ISBN : 2748045882
Éditeur : Société des écrivains (2009)


Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Le divorce de ses parents va complètement perturber la vie de Bryan. En suivant sa mère dans son déménagement, il se croit blasé de tout. Pourtant la vie va lui prouver le contraire.
Des amours, il en a déjà eu, mais à 16 ans, pas facile d’admettre qu’il est une ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par yann76, le 12 juillet 2011

    yann76
    Je viens de terminer ce livre et je suis bouleversé. En vacances, je voulais prendre mon temps, le lire tranquille, finalement j'ai dévoré les 465 pages en deux jours, je n'ai pas pu m'arrêter. Sujet délicat et toujours tabou, pas facile de parler de l'homosexualité à l'adolescence. Les auteurs le font avec humour et délicatesse sans jamais tomber dans la vulgarité. Tout y est : les difficultés d'assumer sa nature profonde, le questionnement face à des désirs que la « bonne morale » réprouve, l'isolement, l'incompréhension des amis, de la famille, l'homophobie…
    Un roman plein de tendresse et d'émotion qui ne peut laisser indifférent, à plusieurs reprises j'ai été très, très ému par certains passages. C'est vraiment un hymne à l'amour et à la tolérance.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par maxime2012, le 13 juillet 2011

    maxime2012
    Lutter contre soi-même est destructeur, comment peut-on encore en ce début de 21ème siècle, imposer tant de souffrances aux jeunes, filles ou garçons ? Ce livre retrace à la perfection le cheminement de certains ados lorsqu'ils découvrent leur différence, leur homosexualité. le problème c'est que contrairement aux apparences, les mentalités n'ont pas évolué d'un pouce et hélas « les braves gens n'aiment toujours pas qu'on suive une autre route qu'eux. » Non seulement elles n'ont pas évolué mais je crois qu'elles se sont terriblement détériorées. Car Brassens utilisait le verbe « aimer » aujourd'hui il pourrait dire que « les braves gens » ont de la haine pour ceux qui suivent une autre route qu'eux. Seulement l'amour reste l'amour, il n'obéit à aucune règle, à aucune loi ni à aucune logique et la connerie humaine est sans limite.
    Ce livre ne laisse pas indifférent, il est émouvant, passionnant, révoltant.
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Citations et extraits

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  • Par maxime2012, le 28 juillet 2011

    « À toi que je ne connais pas !

    Je ne te connais pas, je ne connais même pas ton prénom, à qui le demanderai-je ? Mais je t’aime et je t’écris cette lettre… »

    Il interrompit sa lecture pour me sourire. Il avait déjà les larmes aux yeux.
    - Je ne sais pas ce que tu as écrit après… mais déjà les deux premières phrases, j’adore ! Quand l’as-tu écrite ?
    - Un soir de cafard, un peu avant l’accident de Julien.
    - J’aime bien quand tu n’as pas le moral, je sens que tu vas me dire plein de choses gentilles.
    - Qu’est-ce que ça veut dire ?
    - Parfois, quand t’es en pleine forme, t’es dur avec moi. Comme le soir avec tes grands-parents…
    Il reprit sa lecture en laissant sa phrase en suspens :

    « Je ne te la donnerai jamais, je n’en aurai pas le courage, et pourtant je te l’écris, persuadé du contraire. Qui es-tu, toi, ce bel et mystérieux inconnu que je croise tous les jours au lycée ? Tous les jours ? Non hélas, et c’est bien là le drame : les jours de repos sont interminables. Je ne sais pas qui tu es, où tu habites et ce que tu fais. Je ne connais pas ta famille, je ne sais rien de toi, je ne sais pas ce que tu aimes, ce que tu détestes, ce qui te branche ou te fait vibrer. Je ne sais rien si ce n’est que tu es beau et que, sans rien faire, tu as bouleversé ma vie depuis le premier jour où je t’ai vu. Tu n’as rien fait de particulier. Tu es juste entré dans ce lycée, il y a trois mois, par un matin d’hiver. Nos regards se sont croisés et se croisent encore mais sais-tu que j’existe ? Probablement mon image est rangée, codifiée, dans un coin de ta mémoire. Mémoire inutile dont tu ne te serviras jamais puisque, toi non plus, tu ne me connais pas. Pourtant, je m’accroche à mes illusions. Je m’obstine à croire le contraire, croire que nos regards ne se croisent pas par hasard, croire que nous nous ressemblons et qu’un jour je serai ton ami, juste ton ami. Lorsque je regarde le ciel, la nuit, j’en fais le vœu à chaque fois que je vois une étoile filante. Comme si cette poussière cosmique qui brûle dans l’atmosphère avait un quelconque pouvoir. Comme celui de changer nos vies, de nous réunir pour toujours… et de nous rendre heureux.
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  • Par maxime2012, le 28 juillet 2011

    La fin de l’année glissa doucement, ennuyeuse et monotone, jusqu’à Noël. Pour changer, nous avons passé les fêtes de fin d’année chez mes grands-parents maternels. Ma mère avait une sœur qui ne s’entendait pas trop bien avec ses parents. Nous étions pour ainsi dire leur seule famille. Ça ne les rendait pas plus affectueux pour autant. Comme tout ce qui était nouveau, l’arrivée de Nicky les perturba un peu. Dix jours chez eux sans ordinateur ni Internet… le Goulag ! J’en profitais pour faire de bonnes balades avec mon chien dans la campagne. Comme l’année précédente, le soir de Noël, Laetitia m’envoya plusieurs SMS. Pourquoi pensait-elle toujours plus à moi à cette date-là ? Sans doute aurait-elle souhaité passer la soirée à mes côtés… Moi aussi !
    C’était Noël, tu n’y étais pas, mais c’était comme si ! Au deuxième SMS, ma grand-mère ne put s’empêcher de me demander :
    - Qui est-ce ?
    - Laetitia.
    - C’est ta petite amie ?
    - Non. Une amie, c’est tout.
    De tout temps, ma grand-mère voulait que j’aie une petite amie. Il ne se passa pas un Noël sans qu’elle ne me posât la question. Mais chaque année, et à son grand regret, je prenais un malin plaisir à lui dire le contraire. Ce qui la désespérait, c’était que je ne m’intéresserais jamais aux filles. Ce qui me désespérait moi, c’était que je serais encore là, l’année prochaine, à répondre à la même question !
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  • Par yann76, le 28 juillet 2011

    Interruption du journal.

    « 24 janvier 2003 – Plus de quinze jours que j’ai abandonné ce journal. Je n’ose plus écrire tout ce que je vis, tout ce que je ressens… Je ne sais plus où j’en suis. Mes sentiments m’effrayent ! Je suis obnubilé par ce garçon. Je ne le connais pas, je ne sais rien de lui mais je crois que je l’aime. Comment est-ce possible ? Heureusement il n’est pas dans ma classe ! Pourquoi est-il si beau et si mystérieux ? Que faire pour que tout cela cesse… Mais en ai-je vraiment envie ? Je vis un rêve, je plane, je vole… avec les anges. »

    Que de questions posées… Chaque fois que je le cherchais, pendant les pauses, nos regards se croisaient. Comme s’il me cherchait aussi. Comment le savoir ? Et comment l’aborder de façon naturelle ? Je ne pouvais pas lui faire le coup de la situation en Afghanistan. Un garçon qui se prend une veste en draguant une fille, ce n’est pas grave. On se moque de lui pendant quelques jours — si la fille est bavarde — puis c’est oublié. Mais avec un garçon, on ne s’en remet pas. Je ne me sentais pas capable d’affronter une telle situation. Seulement, plus le temps passait et plus je pensais à ce bel inconnu. Impossible de me concentrer sur autre chose. J’avais déjà aimé des garçons mais jamais avec la même intensité. À chaque fois, ce ne furent que de courtes amourettes des plus platoniques et qui ne durèrent pas. Inutile de s’inquiéter. Il suffisait d’attendre. Celle-là passerait comme les autres.
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  • Par maxime2012, le 28 juillet 2011

    - Je n’avais que six ou sept ans lorsque j’ai demandé à ma mère de m’acheter un ours.
    Tout en l’écoutant, je me demandais où j’étais au même âge et pourquoi je n’avais jamais eu cette idée d’en demander un à la mienne. Kévin continuait son explication :
    - Comme ma mère en choisit un petit, je lui expliquais que j’en voulais un grand… pour le frapper !
    - Pour le frapper ?
    - Oui. Quand j’avais la haine, c’était lui qui prenait.
    - Et ça t’arrivait souvent ?
    - Oui, mais je lui faisais aussi des bisous. Il dormait avec moi. C’était mon ami et mon confident. Je lui disais tout !
    Moi, j’aurais bien voulu connaître tous les secrets que cet ours avait entendus. Kévin était ému et très sérieux. Il regardait son ours, songeur. À quoi pensait-il ? Je ne voulais pas lui rappeler de mauvais souvenirs alors je fis une pointe d’humour.
    - Tu traites toujours tes amis de la même façon ?
    - Oui. Pourquoi ? Tu veux devenir mon ami ?
    Nous éclatâmes de rire ensemble. À quoi faisait-il allusion ? Aux bisous dans le lit ou aux coups de poing dans le ventre ? Pourtant, il avait raison. Pour devenir son ami, c’était vraiment la condition. Des bisous, j’en ai reçu, des coups aussi. Ce n’était pas les mêmes que ceux de l’ours, mais ça fait aussi mal. Néanmoins, je ne t’en veux pas. Dans une autre vie, je voudrais être ton ours !
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  • Par yann76, le 28 juillet 2011

    C’était mon frère de cœur. Nous avions la même faiblesse — si c’en est une — mais je ne me reconnaissais pas en lui. Je l’avais toujours ignoré. Finalement, j’étais peut-être pire que ceux qui se moquaient de lui. Et parmi ceux-là, combien éprouvaient les mêmes sentiments ? Je pensais à ses parents. Avait-il des frères ou des sœurs ? Je n’en savais rien, je ne connaissais pas sa famille. Nous ne connaissons rien des autres et il faut de telles extrémités pour se poser ce genre de questions. Je ne connaissais rien de celui que j’aimais le plus, que saurais-je de Julien qui m’était indifférent ? Et si c’était lui que la mort avait frappé, je ne m’en serais jamais remis ! Il était là, il me regardait, il avait l’air très affecté, pensait-il aux mêmes choses que moi ?
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