame. Un autre, persuadé d'être gravement malade, repense aux derniers jours de son père. le fils d'un sénateur participe à une agression homophobe un soir de beuverie. Un apprenti journaliste doit rédiger sa première nécrologie… Six nouvelles en tout, entrecoupées de poèmes et d'aphorismes. Autant de variations sur des relations humaines compliquées où l'affrontement n'est jamais très loin.
    Cela me fait mal au ventre de le reconnaître mais ce recueil de l'immense Sherman Alexie m'a déçu. Pour la toute première fois je ne referme pas un ouvrage de cet auteur en me disant qu'il a une fois de plus fait preuve d'un exceptionnel talent. Il y a eu Indian Blues et Indian killer, ses chefs-d'œuvre. Il y a eu Phoenix Arizona, La vie aux trousses et Dix petits indiens, des recueils de nouvelles éblouissants. Et puis il y a eu Le premier qui pleure a perdu, le plus fabuleux roman de littérature jeunesse que j'ai lu ces dix dernières années. Mais là, avec ces Danses de guerre, la magie n'opère pas. Un manque de liant entre chaque texte. Certains apparaissent anecdotiques (La ballade de Paul Néanmoins, Effrayante symétrie), d'autres caricaturaux (Le fils du sénateur). Et l'insertion des poèmes entre les nouvelles n'apporte aucune valeur ajoutée.
    Heureusement, tout n'est pas à jeter. Il reste quelques pépites où l'on retrouve le Sherman Alexie que l'on aime. Entre humour et colère, autodérision et fulgurances littéraires. La nouvelle qui donne son titre au recueil est sans aucun doute une des meilleures que l'auteur ait écrites. Un indien y revient sur la mort de son père, à priori tout sauf un modèle pour lui. le texte se conclut par ces phrases sublimes : « Il me manque ce salaud d'alcoolo. C'est toujours de l'homme qui m'a le plus déçu que je me sentirai le plus proche.»
    Danses de guerre reste quand même dans l'ensemble ma première déception concernant Sherman Alexie. Mais finalement peu importe. Il y aura toujours une place dans ma bibliothèque pour les futurs ouvrages de cet auteur considéré à juste titre comme l'un des plus talentueux de sa génération.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/02/danses-de-guerre.html
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    • Livres 4.00/5
    Par LN, le 24 février 2011

    LN
    Sherman Alexie ne nous offrent pas seulement des nouvelles qui sont déjà comme de petites pépites ciselées, son recueil comporte aussi des poèmes, ainsi que des réflexions décousues, dialogues fictifs :

    « Que pensez-vous de Dieu ?
    Je suis devant la fenêtre de ma cuisine, et je regarde trois corbeaux perchés sur le fil du téléphone. Je crois qu'ils racontent des conneries sur moi. » (p. 73)

    « Pourquoi les poètes s'imaginent-ils
    Qu'ils peuvent changer le monde ?
    La seule vie que je puisse sauver
    C'est la mienne. » (p.10)

    Un ensemble cohérent qui aborde les sujets chers à Sherman Alexie : l'identité raciale de ces amérindiens plongé dans un monde qui a voulu les exterminer, mais aussi des thèmes plus universels comme le mariage, la filiation, la solitude, la maladie et la mort.

    - Malgré ces sujets graves, le ton est drôle, acerbe et poétique à la fois. Entre les pages comme dans la vie, se glissent quelquefois des petits moments d'éternité.


    Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-danses-de-guerre-de-sherma..
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Citations et extraits

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  • Par Folfaerie, le 06 mars 2011

    Mon père, ouvrier du bâtiment à mi-temps, est mort en mars 2003 d’alcoolisme à plein temps. Sur son lit de mort, il m’a demandé : “Eteins la lumière, s’il te plaît.
    – Quelle lumière ?
    – Celle du plafond.
    – Il n’y a pas de lumière, papa.
    – Elle me brûle la peau, fils. Elle est trop vive. Elle me fait mal aux yeux.
    – Papa, je t’assure qu’il n’y a pas de lumière.
    – Ne me mens pas, fils, c’est Dieu qui prononce son jugement sur la Terre.
    – Papa, tu es athée depuis 1979. Tu te souviens simplement de ta naissance. A ton dernier jour, tu reviens à ton premier.
    – Non, non, fils, c’est Dieu qui me dit que je suis condamné. Il se sert des lumières les plus brillantes de l’Univers pour me montrer le chemin de ma tombe envahie de flammes.
    – Pas du tout, papa, ces lumières-là se trouvaient dans la chambre où tu es né.
    – Si c’est vrai, fils, alors éteins le ventre de ma mère.”
    Nous avons enterré mon père dans le petit cimetière catholique de notre réserve. Et comme je porte son nom, il m’a fallu contempler une pierre tombale sur laquelle figure mon nom.
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  • Par LN, le 24 février 2011

    « Je n’avais pas chanté depuis des années, rien de tel en tout cas, mais je joignis ma voix à la sienne. Je savais que ce chant ne ramènerait pas les pieds de mon père. Ni ne réparerait sa vessie, ses reins, ses poumons et son cœur. Il ne l’empêcherait pas de vider une bouteille de vodka dès qu’il serait capable de s’asseoir dans son lit. Il ne vaincrait pas la mort. Non, songeais-je, ce chant est temporaire, mais en de pareilles circonstances, le temporaire suffit. Et c’était un bon chant. Nos voix résonnaient dans le couloir. Les malades et les bien- portants s’arrêtèrent pour écouter. Les infirmières, y compris la Noire à l’air distant, firent inconsciemment quelques pas vers nous. La Noire soupira et sourit. Je lui rendis son sourire. Je savais ce qu’elle pensait. Parfois, même après toutes ces années, il lui arrivait encore d’être surprise par son travail. Elle s’émerveillait encore devant la foi infinie et ridicule des gens. » (p. 44)

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Rencontre avec Sherman Alexie
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