> Michel Lederer (Traducteur)

ISBN : 2264027878
Éditeur : 10-18 (2000)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
A Seattle, un assassin tue des Blancs, les scalpe et dépose deux plumes de hibou sur leur corps : terreur sur la ville, tourmente parmi la communauté indienne que ces crimes désignent à la vindicte générale.
Ainsi va naître la légende du " tueur indien ", justici... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Indian killer
    Traduction : Michel Lederer
    Ce pourrait être un thriller ou un roman noir mais c'est plutôt un hybride. Autour de l'apparition, à Seattle, d'un tueur qui scalpe ses victimes et que les media - toujours aussi stupides - baptisent arbitrairement "Le Tueur Indien", Sherman Alexie a construit un livre qui tient en fait beaucoup plus du roman social que du policier à l'état brut.
    Il a choisi comme héros un jeune Indien adopté à sa naissance par un couple de Blancs qui ne pouvaient pas avoir d'enfants. Ce couple s'appelait Smith et, avec un aveuglement stupéfiant, ils ont appelé le bébé du prénom de John. (!!!) Comme ils se montrent très bon avec lui et le traitent comme leur fils, comme ils s'attachent à l'intégrer dans le monde blanc tout en évitant de le couper de ses racines indiennes, le lecteur est tout de suite saisi par cette impardonnable faute de goût.
    Devenu adulte, John rompt plus ou moins avec ses parents et se fait embaucher sur un chantier de gratte-ciel. On comprend alors très vite que le jeune homme souffre de problèmes nerveux et de troubles de mémoire qui, effectivement, pourraient faire de lui "le Tueur Indien" ...
    ... s'il n'y avait au moins un autre prétendant à ce titre, Reggie Polatkin, fils d'un Blanc et d'une Indienne et étudiant brillant qui a été exclu de l'université de Seattle pour s'être bagarré avec l'un de ses professeurs.
    Mais au-delà la trame policière, le but premier du romancier est de dépeindre la condition faite actuellement aux Etats-Unis aux descendants des Indiens qui survécurent au génocide. le résultat est accablant pour les autorités : la xénophobie quasi légendaire de "l'Amérique profonde" apparaît ici avec une violence rare.
    Et justement, c'est là que le bât blesse car, contrairement à ce qu'ont dit de ce livre certains critiques, le paysage ici présenté est bel et bien manichéen. Je l'ai tourné et retourné mais il n'y a rien à faire : d'un côté les gentils, de l'autre les méchants - et c'est tout. Certes, au beau milieu, on peut trouver quelques êtres, Indiens ou Blancs, qui ne rêvent que de servir de passerelle entre les deux groupes mais ils sont dépeints soit comme des imbéciles, soit comme des lâches, soit comme des utopistes.
    Du coup, ma lecture de cette histoire pourtant excellement bien menée et qui, presque jusqu'au bout, laisse planer le doute sur l'identité réelle de l'assassin, s'en est trouvée plutôt gâchée. Les personnages manichéens ne m'ont jamais parlé et bien que je n'aie aucun doute sur la capacité de haine et de méchanceté dont l'Homme est capable envers l'Homme, je sais aussi que parfois, la vapeur est capable de s'inverser avec succès et que, dans la majeure partie des cas, l'Homme est plus gris que franchement noir ou blanc.
    Un ouvrage donc assez décevant qui me fait hésiter sur l'achat de "Indian Blues", du même Sherman Alexie. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Folfaerie, le 27 janvier 2010

    Folfaerie
    Le chef d'oeuvre de la littérature amérindienne contemporaine, on le doit à ce jeune auteur Spokane qui, contrairement à ses aînés, a choisi de tremper sa plume dans le vitriol et de nous montrer le visage hideux de cette Amérique blanche qui continue de vomir la race des Peaux-rouges. (James Welch, dans "L'avocat indien" tentait déjà d'aborder le problème de la discrimination raciale sans atteindre la terrible lucidité d'Alexie).
    Un serial killer rôde dans la ville de Seattle. Il scalpe et mutile ses victimes, puis dépose auprès des corps deux plumes de hibou. La police et la presse sont persuadés qu'il s'agit d'un Indien.
    Serait-ce John Smith (l'ironie d'un tel nom !), cet ouvrier de 27 ans, fils adoptif d'un couple de blancs, bourgeois aisés plein de bonnes intentions mais qui ne peuvent aider leur fils à sortir du gouffre où il s'enfonce. John enfin, qui ne sait pas qui il est et dont les voix qui chuchotent dans sa tête ne lui laissent aucun répit,
    ou bien la belle activiste Spokane du campus, Marie Polatkin, qui ne supporte pas l'arrogance des blancs et de son prof de littérature amérindienne en particulier, Clarence Mather, homme condescendant qui aimerait devenir Indien, ou encore son cousin, Reggie, un type intelligent et agressif, marqué par son enfance sordide, qui voudrait en découdre avec tout le monde, blancs et indiens mêlés.
    Alexie nous offre une plongée glauque dans cette cité rongée par la haine et la discrimination raciale, où les clochards indiens sont passés à tabac à coups de battes de base-ball, où un animateur de radio mégalo, symbole de la toute puissance des médias, attise les foyers de haine en appuyant sur la dimension "primitive" des Indiens et en refusant le poids de cette faute collective, à savoir la mort et l'acculturation des Indiens, où certains hommes blancs rêvent d'avoir la peau rouge (pour mieux exorciser leurs remords ?) tandis que les peaux-rouges ne pensent qu'à se fondre dans le monde des blancs...
    Le problème de l'identité raciale et religieuse est posé à travers le personnage de John Smith, ce pauvre diable élevé par des catholiques blancs mais qui comprend enfin qu'il ne sera jamais accepté comme tel, également incapable de trouver sa place au sein de la communauté indienne, et dont la douloureuse quête de vérité le conduit aux portes de la folie.
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