Le
Magazine Littéraire de juin 2008 a consacré son dossier aux romancières anglaises, "de
Jane Austen à
Zadie Smith...". Bref, l'incontournable !
Parmi elles,
Monica Ali. "Figure du muticulturalisme, née en 1967 à Dacca, d'un père bangladais et d'une mère anglaise, elle a rejoint l'Angleterre dès l'âge de 3 ans. Son entrée en littérature, avec
Sept Mers et Treize Rivières, est l'une des plus fracassantes de ces dernières années, alors que le roman s'avère d'une infinie délicatesse, échappant aux stéréotypes et trouvant le juste équilibre entre comédie et tragédie, dans son évocation du destin parallèle de deux soeurs. Restée au Bangladesh, pour y vivre un mariage d'amour qui tourne mal, Hasina correspond avec Nasreen, installée au coeur de l'East End. Son mariage arrangé avec un homme plus âgé qu'elle et passablement ridicule ne l'empêche pas de se frayer tranquillement un chemin entre le respect dû aux traditions du pays d'origine et les possibilités offertes par le pays d'accueil."
La trame de la vie de Nazreen est dévoilée dès le début du roman :
"Ce qu'on ne peut pas changer doit être enduré. Et comme rien ne pouvait être changé, il fallait tout endurer. Ce principe gouvernerait son existence. Ainsi, à trente-quatre ans, après que trois enfants lui furent offerts et que l'un d'entre eux lui fut repris, alors qu'elle avait un mari puéril et un jeune amant exigeant imposé par le destin, quand pour la première fois de sa vie elle se découvrit incapable d'attendre que l'avenir se dévoile et obligée de la forger elle-même, Nazneen fut aussi surprise par sa propre capacité d'agir qu'un nouveau-né agitant son poing serré et se donnant par mégarde un coup dans l'oeil."
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