> Ellen Forney (Illustrateur)
> Valérie Le Plouhinec (Traducteur)

ISBN : 2226180176
Éditeur : Albin Michel (2008)


Note moyenne : 4.38/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
Voici les péripéties poignantes et drôles de Junior, un jeune Indien Spokane, né dans une Réserve. Rien ne lui sera épargné – il a été le bébé qui a survécu par miracle, l’enfant dont on se moque et il est désormais l’adolescent qui subit en soupirant coups de poings et... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cecileo, le 19 mai 2010

    cecileo
    La vie de Junior avait bien mal démarré il y a 14 ans... Indien Spokane de la réserve Wellpinit , une opération du cerveau à l'âge de six mois lui a laissé une gueule cabossée : 42 dents, des yeux de traviole, une maigreur et des grands pieds qui le font ressembler à un l'majuscule, un crâne énorme à qui il doit toutes sortes de quolibets, et pour finir il zozote et bégaye.
    De plus, dans sa famille comme dans toutes celles de la réserve, le frigo est souvent vide, et « un bon morceau de poulet pousserait n'importe qui à croire en l ‘existence de Dieu. »
    Le refuge de Junior ?...Ses dessins, qu'il imagine « comme de tout petits petits canots de sauvetage », persuadé qui lui permettront de se faire entendre et comprendre dans le monde entier.
    Malgré ses airs de « gogol », Junior est loin d'être sot, et vit mal la misère fataliste qui règne dans sa tribu . Son prof de Maths le persuade de partir « pour toujours » , de quitter ce lieu « où l'on apprend qu'à renoncer ». Junior va donc intégrer le lycée de Reardan, situé à 35 kilomètres de la Réserve, et se retrouve seul Indien parmi les Blancs. Pour ceux de la Réserve, il est maintenant un traître , alors que pour les Blancs, le seul fait d'être Indien fait de lui un tueur en puissance ...
    Mais Junior se montre plein de courage, affrontant les règles de survie, qui somme toute, sont les mêmes que dans la réserve : Le premier qui pleure a perdu ...
    Mon avis :
    Je devais le lire, mon ado ne m'a pas laissé le choix : un livre dont il me dit avoir envie de le relire alors même qu'il ne l'a pas encore terminé, cela ne se refuse pas ! ! !
    Et je l'ai trouvé tout simplement formidable.
    Faire d'une telle vie un roman jeunesse est un pari osé. L'auteur réussit ici à aborder des thèmes lourds tels que la ghettoïsation des minorités ethniques, l'alcoolisme, la mort. Certains passages sont forcément lourds de tristesse, mais l'autodérision du narrateur fait passer un merveilleux message d'espoir. Les dessins de l'illustratrice d'Ellen Forney jalonnent si bien cette lecture, que j'ai d'abord cru que Sherman Alexie en était lui-même l'auteur. Ici, Sherman Alexie parle de cette collaboration réussie, et de l'écriture de ce roman qui est son premier ouvrage en littérature jeunesse.
    L'avis de mon Ado de 13 ans :
    J'ai adoré ce livre qui traite de la discrimination raciale. Les illustrations, le plus souvent très drôles, nous aident à refouler les larmes que l'on pourrait verser devant tant de misère.
    Les quelques billets qui parlent de ce roman sont relativement anciens : Cuné ne l'avait pas du tout aimé, Blabla Blibli en a apprécié l'écriture légère et pleine d'humour, Saxaoul et Clarabel ont été convaincues.
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    • Livres 5.00/5
    Par oceane, le 23 novembre 2008

    oceane
    Poésie, humour, espoir, bataille d'identité. Sherman Alexie au sommet de son art (illustré en plus!) aidé par son personnage unique qu'est Junior... à découvrir d'urgence!
    La vie de Junior, c'est la pauvreté, un père alcoolique, la vie qui ne fait pas de cadeau. Et pourtant, un optimisme à chaque instant.
    Beaucoup de poèsie (terre à terre, ce qui me plaît), que seuls les indiens peuvent exprimer, Alexie particulièrement. Beaucoup de fatalisme et d'humour face à cette histoire si cruelle qui est la leur. Pas de chichi, une écriture belle, qui va droit au but et touche.
    En fin de compte, on en oublie que c'est un livre pour "jeunes adultes". C'est tellement universel, pleins de références à l'histoire améridinienne, les dessins qui ponctuent l'histoire nous offrent une BD super touchante. Un chef d'oeuvre de poésie, d'humanité et de courage. Ce livre me confirme que Sherman Alexie est un écrivain de génie, que je place comme mon écrivain préféré, de loin.
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  • Par Junaelle, le 31 janvier 2012

    Junaelle
    Ce livre est tout simplement magnifique. Des mots simples, et pourtant si forts ; Sherman Alexie a réussi avec ce livre à jongler entre drame et humour en passant par les problèmes de société avec une facilité déconcertante.
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    • Livres 5.00/5
    Par atchoumgirl, le 18 août 2010

    atchoumgirl
    Ben je crois que j'ai perdu alors... Et oui, une belle histoire qui confronte à la réalité des indiens, parqués dans leur réserve et confronté à la bêtise humaine. le personnage principal est étonnant, naïf et mâture. Il fait preuve de beaucoup de lucidité et d'humour dans son quotidien. On le découvre en début de roman comme un ado qui souffre de nombreux handicaps, sans ami mais avec des parents aimants et puis petit à petit, tout se nuance. le peuple indien souffre et n'a plus confiance en lui. Ce roman lui rend hommage et montre toutes les contradictions, il n'y a pas de gentils et de méchants, tout est dans la nuance.
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    • Livres 4.00/5
    Par ChezLo, le 07 avril 2011

    ChezLo
    Junior Arnold est un jeune indien Spokane qui vit dans une famille relativement défavorisée de la réserve. Son père alcoolique, sa soeur marginale, sa mère telle est sa famille, très aimante cependant.Depuis qu'il est tout petit, il a l'habitude que l'on se moque de lui, de son hydrocéphalie. Adolescent, il va être admis dans la prestigieuse école de Reardan, surtout fréquentée pa rles Blancs. Même s'il doit souvent y aller à pieds, se faire chahuter sans cesse, supporter les propos racistes, il ira contre la majorité des habitants de la réserve qui le considèrent dès lors comme un traître.
    Surprenant de vivacité, ce roman démarre à fière allure, en distillant l'énergie et l'humour infatigable de l'auteur Sherman Alexie qui a pris du recul face à cette histoire largement autobiographique. Sans vraiment sombrer dans le misérabilisme, il décrit ce qui est peu décrit dans la littérature, notamment jeunesse, la situation difficile des communautés indienne aux Etats-Unis. Leur mal-être et leurs combats, leurs défaites et leur réclusion sociale.
    (...)

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2009/01/le-premier-qui-pleure-perdu..
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 décembre 2008
    Lecture jeune, n°128 - Arnold Spirit Junior, un jeune indien Spokane, est né dans une réserve. Cet adolescent de 14 ans a été littéralement « gâté » par la nature ! Il a la tête « pleine d’eau » (il est hydrocéphale) et a miraculeusement survécu à une opération lorsqu’il était nourrisson. Il en a gardé un crâne et des pieds surdimensionnés, 42 dents (« dix dents au-delà de l’humain »), un oeil myope, l’autre presbyte et est sujet à une activité convulsive qui s’exprime par des bégaiements, des zozotements ou des crises… En plus d’être considéré comme le « gogol » de la réserve, il se fait tabasser régulièrement par les gamins de son âge. Sa seule assurance-vie est son meilleur - et seul - ami, Rowdy, la brute la plus épaisse de la réserve. Pour éviter de finir « minable », comme tout bon indien Spokane, il choisit de fraterniser avec l’ennemi. Sur les conseils d’un professeur, Junior décide de quitter son lycée pour celui de Reardan, à 35 km de la réserve, fréquenté uniquement par des « blancs ».

    En pactisant avec le monde des « blancs », Junior sait qu’il va devenir un traître pour sa communauté. Mais il refuse tout simplement d’être le héros d’une histoire tragique répétée à l’infini par sa tribu : « On se met à croire que si on est pauvre, c’est parce qu’on est bête et moche, c’est parce qu’on est indien. Et parce qu’on est indien, on se met à croire qu’on est destiné à être pauvre ». Junior, qui se décrit avec la plus grande honnêteté comme un raté, réussit à se faire accepter par les « racistes » de Reardan, il devient un des plus grands joueurs de l’équipe de basket et tombe amoureux de la plus belle blonde du lycée. Junior manie l’autodérision avec talent et envisage le monde qui se présente à lui avec une lucidité aussi généreuse qu’irrévérencieuse. Il appréhende sa condition sans la moindre compassion et l’humour devient son unique sortie de secours. Son optimisme et sa foi en l’avenir sont si tenaces que Junior semble parfois être masochiste ou simplement naïf.

    « Fils adoptif » de Jim Harrison et James Welsh, figure majeure de la littérature amérindienne actuelle, Sherman Alexie a choisi le roman adolescent pour écrire sa « presque autobiographie ». Sherman Alexie, de mère Spokane, a grandi dans une réserve à Wellpinit et en est sorti pour faire de brillantes études. Il est également né hydrocéphale. Sous des allures de roman pour préados - le texte est parsemé de dessins accentuant le côté « comique » du personnage - ce récit s’adresse à des bons lecteurs. Il joue constamment sur un humour à prendre au second degré et une critique de la position de victime d’une communauté qui a intégré l’exclusion comme étant naturelle et justifiée. Mais au jeu du « premier qui pleure a perdu » Sherman Alexie sort gagnant. Il a reçu le National Book Award avec ce roman délicieusement drôle qui est devenu un best-seller aux États-unis.

    Rozenn Muzellec

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Citations et extraits

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  • Par ChezLo, le 07 avril 2011

    "- Arnold ?
    - Quoi ?
    - Je peux te poser une grosse question ?
    - Ouais, sans doute.
    - Tu es pauvre ?
    Je ne pouvais plus lui mentir.
    - Oui, je suis pauvre.
    Je pensais qu'elle allait sortir de ma vie sur-le-champ. Mais non. Au lieu de cela, elle m'a embrassé. Sur la joue. Je pense qu'on n'embrasse pas les pauvres sur les lèvres. J'ai failli lui crier dessus pour lui reprocher d'être superficielle. Mais là, je me suis rendue compte qu'elle se comportait en amie. Une vraiment bonne amie en fait. Elle se souciait de moi. Je pensais à ses seins, et elle, elle pensait à toute ma vie. C'est moi qui était superficiel.
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  • Par oceane, le 23 novembre 2008

    Avant, je croyais que le monde se divisait en tribus. En noir et blanc, en indien et blanc. Mais je sais à présent que ce n'est pas vrai. Le monde n'est divisé qu'en deux tribus : ceux qui sont des enfoirés et ceux qui n'en sont pas.
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  • Par lilimarylene, le 30 décembre 2010

    Il a ri, a trébuché sur un piquet de tente et est allé s'écraser contre un minivan. Il s'est cogné la figure contre une vitre et s'est pris l'épaule dans le rétroviseur.
    C'étais plutôt marrant, donc je me suis marré.
    Erreur.
    Rowdy s'est mis en colère.
    Il m'a flanqué par terre et a failli me donner un coup de pied. Il a lancé sa jamabe vers moi, mais l'a retenue à la dernière seconde. Je voyais bien qu'il voulait me faire mal parce que j'avais ri. Mais je suis son ami, son meilleur ami, son seul ami. Il ne pouvait pas me faire de mal. Alors il a pris un sac-poubelle plein de bouteilles de bière vides et l'a balancé contre le minivan.
    Du verre pilé partout.
    Ensuite, Rowdy s'est emparé d'une pelle qui avait servi à creuser des trous pour les barbecues et il s'est attaqué au van. Histoire de le démolir.
    Crac ! Boum ! Vlan !
    Il a cabossé les portes, explosé les vitres, arraché les rétroviseurs.
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  • Par lilimarylene, le 02 janvier 2011

    J'ai quatorze ans et je suis allé à quarante-deux enterrements.
    Ça, c'est vraiment la plus grande différence entre les Indiens et les Blancs. [...]
    Et mes amis blancs peuvent compter leurs morts sur les doigts d'une main.
    Moi je pourrais compter mes doigts, mes orteils, mes bras, mes jambes, mes yeux, mes oreilles, mon nez, mon pénis, mes fesses et mes tétons, je serais encore loin de mes morts.
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  • Par luocine, le 17 juillet 2009

    Ouais absolument, j’avoue que je me masturbe.
    J’en suis fier.
    Je suis doué.
    Je suis ambidextre.
    S’il existait une Ligue des Masturbateurs Professionnels, je serai proclamé n°1 et je gagnerai des millions de Dollars.
    Et vous vous dites peut-être : « Ecoute, vraiment, tu ne devrais pas parler de masturbation en public. »
    Et bien tant pis pour vous, je vais en parler parce que TOUT le MONDE le fait TOUT le MONDE aime ça.
    Et si Dieu n’avait pas voulu qu’on se masturbe, Dieu ne nous aurait pas donné de pouces. Donc je rends grâce à Dieu pour mes pouces.
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Video de Sherman Alexie

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Sherman Alexie : Dix petits indiens
D'une forêt de conifères de la presqu'île de Cape Cod (le cap aux morues), Massachusetts, Olivier BARROT présente l'écrivain indien Sherman ALEXIE, ainsi que son dernier recueil de nouvelles qui vient d'être traduit en français, "Dix petits indiens". Il résume l'une d'entre elle "Moteur de recherche" dont il lit un extrait.








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