> Michel Lederer (Traducteur)

ISBN : 2264030321
Éditeur : 10-18 (2002)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Avec Phoenix, Arizona, Sherman Alexie nous offre les riffs d'une écriture joliment jazzée. La plupart de ses personnages sont des anges égarés dans une civilisation qui les méprise. Victor, le gavroche de la réserve, Adrian, le mordu de rock and roll, Julius et Arnold,... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 01 avril 2012

    le_Bison
    Bien ancré dans la réalité et le concret de notre monde modernisme, Sherman Alexie n'en oublie pas pour autant ses racines, ses traditions. Il a gardé son âme indienne, malgré son passage dans le monde des Blancs. de nombreuses nouvelles parlent justement de ce déphasage entre deux mondes que les gouvernements ont toujours voulu opposé. Les Indiens ont gagné quelques batailles, les Blancs ont gagné la guerre. Les Blancs sont libres, les indiens cantonnés dans leurs réserves. Les espoirs des malchanceux s'appellent whisky, ceux des plus heureux ballon de basket et pepsi light (question d'ethnie, le diabète est le seul compagnon fidèle de l'indien).
    Conçu comme un recueil de nouvelles, Sherman Alexie se met en scène (il y a beaucoup d'autobiographie dans ses écrits), me fait partager ses rêves d'indiens, et surtout les désespoirs de son peuple, au quotidien. Il n'y a rien de flatteur ni d'enjoué dans la banalité de sa vie ; chez les Blancs, il reste Indien, mais pour les Indiens, il est simplement devenu un type un peu plus blanc qu'eux. Difficile de trouver ainsi sa place entre deux sociétés à l'esprit totalement différent. Mais la prose de Sherman Alexie me parait si simple et émouvante que le constat en devient amer, que le gâchis est irrémédiable et que ces Indiens d'Amérique, si loin de leurs ancêtres, vivent leurs derniers jours. Par solidarité, maintenant, j'ai envie de me jeter un petit whisky dans le gosier, peut-être même deux ou trois, histoire après d'entonner mon cri de guerre, ou de sortir mes plumes pour une danse de la pluie.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=2573
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 04 avril 2012

    Mes parents se soûlaient, quittaient brusquement les soirées pour rentrer chez eux et faire l’amour.
    « Ne le répète pas à ton père, me disait ma mère, mais il a bien dû s’endormir une bonne centaine de fois sur moi. On était en pleine action, il bafouillait je t’aime, ses yeux roulaient dans leurs orbites et terminé. Je sais que ça va te paraître bizarre, mais c’était le bon temps. »
    J’ai été conçu durant l’une de ces nuits d’ivrogneries, moitié sperme au bourbon de mon père, moitié œuf à la vodka de ma mère. J’ai été fabriqué comme un gentil petit cocktail de la réserve, et mon père avait autant besoin de moi que de n’importe quelle autre boisson alcoolisée.
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  • Par le_Bison, le 03 avril 2012

    Qu’est-ce que je vous sers l’ancien ?
    - Je ne sais pas trop. Vous avez une carte ? »
    Le barman éclata de rire. Gêné, Samuel eut envie de se lever et de partir en courant. Il resta cependant assis et attendit que l’hilarité du barman se calme.
    « Et si je vous servais simplement une bière ? » proposa enfin celui-ci.
    Samuel s’empressa d’accepter.
    Le barman posa la bière devant Samuel. Il rit de nouveau, démangé par l’envie d’appeler le journal local. Envoyez vite un photographe. Cet indien va boire sa première bière.
    Samuel saisit le verre. C’était froid et agréable au toucher. Il but. Il toussa. Reposa un instant le verre. Le reprit. But une gorgée. Une deuxième gorgée. Écarta le verre de ses lèvres. Respira une fois. Deux fois. But de nouveau. Vida le verre. Le reposa doucement sur le comptoir.
    Je comprends tout, songea-t-il. […]
    A chaque verre de bière, Samuel gagnait une once de sagesse, une once de courage. Mais après un moment, il se mit également à trop bien comprendre la peur et l’échec. Au milieu de chaque parcours d’une nuit de beuverie, il y a un moment où l’indien se rend compte qu’il ne peut pas revenir vers la tradition et qu’il n’a pas de carte pour le guider vers l’avenir.
    « Merde », fit Samuel.
    Ce devait rapidement devenir son mot favori.
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  • Par le_Bison, le 02 avril 2012

    A la réunion du Conseil tribal d’hier soir, Judas Wild-Shoe a donné au président une montre qu’il avait trouvée.
    « Un artefact d’homme blanc, un péché », a dit le président qui a mis la montre dans son sac.
    Je me rappelle les montres. Elles mesuraient le temps en secondes, en minutes, en heures. Elles mesuraient le temps avec précision, avec froideur. Moi, je mesure le temps avec mon souffle, avec le bruit de mes mains sur mon corps.
    Je fais des erreurs.
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  • Par vda, le 28 juillet 2009

    C'est difficile d'être optimiste sur la réserve. Ici, quand un verre est posé sur une table, les gens ne se demandent pas s'il est à moitié plein ou à moitié vide. Ils espèrent simplement que c'est de la bonne bière. N'empêche que les Indiens ont un don pour survivre. Et surtout pour survivre au pire. Aux massacres, à la perte de leurs langues et de leurs terres. Ce sont les petites choses qui font le plus mal. La serveuse blanche qui refuse de prendre une commande, Tonto, le faire-valoir du Cavalier Solitaire, l'équipe des Peaux Rouges de Washington.
    Et, comme tout le monde, les Indiens ont besoin de héros pour les aider à apprendre comment on fait pour survivre. Mais qu'arrive-t-il quand nos héros ne savent même pas comment payer leurs factures ?
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  • Par le_Bison, le 01 avril 2012

    On entendit au loin un bruit de verre brisé.
    « On dirait des bouteilles de bière, fit Adrian.
    - Ouais, Coors Light, à mon avis.
    - Cuvée 1988. »
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Rencontre avec Sherman Alexie
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Episode 7. Un reve californien. De Los Angeles a San Francisco, en passant par Santa Barbara, la Californie reflete mieux qu'aucun autre Etat l'idee du reve americain. Son nom, d'abord : Californie. Lorsqu'il la decouvrit au XVIe siecle, l'explorateur Cortes la baptisa ainsi parce que California etait le nom d'une mysterieuse princesse regnant sur un royaume ou coulaient d'abondance le miel et l'or. Ou trouva-t-il son inspiration ? Dans un roman ! Decidement, le pouvoir de la litterature est bien plus grand qu'on ne le pense...








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